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La bonne, les mauvaises nouvelles, et le remède de cheval de la BCT

Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie s’est réuni le 17 mai 2022 et a passé en revue les développements économiques et financiers récents.

Sur le plan international, les dernières informations disponibles indiquent une accélération rapide et à caractère généralisé de l’inflation dans le monde, qui contraste avec une reprise molle de la croissance mondiale, affaiblie par les retombées de la crise russo-ukrainienne. Malgré la révision à la baisse de l’activité mondiale, les prix continuent à évoluer au gré des développements de ladite crise du fait que l’envolée quasi généralisée des prix internationaux des produits de base et les troubles persistants au niveau des chaines d’approvisionnement se sont accentués, attisant les pressions inflationnistes au niveau de toute la chaine des prix. Ces pressions pourraient revêtir un caractère plus durable que prévu. Dans ce contexte, plusieurs banques centrales dans le monde se sont orientées vers le resserrement de leurs politiques monétaires.

  • La bonne nouvelle de la production industrielle qui se redresse

Sur le plan national, l’activité économique, soutenue, principalement, par le secteur industriel, a poursuivi, au premier trimestre 2022 son renforcement graduel pour s’établir à 2,4% en G.A (Glissement Annuel) contre 1,6% un trimestre auparavant. Le secteur industriel a largement contribué à la reprise du volume des exportations (14% en G.A. après 4,4% au dernier trimestre 2021). L’augmentation soutenue des importations des matières premières et des semi-produits au cours de la période sous-revue, favoriserait la poursuite du redressement de la production industrielle dans les mois à venir. Également, l’amélioration de la situation épidémiologique et la levée des restrictions sanitaires devraient soutenir la reprise des services, notamment, ceux liés au secteur touristique.

  • La mauvaise, de l’’inflation restera sur des paliers élevés d’ici à 2023

Du côté des prix à la consommation, le Conseil note la poursuite de l’accélération de l’inflation qui a atteint 7,5% en avril 2022 (en glissement annuel), après 7,2% le mois précédent et 5% en avril 2021, soit le plus haut niveau enregistré depuis fin 2018. Cette remontée de l’inflation a pour origine l’accélération des prix des produits manufacturés qui ont augmenté de 9,3% en G.A (contre 5,1% un anauparavant) et de ceux des produits alimentaires de 8,7% (contre 4,9% en avril 2021).

Sur un autre plan, le Conseil relève que la tendance haussière graduelle empruntée par l’inflation sous-jacente « hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés », depuis 2021, s’est accélérée pour franchir la barre de 7% en avril 2022 après 6,6% le mois précédent et contre 5% un an auparavant.

  • La BCT explique : Un mal pour un bien, ou la hausse du T.D contre l’inflation

Le Conseil considère que la diffusion des pressions inflationnistes en provenance de l’étranger vers les prix domestiques, d’une part, et les répercussions des ajustements attendus des prix administrés dans le cadre de la réforme du système des subventions, d’autre part, seraient de nature à maintenir l’inflation sur des paliers élevés aussi bien en2022 qu’en 2023.

Le Conseil exprime sa forte préoccupation quant aux risques haussiers entourant la trajectoire de l’inflation, en perspective, et souligne l’importance de la coordination des politiques économiques pour éviter une dérive inflationniste qui pourrait accentuer les vulnérabilités et mettre en difficulté la reprise de l’activité économique.

Le Conseil insiste sur la nécessité d’entreprendre, dans les plus brefs délais, les réformes structurelles nécessaires permettant de remettre la croissance économique sur une tendance haussière afin d’assurer la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette publique

Après une évaluation des risques entourant la dynamique de l’inflation et l’équilibre du secteur extérieur au cours de la période à venir, le Conseil décide de relever le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie de 75 points de base, le portant à 7,0%, ce qui se traduirait par un relèvement des taux des facilités de dépôt et de prêt marginal à6,0 % et à 8,0 % respectivement.

Par cette action, le Conseil vise à contrer les tensions inflationnistes qui se profilent à l’horizon de prévision, et à éviter une accélération de l’inflation et une accentuation du déséquilibre extérieur.

Par ailleurs, il a été décidé de relever le taux minimum de rémunération de l’épargne de 100 points de base, pour le porter à 6%.

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