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Voici ce que vous concocte Hichem Mechichi. Et tout le monde y trouverait son compte

Il a changé de chargé de Com, mais ne change toujours pas sa manière de communiquer, s’enfermant dans les piques et les répliques devant un genre de presse qui n’attend que cela, l’attend au tournant d’une visite ou d’un déplacement, l’y pousse et oriente ainsi son discours public, et façonne son image. Une image qui n’arrive toujours pas à le faire décoller dans les sondages d’opinion sur le degré de satisfaction du rendement, qui vacille entre 20 et 21 % depuis octobre 2020.

Jusque-là résilient (entêté diront d’autres), Hichem Mechichi parle trop de politique et dit peu de choses sur l’économie et les finances. C’est pourtant là son principal challenge, et ce sur quoi il sera jugé par ses gouvernés.

Un peu plus loin du bureau de son patron à La Kasbah, un homme travaille pourtant à mettre au point ce qui sera présenté au FMI, pour donner à l’économie tunisienne la bouffée d’oxygène toute en Dollars, qui lui permettrait d’imaginer une relance de l’économie, puis une reprise de la croissance. Ces deux mots (Relance, croissance), seront d’ailleurs le fil directeur du travail que mène Abdessalem Abbassi, Conseiller auprès du chef du gouvernement.

–        Après le tabac dans les Superettes, l’autorisation du Gouverneur et les « Rentiers »

Libération de l’économie et des pratiques anticoncurrentielles, et amélioration du climat des affaires. On a déjà commencé à travailler sur les autorisations, comme lorsque nous avons donné l’autorisation aux locaux commerciaux à rayons multiples, supérettes et hypermarchés, sans limitation de quantités, placés en produits d’appel. Pour le reste, les autorités comptent sur l’autorégulation du marché par la disponibilité des produits de tabac, et tirer le tapis sous les pieds des rentiers des autorisations de débits de tabac auprès des recettes fiscales. « Notre combat sera d’enlever toutes les barrières à l’investissement. Les secteurs qui seront concernés par la guillotine administrative seront celui du transport, du tourisme rural, de l’équipement et de l’habitat, et de l’agriculture, par la révision de toutes les barrières à l’entrée de ces secteurs. Nous avons commencé par le tabac par simple décret, et l’autorisation du Gouverneur [Ndlr : pour la vente de l’immobilier aux étrangers] qui attendra le passage devant l’ARP ».

En parlant des secteurs qu’il considère comme rentiers, le Conseiller de Mechichi évoque notamment celui des fripiers (44 opérateurs autorisés), ou encore celui des concessionnaires automobiles. « Toute limitation à la production, ou à l’importation, va générer une rente au détenteur de la licence, c’est-à-dire des bénéfices additionnels suite à la protection ». C’est ainsi que définit Abbassi la rente, et qui sera concernée par les prochaines réformes du gouvernement Mechichi. Tout cela, il l’inscrit  dans l’orientation vers la libération de l’économie, la levée de toutes les barrières administratives à l’investissement, et à l’ouverture du marché pour la concurrence et l’entrée de nouveaux investisseurs.

–        Prochainement, une « Agence de recouvrement de l’impôt »

Le second axe sur lequel travaillent les équipes de Mechichi, est l’amélioration des capacités de l’Etat à collecter ses ressources. Une réforme qui va concerner, d’abord l’administration fiscale et ensuite la politique fiscale.

Pour le premier volet, il y aura création d’une « Agence de recouvrement de l’impôt ». Ce travail, était confié à la DGI et à la DGCPR. Et ce sont ces deux directions, qui formeront la prochaine Agence qu’on nommera ARI. Le gouvernement avait déjà publié le décret pour une « Instance de recouvrement », structure qui sera le nid de création de l’ARI. Cette dernière aura le statut d’EPNA. « Elle sera indépendante, mais sous la tutelle du ministre des Finances », dit Abbassi.

Et le Conseiller du chef du gouvernement de préciser que « cette agence va nous permettre d’améliorer la gouvernance, et partant de réduire le gap fiscal entre plusieurs impôts, comme pour la TVA ou l’IS, gap entre ce qu’on devrait collecter et ce qu’on collecte actuellement. L’ARI sera digitalisée, et nous y serons accompagnés par une assistance technique canadienne ».  

–        Le forfaitaire en voie de disparition ?

Au niveau de la politique fiscale, après la simplification de l’IS à deux taux,  « cet impôt sera davantagesimplifié. On a pour cela une nouvelle vision, comme pour la TVA d’ailleurs et d’autres taxes encore », dit Abdessalem Abbassi, en faisant attention de ne pas trop en dire. Et lorsqu’on lui pose la question si cette réforme concernera le régime forfaitaire, il est quelque peu gêné, et répond que « c’est en cours ». En creusant, le conseiller finit par dire que « même si ce régime va disparaître, ce sera sur étapes, et ce ne sera possible que lorsque l’ARI, moderne et digitalisée, sera capable d’absorber le grand nombre des forfaitaires ».

