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Les bonnes nouvelles, sur le front de l’économie, sont rares; ce qui est encore plus rare, c’est qu’il y en ait deux dans la même journée. Ce jeudi 15 novembre 2018 est à marquer d’une pierre blanche à ce niveau. La première bouffée d’oxygène est venue du côté du voisin libyen, pour qui le chef de l’Etat tunisien, Béji Caïd Essebsi, se démène afin de le sortir d’une longue traversée de désert, 7 ans, tout de même. Le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a annoncé aujourd’hui le rétablissement du mécanisme du pétrole libyen contre marchandises tunisiennes. Il a ajouté qu’une délégation tunisienne a visité la Libye pour discuter de cette forme de coopération et que les négociations sont en cours pour un partenariat équitable servant les intérêts des deux pays.

Dans une déclaration aux médias à l’issue d’une séance d’audition organisée par la commission parlementaire des droits et libertés dans le cadre des débats budgétaires, le ministre a assuré que la Tunisie a déployé tous les moyens pour encourager les Libyens à s’asseoir à la table du dialogue sous l’égide des Nations Unies. “Mais malheureusement, la situation aujourd’hui est loin de ce noble objectif“, a-t-il regretté, estimant que le but ultime est d’aider les Libyens à parvenir par eux-mêmes à la solution.

Abordant le budget du département pour 2019, Jhinaoui a indiqué qu’une augmentation de 19 pc par rapport à 2018 est prévue cette année avec un montant de 252 millions dinars. Une augmentation qu’il justifie par les contributions aux organisations internationales et le rapatriement des dépouilles des Tunisiens à l’étranger qui devient du ressort du département uniquement. Avant, cette mission était partagée avec le ministère des Affaires sociales et la Caisse Nationale d’Assurance maladie.

Le ministre a ensuite passé en revue les différents projets de partenariat entre le département et des parties internationales avec pour objectif de soutenir le développement, en particulier dans les régions intérieures, lutter contre le chômage des cadres et mobiliser de nouvelles ressources financières.

Un peu plus tôt, on a appris que le déficit de la balance commerciale alimentaire s’est nettement amélioré, de 71%, entre 2017 et 2018 (dix mois), pour se situer à 375,7 millions de dinars (contre 1 276,9 MD, l’année écoulée), selon des données publiées, ce jeudi, par le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.

Ainsi, le taux de couverture des exportations par les importations a atteint 91,4%, contre 65,8% en octobre 2017, suite à l’augmentation de la valeur des exportations alimentaires (+63,7%), à un rythme plus accéléré que celui des importations (+17,7%). Toutefois, en valeur, les importations alimentaires nationales dépassent encore les exportations.

En fait, la valeur des exportations alimentaires, à fin octobre 2018, a atteint l’équivalent de 4 milliards de dinars, grâce à la hausse des exportations de l’huile d’olive en quantité (190,4 mille tonnes, contre 67,9 mille tonnes) et en valeur (1,8 milliard de dinars, contre 0,6 milliard de dinars). En outre, les recettes des produits de la mer ont augmenté de 34% et des dattes de 39%, ainsi que des légumes frais (+29%) et des agrumes (+9%), en dépit de la baisse des quantités de 22%.

Le département de l’Agriculture a fait état, également, de l’augmentation de la valeur des exportations des fruits d’été de 55%, notamment des pêches (+28%), des melons (+25%), des grenades (+15%)…
Il est à noter que la valeur des exportations alimentaires, à fin octobre 2018, représente 12% du total des exportations du pays (contre 9% en 2017).

Pour ce qui est de la valeur des importations alimentaires, elle a atteint, durant les dix premiers mois de l’année, 4,3 milliards de dinars, en raison de la dépréciation du dinar, vis-à-vis des devises étrangères, à l’origine de l’accroissement de la valeur des importations de certains produits alimentaires de base, notamment le blé dur (+26%), le blé tendre (+29%), l’orge (+60%).

En revanche, la valeur des importations d’autres produits alimentaires a connu une baisse, à l’instar du maïs jaune, qui s’est réduit de 14% et des huiles végétales (-26%), à cause de la régression des quantités importées. Même constat pour le sucre, dont la valeur des importations a baissé de 14%, au vu de la régression des prix de 15%.

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Selon les prévisions de la banque centrale de Tunisie (BCT) portant sur les évolutions économiques et monétaires, sur l’ensemble des neuf premiers mois de 2018, les exportations de biens ont totalisé 29,5 milliards de dinars, alors que les dépenses d’importation (CAF) se sont élevées à 43,7 milliards, ce qui a engendré un déficit commercial record de 14,2 milliards de dinars, contre 11,5 milliards durant la même période de 2017.

La BCT a également noté qu’au niveau des exportations de biens, l’améliorationdes recettes, sur les neuf premiers mois de 2018 (19,8%. après 17,4% au cours de la même période de l’année précédente) porte la marque, essentiellement, d’un effet prix (15,9 %. contre 11,9 % une année auparavant), généré par la dépréciation du taux de change du dinar, et à moindre degré d’une hausse en volume, de 3,3% (produits agricoles, industries mécaniques, THC) contre 4,8% un an auparavant.

Quant aux importations, elles se sont fortement ressenties de l’alourdissement du fardeau de la facture énergétique, en relation avec la hausse du prix du pétrole. Elles se sont, en effet, accrues de
21%au cours de la période sous revue, après 19,2% une année auparavant. En volume, les importations ont progressé modérément (2% après 2,9% à fin septembre 2017), tirées par la hausse de celles des produits énergétiques et des matières premières.

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Le déficit commercial s’est accru de 21% à 15,9 milliards de dinars, à fin octobre 2018, par rapport à 2017, et de 48% par rapport à 2016, selon l’INS.

L’Institut National de la Statistique (INS) a précisé, dans une note, publiée jeudi, que le taux de couverture a enregistré une légère baisse de 0,2 points par rapport aux dix mois de l’année 2017 pour s’établir à 67,7 %.
Le déficit de la balance commerciale hors énergie se réduit à 10,8 milliards de dinars, sachant que le déficit enregistré de la balance énergétique s’est creusé pour atteindre 5,1 milliards de dinars (32,1% du total du déficit) contre 3,3 milliards de dinars, durant la même période en 2017.

Ce déficit est dû essentiellement au déséquilibre des échanges enregistrés avec certains pays, tels que la Chine (-4,4 milliards de dinars), l’Italie (-2,4 milliards de dinars), la Turquie (-1,8 milliards de dinars), l’Algérie (- 1,2 milliards de dinars) et la Russie (-1,1 milliards de dinars). En revanche, le solde de la balance commerciale a enregistré un excédant avec d’autres pays, principalement avec notre premier partenaire la France de 2,8 milliards de dinars, la Libye de 0,8 milliards de dinars et le Maroc de 0,2 milliards de dinars.

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Le secteur des dattes est une des fiertés de la Tunisie à l’exportation – elles sont si rares en ce moment -, avec des performances et records en cascade ces dernières années. Mais voilà, c’était trop beau pour être vrai dans la durée, et le grain de sable finit toujours par enrayer la machine, surtout si les bonnes nouvelles dépendent de choses aussi aléatoires que la pluie et le beau temps. On ne le dira jamais assez : Il n’y a que les produits à haute valeur ajoutée qui soient un socle suffisamment solide pour asseoir une prospérité qui dure. Les pays asiatiques, dont l’économie était comparable à celle de la Tunisie il y a à peine quelques décennies, en ont apporté l’éclatante démonstration. L’ex-gouverneur de la BCT, Chedly Ayari, en parlait déjà en 2014, mais on ne voit rien venir depuis. Le pays du jasmin a trop longtemps surfé sur ses quelques secteurs qui lui rapportent de la devise, sans qu’elle ait à se creuser trop les méninges (dattes, fruits et légumes, textile, huile d’olive…). Si les dirigeants tunisiens n’ont pas jusqu’ici eu la lucidité d’essayer autre chose, comme le font toutes les nations avancées de cette planète qui inondent nos marchés de leurs produits qui nous coûtent cher en devise, le contexte international va le leur imposer. Pour le secteur des dattes, le couperet va s’abattre à l’horizon 2025, cette date coïncidant avec le mois de Ramadan en hiver (date de démarrage des exportations), en dépit des prévisions tablant sur une montée record de la production à 350 mille tonnes, d’après les professionnels.

