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mardi 2 mars 2021
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2019, une année très difficile pour la Tunisie, selon une note du Parlement britannique

Année difficile, année charnière, 2019 s’offre à une variété de qualificatifs où font bon ménage le mauvais et le plus que mauvais. Il est vrai que les Tunisiens sont appelés à choisir un nouveau président de la République et l’ensemble des députés du Parlement au sortir d’un quinquennat dont ils n’auront retenu que les affres des promesses non tenues, une économie à la peine, des grèves partout et aussi souvent que possible, un pouvoir d’achat rachitique et un dinar à l’agonie.

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Une situation vue sous cet angle et sous d’autres par la Bibliothèque de la Chambre des Communes ( le Parlement britannique) dans une note d’information ( briefing paper), publiée le 13 mars courant, dont la vocation est de fournir aux députés une information impartiale pouvant les aider dans leur rôle de contrôle du gouvernement, de proposer des lois et servir leurs électeurs.

Il y est fortement souligné que les élections législatives et présidentielles que la Tunisie va tenir vers la fin de 2019 «  arrivent à un moment très difficile », et « certains observateurs craignent que l’expérience de la Tunisie en matière de démocratie soit menacée ». C’est que l’accord de partage du pouvoir négocié entre Nidaa Tounes et les islamistes centristes d’Ennahdha en 2014, s’est effondré alors que des membres influents de l’élite manœuvraient pour leur avantage personnel. Le président Béji Caïd Essebsi a placé son fils à la tête de son parti et a tenté de forcer le chef du gouvernement à faire place nette. Toutefois, Ennahdha a assuré Youssef Chahed de son soutien,, dépossédant Nidaa Tounes de sa majorité au parlement.

La Bibliothèque de la Chambre des Communes constate que « la fin de l’accord de partage du pouvoir et la scission au sein de Nidaa Tounes ont rendu plus difficile l’adoption d’une législation et la mise en œuvre de réformes ». En mai 2018, Ennahda a encore renforcé sa position grâce à de solides résultats dans les élections aux conseils locaux et régionaux, qui sont en train d’être renforcés dans le cadre d’une politique de décentralisation.

Les problèmes économiques pour les Tunisiens se multiplient, relève aussi la note d’information. Le chômage, en particulier chez les jeunes, est élevé et l’inflation a raboté le pouvoir d’achat, tandis que le FMI a imposé au gouvernement des politiques d’austérité en échange de prêts. Néanmoins, les prévisions économiques internationales suggèrent que l’économie continuera à se renforcer progressivement. Les Tunisiens sont en grande partie mécontents de leur situation économique, de la corruption et des prestations délivrées par les hommes politiques. Entre temps, les menaces à la stabilité venant de l’extérieur du pays et de l’intérieur n’ont pas été résorbées.

Velléité de dérive autoritaire

Certains observateurs craignent que l’instabilité, les querelles internes et le mécontentement des citoyens à l’approche des élections de cette année ne mettent en péril le projet démocratique naissant de la Tunisie. Ils relèvent une croissante dérive autoritaire en Tunisie, notamment à la suite de l’adoption de la nouvelle loi antiterroriste de 2015. Ils s’inquiètent du retour rampant des figures de l’ancien régime au pouvoir à la faveur de l’amnistie de crimes de corruption commis sous le régime déchu.

La personnalisation croissante de la politique, aux dépens de l’élaboration des politiques, jointe à l’ascension du fils du président de la République, n’a rien fait pour désamorcer les craintes d’un retour à l’autocratie. Certains observateurs s’attendent à une âpre lutte entre les parties. Mais eu égard à ces querelles politiques si intestines et à la désaffection et la volatilité de l’électorat, il est très tôt de se hasarder au moindre pronostic, souligne la Chambre des Communes qui n’écarte pas que « le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi puisse utiliser le chef du gouvernement comme un indicateur pour sa propre candidature à l’élection présidentielle ». D’autant , ajoute-t-elle, que BCE a laissé entendre qu’il existe un accord secret entre Youssef Chahed et Ennahdha, alors que le président de la République penserait à son fils comme candidat au nom de Nidaâ Tounès, lui-même, âgé de 92 ans ayant indiqué qu’il ne postulerait pas de nouveau à la Présidence.

L’impact direct des changements en Algérie

L’UGTT entend intervenir de façon plus directe dans les prochaines élections législatives, mais il n’est pas clair comment elle va s’y prendre. Alors que le FMI prévoit une meilleure croissance pour cette année, il n’y a pas assez de temps pour qu’elle se répercute sur les conditions de vie des Tunisiens.

Les changements politiques en Algérie voisine pourraient affecter la Tunisie. Le président Abdelaziz Bouteflika qui soutenait l’accord de partage du pouvoir entre Nidaâ Tounès et Ennahdha, a annoncé qu’il renoncerait au pouvoir sous l’effet des manifestations massives contre sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Le chaos en Libye voisine peut représenter encore une grave menace pour la Tunisie malgré l’amélioration de la sécurité sur les frontières, conc lut la note de la Bibliothèque de la Chambre des Communes.

ML

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