Le Conseiller est plus à l’aise pour parler de la réforme de la caisse de compensation. Il rappelle la promesse du chef du gouvernement de passer à un nouveau système de compensation, à partir du second semestre 2021.

–        Compensation des prix, pour tous ceux qui la demanderont !

La nouveauté, sera un système où au lieu de compenser les prix, on va compenser les revenus. Cela, à travers des transferts ciblés pour les ménages et les familles nécessiteuses. « On va créer une plateforme, ouverte à l’inscription, pour tous ceux qui s’estiment nécessiteux dans une première étape, y compris les retraités, avant d’appliquer ensuite d’autres filtres qui affineront plus la cible de la compensation ».

La fin de la compensation, presqu’un salaire de plus à tous ceux qui le demandent si nous comprenons bien le Conseiller, devant entraîner la vérité des prix pour les autres, Abbassi nous corrige tout de suite, fidèle à la démarche du gouvernement de faire ce qui doit être fait mais sans brusquer personne. « La vérité des prix oui, mais pas en One-Shot, mais graduellement sur une période de deux ou trois ans. Les prix augmenteront, mais les montants des transferts seront proportionnels à l’augmentation des prix, comme pour les produits alimentaires et le GPL. Le montant des transferts deviendra à 100 %, lorsqu’on atteindra la vérité des prix ». Presqu’incroyable. D’aucuns y verraient l’expression sommaire de l’un angélisme fiscal. On ne sait cependant pas si le gouvernement qui présentera tout cela à ses bailleurs de fonds, en a bien calculé les coûts , et s’il a déjà identifié les sources, et du financement de cette réforme majeure, et du remboursement de la dette pour la faire !  Et ce n’est pas fini. Le reste du programme de Mechichi pour amadouer le FMI, dans notre prochain article.

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4 Commentaires

  1. Il est vrai que la caisse de compensation est un gouffre. Mais c est aussi un casse tête surtout en cette période de crise tous azimuts avec un appauvrissement généralisé de la population et un paysage politique éclaté. Elle aurait pu etre appréhendée en periode de « vache grasse »pas en perode de vache maigre. La suppression de la caisse de compensation va à coup sûr provoquer une vague de protestations sans précédent puisque la classe moyenne sera décimée et demandera des augmentations de salaires. C est prévisible. Mais est ce que le gouvernement prevoit d augmenter les salaires, une politique décriée par les bailleurs de fonds. Nous risquons de vivres des circonstances dangereuses qui risquent de tout balayer. J espère que l avenir me dementira.

  2. Avec des factures de steg déjà idiculement élevées tout en étant compensées et où (lisez bien) plus de 50% est dédiée aux impôts, cette mesure sera explosive ! Je pense que la compensation devrait être gardée pour certains produits et pas pour d’autres, ou alors réviser les taxes. Mais ils ne le feront pas. Les gens très très modestes seront aidés et les autres pourront crever la bouche ouverte. Une facture de ste compensée est déjà égale à un salaire ou deux.

  3. les prix augmentent plus vite que les salaires la compensation doit être révisée pour certains produits et corrigée sinon on risque la révolte du pain de 1983 surtout avec la révolution la classe moyenne est anéantie et a rejoint la classe populaire et puis trop d’impôts tue l’ impôts par exemple le gouvernement dit que les carburants sont compensés pour quoi il n’augment la vignette et la taxe de pollution des gros cylindrés gros consommateurs et polluants des propriétaires très riches et qui paient moins d’impots .

  4. La caisse de compensation a été créée par Hédi Nouira en accompagnement de sa loi 1972. Alors que Bourguiba a rêvé pour le Tunisien l’excellence (medda chakhma) pour compenser le manque de ressources naturelles, H. Nouira a opté pour la médiocrité en faisant de la Tunisie un pays low cost. Les investisseurs étrangers y trouveraient une main d’oeuvre peu qualifiée et apporteraient leurs cadres. Le SMIC serait bloqué et les produits compensés. Entre temps les universités de Bourguiba fournissaient à plein tubes. Nouira créa l’Agence tunisienne de coopération technique pour évacuer les compétences chèrement formées vers l’étranger. Le concept low cost donne des produit et services peu sophistiqués, ne nécessitant que peu ou pas de cadres pour les produire et pas de recherche ni d’innovation. C’est un concept contagieux: notre administration est low cost, nos communes sont low cost, nos écoles, nos hôpitaux…

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