Le miracle algérien

Ce défi est l’une des problématiques que le secteur connaît, ont indiqué plusieurs producteurs et exportateurs, en marge d’une table ronde organisée jeudi 1er novembre 2018 au siège de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) sur “les difficultés du secteur de la production des dattes et les perspectives de son évolution“.
Le directeur général du Groupement Inter-professionnel des fruits (GIF) Mohamed Ali Jendoubi a souligné que “la Tunisie perdra son avantage préférentiel sur le marché” de l’exportation à l’horizon de 2025″, en raison de la forte concurrence de son voisin l’Algérie qui produit les mêmes variétés de dattes avec la même qualité. En effet, l’Algérie dispose de dépôts conditionnés pour le stockage et peut continuer à exporter mais l’arrivée du mois de Ramadan en hiver ouvre la voie à la concurrence car il ne sera pas tenu compte de l’avantage préférentiel qu’offrent les dépôts conditionnés dont la Tunisie dispose.
Jendoubi a, ainsi, souligné la nécessité de mettre en application la stratégie de développement de la filière des dattes et de renforcer les mécanismes d’export pour faire face à une concurrence accrue de la part des pays voisins, dont l’Algérie.

Les ambitions marocaines

Le plan marocain visant à atteindre l’autosuffisance en dattes à l’horizon 2025 constitue également un défi supplémentaire face à la filière tunisienne des dattes, étant donné que le Maroc est, actuellement, le premier importateur de dattes tunisiennes.
Jendoubi a également évoqué d’autres problèmes dont les difficultés de transport des dattes, les maladies du palmier (dessèchement apical des palmes…), la pénurie de moustiquaires de protection des régimes de dattes, la faiblesse du taux d’intégration des agriculteurs dans les coopératives, la montée des coûts…
Les participants à cette rencontre ont aussi épinglé le problème lié à la non-régularisation de la situation de milliers d’hectares de terres dédiées à la production des dattes.
Selon les données du GIF, ces terres “anarchiques” se situent essentiellement dans le gouvernorat de Kébili et s’étendent sur une superficie de près de 26 mille hectares. Elles contribuent à raison de 70% dans la production mais ne bénéficient pas des avantages accordés par l’Etat, notamment en matière d’irrigation.

Voilà : la Tunisie n’aura que ses yeux pour pleurer… à moins qu’elle tente autre chose, résolument, dès maintenant, comme exactement elle l’a fait pour trouver d’autres marchés, en Afrique, quand l’Algérie a cessé de lui acheter massivement son ciment. Là en l’occurrence il s’agit de se jeter corps et âme, immédiatement, dans la promotion des secteurs à haute valeur ajoutée, pour d’abord ne plus dépendre des importations, très gourmandes en devise, ensuite pour exporter vers un continent, le nôtre, l’Afrique, où tout est à faire dans ce domaine, et enfin pour assurer une émergence et un développement pérenne. Et le potentiel est là, sous nos yeux ! Les autres l’ont fait, il n’y a pas de raison objective qu’on soit toujours à la traine au 21ème siècle !

L.S.

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S’inscrivant dans le cadre d’une réflexion commune sur les moyens envisageables et les voies à emprunter pour dynamiser les échanges économiques globaux entre le Maroc et la Tunisie, l’Ambassade du Royaume du Maroc à Tunis a organisé, ce vendredi 19 octobre 2018, en partenariat avec l’Association des Anciens Etudiants Tunisiens au Maroc, une rencontre-débat, sur le thème :”Les échanges économiques entre le Maroc et la Tunisie ; entraves et perspectives”. Plusieurs représentants du patronat marocain et tunisien, ainsi que des personnalités du monde des affaires et des experts sont intervenus lors de cette rencontre dédiée aux problématiques de l’investissement et du commerce entre le Maroc et la Tunisie.

Ouvrant les travaux, le ministre du Développement et de la Coopération internationale, Zied Laâdhari a indiqué que le volume des échanges commerciaux entre la Tunisie et le Maroc ne dépasse même pas 1%, un chiffre qu’il a qualifié de modeste voire très faible eu égard aux relations d’amitié et de fraternité qui lient les deux pays. “La volonté politique est là (…) La proximité est excellente et les synergies sont très fortes entre les deux pays alors que le volume des échanges demeure en déçà des prévisions”, a reconnu le ministre, avant d’assurer que le potentiel existe toujours et qu’il y a encore plein de choses à faire et de secteurs à exploiter comme l’industrie pharmaceutique, le tourisme et les nouvelles technologies.

Pour sa part, Latifa Akharbach, ambassadrice du Maroc en Tunisie ,a indiqué que les restrictions bureaucratiques, fiscales, réglementaires, les problèmes d’admission temporaire de matières premières, les retards et difficultés de récupération de la TVA, les blocages des franchises, et moult obstacles encore limitent l’ambition et le champ d’action des opérateurs économiques des deux pays.

Elle a rappelé que le Maroc n’est que le 35ème client de la Tunisie,laquelle n’arrive qu’à la  36ème place sur la liste des clients du Royaume. Le manque à gagner imputable à l’atrophie de ces échanges bilatéraux est estimé par le FMI à environ 1,5% par an du PIB de chaque pays, a-t-elle précisé.

L’analyse de la structure et de la nature des produits échangés fait apparaître, par ailleurs, d’autres points problématiques. Ainsi, la liste peu diversifiée des produits échangés renvoie à  des catégories peu intensives en capital et en technologie (produits plastiques sous formes primaires, bois, produits alimentaires, poteries).
Quant à lui, Hichem Ben Ahmed, secrétaire d’Etat chargé du Commerce eExtérieur a déclaré que malgré leur évolution continue, les échanges commerciaux tuniso-marocains restent modestes et en deçà des potentialités offertes  par les deux économies. Ces échanges ont été de l’ordre de 740 MDT en 2017 contre 611MDT en 2016 et demeurent loin des objectifs fixés à 500 Millions de dollars de part et d’autre, outre le fait que  ces échanges sont peu diversifiés; à titre d’exemple,  les exportations de dattes, à elles seules, constituent  40% des exportations tunisiennes vers le Maroc et plus de 25% des exportations totales de dattes de la Tunisie.

Il a par ailleurs indiqué que les relations de coopération économique et commerciale entre la Tunisie et le Maroc sont caractérisées par une concertation continue au travers de la régularité des réunions techniques et des contacts directs entre les points focaux désignés au sein des deux ministères du commerce des deux pays, l’objectif essentiel étant de stimuler les échanges, de développer les échanges commerciaux  entre les deux pays.

Ben Ahmed a toutefois indiqué que les obstacles continuent à entraver le développement des échanges. Ainsi, a-t-il dit, l’accord d’Agadir constitue le cadre le plus approprié pour le développement de l’intégration et de la complémentarité économique et des échanges  commerciaux compte tenu des possibilités du cumul d’origine  prévues par ce accord entre les pays d’Agadir et l’Union européenne.

Outre Agadir, Ben Ahmed a évoqué l’accord de reconnaissance mutuelle des certificats de conformité, entré  en application depuis 2008. Il  a certes contribué à la diversification des échanges commerciaux et à la réduction du temps et des couts des opérations d’exportation mais il connait depuis quelques temps des difficultés qui seront examinées à l’occasion de la réunion des experts prévue à Rabat d’ici fin de ce mois.
A cela s’ajoute le transport qui constitue également une entrave au développement de échanges tuniso-marocains, particulièrement l’absence de ligne maritime directe qui nécessite une coordination entre les parties concernées dans les deux pays pour trouver la solution adéquate permettant d’améliorer les conditions du transport des marchandises.

Il est à noter que le Maroc est le troisième partenaire économique de la Tunisie au niveau maghrébin et arabe, avec un volume d’échanges commerciaux qui a atteint en 2017, environ 830 Millions de dinars dont 588 millions d’importation et 260 Millions d’exportation.

