AccueilLa UNETunisie : Pourquoi l'UGTT a épargné Chahed dans sa dernière salve

Tunisie : Pourquoi l’UGTT a épargné Chahed dans sa dernière salve

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, n’est pas le seul à trinquer cette fois. Face à l’intransigeance de Chahed, qui a dit et fait dire à ses ministres qu’il n’est pas question de céder aux requêtes de la centrale syndicale, il semble que Noureddine Taboubi et compagnie se soient fait une raison et qu’ils aient décidé d’orienter leurs flèches sur toute la classe politique et les hauts responsables au sein de l’appareil d’Etat en général. Pourquoi ? D’abord parce qu’exiger la tête de certains ministres, dans cette situation délicate, est plus une position de principe, pour rassurer les troupes sur la pugnacité et la combativité des leaders, qu’une demande sociale réaliste, intelligible et audible. Ensuite parce qu’ils auront besoin de ce même Chahed pour entamer, assez rapidement d’ailleurs, les négociations sociales – comprenez négocier des hausses de salaire. Alors il est peut-être temps de mettre un peu en veilleuse les tirs nourris en direction du chef du gouvernement. Ne dit-on pas qui veut aller loin ménage sa monture ?

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Dans les dernières sorties de l’UGTT (Union générale tunisienne du travail), il y avait une constante : l’échec de l’équipe de Chahed et la nécessité de la remanier. On a même eu droit ce lundi 12 mars 2018 à une intervention de son secrétaire général adjoint, Hfaiedh Hfaiedh, qui a demandé le départ de certains ministres. Mais, étrangement, dans le communiqué de la Commission administrative nationale de la centrale syndicale, publié au terme de sa réunion d’hier dimanche, pas de trace de cette requête. Ce qui conforte l’idée qu’elle n’est pas vraiment une priorité. Ce qui l’est c’est, d’après le texte, la crise politique due à l’ambiguïté dans les visions, au retour aux tiraillements avec l’approche du nouveau rendez-vous électoral, au manque de coordination entre les décideurs, à l’absence de programmes et au non-respect des priorités.

L’UGTT a mis en garde contre les répercussions négatives de cette ambiguïté et des politiques libérales.

La commission administrative nationale a également mis l’accent sur l’importance d’engager de nouveaux responsables dans tous les corps de l’Etat pour garantir l’efficacité attendue et sauver le pays des dangers qui le guettent.

La centrale syndicale a, en outre, appelé tous les travailleurs à participer massivement aux prochaines élections municipales et à voter pour des personnes compétentes et intègres, capables de servir la population, soulignant la nécessité de garantir la transparence des élections et l’égalité des chances à travers le contrôle indépendant et la neutralité de l’administration, des mosquées et de tous les services publics.

L’UGTT a aussi appelé au respect de la date de démarrage des négociations sociales générales dans la fonction public, le secteur public et des négociations sectorielles dans le secteur privé soulignant la nécessité d’augmenter le salaire minimum garanti au titre de 2017 vu la hausse record du taux d’inflation. Il ne faut pas se fier à la classification des sujets. En effet le fait de voir cette demande apparaître à la 4ème position des doléances de l’UGTT peut pousser à penser qu’elle n’est pas la première de ses priorités. Erreur ! La preuve en est que c’est la seule qui demain pourra faire descendre les troupes dans la rue si Chahed n’est pas au rendez-vous, et pas une affaire de crise politique ou de mobilisation aux municipales, fussent-elles importantes…

Le communiqué a aussi invité le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour stopper la hausse des prix et du taux d’inflation auquel s’est ajoutée la hausse du taux d’intérêt qui alourdira les charges des travailleurs et à mettre en œuvre les conventions conclues aux niveaux sectoriel, régional et dans le cadre de la commission 5+5 et ce à travers la publication des textes d’application y afférents et l’achèvement des négociations au sujet des dossiers sectoriels en suspens.

Par ailleurs, l’UGTT a appelé à dévoiler toute la vérité sur les conventions signées par l’Etat tunisien sur les richesses souterraines et les conventions commerciales qui portent préjudice à la souveraineté nationale et à préserver les richesses nationales. Par contre ça c’est un point plutôt nouveau. La centrale syndicale a-t-elle eu vent de certaines irrégularités dans certains contrats ? Mystère pour le moment. Mais on en saura plus très vite, s’il y a anguille sous roche…

La centrale syndicale a estimé, dans son communiqué, que le secteur des médias est menacé par la domination de l’argent politique appelant à défendre les médias publics, lesquels sont, d’après l’UGTT, le garant d’une information libre et indépendante.

Elle a, en outre, appelé à l’application des conventions signées relatives à la promotion du secteur des médias et aux conditions de cession des institutions médiatiques confisquées et à retirer le projet de loi relatif aux médias audiovisuels pour le discuter avec les structures professionnelles concernées et la société civile.

S.L. et Communiqué

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