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Mehdi Jomaâ : L’extrémisme sous contrôle, la transition démocratique sur la bonne voie et les investisseurs viendront nombreux en Tunisie, dans les mois à venir

A la veille de son entretien, vendredi, à la Maison Blanche, avec le président Barack Obama, le chef du gouvernement tunisien, Mehdi Jomaâ a accordé une interview à l’agence de presse américaine Associated Press, où il a affirmé que le gouvernement a enfin l’extrémisme sous contrôle et la transition vers la démocratie est sur la bonne voie. Maintenant, dit-il, il est temps de redresser l’économie chancelante.

A Washington, Mehdi Jomaa va parler de la sécurité en Afrique du Nord, mais aussi de la manière dont les Etats-Unis peuvent soutenir les finances de la Tunisie en proie à des difficultés.

« La situation sécuritaire en Tunisie est aujourd’hui beaucoup plus sous contrôle qu’elle ne l’avait été, a affirmé Mehdi Jomaâ, ajoutant que « La Tunisie a appris comment affronter (les extrémistes) au cours des trois dernières années et nous avons des forces de sécurité qui se sont organisées et qui sont bien préparées pour prévenir de nouvelles attaques. »

Le chef du gouvernement a souligné que, suite aux revers initiaux, les forces de sécurité tunisiennes ont réussi à maîtriser la menace. Lors de deux opérations antiterroristes, au cours du mois de février der nier, sept membres du groupe radical Ansar al-charia ont été tués et six autres arrêtés.

« Les auteurs de ces assassinats ont été arrêtés et, quand ce n’était pas possible, éliminés, » a-t-il dit, ajoutant que seuls deux ou trois leaders sont toujours en fuite à l’étranger, notamment le chef du courant Ansar Charia, Seifallah Ben Hassine, qui est censé se trouver en Libye.

Mehdi Jomaa n’était pas en mesure de confirmer ou d’infirmer l’information qui a circulé en décembre dernier selon laquelle Seifallah Ben Hassine avait été arrêté en Libye.

Le chef du gouvernement a indiqué que les discussions avec l’Administration américaine devraient porter sur les demandes de fourniture de matériel de pointe pour combattre le terrorisme.

«Quand nous éprouvons de tels besoins, nous en parlons avec tous nos amis, en particulier les Américains, qui jouissent d’un haut niveau d’expertise technologique,», a-t-il précisé.

Tout aussi important, cependant, sera l’aide que les USA fourniront pour aider la Tunisie à redresser ses finances fragiles et à combler un déficit estimé entre 2 et 3 milliards de dollars dans le budget de l’Etat 2014, pour la plupart probablement par des emprunts extérieurs.

Jomaa devra aussi courtiser les investisseurs américains lors de son voyage, qui a commencé avec une visite à New York.

« Les mois à venir seront très difficiles pour les finances de l’Etat. Il n’en demeure pas moins que la Tunisie demeure un pays attractif pour l’investissement privé et, dans les mois à venir, vous verrez de nombreux investisseurs venir en Tunisie », a déclaré Jomaa, qui s’est rendu récemment dans un certain nombre de pays riches du Golfe, et dont la délégation l’accompagnant durant sa visite aux USA comprend de nombreux hommes d’affaires.

La croissance en 2013 a été de 2,4 pour cent, ce qui est faible et ne devrait pas s’améliorer beaucoup en 2014. Le taux de chômage reste élevé, atteignant 15 pour cent. La Tunisie, cependant, a un bon ratio dette-PIB qui est de l’ordre de 48 pour cent, ce qui lui permet de continuer à emprunter.

La Banque mondiale, le Fonds monétaire international et d’autres institutions internationales se sont félicités de la promulgation de la nouvelle constitution de la Tunisie en déboursant des centaines de millions de dollars en prêts, mais ceux-ci sont assortis de conditions impopulaires telles que les réductions des subventions.

L’inflation a atteint un record de 6 pour cent en Tunisie en 2013, provoquant des manifestations de colère contre la hausse du coût de la vie, des manifestations qui pourraient gagner en intensité si les subventions étaient coupées.

Mehdi Jomaa a souligné que le gouvernement devrait trouver un moyen pour introduire des réformes dans le système de compensation sans toucher au pouvoir d’achat des catégories à faible revenu, et ce en consultation avec les partis politiques et les organisations non gouvernementales, et a prédit que les richesses du pays changeraient pour peu que de nouveaux investissements y soient injectés.

« Le consensus qui nous a aidés à surmonter les difficultés et à adopter une constitution très moderne et progressiste nous permettra aussi de traverser cette période difficile et nous mener à bon port et à des eaux plus calmes , » a-t-il conclu.

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