Les échanges économiques globaux entre le Maroc et la Tunisie restent limités, peu diversifiés et en dessous des 500 millions de dollars US que la 17ème haute commission mixte tenue en 2012, avait institués comme objectif à atteindre à l’horizon 2020. Le manque à gagner dû à cette atrophie des échanges bilatéraux est estimé à environ 1,5% par an du PIB de chaque pays. S’y ajoute la proportion modique qu’occupe le commerce bilatéral entre le Maroc et la Tunisie, dans l’ensemble des échanges commerciaux des deux pays avec l’étranger, qui ne dépasse par les 3%. L’examen de la structure sectorielle des échanges commerciaux entre le Maroc et la Tunisie révèle quatre caractéristiques marquant ces échanges : ils sont unilatéraux, peu complémentaires, très concentrés et peu diversifiés.

En ce qui concerne les investissements bilatéraux, la situation est caractérisée par une progression fort modeste tant au niveau du nombre et de la nature des secteurs impliqués que du nombre et de la taille des entreprises implantées. La mobilisation du capital entre le Maroc et la Tunisie reste rare et éphémère et de ce fait, ne contribue par à la création d’emplois.

Le nombre d’entreprises marocaines ou à participation marocaine installées en Tunisie ne dépasse pas les 23 entreprises. Elles sont actives dans le domaine de la banque, des industries agroalimentaires et électriques, du textile et de l’habillement, du cuir et chaussures, des télécommunications…

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Au cours des neuf premiers mois de 2018, le déficit de la balance commerciale alimentaire s’est réduit pour se situer au niveau de 284 Millions de Dinars (MD), contre 1107,5 MD enregistrés durant la même période de l’année écoulée, soit une baisse de 73%.
Selon les données publiées par le ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, cette régression est principalement tirée par les exportations de l’huile d’olive.
La balance commerciale alimentaire a enregistré une nette amélioration au niveau de la couverture des importations par les exportations, soit 92,6%, contre 66,8 % pendant la même période de l’année 2017.
Le ministère de l’Agriculture a imputé la réduction de déficit à l’évolution de la valeur des exportations alimentaires, laquelle (valeur) a dépassé celle des importations (65,5% export contre 19,4% import), ajoute la même source.

Au cours des neuf premiers mois de 2018, l’exportation des produits alimentaires ont généré des bénéfices estimés à près de 3695,4 MD, à cause du dédoublement des exportations d’huile d’olive au niveau de la quantité (176,9 mille tonnes, contre 64,7 mille tonnes) et la valeur (1691,8 MD, contre 605,3 MD), outre la hausse de 2% enregistrée au niveau des prix.
Les recettes des produits frais de la pêche et les dattes ont cru respectivement de 33% et 38%, outre l’amélioration de 28% de la valeur des exportations des légumes fraiches ainsi que celle des agrumes (+9% en dépit de la baisse de 22% des quantités exportées) et les conserves de légumes, de fruits et des poissons de 73%.
La valeur des exportations alimentaires, sans compter les revenus de l’huile d’olive, a enregistré une croissance de 23%.
La Tunisie a exporté près de 28 mille tonnes de fruits d’été pour une valeur de 70 MD, soit une hausse de 40% en valeur et en quantités par rapport aux neuf premiers mois de 2017.

A noter que 41% de ces quantités ont été exportés vers les pays du Golfe, 39% vers le marché Libyen, 8% vers la France, 7% vers le marché italien et 3% vers le marché russe.
Le pays a également dépensé 3989,4 MD pour l’importation des produits alimentaires, soit une hausse de 19,4%, par rapport à la même période de l’année 2017.
Cette évolution s’explique par la baisse du taux de change du dinar tunisien par rapport aux monnaies étrangères et l’augmentation de la valeur des importations de certains produits alimentaires de base, outre la hausse de leurs prix sur le marché international (blé dur +30%), blé tendre (+24%), l’orge (+63%) et les dérivées du lait (+56%).
Les achats de maïs et des huiles végétales ont régressé en valeur respectivement de 9% et de 27%, en raison de la baisse des quantités importées, sachant que les produits alimentaires de base représentent 67 % du total des importations alimentaires, contre 74% en 2017.

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La balance commerciale de la pêche a enregistré, au cours de huit premiers mois de l’année 2018, un excédent de 172,6 millions de dinars (MD), contre 160,3 MD au cours de la même période de l’année 2017.

Les quantités exportées ont enregistré, jusqu’à fin août 2017, une hausse de 23,5%, pour s’établir à 16399,8 tonnes, d’une valeur de 347,9 MD contre 13280,2 tonnes d’une valeur de 173,3 MD au cours de même période de 2017.

En termes de valeur, la hausse est de 74,6 MD (+27,3%), a indiqué le ministère de l’Agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche dans un communiqué publié lundi à Tunis.
En volume, la hausse est expliquée par un important renchérissement des quantités de crabes exportés, passant de 290,9 tonnes au cours des huit premiers mois en 2017, à près de 2032,2 tonnes au cours de la même période de 2018. De même en valeur, les exportations sont passées de 2 millions de dinars en 2017 à 13,2MD en 2018.

S’agissant de l’aquaculture (daurades), les exportations ont triplé, jusqu’à fin août 2018, en comparaison avec la même période de 2017, passant de 9,5 MD à 28,6 MD. Ainsi, les quantités exportées sont passées de 733,6 tonnes à 2065,2 tonnes.

Pour ce qui est des exportations de poulpes, la hausse est estimée à 15 MD, tirée par l’amélioration des prix à l’exportation, soit une évolution de 62,5%.

En contrepartie, les importations des produits de la pêche ont atteint jusqu’à la fin du mois d’août 2018 près de 29 626,6 tonnes d’une valeur de 175,3 MD contre 20 404,3 tonnes, d’une valeur de 112,7 MD au cours de la même période de 2017, soit une hausse en termes de quantité de 9 222,6 tonnes ( +45%) et de 62,6 MD (+55%) en termes de valeur.

L’accroissement des importations des produits de la pêche revient à l’augmentation de l’importation du thon congelé, soit une hausse de 10176 tonnes en termes de quantités et de 47,3 MD en termes de valeur.

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Le Centre national des transmissions et du système d’information des Douanes (Cntsid) a annoncé que la facture globale des importations des produits alimentaires a enregistré une légère diminution sur les huit premiers mois de 2018, à l’exception des céréales et des tourteaux extraits des oléagineux, rapporte APS.

La facture globale d’importation du groupe des produits alimentaires a atteint 5,894 milliards de dollars (mds usd) entre janvier et fin août 2018 contre 5,901 mds usd durant la même période de 2017, en baisse de sept (7) millions usd (-0,12%), précise le Cntsid.

Mais sur les 5,894 mds usd d’importations alimentaires globales, la facture des sept principaux produits alimentaires (céréales, laits, tourteaux et résidus de l’extraction de soja, sucre et sucreries, café et thé, légumes secs et viandes) a légèrement augmenté à 4,752 mds usd contre 4,695 mds usd, en hausse de 1,22%.

Ainsi, la facture des céréales, semoule et farine, représentant près de 37% des importations alimentaires de l’Algérie, a grimpé à près de 2,17 mds usd contre 1,93 mds usd, soit une augmentation de 234 millions usd (+12,1%). Les importations des tourteaux et résidus de l’extraction de soja ont aussi augmenté pour atteindre 476,4 millions usd contre 314,32 millions usd, en hausse de 51,56% entre les deux périodes de comparaison.

En revanche, les importations pour le reste des produits alimentaires essentiels ont enregistré des baisses. Ainsi, la facture des achats à l’étranger du lait et produits laitiers s’est chiffrée à 967,1 millions usd contre 1,011 md usd, en baisse de 44 millions usd (-4,4%). La baisse a aussi concerné le sucre et sucreries dont les importations ont été de 579,23 millions usd contre 755,94 millions usd (-23,4%). Même tendance baissière pour les viandes qui ont été importées pour un montant de 131,57 millions usd contre 162,73 millions usd (-19,15%).

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La Tunisie n’a d’autres choix que de limiter ses importations pour sortir de la crise, a souligné, dimanche, Ezzeddine Saidane, expert en économie. «La Tunisie pourrait épargner cinq mille milliards de millimes en cas de rationalisation de ses importations“, a-t-il ajouté lors d’une conférence à Tunis organisée par le mouvement “Projet de la Tunisie” sous le thème  “les défis sociaux économiques et les moyens de sortir de la crise“.

Selon l’expert, la hausse des importations à un rythme nettement supérieur à celui des exportations ne fait que pénaliser l’économique nationale et ce en dépit de l’amélioration des recettes touristiques et l’accroissement de l’exportation de certains produits agricoles.

Les importations sont encore trop élevées par rapport aux exportations et aux autres flux d’entrée de devises“, a-t-il encore souligné, estimant que la Tunisie a besoin aujourd’hui d’un taux de croissance de 6% pour sortir de cette situation financière difficile.

Sur un autre plan, l’expert a souligné que la Tunisie s’endette aujourd’hui à un rythme effréné. Cette dette qui n’est pas destinée à l’investissement, a-t-il affirmé, s’établit, actuellement, à 75 milliards de dinars contre 25 milliards de dinars seulement en 2010.

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Importer du lait, cramer de la devise alors que la pénurie serait artificielle !

La pénurie de lait est essentiellement causée par la frénésie du consommateur et la vente conditionnée, d’autant plus que la Tunisie produit quotidiennement près de 2 millions de litres pour une consommation variant entre 1,7 million et 1,8 million de litres par jour, a affirmé Hamda El Ifi, président de la chambre nationale des centres de collecte de lait (relevant de l’UTICA).

Dans une déclaration à TAP, le responsable a expliqué que les quantités produites quotidiennement avec le stock régulateur (près de 22 millions de litres) peuvent largement couvrir la demande.
” La pénurie enregistrée récemment est le résultat de la peur qui pousse le consommateur à une frénésie d’achat”, a indiqué El Ifi.

Et d’ajouter que le comportement de certains fournisseurs qui achètent le lait auprès des industriels, a renforcé cette pénurie au niveau des vendeurs au détail qui conditionnent la vente de lait par l’acquisition d’un autre produit dérivé.

A rappeler que la Tunisie fait face actuellement à une pénurie de lait emballé au niveau des grandes surfaces (notamment le lait demi écrémé) subventionné par l’Etat, ce qui a poussé l’Etat à recourir à l’importation de quantités de lait pour réguler le marché.

Le ministre du Commerce, Omar El Behi, avait annoncé le 21 septembre 2018 que 10 millions de litres de lait vont être importés de France, de la Belgique et de la Hongrie afin de réguler le marché. El Behi avait aussi indiqué que les prix seront à la portée des Tunisiens.

Qualifiant cette décision de recourir à l’importation en devises étrangères ” d’inefficace “, El Ifii a souligné que “la Tunisie n’a pas besoin d’importer ce produit”, rappelant que toutes les parties intervenantes (agriculteurs, collecteurs et fabricants) ont exprimé leur refus de toute opération d’importation.
Le gouvernement qui importera le lait en devise étrangère devra vendre le litre au consommateur à 1 dinar 500 millimes alors qu’il lui coutera près de 1 dinar 950 millime, a-t-il indiqué, ajoutant que le système de production nationale a besoin de ces montants dépensés pour l’importation.
Selon le responsable, ” la levée de la subvention de l’Etat de près de 300 millimes ciblant le lait demi écrémé permettra de régler la crise “.

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Les importations espagnoles de fruits et de légumes se chiffrent à 1 651 millions d’euros à fin juillet 2018, soit une augmentation de 8%, due en grande partie aux importations de pays tiers, qui culminent à 1 165 millions d’euros (+18%), rapporte le site Yabiladi.

Selon les données rapportées par la fédération espagnole des associations de producteurs et d’exportateurs de fruits et légumes (FEPEX), les importations espagnoles de fruits et légumes de pays extracommunautaires représentent 71% du total des importations entre janvier et juillet 2018, le Maroc étant le premier fournisseur de l’Espagne avec 487,4 millions d’euros, soit une hausse de 16% par rapport à la même période l’année dernière. Les importations espagnoles provenant du Maroc représentent 30% dans celles des pays extracommunautaires.

La FEPEX souligne que les importations espagnoles en provenance du Maroc ont considérablement augmenté ces dernières années. Sur la période janvier-juillet, elles sont passées de 178,7 millions d’euros en 2014 à 248 millions d’euros en 2015, puis de 325 millions d’euros en 2016 à 419 millions d’euros en 2017 et 487,4 millions d’euros en 2018.

Les fruits et légumes importés sont principalement des fruits rouges, des melons et des pastèques, ainsi que des haricots verts, des tomates, des piments et des courgettes, détaille la même source.

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La dérive continue du dinar face au dollar et à l’euro requiert de faire primer l’intérêt national sur celui des différends lobbys, en rompant avec la surconsommation des produits importés, par les voies légales et illégales, a affirmé Achraf Ayadi, expert bancaire et financier à Paris.
Dans une interview avec l’agence TAP, Ayadi traite aussi des questions des réserves en devises, de la dette publique, de la Loi de Finances…

Quelle lecture faites-vous de la dérive continue du dinar face au dollar et à l’euro ? Est-il possible d’arrêter cette dérive ?

Tout d’abord, tous les spécialistes vous diront que l’inflation importée a un poids prépondérant dans le glissement du dinar. Le peu de maîtrise que nous avons montré jusque-là, de nos importations et de notre balance commerciale, se répercute directement sur le glissement de la valeur de notre monnaie.
Aussi, il faut qu’à un moment nous puissions rompre le cercle vicieux de la surconsommation des produits importés, par les voies légales et illégales, et de la destruction des emplois nationaux. Nous devons faire des choix patriotiques en faveur de l’intérêt national dans sa globalité, et non pour le bénéfice de quelques lobbys. Ceci relève des prérogatives du politique et n’a rien à voir avec les choix économiques.

Les réserves en devises de la Tunisie poursuivent leur tendance baissière, inquiétante de l’avis de certains analystes. Comment analysez-vous cette tendance ?

Le meilleur remède contre cette tendance est bien connu : exporter, attirer les investisseurs directs étrangers et rendre l’activité touristique plus rentable. Toutes ces activités alimentent les réserves en devises. Or, les secteurs exportateurs ont besoin d’être beaucoup plus soutenus, repositionnés sur les bons segments de la chaîne de valeur, notamment dans le secteur industriel. Nous perdons des parts de marchés à l’export dans le secteur des TIC à mesure que les ingénieurs et les compétences expérimentées quittent le pays vers l’Europe.
Ensuite, pour attirer les investissements directs étrangers en devises, il faut d’abord qu’il y ait une reprise de l’investissement local, actuellement plombé par des taux d’intérêts difficilement supportables pour les entreprises, dans un environnement peu porteur.
Enfin, pour ce qui concerne le tourisme, il est étonnant de voir sa faible contribution dans le renflouement des caisses. Notre positionnement sur le balnéaire, le “all-inclusive” et les “basse-moyenne gammes” est peu rentable. L’écart entre la situation d’endettement de certaines entreprises hôtelières en difficulté contraste, à la fois, avec une bonne saison 2018, et la bonne santé patrimoniale de certains hôteliers à titre personnel. Les services fiscaux ont-ils vraiment fait leur travail ?
Toujours est-il que l’accroissement de nos engagements en devises auprès de l’étranger ne fait qu’aggraver la situation. Il faut alimenter les caisses et réduire le service extérieur de la dette pour avoir des réserves à un niveau suffisant. C’est une question de souveraineté nationale.

Quel commentaire vous inspire le niveau actuel de la dette publique ? Cette dette est-elle encore soutenable ?

La vraie question n’est pas si le niveau de la dette est soutenable dans l’absolu ou pas. Je préfère que l’on se concentre sur le niveau de la croissance. Est-ce que notre niveau actuel de croissance est compatible avec notre endettement actuel ? Est-ce que la valeur créée par notre économie est capable de couvrir nos engagements ? Est-ce que l’Etat et les services publics sont des accélérateurs du reste de l’économie ? La réponse est évidemment non pour toutes ces questions. Nous nous endettons en devises pour payer des dettes anciennes en devises. Jusqu’où et jusqu’à quand nos bailleurs de fonds étrangers vont continuer à nous suivre ? Nos erreurs nous ont quelque peu mis à leur merci. C’est, encore une fois, une question de souveraineté nationale.

La croissance de 2,8% enregistrée au cours du 2e trimestre 2018 ne traduit-elle pas une certaine reprise ?

