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Jihad Azour

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Souffler le chaud et le froid, alternativement ou l’un après l’autre, c’est tout un art, pas à la portée du commun des mortels, mais que manifestement le Fonds monétaire international (FMI) maitrise à merveille. Après avoir félicité Youssef Chahed pour son tour de vis – les réformes, surtout les ponctions fiscales et le gel des recrutements dans le public -, Christine Lagarde et ses collaborateurs insistent pour un virage social. La raison ? Ce n’est pas de la philanthropie, que tout le monde se rassure, mais une inflexion que dicte la conjoncture. En effet les risques d’explosions sociales sont réels, ici en Tunisie et ailleurs, et les dernières éruptions dans les gouvernorats et la capitale le démontrent. D’ailleurs cela n’a pas échappé à Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI. Les réformes que soutiennent son institution sont censées être une thérapie qui va guérir le malade, et non l’achever. C’est important pour préserver l’économie mondialisée de fièvres très mauvaises pour sa santé – la consommation, la circulation des capitaux, les gros profits des financiers et bailleurs de fonds, et tout le toutim… – et aussi pour que les Etats emprunteurs (et de ce point de vue la Tunisie est aux premières loges !) puissent être suffisamment viables pour honorer leurs échéances de remboursement.

Les réformes économiques adoptées par la Tunisie devraient être accompagnées par des réformes sociales afin d’alléger la pression sur les catégories vulnérables, a affirmé Azour.
Dans une interview accordée à l’agence TAP, le responsable a estimé que le gouvernement tunisien est sur la bonne voie, ajoutant que les réformes nécessitent du temps et de l’appui. Il a, dans ce cadre, exprimé la volonté du FMI de soutenir les efforts du gouvernement tunisien dans ce domaine, tout en prenant en considération la réaction du citoyen qui n’a pas encore senti d’améliorations notables de sa situation.
En Tunisie et dans la région arabe, il est nécessaire de hisser le niveau de croissance à un niveau oscillant entre 5 et 5,5% afin de permettre à ces pays de résoudre les problèmes existants“. Il a, en outre, mis l’accent sur la nécessité d’adopter une approche participative de développement qui bénéficiera à toutes les catégories sociales, notamment, les plus vulnérables comme les jeunes qui font face, dans certains de ces pays, à des taux de chômage atteignant les 25%.

Avec l’appui du FMI, la Tunisie a entamé la concrétisation d’un 2ème programme de réformes, mais elle ne parvient pas encore à booster la croissance, l’investissement et l’emploi. Quels sont les obstacles qui entravent la réalisation de ces objectifs tracés ?

Le niveau de croissance en Tunisie constitue encore le principal obstacle entravant la création d’emplois qui doit être la priorité absolue.
Il ne faut pas oublier que la difficile transition par laquelle est passé le pays a posé plusieurs défis liés aux répercussions des opérations terroristes, notamment sur le secteur touristique.
Le peuple et le gouvernement tunisiens déploient des efforts considérables pour garantir la stabilité dans une conjoncture difficile, caractérisée par l’augmentation
du budget, au cours des dernières années.
Cette situation nécessite une maitrise des dépenses publiques afin de permettre à l’Etat de mobiliser une partie du budget pour appuyer les dispositions sociales et l’investissement dans les jeunes et la création d’emplois.
Dans tous les pays du monde et pas seulement en Tunisie, le processus de transition prend du temps et il est normal que le citoyen ne sente pas les résultats de cet effort sur sa vie de tous les jours.
Les gouvernements sont appelés à alléger la pression causée par les réformes à travers des programmes sociaux ciblant les catégories vulnérables.

Dans une conjoncture ou les ressources financières de l’Etat tunisien se font de plus en plus rares, quelles sont les mesures qui doivent être prises en vue de concrétiser les réformes sociales ?

Comme je l’ai déjà mentionné, l’Etat est appelé à alléger les impacts des réformes économiques sur les catégories vulnérables à travers la mise en place de programmes sociaux visant à garantir un appui financier direct ciblant quelques catégories.
Dans ce même cadre il faut souligner que la baisse du taux de chômage représente la principale cible des programmes de réforme, d’autant plus que la création d’opportunités d’emplois nécessite une amélioration de l’infrastructure de base, la modernisation du climat d’affaires et l’incitation du secteur privé.
Les autres volets sociaux concernent, notamment, la couverture sociale afin de permettre aux citoyens de tout âge de se sentir protéger. En effet, il est primordial de mettre en place des réformes ciblant la couverture sociale et le système de retraite.
Le gouvernement tunisien est sur la bonne voie, mais les réformes nécessitent du temps et de l’appui. Et c’est pour cette raison que nous œuvrons à appuyer ces efforts, tout en prenant en considération la réaction du citoyen tunisien qui n’a pas encore senti d’améliorations notables de sa situation.
Outre l’appui financier, nous sommes prêts à fournir une aide technique afin de permettre à la Tunisie de concrétiser ces réformes.

La Tunisie a décidé une hausse des impôts afin de mobiliser des revenues supplémentaires, ce qui ne manquera pas d’élever les couts de production de l’entreprise, décourager l’investissement et limiter la création d’emplois. La Tunisie n’est pas dans un cercle vicieux, avec un manque d’investissements, d’une part et une baisse des recrutements dans l’administration publique, d’autre part?

Je crois que l’investisseur ne met pas l’accent seulement sur les pressions fiscales. Il y a les démarches administratives et la qualité de l’infrastructure.
Autre préoccupation de l’investisseur, c’est la stabilité économique, car si l’inflation est importante et le déficit budgétaire en hausse, le facteur confiance sera ébranlé.
Le gouvernement est appelé à mettre en place des politiques globales qui ne doivent pas être basées sur une seule ou deux dispositions.

Estimez-vous que la Tunisie soit en mesure de réussir son programme de réforme économique comme c’est le cas au niveau politique ?

Il y a une volonté au sein de la société tunisienne de garantir la réussite des réformes économiques et une prise de conscience de plus en plus forte auprès des Tunisiens, spécialement les jeunes de la nécessité de mettre en place des réformes afin de sortir de la situation actuelle.
Actuellement, les perspectives sont positives, d’autant plus que la Tunisie devrait bénéficier de l’amélioration du niveau de croissance dans le monde qui a concerné des pays partenaires de la Tunisie, notamment l’Union Européenne, ce qui permettra une amélioration de la croissance économique dans le pays.

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La ville de Marrakech accueille depuis lundi 29 janvier 2018 et durant deux jours la Conférence régionale du Fonds monétaire international (FMI) pour la région du Maghreb et du Moyen-Orient (MENA). Sous l’intitulé “Les opportunités pour tous : croissance, emplois et inclusion dans le monde arabe”, cette conférence traite de l’état des lieux et des perspectives de croissance dans la région.

Le FMI a pointé, via son directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale, Jihad Azour, les “frustrations” exprimées par les citoyens dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, et les réformes nécessaires à conduire.

Jihad Azour a alerté, lors de l’ouverture de cette conférence, sur les risques de montée des tensions sociales et des manifestations dans plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, en expliquant cette tension par le «désir insatisfait» de prospérité et d’équité. Le directeur a appelé à des réformes immédiates afin d’éviter des «explosions» sociales généralisées. Ces réformes doivent viser les problèmes fondamentaux des sociétés de la région : la corruption généralisée et endémique, le taux de chômage élevé, la faible croissance.

En préparation de cette conférence, le FMI avait publié une note de présentation intitulée «Vers une croissance plus soutenue et inclusive au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», laquelle a fait un récapitulatif de la situation de la région sous l’éclairage des indicateurs de croissance inclusive, les réformes en cours, les mesures déjà entreprises et les réformes nécessaires pour assurer l’égalité des chances.

Jihad Azour a par ailleurs souligné dans un article publié le 18 janvier dernier que les pays de la région MENA «souffrent depuis des décennies d’un modèle d’assistanat où le secteur public pourvoit à un cinquième des emplois”. Une situation qui ne fait qu’empirer en raison «des conflits interminables, des attentats terroristes, de           la chute des cours des produits de base et du repli de la croissance».

Une productivité faible et une corruption généralisée et omniprésente participent à la décélération des performances économiques de la région, explique  Azour. Dans sa note de présentation, il rapporte la préoccupation du FMI face à une croissance qui ne profite pas à tous et qui creuse les inégalités. Le document pointe également le manque d’opportunités ainsi que la difficulté d’accès à des services publics «abordables et de qualité». “Ce sont tous ces facteurs qui alimentent une grande frustration (…) et qui alertent sur une situation explosive», ajoute le texte.

