AccueilLa UNETunisie : Trop tard, le GAFI frappe déjà à la porte !

Tunisie : Trop tard, le GAFI frappe déjà à la porte !

On l’avait oublié celui-là, à cause de toute cette vaine agitation autour du remaniement ministériel, de la cession des entreprises publiques (laquelle in fine n’aura pas lieu, selon le chef du gouvernement), des municipales, de la débauche d’énergie de Youssef Chahed (2 conférences nationales en 24h, juste pour expliquer le bien-fondé de ses actions et promettre des lendemains qui chantent !)… Pourtant le rendez-vous avec le GAFI (Groupe d’action financière) est imminent, ce mois d’avril, et déterminant. La Tunisie ne devra pas se louper sur ses explications et surtout les preuves selon lesquelles elle est rentrée dans les rangs. Quand le couperet de l’Union européenne est tombée en février 2018 – la liste noire des “États susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme“ – les esprits se sont chauffés en Tunisie, une partie de l’opinion publique et des dirigeants accusant l’Union européenne de porter un coup sévère à une amie qui a tant de mal à se relever de ses déboires post-révolutionnaires. Les choses se sont calmées depuis. Au point qu’on commençait à oublier la rencontre clé avec les limiers du GAFI. L’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Patrice Bergamini, a bien voulu nous le rappeler, gentiment, pour commencer. Bon, il fait aussi ce qu’il faut pour dégager sa responsabilité si une autre catastrophe survenait dans les jours à venir, ce que ne manqueraient pas de lui reprocher les Tunisiens.

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« Le gel des avoirs terroristes nécessite un travail de coordination, d’échange d’informations, de renseignement et de transparence« , a affirmé jeudi 12 avril 2018 Bergamini.
« Cette démarche est essentielle pour parvenir à cibler les groupes et les individus, ainsi que les mouvements bancaires et financiers suspects« , a-t-il expliqué lors d’un séminaire à Tunis sur « le dispositif de gel des biens et des avoirs terroristes », destinés aux experts.
Dans une déclaration à la TAP, Bergamini a fait savoir que la lutte contre le terrorisme se joue à plusieurs niveaux, notamment l’anticipation, l’alerte et la neutralisation.
Selon lui, au-delà de la coopération internationale, il y a un combat de terrain à engager à l’échelle locale et régionale. Il s’agit, explique-t-il, de travailler sur la détection en amont des individus et des groupes radicalisés, mais aussi sur la traque et la neutralisation des mouvements financiers suspects.
« L’implication des banques et des assurances, entre autres partenaires clés dans cette lutte est primordiale« , a-t-il soutenu. La Banque Centrale de Tunisie (BCT), du temps de Chedly Ayari, est montée au front en septembre 2017. Mais aux dernières nouvelles les banques tunisiennes trainent les pieds, ce que n’avait pas manqué de souligner la BCT en février 2018. On n’a pas entendu que les choses ont bougé dans ce sens depuis l’arrivée de Marouane Abassi à la tête de l’institution financière, cela se saurait…

Et l’ambassadeur européen d’ajouter que ce combat suppose, par ailleurs, un maillage territorial, la coopération judiciaire au niveau des magistrats et un travail de coordination interministériel entre les différents services chargés de la lutte contre le terrorisme.
« C’est, en fait, un combat tous azimuts qui va de la prévention jusqu’à la lutte sur le terrain, en passant par la diplomatie et la géopolitique« .
De son côté, l’ambassadeur de France en Tunis, Olivier Poivre d’Arvor estime que « si le terrorisme a pu se propager dans le monde entier c’est par ce qu’il y a eu d’importants financements qui ont soutenu ses actions« .
Aujourd’hui, poursuit-il, la lutte contre le terrorisme passe certainement par les actions sécuritaires, mais également à travers d’autres mécanismes comme les renseignements et l’échange d’informations qui permettent d’assécher ses sources de financement.
Cette rencontre de haut niveau doit permettre de jeter la lumière sur les outils efficaces pour traquer les systèmes de financement destinés au terrorisme, a fait remarquer le diplomate français.

Les autorités tunisiennes ont intérêt à écouter ce que disent ces deux émissaires, si ce n’est déjà fait. De toute façon c’est trop tard. Logiquement, le rapport que la Tunisie doit poser sur la table des experts du GAFI est déjà ficelé, le contraire n’est pas concevable vu les enjeux de cette réunion. Toutefois, si Bergamini et Poivre D’arvor éprouvent le besoin de marteler ces évidences – enfin, des évidences pour les Occidentaux -, c’est parce que la chose ne va pas de soi en Tunisie. Autre fait très inquiétant : Les deux diplomates, et amis de la Tunisie, faut-il le rappeler, n’ont à aucun moment salué les efforts que font les responsables locaux pour se mettre sur les rails de la transparence financière. Ils en savent un rayon en la matière, si des avancées avaient été enregistrées, ils les auraient soulignées. Il faut espérer, pour le bien du pays, que nous nous sommes trompés dans nos pressentiments car le GAFI lui ne fera pas dans le détail…

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