La situation économique est critique. Combien d’emplois le taux de croissance réalisé a-t-il bien pu créer à son niveau actuel ? A quelle hauteur ce taux de croissance nous permet-il d’honorer nos engagements internationaux auprès des bailleurs de fonds ? Ne provient-il pas d’évènements exceptionnels dont nous ne pouvons pas garantir la pérennité (saison agricole, tourisme, etc.) ?
Nous parlerons de reprise lorsque les progrès économiques enregistrés seront soutenables dans le temps, liés à des réformes solides et des réalisations récurrentes.

Quelles sont, selon vous, les pistes (réformes, mesures…) à engager pour déclencher une véritable relance de l’économie ?

Certaines des 68 mesures du document de Carthage 2 sont intéressantes. Elles ne sont pas révolutionnaires, elles ne constituent pas une politique économique en tant que telle, mais constituent un plan d’action à court terme (6-9 mois). Mettons-les en application, à défaut de mieux.
Pour le long terme, il faudra lancer de véritables réformes de rupture avant d’être obligé de les faire, la gâchette des bailleurs de fonds sur la tempe. Tous les changements que nous pourrons entreprendre par nous-mêmes, avec un esprit réformateur et positif, dans l’administration publique et dans l’économie en général, pour libérer les énergies et améliorer l’efficacité des acteurs, ne devront pas nous être imposés de l’étranger. Ce serait une erreur historique.

De quels paramètres faut-il tenir compte dans le cadre de la loi de finances 2019 ?

Plus intéressant encore que la loi de finances 2019, celle complémentaire de 2018 ! J’aimerais bien savoir comment le gouvernement réussira à clôturer – comptablement parlant – ressources et emplois de cette année. Le moment politique est délicat : qui sont les lobbys qu’il va falloir ménager ? Qui sont ceux qu’il va falloir sacrifier ? Comment faire passer la pilule amère de la baisse de la compensation ? Quelle est l’étendue de cette baisse ? Quelles mesures de decashing seront imposées pour réduire le poids de l’économie informelle et remettre de la liquidité dans les comptes bancaires ? Quelles mesures fiscales pour réduire la fraude et augmenter la contribution sans plomber l’investissement national ? Comment attirer l’investissement étranger sans creuse le gap entre l’onshore et l’offshore ?
Une loi de finances n’est pas qu’un casse-tête budgétaire. C’est aussi la transposition sur une année d’une stratégie plus globale. Je ne suis pas sûr que nos dirigeants actuels aient une réelle vision de l’économie nationale au-delà des élections de 2019.

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La Commission gouvernementale chargée de la refonte du système de subvention des produits de base a proposé d’opter pour la levée progressive de la compensation. Le basculement vers la vérité des prix se fera, ainsi, sur trois phases, dont la première concernera le lait et l’huile végétale, la deuxième les pains (gros pain et baguette) et la farine pâtissière et la troisième, le sucre, la semoule, le couscous et les pâtes, a fait savoir Youssef Trifa, chargé de mission auprès du ministre de Commerce, dans un entretien avec l’agence TAP.

Le choix de passer par 3 phases, dont chacune durera entre 6 et 9 mois, permettra de remédier aux défaillances en cas de besoin, et surtout d’étaler la période des hausses des prix qui seront décidées.
Néanmoins, les prix resteront administrés. Autrement dit, nous opterons pour la vérité des prix, mais ceux-ci resteront fixés par l’administration“, a t-il précisé.

Quelques filets de sécurité

Trifa a souligné qu’un transfert monétaire (TM) va être institué pour compenser la perte du pouvoir d’achat du citoyen, du au passage à la vérité du prix. Une base de données sera mise en place, regroupant l’ensemble des bénéficiaires de transferts monétaires. L’inscription à ce service de transfert monétaire sera volontaire et sans aucune restriction pour tous les Tunisiens résidents majeurs. Elle sera automatique pour les bénéficiaires du Programme National d’Aide aux Familles Nécessiteuses (PNAFN) et du Programme d’accès aux soins à tarifs réduits (AMGII).
La base de données reliera un ménage bénéficiaire à un numéro de compte bancaire/postal, afin de permettre le transfert monétaire.
La commission a proposé deux scénarios de transfert monétaire trimestriel, soit il dépendra, uniquement, du nombre des membres du ménage, ou il dépendra du niveau socioéconomique de la famille, et ce, en calculant le revenu par personne dans chaque ménage“, a indiqué le responsable, précisant que la décision finale en ce qui concerne les grands axes et l’échéancier de la mise en œuvre de cette stratégie sera prise par le gouvernement en concertation avec la société civile et les grandes organisations du pays (UTICA, UGTT…).

Plus de 2 milliards DT en subventions en 2018

Pour le chargé de mission auprès du ministre de Commerce, “la refonte du système de compensation est une exigence dictée par le besoin de maîtriser les dépenses de subvention des produits de base, lesquelles dépasseront, à la fin de cette année, les 2 milliards de dinars, contre 1,5 milliard de dinars en 2010.
A l’heure actuelle, les produits subventionnés par la Caisse Générale de Compensation (CGC) sont l’huile végétale, le lait, les dérivés du blé tendre (pain et farine pâtissière) et du blé dur (couscous, pâtes, semoule), l’orge fourragère et le papier destiné à la fabrication des cahiers et livres subventionnés“, a rappelé le responsable, précisant que la subvention des céréales, au cours de l’année 2017, s’est élevée à près de 1,1 milliard de dinars, celle de l’huile végétale a dépassé les 250 millions de dinars (MD), alors que la compensation du lait et des pâtes alimentaires a avoisiné respectivement les 90 MD et les 40 MD.
Pour ce qui est du sucre, “le CGC n’apporte qu’une subvention minime de l’ordre de 50 millimes/kg. Ce produit est importé par l’Office du Commerce qui supporte des pertes annuelles pour la subvention du sucre, d’environ 85 MD. Le prix de vente en gros du sucre a été fixé à 0,855 dinar, le prix de détail à 0,970 dinar, alors que son prix réel dépasse 1 dinar”.

Le responsable a expliqué le renchérissement de la valeur de la subvention, supportée par l’Etat, d’une année à l’autre, par l’augmentation des prix de ces produits à l’échelle internationale ainsi que de la consommation nationale, et par conséquent des quantités importées. Cette situation intervient dans une conjoncture caractérisée par la dépréciation du dinar tunisien et alors que les prix sont quasi-gelés depuis environ dix ans, au niveau du marché national, dans le cadre de la stratégie de compensation.
Actuellement, 1 quintal (100 kg) de farine est vendu à 82 dinars, alors que le boulanger, qui fabrique les baguettes, l’achète à 4,5 dinars uniquement. C’est ainsi, que la baguette est vendue à 190 millimes, alors que son prix réel s’élève à 320 millimes. Pour ce qui est du boulanger spécialisé dans le gros pain, il bénéficie d’une subvention de 15 dinars, alors qu’il achète le quintal de farine à 6 dinars“, a noté Trifa.
De même, au moment où l’huile végétale subventionnée est vendue à 0,900 dinars en Tunisie, son prix réel s’élève à 2,380 millimes. Elle est proposés dans des pays voisins à 3 dinars.

Couper l’herbe sous le pied des contrebandiers

Selon le chargé de mission, ces distorsions des prix encouragent, évidemment, l’utilisation non autorisée de ces produits par des professionnels, mais aussi la contrebande. A noter que 23% des produits de base subventionnés ne bénéficient pas aux ménages et 7% de la subvention profite aux familles nanties.
C’est sur la base de ce constat, qu’un conseil ministériel a approuvé, en mars 2018, la proposition relative à la création de la commission gouvernementale chargée de présenter la stratégie de la refonte du système de subvention des produits de base. L’idée étant d’opter pour la vérité des prix en assurant des transferts monétaires aux citoyens, en contrepartie.
Cette démarche permettra de faire face à la contrebande, de réduire l’usage des produits subventionnés pour des raisons commerciales, de maîtriser le déficit commercial et d’éviter le gaspillage“, a expliqué le responsable.
D’après lui, sur un total de 7,3 millions d’unités de pain fabriquées quotidiennement, nous jetons une moyenne de 900 mille unités, ce qui représente une perte de devises, dans la mesure où le blé tendre est importé à 90%, de l’étranger. En plus, les quantités des céréales subventionnées destinés à la consommation a évolué de 17,4% au cours de la période 2010-2016, pour atteindre 23,8 millions quintaux.