La note rappelle que la région MENA affiche des taux d’emploi parmi les plus faibles du monde. Moins de 50% de la population adulte travaille, et parmi elle très peu sont des femmes.

Avec une population composée à plus de 60% de personnes de moins de 30 ans, la région a désespérément besoin d’une croissance plus vigoureuse et de plus d’emplois”. Une situation amenée à s’aggraver car 5,5 millions de jeunes arriveront chaque année sur le marché du travail dans les cinq prochaines années, selon cette note.

Selon M. Azour, les réformes les plus urgentes à mener dans la région portent sur «la lutte contre la corruption, la création d’emploi pour les jeunes, l’insertion des femmes dans la vie économique, et le développement du secteur privé». Ces thèmes seront au programme de la conférence de Marrakech à laquelle ont été conviés les hauts responsables des pays de la région, des chefs d’entreprises, des jeunes et des représentants de la société civile. Youssef Chahed, chef du gouvernement tunisien, y est et a rencontré ce mardi Christine Lagarde, directrice générale du FMI, arrivée dimanche 28 janvier 2018 à Marrakech pour présider la conférence “Opportunity4Mena“. “Nous soutenons les réformes du gouvernement et continuerons à travailler en étroite collaboration pour assurer l’équilibre social des réformes“, a indiqué Lagarde à l’issue d’un entretien avec Chahed.
Elle a souligné, dans une déclaration à la presse, “nous avons eu une réunion fructueuse, nous avons discuté des récents développements en Tunisie et des efforts fournis par le gouvernement pour améliorer la situation économique“.

Nous comprenons la frustration des Tunisiens qui n’ont pas encore bénéficié des retombées économiques de la transformation politique“, a-t-elle dit, soulignant que “ce processus est difficile et prend du temps” et que “les réformes sont essentielles pour permettre aux Tunisiens de voir le chômage baisser et sentir la croissance s’accélérer“.

Evoquant les réformes engagées par la Tunisie, elle a noté que “parmi les principales réalisations figurent la loi des finances 2018 ainsi que la stratégie de réforme de la fonction publique visant à améliorer la qualité du service et à ralentir la croissance de la masse salariale“.
Nous soutenons, également, les réformes visant à mettre fin à la corruption et à améliorer le climat des affaires, ainsi que la soutenabilité des entreprises publiques“.

Finalement, elle a réitéré “nous partageons tous le même objectif : croissance et équité. Nous travaillons ensemble pour une économie tunisienne plus forte et un avenir meilleur pour tous les Tunisiens“.

تصريح كريستين لاغارد المديرة العامة لصندوق النقد الدولي اثر لقائها برئيس الحكومة يوسف الشاهد ظهر اليوم بمدينة مراكش المغربية

تصريح كريستين لاغارد المديرة العامة لصندوق النقد الدولي اثر لقائها برئيس الحكومة يوسف الشاهد ظهر اليوم بمدينة مراكش المغربية

Publié par ‎Présidence du Gouvernement Tunisien – رئاسة الحكومة التونسية‎ sur mardi 30 Janvier 2018

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“La Tunisie doit entreprendre des réformes structurées à même d’améliorer ses capacités et de contribuer à la création d’emplois”, a souligné le directeur de la région Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA) au Fonds monétaire international (FMI), Jihad Azour.
Présentant, vendredi, les perspectives de la croissance économique dans la zone précitée, en marge des réunions du FMI et de la Banque mondiale (BM), il a indiqué que “l’un des objectifs essentiels du programme de réformes établi par la Tunisie est la préservation de la stabilité, cette dernière constituant un facteur fondamental pour garantir la prospérité du pays”.
Il a déclaré, lors d’une conférence de presse retransmise en ligne, que le gouvernement tunisien s’est engagé à poursuivre ces réformes en dépit de la baisse de la croissance dans le pays”.
L’exécution de réformes, a-t-il dit, est “l’un des seuls moyens de traiter les principales problématiques de la Tunisie, à savoir l’endettement et le déficit budgétaire”.
Il estime que la maîtrise de la dette permettra d’améliorer la situation économique et de préserver les ressources financières qui serviront à protéger les catégories sociales les plus précarisées, à améliorer le climat des affaires et développer le secteur privé”.

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