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Tunisie : Le Textile prend son destin en main et règle quelques comptes

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Le premier congrès électoral de la Fédération tunisienne du Textile et de l’Habillement (TH) sera organisé le 17 décembre 2017, à Monastir, a indiqué, dans un entretien accordé à l’agence TAP, le directeur général de la fédération, Néjib Karafi.
Et de préciser que ce congrès débouchera sur un conseil national composé de 38 industriels qui sélectionnera son bureau exécutif de 11 membres.
Cette manifestation à laquelle participeront environ 500 entreprises industrielles opérant dans le secteur du TH donnera lieu à la création d’une nouvelle fédération professionnelle indépendante de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) et qui sera “le représentant légal des industriels du textile et de l’habillement en Tunisie“, a-t-il affirmé.

L’accent sera mis sur la généralisation de la représentativité dans le conseil national par la présence de différentes tailles d’entreprises industrielles (de 10 travailleurs à plus de trois mille travailleurs) et de l’ensemble des régions du pays, ainsi que toutes les branches du secteur (fil, tissus, vêtements, accessoires, finition et le produit final …).
Il a, en outre, rappelé que le congrès constitutionnel de la Fédération tunisienne de TH s’est tenu, le 4 mai 2017, à Sousse, en présence d’environ 400 sociétés industrielles du secteur. Par ailleurs, il a fait remarquer que la relation entre la fédération et l’UTICA se poursuit et qu’elle repose sur le partenariat.
Et de mettre l’accent sur la nécessité pour l’UTICA de reconnaître le poids du secteur dans le tissu économique national, regrettant ce qu’il a considéré comme “un conflit d’intérêts” entre les industriels et les commerçants dans le domaine du TH au sein de la Centrale patronale.
Et d’expliquer que “les commerçants préfèrent annuler les taxes douanières et libéraliser le secteur entier ainsi que l’importation, alors que les industriels s’attachent aux valeurs de transparence et de l’égalité, tout en acceptant l’ouverture, à condition d’appliquer la loi“.

Karafi, qui a occupé le poste de secrétaire d’Etat au ministère du développement régional et local dans le gouvernement de Béji Caid Essebsi en 2011 (après la révolution), a insisté sur la nécessité de lutter contre les déclarations douanières erronées, de protéger le marché local du phénomène de dumping, à l’instar des produits turcs qui ont envahi le marché tunisien dans le secteur TH, précisant que la Turquie accorde une subvention de 10% à ses exportateurs et oeuvre à consolider les transports maritime et aérien, en plus de la fraude dans les certificats d’origine.

Concernant l’éventuelle création d’une feuille de route après le congrès du 17 décembre 2017, l’interlocuteur a révélé l’existence d’une stratégie basée sur un plan d’action sur les moyen et long termes, considérant qu’il est impératif de mettre en place un plan de sauvetage du secteur dans les meilleurs délais, indiquant que la dernière stratégie de développement du secteur du TH remonte aux années 90.
Le secteur se compose, actuellement, d’environ 1600 entreprises industrielles résidentes et non résidentes qui fournissent 170 mille postes d’emploi. Il comptait 2000 entreprises avant la révolution.

Les plus importantes problématiques du secteur sont les augmentations salariales de 6% à partir du premier mai 2016 et la hausse de l’endettement du secteur envers les caisses sociales et le fisc, puisque 60% des entreprises du secteur sont endettées auprès de ces derniers.
Karafi a salué, dans ce cadre, le patriotisme de l’UGTT qui a accepté de reporter l’application de la décision signée et relative aux augmentations salariales du premier mai 2017 au premier janvier 2018.
Il a également annoncé qu’il a été convenu d’entamer de nouvelles négociations pour les augmentations salariales à partir du premier janvier 2019.

TAP

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