Il est à noter qu’historiquement, le système de compensation a été mis en place pour préserver le citoyen des hausses des prix au niveau international. “De grandes crises ont eu lieu au niveau mondial, en 2007 et 2008, années qui ont été marquées par des hausses inhabituelles au niveau du prix du blé “, a rappelé Trifa.
Le système de compensation a été fondé aussi à dessein de défendre l’attractivité de la main d’œuvre tunisienne au niveau international, surtout durant la période 70-80, avec une démarche qui se base sur le maintien de salaires attractifs pour l’investisseur, tout en préservant le pouvoir d’achat du citoyen, grâce à la compensation. La subvention a servi comme d’un outil de soutien à l’agriculture, car un certain nombre de produits avaient été compensés, à cette époque là, dont les engrais et les semences“, a t-il souligné.

TAP

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Selon les statistiques du commerce extérieur, publiées par le Bureau national des statistiques (BNS), la balance commerciale du Nigeria a enregistré un excédent de 2,36 trillions de nairas (environ 6,5 milliards $) au second trimestre 2018. Soit une hausse de 8,36% par rapport à l’excédent réalisé au premier trimestre de cette année qui était de 2,17 trillions de nairas (environ 6 milliards $), rapporte l’agence Ecofin.

Malgré cette augmentation de l’excédent commercial du Nigeria, les échanges commerciaux ont globalement enregistré un repli de 8,9% pour s’établir à 6,57 trillions de nairas (environ 18,12 milliards $) au second trimestre 2018, contre 7,21 trillions de nairas (environ 19,88 milliards $) au premier trimestre de cette année.

D’après le BNS, cette baisse globale du commerce extérieur du Nigéria est la résultante aussi bien d’une contraction des exportations que des importations du pays. Ainsi, les exportations se sont situées à 4,46 trillions de nairas (environ 12,3 milliards $) au second trimestre 2018. Soit une baisse de 4,9% par rapport au volume des exportations au premier trimestre qui s’était établi à 4,7 trillions de nairas (environ 12,9 milliards $). Toutefois, en glissement annuel, les exportations du second trimestre enregistrent une croissance de 43,8% par rapport au second trimestre 2017.

S’agissant des importations au second trimestre 2018, elles se sont établies à 2,11 trillions de nairas (environ 5,8 milliards $). En baisse de 16,3% par rapport au premier trimestre de cette année où elles affichaient un volume de 2,52 trillions de nairas (environ 6,9 milliards $).

Ces importations sont également en baisse de 19,9% en glissement annuel par rapport au second trimestre 2017, détaille encore la même source.

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C’est indiscutablement le symptôme le plus brutal d’une balance commerciale qui bat de l’aile. Le dinar tunisien s’est inscrit dans une spirale que peu d’analystes se retiennent de qualifier de descente aux enfers. Et ce n’est point excessif au regard à la cadence à laquelle il plonge en l’absence du moindre indice que ce ne soit pas encore le cas sur le court terme voire à plus longue échéance. Les tout derniers chiffres de la Banque centrale de Tunisie sont là pour étayer ces craintes avec un déficit courant qui « s’est nettement élargi pour s’établir, à fin août 2018, à 7.675 MDT (ou 7,2% du PIB), après avoir atteint 6.767 MDT (ou 7% du PIB) une année auparavant ». En corollaire, elle fait état d’une « détérioration des paiements extérieurs toujours perceptible au niveau des réserves en devises qui se sont établies, au 12 septembre 2018, au voisinage de 3,9 milliards de dollars, soit l’équivalent 69 jours d’importations contre 93 jours à fin 2017 ». Une barre que l’on retrouve, pas plus tard que ce 17 octobre. Mécaniquement, et en raison de l’acuité du déséquilibre entre l’offre et la demande, le marché de change a connu une accélération du rythme de dépréciation du dinar vis-à-vis des principales devises, au cours de la période récente. Du premier au 12 septembre 2018 et par rapport à toute l’année 2017, le dinar s’est déprécié de 10,7% et 5% face à l’euro et au dollar américain respectivement.

On est alors à des années-lumière de l’année 2010, par exemple, où le dinar s’échangeait           contre 1,44 dollar. À la mi-septembre 2018, cette contre-valeur est de 2,78 pour un dollar et de 3,23 pour un euro, en ce début de semaine. Et avec une facture d’importation qui a augmenté de 20,4% à 13,9 milliards de dollars par rapport aux huit premiers mois de l’année dernière, le déficit devrait continuer de se creuser sur le reste de l’année, avertissent les analystes.

Le Fonds monétaire international a fait valoir que «la flexibilité du taux de change, appuyée par des adjudications plus compétitives de devises par les banques centrales, est essentielle pour aider à améliorer la situation du compte courant et à reconstituer les réserves internationales du pays». Une préconisation taillée en pièces par les économistes qui affirment que le maintien d’une telle «flexibilité» est contre-productif pour l’économie tunisienne et pourrait être «suicidaire» à long terme, arguant que le pays ne pourrait pas couvrir le déficit commercial croissant, alimentant ainsi le déséquilibre des comptes courants.

Un « précipice sans fond » !

Cités par « The Arab Weekly », ils ajoutent s’attendre à ce que le déficit commercial de 2018 dépasse le déficit commercial record de 2017, qui a atteint 5,6 milliards de dollars, soit 24% de plus que l’année précédente. L’un d’’eux, l’ancien ministre tunisien du Tourisme, Slim Tlatli, économiste, ne voit pas d’un bon œil que « les autorités continuent de laisser le dinar se déprécier dans le soi-disant objectif de mettre fin au déficit commercial. Nous devons changer de politique, qui pousse le pays dans un précipice sans fond », selon ses dires.

D’après lui et d’autres économistes, la dépréciation du dinar aurait permis d’ouvrir de nouveaux marchés pour les ventes à l’étranger si l’économie était plus productive et innovante, mais elle y a échoué. La Tunisie, largement reconnue comme la réussite économique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord au cours des deux décennies précédant 2010, a été dépassée par le Maroc et l’Algérie, ses pays voisins, dans le dernier indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial. La Tunisie était 95ème, neuf crans au-dessous de l’Algérie et 24 spots plus bas que le Maroc, à l’échelle de la compétitivité.

Une politique « suicidaire »

“Lorsque l’élasticité des prix des importations et des exportations est faible, comme c’est le cas en Tunisie, la dévaluation du dinar amplifie encore le déficit commercial”, a déclaré Abdelaziz Halleb, directeur général de la société de composants électriques Omnitech, cité par la même source, faisant remarquer que le déficit commercial de la Tunisie se creusait depuis 2011, le dinar perdant progressivement du terrain face au dollar.

“C’est la raison pour laquelle cette politique monétaire est simplement suicidaire”, a-t-il prévenu, rappelant que la chute du dinar avait sérieusement affecté la valeur des exportations des composants mécaniques et électriques ». « Lorsque ces transactions sont conclues, les montants de leurs exportations ne sont pas influencés par la valeur du dinar. Pour certaines sociétés étrangères spécialisées dans ces composants, le seul facteur qu’elles mettent en avant pour choisir la Tunisie tient aux salaires de leurs employés locaux payés en dinars et quand le dinar chute, ces salaires diminuent aussi », a-t-il souligné. Pour les produits agricoles, «les recettes en devises émanant de leurs exportations manquent à croître si le dinar se déprécie», a-t-il ajouté.

La valeur en baisse du dinar a frappé l’industrie du tourisme, autre principale source de devises. «Les accords sont négociés avec des voyagistes étrangers pour l’été et en dinars. Lorsque nous déprécions le dinar, nous perdons en termes de devises », a-t-il affirmé, expliquant que les touristes d’Algérie et de Libye « affluent vers le marché noir pour échanger de l’argent. Nous perdons aussi en même temps que nous dévaluons le dinar ».

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Une baisse des prix de certaines voitures populaires à moins de 20 mille dinars est possible à condition de supprimer le Droit de Consommation et la TVA appliqués à ces voitures, a affirmé lundi le membre du bureau exécutif de la Chambre nationale des concessionnaires et des constructeurs automobiles, Mehdi Mahjoub.

Dans une déclaration à l’agence TAP, il a précisé que le total des taxes et des frais appliqués aux voitures populaires atteint 24% de leur prix, soulignant que la moyenne des prix des voitures populaires commercialisées en Tunisie varie entre 22 et 31 mille dinars.

Toujours selon lui, “les voitures populaires dont les prix sont inférieurs à 22 mille dinars peuvent être commercialisées à moins de 20 mille dinars. Cependant, il serait difficile d’appliquer une telle baisse aux voitures dont les prix se situent aux alentours de 30 mille dinars. Lesquelles pourraient être vendues à 25,5 mille dinars, si certaines taxes sont annulées“.

Mahjoub a indiqué que “la mesure annoncée par le Chef du gouvernement, Youssef Chahed, vendredi dernier, en marge du Forum sur le projet de loi de Finances 2019, sera appliquée en 2019“.
Toutefois, il a exprimé des doutes quant à l’évolution de la situation du dinar face à l’euro et au dollar, en 2019, d’autant plus que sa dépréciation face aux monnaies étrangères explique, en grande partie, le renchérissement des voitures populaires.

Mahjoub a également fait savoir que 7 marques de voitures populaires sont commercialisées en Tunisie, dont 2 marques sont vendues à des prix aux alentours de 22 mille dinars, tandis que les prix des autres marques varient entre 25 et 31 mille dinars.

Pour appliquer la mesure annoncée par le Chef du gouvernement, il est possible d’importer des voitures populaires à un prix unitaire de 6 mille euros (19,2 mille dinars), mais ne disposant pas de plusieurs options  nécessaires“, a-t-il affirmé.

Mahjoub s’est, par ailleurs, félicité de “la décision annoncée par le Chef du Gouvernement, qui est de nature à favoriser l’acquisition de voitures pour les Tunisiens”, tout en appelant à “réviser toutes les impositions appliquées aux voitures“.
Il a, en outre, proposé “l’importation de voitures légères de faible puissance fiscale, afin de pouvoir agir sur leur prix“.
Il est à noter que la Tunisie importe annuellement entre 2500 et 3000 voitures populaires, sachant que l’importation de ce type de voitures a débuté en Tunisie en 1994.

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Verdict autant que vade-mecum de ce qui est essentiel de faire, la note de la Banque centrale de Tunisie sur les « Evolutions économiques et monétaires et perspectives à moyens terme », rendu publique ce vendredi, a livré une analyse de référence des indicateurs qui ont marqué le deuxième trimestre de l’année en cours, qu’ils fussent bons ou inquiétants, et esquissé une trajectoire à laquelle les autorités publiques devront se conformer alors qu’elles planchent sur le projet de la loi des finances pour l’exercice prochain.

Au rang des évolutions que l’on sait déjà figure le taux de croissance qui a affiché une progression de 2,8% en glissement annuel, tirée en cela par la bonne performance des services marchands (+0,6pp) notamment les branches des télécommunications et des transports, ainsi que par une légère amélioration de l’activité au niveau des industries non manufacturières (+0,1pp) et des activités non marchandes et autres (+0,04pp). Une ombre au tableau, le secteur agricole et de pêche et celui des industries manufacturières ont contribué négativement à la croissance du deuxième trimestre 2018 à raison de -0,1pp chacun.

S’agissant de la demande, celle intérieure a été boostée par la reprise du secteur du bâtiment & génie civil (BGC) et celui des matériaux de construction, céramique et verre (MCCV) dont les VA ont évolué au T2-2018 de +4,9% (après -4,0% au T1-2018) et +2,7% (après -5,8% au T1-2018) en variations trimestrielles. Toutefois, il est fait mention de difficultés persistantes au niveau du secteur énergétique avec une valeur ajoutée de la branche « Extraction de pétrole et gaz » en baisse de 5,8% au T2-2018 après -1,9% au T1-2018, contribuant ainsi à raison de -0,2pp à la croissance globale trimestrielle.

Dans cette configuration, le secteur touristique émerge du lot grâce à une reprise s’est confirmée au cours des 6 premiers mois de 2018 avec des perspectives positives pour le restant de l’année. La valeur ajoutée de la branche « hôtels et restaurants » s’est accrue de 0,8% au T2-2018 en V.T (+11,5% en G.A) après avoir déjà progressé de 5,7% au premier trimestre (+9,2% en G.A).

L’inflation, un tourment récurrent !

Il va sans dire que la part belle dans cette note a été faite à l’inflation dont le taux, pour le deuxième mois consécutif, s’est établi à +7,5% en glissement annuel contre seulement +5,7% en août 2017. Une évolution qui s’explique, d’une part, par la décélération du rythme de progression des prix des produits alimentaires (+7,0% en G.A contre +8,3% en juillet 2018) et d’autre part, par l’accélération du rythme d’accroissement des prix des produits manufacturés (+9,2% en G.A contre +8,7%) et de ceux des services (+6,0% en G.A contre +5,3%).

Il est quand même noté qu’en variations mensuelles, l’indice des prix à la consommation a enregistré un accroissement plus modéré de 0,3% en août contre 0,6% en juillet. Cette évolution porte la marque de la nette détente des prix des produits manufacturés. Sur les huit premiers mois de l’année, le taux d’inflation s’est établi en moyenne à 7,5% contre 5% au cours de la même période de 2017. En termes de contributions à l’inflation globale, l’analyse par secteur d’activité montre que la contribution de l’inflation des produits manufacturés est demeurée la plus importante avec 3,4 points de pourcentage, en août 2018 contre 3,3 points un mois auparavant, et ce, au détriment de l’inflation des produits alimentaires dont la contribution a baissé en revenant de 2,4 points de pourcentage en juillet 2018 à 2,1 points de pourcentage en août 2018 alors qu’elle n’était que de 1,6 point de pourcentage en août 2017.

Au regard de ces évolutions, l’institut d’émission estime que « la persistance de l’inflation sous-jacente à des niveaux élevés constitue une source de préoccupation pour la Banque centrale dont le mandat est d’assurer la stabilité des prix », marquant sa détermination à « rester vigilante quant à l’évolution de l’inflation et n’hésiterait pas à resserrer sa politique monétaire afin de ramener le taux d’inflation vers sa moyenne de long terme, agissant ainsi sur les anticipations inflationnistes ».

Les importations, encore et encore !

Les échanges extérieurs ont été relativement dynamiques sur l’ensemble des huit premiers mois de 2018, constate la BCT qui pointe un déficit commercial (FOB-CAF) qui s’est élargi à 12.161 MDT après 10.069 MDT à fin août 2017. En cause, la hausse persistante des prix internationaux des matières premières, conjuguée à la dépréciation du dinar ont alimenté les pressions sur les dépenses d’importation. Au terme du mois d’août 2018, la valeur des importations de matières premières et de semi-produits a enregistré une hausse de 22,6%, contre 21,3% à fin août 2017, pour atteindre 12,9 milliards de dinars. De même, les importations de produits énergétiques ont fortement progressé de 40,9% pour avoisiner 5,4 milliards de dinars durant ladite période contre 3,8 milliards une année auparavant. De leur côté, les importations de produits de consommation ont affiché un rythme de progression encore soutenu (11,8% contre 16,2% à fin août 2017) pour dépasser 9,1 milliards de dinars.

Au demeurant, l’impact de la détérioration des paiements extérieurs continue à être perceptible au niveau des réserves en devises qui se sont établies, au 12 septembre 2018, au voisinage de 3,9 milliards de dollars, soit l’équivalent 69 jours d’importations contre 93 jours à fin 2017. Et en raison de l’acuité du déséquilibre entre l’offre et la demande, le marché de change a connu une accélération du rythme de dépréciation du dinar vis-à-vis des principales devises, au cours de la période récente. Du premier au 12 septembre 2018 et par rapport à toute l’année 2017, le dinar s’est déprécié de 10,7% et 5% face à l’euro et au dollar américain respectivement.

Monnaie, crédit et liquidité

Les concours à l’économie ont continué à décélérer, et ce, pour le cinquième mois consécutif, évoluant au rythme de 11,3% en juillet contre 11,4% en juin et 13% en février 2018. En revanche, les créances nettes sur l’extérieur ont poursuivi leur mouvement baissier. Quant aux ressources monétaires, elles ont connu une progression, en juillet 2018, traduisant l’augmentation de l’encours des certificats des dépôts et des billets et monnaies en circulation (BMC), et à un degré moindre, celle des dépôts à vue bancaires (DAV).

