Y a-t-il de bons économistes au gouvernement ? Le doute est permis...

Y a-t-il de bons économistes au gouvernement ? Le doute est permis !

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Il est une vérité que le travail de tout gouvernement est bâti sur les chiffres. C’est ce qui leur fournit les données nécessaires à leurs prévisions, leurs réalisations et leurs déclarations et promesses ou annonces de mesures économiques. Ces chiffres sont confectionnés par des spécialistes, des économistes, des prévisionnistes et tout un tas d’experts. Et si ces derniers se trompaient, faisaient des prévisions un peu trop optimistes ou pessimistes, cela fausserait nécessairement les données de documents aussi importants que le budget ou la loi de finances. A voir ce tableau, confectionné par Bawsala qui ne sait manifestement rédiger qu’en langue arabe, les prévisionnistes tunisiens auraient été, depuis 2015, à côté de la plaque.

On comprendrait qu’ils veuillent être optimistes pour la croissance du PIB, où toutes leurs prévisions ont été loin de la réalité. Mais on remarque tout au long de ce tableau qu’ils sont aussi à côté de la plaque pour le déficit budgétaire et pour l’endettement.

On comprendrait aussi qu’ils n’aient jamais pu deviner le vrai taux de l’inflation, pour des raisons indépendantes de leur volonté et qui sont en lien avec le taux de change, l’anticipation des opérateurs économiques et autres.

Cela a presque toujours obligé le ministère des Finances à élaborer chaque année une loi de finance complémentaire qui corrige les erreurs d’appréciation de ses économistes et autres prévisionnistes. Cela à moins que, politiquement, la volonté ait été d’optimiser pour des raisons politiques ou politiciennes, afin de ne pas heurter les Tunisiens et les laisser toujours croire que «tout est sous contrôle» et que tout ira bien, ce qui en fait des menteurs ou des adeptes du dicton qui dit «Je ne mens jamais. C’est la réalité qui se trompe»

Ce qu’on remarque, à la lecture de ce tableau, c’est que les économistes et autres spécialistes des prévisions n’ont fait que se tromper. Il y a pourtant bien un Conseil des analystes économiques qui est présidé par un ancien ministre de l’Industrie. Serait-il, lui aussi, à côté de la plaque et se tromperait-il aussi lourdement sur les chiffres qui permettent de faire les bonnes prévisions? Ou ne serait-il pas entendu par le gouvernement?

Il y a pourtant aussi grand nombre d’experts en matière de pétrole, de salles de marchés et de devises étrangères, capables de faire les bonnes prévisions. On se demanderait alors où sont-ils ou pourquoi ne ferait-on pas appel à eux?

Cette affaire n’est pourtant pas du menu fretin, c’est du lourd. Les chiffres, prévisions et indicateurs économiques ne sont pas là pour faire joli, pour le décor, en dehors de l’usage qu’en font les autorités pour doser les politiques publiques il y a également l’usage qu’en font les investisseurs et bailleurs de fonds. Si la fiabilité des données émises par les instances dont c’est le métier venait à être un problème, c’est tout l’édifice de la confiance qui pourrait s’écrouler. En effet comment pourrait-on, raisonnablement, envisager de placer ses billes dans un pays qui joue avec des données aussi importantes, voire les maquille? La confiance, à ce niveau, c’est une affaire de milliards de dollars ou d’euros, c’est pas de la gnognotte! Le gouvernement a intérêt à mettre de l’ordre dans ses dossiers. La Tunisie, au point où elle en est, ne peut pas se payer le luxe de se louper à ce niveau.

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