AccueilLa UNESaïed aurait-il enfin aidé sa cheffe de gouvernement à sortir de la mouise ?

Saïed aurait-il enfin aidé sa cheffe de gouvernement à sortir de la mouise ?

Il ne fait désormais aucun doute que les comptes de l’Etat tunisien ne s’amélioreront point sans le recours aux crédits. L’économie tunisienne clopinera certainement pendant quelques autres mois, et réalise déjà le miracle mensuel du versement des salaires et des retraites. Mais elle ne se relèvera pas sans les réformes exigées par ses bailleurs de fonds. Des réformes qui font, par ailleurs, l’unanimité à l’intérieur, comme à l’extérieur. Recourir aux banques locales a ses limites. Obliger la BCT à financer le budget, c’est  la mettre  en mauvaise situation par rapport à des bailleurs de fonds qui exigent l’indépendance de la politique monétaire.

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Jihad Azour, Directeur du Département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds monétaire international, en a fait  à nouveau, mardi, rappel solennel. Sans pour autant renier ses convictions et ses recommandations, Azour a indiqué que « la Tunisie doit remédier de toute urgence aux déséquilibres de ses finances publiques en améliorant l’équité fiscale, en limitant la croissance de l’importante masse salariale dans la fonction publique, en remplaçant les subventions généralisées par des transferts à destination des plus pauvres, en renforçant son dispositif de protection sociale et en réformant les entreprises publiques qui perdent de l’argent, afin de résorber rapidement les déséquilibres profonds dont pâtit son économie et d’assurer la stabilité macroéconomique » a dit Azour au chef de l’Etat tunisien, des propos passés, cependant,  sous silence par le communiqué officiel de la présidence de’ la République.

S’adressant au chef de tout l’Etat d’un pays à économie de marché, certes à composante sociale, le FMI a aussi  souligné , comme dans un rappel de ses conditions pour l’aider, la nécessité  d’un « renforcement de la concurrence et l’ouverture de l’économie aux investissements du secteur privé qui lui permettraient de tirer pleinement parti de ses atouts pour favoriser la croissance économique inclusive et fortement créatrice d’emplois dont elle a tant besoin »

Le chef de tout l’Etat tunisien Kais Saied, a par contre, préféré refaire du populisme, en lui faisant remarquer que « il existe un certain nombre de droits dont jouissent les êtres humains, tels que le droit à la santé et le droit à l’éducation, qui ne sont pas soumis à des mesures de profits et pertes », et que « les personnes ne sont pas des unités mathématiques, mais qu’il faut adopter une approche globale qui conduit à trouver des solutions à toutes les questions et problèmes soulevés ».

On aurait pu croire que l’atmosphère de cette rencontre qui a duré plus d’une heure et demie selon nos sources, pouvait être lourde et on attendait, anxieux, le « Read-out » de Jihad Azour, généralement connu pour être « un intégriste du FMI » selon notre source. Or ce ne semble être qu’une communication destinée à une consommation locale.

Notre source nous affirme, en effet, qu’à la fin de cette rencontre avec Kais Saïed, « Azour était comme sur un nuage », et semblait partager le point de vue du chef de tout l’Etat tunisien, et convaincu de ses arguments en faveur d’un nouveau programme d’assistance financière d’un volume de 4 Mds USD. Un sentiment, réaffirmé lors de son entretien, le même jour, avec la cheffe du gouvernement Nejla Bouden, toute en sourire sur la photo comme son invité.

Un peu plus tard dans la même journée, la sentence tombait dans un communiqué en trois langues du FMI. « Au terme de discussions techniques de plusieurs mois, nous sommes prêts à entamer, au cours des prochaines semaines, des négociations portant sur la mise en place d’un programme. », disait en substance le communiqué qui résonnait comme le début de la délivrance pour la Tunisie. Que ceux qui tablaient sur un refus de crédit de la part du FMI, se jettent la pierre à eux-mêmes.

  • « Vivre, ce n’est pas attendre que l’orage passe, mais apprendre à danser sous la pluie », dixit Ghandi

On ne passera pas sur ce paragraphe du communiqué du FMI, qui définit toute la problématique politique de ce crédit du FMI et ses risques sociaux pour un Kais Saïed qui prépare un plébiscite électoral via le referendum qu’il mijote à feu doux. « Un programme de réformes d’inspiration nationale, tel qu’il est défendu par le gouvernement, est plus crédible et plus à même de susciter l’adhésion générale, et présente donc plus de chances de réussite que par le passé. L’adhésion aux réformes revêt une grande importance, que celles-ci bénéficient ou non d’un appui de la part du FMI », disait Jihad Azour, qui pensait certainement à la mauvaise image d’un FMI dont les plans d’aide avaient, chaque fois, laissé une traînée de poudre derrière eux.

« Nous saluons donc la récente publication par le gouvernement de son plan de réformes. Il est essentiel que le gouvernement décrive plus en détail chacune des mesures de son plan de réformes, et qu’il en débatte avec l’ensemble des parties prenantes, afin que celles-ci fassent cause commune et participent à sa mise en œuvre. De cette manière, en assurant un dialogue ininterrompu avec ses principaux interlocuteurs ainsi qu’une communication plus large, le gouvernement augmentera les chances de réussite de ses politiques ».

Ce paragraphe du communiqué du FMI, il ne faut pas s’y tromper, laisse entendre que rien n’est encore fait, loin s’en faut. Le FMI demande d’abord au gouvernement Bouden de communiquer, abondamment et dans le détail, sur les mesures qu’il compte prendre pour appliquer les réformes promises. Autant dire à une population appelée à « voter » Saïed avant terme, quelle pilule amère il devra stoïquement faire avaler, sans brocher pour rassurer le FMI qu’elle ne sera pas à nouveau accusé de « foutre la merde » partout où il passe !

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