Dans le même temps, les besoins moyens des banques en liquidité ont poursuivi leur hausse à un rythme soutenu pour atteindre 16,1 milliards de dinars en moyenne, en août 2018, contre 15,1 milliards de dinars en juillet et seulement 10,9 milliards à fin 2017. Cette évolution porte la marque des effets restrictifs sur la liquidité bancaire provenant, d’une part, du recours important des banques à l’achat de devises auprès de la Banque centrale, permettant aux différents opérateurs économiques d’honorer leurs engagements extérieurs. L’impact de l’accentuation des besoins de banques en liquidité, conjugué au relèvement du taux directeur de 100 points de base, le 13 juin 2018, ont pesé sur la dynamique des taux d’intérêt sur le marché monétaire. Le taux moyen pondéré (TMP) des opérations principales de refinancement ainsi que le TMM se sont établis à 7,07% et 7,25%, respectivement, en août 2018.

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Le président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), Abdelmajid Zar, a appelé le gouvernement à accorder une grande importance au secteur de l’agriculture qui demeure,  selon ses dires, un gisement de croissance économique susceptible de sortir le pays de sa crise économique.

Lors de son intervention au cours des travaux du séminaire relatif aux orientations de la loi de Finance 2019, Zar a également insisté sur l’importance de renforcer la production nationale et de réduire la consommation. Il a ajouté qu’il est temps de mettre fin aux exportations et aux importations.
Le président de l’UTAP a tenu à rappeler que la loi de Finances 2018 a pesé lourdement sur le pouvoir d’achat citoyens, les agriculteurs, les entreprises… Il a indiqué qu’il faut adopter de nouvelles mesures pour la LF 2019 dans le but de booster l’économie nationale et de créer un bon climat social.

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A la fin du mois d’aout 2018, le déficit de la balance commerciale alimentaire s’est réduit pour se situer au niveau de 162,8 millions de dinars (MD), contre 886,2 MD enregistrés durant les huit premiers mois de l’année écoulé, soit une baisse de 82%, tirée principalement les exportations d’huile d’olive, des dattes et les produits de la pêche, selon les données publiées par le ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche.

La balance commerciale alimentaire a enregistré une nette amélioration au niveau de la couverture des importations par les exportations, soit 95,5%, contre 69,7 % pendant la même période de l’année 2017.
Le ministère de l’Agriculture a imputé la régression de ce déficit à l’évolution de la valeur des exportations alimentaires laquelle (valeur) a dépassé celle des importations (68,6% export contre 23,1% import), ajoute la même.

Entre janvier et fin août 2018, l’exportation des produits alimentaires ont généré des bénéfices estimés à près de 3434,6 MD, soit une croissance de 86,6% en comparaison avec les résultats de l’année dernière.
Ces résultats sont confortés par la croissance du volume des exportations d’huile d’olive au niveau de la quantité (166,8 mille tonnes, contre 59,7 mille tonnes) et la valeur (15890,3 MD, contre 533,2 MD), outre la hausse de 3% enregistrée au niveau des prix, des entrées en devises (31% pour les produits frais de la pêche) et de 38% pour les dattes.
La valeur des exportations des légumes fraiches ainsi que celle des agrumes ont accusé une hausse respectivement de 27% et de 8%, en dépit de la régression des quantités de poissons de 22% et des conserves de poissons de 19%.
La valeur des exportations alimentaires, sans compter les revenus de l’huile d’olive, s’élève à 24%, sachant que la Tunisie a exporté près de 24 mille tonnes des fruits d’été pour une valeur de 62 MD, soit des hausses respectives de 41% et de 44% par rapport aux huit premiers mois de l’année 2017.
La valeur des exportations alimentaires en 2018, a atteint 13% du total des exportations de, biens contre 9,3% en 2017.

Le pays a également dépensé 3597,4 MD pour l’importation des produits alimentaires, ce qui a permis d’enregistrer une hausse de 23,1% par rapport à la même période de l’année 2017.
Cette évolution s’explique en partie par la baisse du taux de change du dinar tunisien par rapport aux monnaies étrangères, et l’augmentation de la valeur des importations de certains produits alimentaires de base, outre la hausse de leurs prix sur le marché international (blé dur (+31%), blé tendre (+30%), l’orge (+59%) et les dérivées du lait (+52%).
Les achats de maïs et des huiles végétales ont régressé en valeur respectivement de 3% et de 28%, en raison de la baisse des quantités importées, sachant que les produits alimentaires de base représentent 68 % du total des importations alimentaires, contre 74% en 2017.
Au cours des huit premiers mois de l’année 2018, la valeur des importations alimentaires a représenté 9,3% de l’ensemble des importations tunisiennes, contre 9,1% en 2017.

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A chaque nouveau glissement du déficit de la balance commerciale, s’élèvent de nouveau en Tunisie des voix «d’experts» et de politiciens, demandant au ministre du commerce, Omar Béhi, de sévir en comprimant la liste des produits importés par la Tunisie. Avant lui et en coopération avec la BCT, une liste de 604 nomenclatures douanières déclarées «personæ non gratæ» avait été établie en octobre 2017. Le même mois, la BCT sortait une circulaire portant instruction de ne procéder à l’ouverture d’une lettre de crédit (LC) pour l’importation de certains produits qu’avec la couverture par l’importateur de sa LC par une garantie sur ses propres fonds. Des mesures qui avaient alors valu à l’ancien Gouverneur et au gouvernement le courroux de certaines parties européennes, dont l’une qui en voulait surtout à la présence sur cette liste des produits de maquillage (Nomenclatures de 330300 à 330499).

Les réprimandes, diplomatiquement correctes, arrivent encore à ce jour, au ministère du Commerce.

Les critiques internes, concernant certaines importations jugées actuellement inutiles et en tout cas non-indispensables, n’ont pourtant pas arrêté. Au ministère du Commerce, on penserait même rétablir le régime des autorisations préalables pour toutes les importations, même pour une seule année. On planche, tout de même et depuis quelque temps, sur les mesures à prendre qui pourraient contribuer à dépenser moins en importations et resserrer les cordons de la réserve en devises. De son côté, le chef du gouvernement avait remis sur la table des négociations avec les autorités chinoises la possibilité d’un accord de Swap pour couvrir les importations tunisiennes de Chine.

C’est dire tous les efforts faits ou en cours pour essayer de baisser le déficit commercial, sans pour autant toucher les matières de base, les semi produits et les importations par lesquelles l’industrie tunisienne fonctionne.

En août dernier, sur les 38,427 Milliards DT déboursés en devises par la Tunisie par en importations diverses, dont un peu plus de 24,205 Milliards DT pour seulement 9 produits, tous vitaux. Ces 9 produits représentent plus des 2/3 de toutes les importations tunisiennes. Pour plus de détails, cette liste de l’INS est encore plus explicite sur les importations tunisiennes.

Elle confirme, pour ceux qui auraient encore des doutes, non politiciens, qu’il est difficile, voire impossible pour le ministre tunisien du Commerce Omar Béhi de comprimer encore plus les importations, du moins officielles et pas celles qui passent par les circuits parallèles, qui sont un autre combat autrement plus difficile et pas encore engagé avec force et détermination par le gouvernement de Youssef Chahed.

A l’exception de quelques produits dans cette liste, rien ou très peu à notre sens pourrait être taxé d’inutile. Le ministre du Commerce pourrait certes en expurger quelques petites choses, comme les 90,4 MDT de jouets, jeux et articles de sports, les 52,4 MDT d’appareils de télécommunication comme les téléphones mobiles, etc. Mais est-ce que cela changerait quelque chose dans la balance commerciale ?

L’idéal, à notre sens, serait de se pencher sérieusement sur la question du commerce parallèle et le commerce de valises, comme par voie aérienne de Turquie. Et encore, regardez ce qui s’est passé dernièrement, lorsque la Libye a unilatéralement fermé ses frontières du côté tunisien. Le Tunisien vit, par le parallèle, avec le parallèle et en partie grâce au parallèle. Et il n’est pas prêt de s’en séparer !

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