Que va-t-il encore dire ?

Que va-t-il encore dire ?

par -
Que va-t-il encore dire ?

Le chef de l’Etat devrait donner une nouvelle interview, comme d’habitude à une chaîne TV privée, comme s’il voulait encore déconsidérer les médias publics. Comme d’habitude aussi, l’interview devrait être enregistrée et on le déplore. On craint cependant qu’elle soit faite en direct, car on n’est pas sûr qu’il ne dérape pas, comme il l’a presque toujours fait avec la presse locale.

Autre souci, le fait que le nonagénaire chef d’Etat oublie de parler de la catastrophe naturelle qu’ont connue quelques unes des régions du pays qu’il dirige et pour qui, l’empathie ne suffira pas, mais qui ne comprendra pas que le chef de l’Etat ne le fasse pas. Au cas où cette interview serait diffusée comme il est prévu sur Elhiwar Ettounsi lundi à 19, et aborderait la crise politique et la guéguerre entre son propre fils et Youssef Chahed, elle marquera discordance totale entre un chef de l’Etat, sur ses « trentains »(terme originel dont est tirée l’ expression « sur ses trente-et-un »)l devant les caméras et qui palabre de questions presque familiales, et un chef de gouvernement en jean et blouson, dévoué à la tâche sur le terrain, consolant ses concitoyens et s’employant à trouver des solutions à leurs problèmes.

Le chef du gouvernement, ce matin du 23.9.2018, à Nabeul et Takelsa et au siège du gouvernorat

A quelques 32 ans moins 3 jours, c’est presque la même image d’une fin de règne, lorsqu’en cette fin de septembre 1986, le premier ministre d’alors, Rachid Sfar, accompagné du ministre de l’Intérieur Zine El Abidine Ben Ali, se rendait en bottes dans les zones sinistrées de la même ville de Nabeul, pour y constater les dégâts et essayer de trouver des solutions.

Mais revenons à nos moutons ! Le chef de l’Etat tunisien parlera donc ce soir. Mais que va-t-il dire ?

Tout le monde s’accorde à penser qu’il sera sur Elhiwar pour parler de la crise politique, nationalement partisane, de la guerre de son fils Hafedh pour dégager Youssef Chahed, ainsi que de la grave crise que vit le parti qu’il a imprudemment légué à son fils. Contre ce dernier, se lègue même grand nombre de membres de Nidaa Tounes. Son propre porte-parole appelle désormais à ce que HCE quitte Nidaa.

BCE parlera certainement aussi du chef de gouvernement. Un Youssef Chahed qui a repris du poil de la bête, qui a su et pu résister à toutes les tentatives visant à le congédier de La Kasbah, comme le constatent aussi bien ses amis que ses ennemis. Certains prédisent que BCE pourrait, lundi soir, annoncer vouloir recourir à l’article 99 de la Constitution. BCE pourrait perdre son pari sur le vote de confiance et Youssef Chahed pourrait s’y être déjà préparé par l’important bloc de députés qu’il s’est constitué sur le dos de Nidaa Tounes où les démissions s’étaient rapidement succédé la semaine dernière. Il pourrait aussi remporter son pari, si le parti islamiste Ennahdha décidait à la dernière minute de faire faux bond, totalement ou en partie, à Youssef Chahed.

BCE pourrait aussi annoncer que son héritier Hafedh décidait de quitter son poste de directeur exécutif et de s’en remettre au vote du prochain congrès. Mais cela reste fortement improbable. Sinon, il devrait passer la plupart de l’interview à «bajboujer», à tourner autour du pot, à éviter les questions pièges et à ne donner que l’illusion de réponses claires et déterminées. BCE n’a pas trop de marge pour décider en lieu et place de Youssef Chahed et de l’ARP. Et il le sait !

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire