Bien des problèmes seront réglés si le plan arabo-africain est appliqué

Bien des problèmes seront réglés si le plan arabo-africain est appliqué

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Les inondations de Nabeul, dont on n’a pas fini d’estimer les terribles dégâts, sont peut-être la preuve qu’attendaient les sceptiques malgré le déluge de rapports ayant établi cette certitude scientifique : la Tunisie figure sur la liste des pays qui seront le plus impactés par le réchauffement climatique. Des efforts sont faits actuellement partout de par le monde, même de la part de pays au départ récalcitrants, pour tenter de limiter la casse, c’est-à-dire contenir le réchauffement en-dessous de 2°C. Mais il semble que ce soit très compliqué et que les carottes soient à moitié cuites, même plus. La chose est maintenant actée, et les dirigeants tunisiens – pour les citoyens on repassera – semblent avoir pris la mesure du problème. De toute façon ils y sont contraints par le premier partenaire du pays, l’Europe, qui elle prend cette affaire très au sérieux et veut que les pays qu’elle soutient en fassent de même, et elle les aide même pour ça. Alors les autorités font mouvement et font ce qu’elles peuvent pour que la question environnementale soit prégnante auprès d’une opinion publique que son difficile quotidien depuis la dite Révolution a complètement désensibilisé,  même pour une affaire aussi importante que les menaces sur son cadre de vie, sur sa vie. La Tunisie, à marche forcée, est de tous les combats internationaux. Depuis le 09 octobre 2018, la Plateforme arabo-africaine sur la réduction des risques de catastrophes se réunit à Tunis. Et le samedi 13 octobre, cette méga rencontre a accouché de la déclaration sur l’accélération de la mise en oeuvre du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes et de la stratégie africaine de réduction des risques de catastrophes.

Les ministres et chefs de délégations responsables de la réduction des risques de sinistres en Afrique ont reconnu le risque croissant de ces phénomènes et leurs effets dévastateurs, y compris la pertes de vies humaines et de moyens de substances et les déplacements forcés.
Dans la déclaration de Tunis, les responsables des deux régions arabe et africaine mettent l’accent sur leur engagement à collaborer en vue d’adapter les stratégies de lutte contre les catastrophes naturelles au cadre de Sendai en 2020 (document sur la réduction des risques de catastrophes adopté en 2015 à Sendai, au Japon) . Ils se sont également engagés à accélérer les efforts afin de garantir l’établissement par les pays arabes et africains de bases de données sur les dégâts des sinistres et l’utilisation de système de détection “Sendai” pour l’information sur les risques de catastrophes dans l’élaboration des plans de développement.

Les participants à la plateforme ont également souligné l’importance du renforcement de la participation à la lutte contre les catastrophes et leur attachement aux droits des femmes, des enfants, de la jeunesse, des personnes âgées et des handicapés ainsi que des immigrés qui connaissent des situations fragiles.
Dans leur déclaration, ils ont appelé à consolider la participation de toutes les catégories sociales à la prise de décision, et recommandé l’allocation de fonds pour la mise en oeuvre de politiques de prévention des catastrophes naturelles

Présidant la clôture de la rencontre, le ministre des Affaires locales et de l’Environnement, Riadh Mouakher, a affirmé que les textes adoptés à l’issue de la plateforme ne constituent pas un objectif en soi, mais dénotent d’un engagement politique de toutes les parties en vue de l’élaboration de stratégies nationales et régionales de lutte contre les désastres et de les mettre en oeuvre.
Il a en outre mis l’accent sur l’importance de l’encadrement, de la formation et du transfert des technologies pour doter les pays de système d’alerte, de secours, d’hébergement et de gestion des catastrophes.

Les choses bougent, enfin

Dans la même journée, les agriculteurs et les pêcheurs ont été invités à souscrire un contrat au fonds de dédommagement des catastrophes naturelles, au début de chaque saison agricole ou session de production pour une durée de trois ans renouvelables en payant sa contribution.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la concrétisation d’un décret gouvernemental publié au Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT) numéro 82 de l’année 2018, relatif à l’organisation du travail du fonds qui couvre les secteurs de l’assurance, les cultures irriguées et l’agriculture pluviale, les animaux d’élevage, outre les produits agricoles et de la pêche.
Le Fonds des catastrophes naturelles a pour objectif d’indemniser les agriculteurs ou les marins-pêcheurs ayant subi des dégâts suite à des catastrophes naturelles ; à savoir les inondations, les tempêtes, les vents, la sécheresse et la grêle.

Le samedi 13 octobre également, une journée décidément très riche en événements, le directeur des productions à l’Institut National de la Météorologie (INM), Farhat Aounallah, nous a annoncé que 5 radars seront installés dans différentes régions de la Tunisie pour l’estimation des pluies instantanément, par télédétection, et ce après l’achèvement de l’étude complémentaire réalisée par l’INM, visant à identifier les zones d’installation de ces appareils.
Ces radars permettront de prédire les quantités de pluies prévues à très courts termes (avant environ deux heures) à travers l’examen de développement des nuages orageuses et l’envoi des données au calculateur de l’INM, a-t-il ajouté dans une déclaration à l’Agence TAP en marge de la célébration de la journée internationale de la prévention des catastrophes naturelles. Un ou deux de ces radars seront installés au cours de la première phase du projet.

Une carte de vigilance météorologique sera mise en place, en décembre 2018, afin de permettre de déterminer la répartition des quantités de pluie, des vents violents, des nuages orageux, de la neige, des vagues de froid et de la canicule dans les différentes régions, a-t-il encore indiqué.
Selon Aounallah, les risques encourus dans tous les gouvernorats seront visualisés à travers les différentes couleurs retenues pour la carte. Ainsi, la dégradation de ces couleurs part de ” violet “( phénomène non dangereux) pour aller jusqu’au rouge qui reflète un phénomène dangereux, en passant par le ” jaune et l’orange” . Cette carte sera mise à jour deux fois par jour, à 7h du matin et 17h.
La fréquence et la puissance des catastrophes naturelles a augmenté de 10%, de 1950 à 2000, selon des statistiques internationales. La Tunisie enregistre d’habitude, de septembre au novembre, des nuages orageux avec de fortes pluies, a-t-il rappelé.

La prise de conscience fait son bonhomme de chemin, et les dispositifs de prévention qui vont avec. La question est de savoir si ce qui est fait sera assez costaud et rapide pour prendre de vitesse Dame nature que nous avons courroucée en dégradant ce qu’elle a nous a généreusement offert, avec nos émissions massives de gaz à effet de serre, le prix de notre développement et de notre confort.

S.L.

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