AccueilLa UNEIls parlent des postes avant même d'être élus !

Ils parlent des postes avant même d’être élus !

Les choses s’accélèrent sur la scène politique, et même un peu trop, avec quelques dérapages incontrôlés, à quelques mois des élections. Parmi les nouveautés notables : deux des formations phares, Tahia Tounes et Nidaa Tounes, ont enfin avancé des dates pour leurs congrès électifs, avril 2019, toutes les deux, dans une espèce de mimétisme et de marquage à la culotte qui vont monter crescendo à mesure qu’approche le scrutin. Par ailleurs du côté de Tahia on a fermé l’épisode malheureux de Chawki Gaddes, une boulette qui n’aurait jamais dû passer tant elle était monumentale, et tout le monde l’avait vue sauf les partisans du chef du gouvernement, Youssef Chahed, manifestement. Du côté de Nidaa on s’est débarrassé de Slim Riahi, ou plutôt c’est lui qui a débarrassé le plancher. Là aussi Riahi n’aurait jamais dû être un problème pour le parti bâti par le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi (BCE), dans la mesure où la greffe avec l’UPL n’aurait jamais dû avoir lieu. Mais bon, ce qui est fait est fait, tenons-nous en au fait que le retrait du sulfureux homme d’affaires éclaire le jeu politique au sein de Nidaa, et c’est plutôt une bonne chose pour eux. Mais c’est à peu près tout pour les bonnes nouvelles, pour les deux formations.

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Une série de boulettes, qui pourraient se payer cher

Tahia Tounes a été secoué dès sa naissance par le tollé provoqué par le choix de son appellation, un boucan d’enfer auquel il fallait s’attendre, exactement comme avec le choix du président de l’INPDP, Chawki Gaddes, pour organiser des élections partisanes. Décidément les compagnons de lutte de Chahed manquent trop souvent de clairvoyance, ce qui en l’occurrence est une faute impardonnable quand on aspire à diriger le pays. Mais manifestement les esprits ne sont pas près de se calmer avec les bons sondages à l’actif du chef du gouvernement, qui impriment dans les têtes, et sur les visages aussi, cette étrange sensation que les élections sont déjà pliées avant même qu’on se présente devant les électeurs. Mohamed Ali Toumi, porte-parole d’Al Badil Ettounsi, fondé par l’ancien chef de gouvernement Mehdi Jomaa, en a rajouté une louche en disant publiquement, dans une grande radio de la place, sans la moindre gêne, que son parti est en pleines tractations avec Tahia Tounes pour établir le schéma politique de leur collaboration – comprenez par là la répartition des postes – et que la préférence d’Al Badil – comprenez par là celle de Mehdi Jomaa – est un atterrissage sur le fauteuil du palais de Carthage. Rien que ça !

On aurait dû le dire à Jomaa

Cette sortie n’a pas fait de vagues, rien. Aucun des observateurs de la vie politique, encore moins les citoyens, n’ont trouvé bizarre le fait qu’on discute de la répartition des postes avant même que les électeurs n’aient dit leur mot. De quel droit des candidats potentiels à des élections auxquelles ils ne sont jamais présentés envisagent de pactiser autour des désignations avant même le verdict du vote ? A ce qu’on sache un sondage, fût-il très bon, ne fait pas une élection, c’est même parfois un sacré piège. Demandez à François Fillon que tout le monde voyait au palais de l’Elysée, qu’occupe actuellement Emmanuel Macron. Demandez, ici chez nous, à Mehdi Jomma, qui était au zénith dans les sondages quand il était aux affaires, au même à Habib Essid, etc. Rappelons que la dernière fois que Jomaa et les siens se sont frottés à l’électorat, aux municipales de 2018, ça ne s’était pas très bien passé pour eux. Alors peut-être qu’il faudrait d’abord penser à refaire ses armes, à confectionner un programme très costaud et gagner l’élection avant de songer aux postes ! Rappelons enfin que le chef de l’Etat est élu au suffrage universel direct et qu’évoquer la question entre quatre murs, grisés par les bons sondages, n’a aucun sens.

Chahed et Jomaa devraient le dire à leurs collaborateurs

Nous baignons actuellement dans une atmosphère politique tellement surréaliste, avec des inepties en cascade qui ont fini par user les nerfs des citoyens, que personne n’a souligné qu’en s’exprimant de la sorte, Toumi élimine carrément BCE de l’équation de la présidentielle. Certes ce dernier n’est pas au meilleur de sa forme dans les sondages, mais encore une fois un sondage ne fait pas une élection, c’est une photographie du moment des mois avant un scrutin que le chaos politique ambiant rend très incertain de toute façon. Par ailleurs Essebsi vient d’apporter la démonstration en cognant sur son « ex »-compère, Rached Ghannouchi, qu’il a encore quelques arguments de campagne dans sa besace et que jusqu’ici il n’a pas officiellement enterré le rendez-vous de 2019. Alors méfiance Chahed et Jomaa, qui feraient mieux de calmer les ardeurs de leurs staffs en leur signifiant qu’il n’est jamais bon de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, et que le faire peut passer pour de l’outrecuidance et de l’arrogance, choses que les électeurs pourraient ne pas pardonner.

2 Commentaires

  1. Qu’ils se préparent autant qu’ils veulent…..les principaux dirigeants ne peuvent nullement espérer la présidence car le peuple en a marre de leurs balivernes depuis des années…

  2. Les hommes politiques tunisiens ont montré leur vrai visage: ils ne sont que des opportunistes qui ne courent que derrière leurs intérêts personnels. L’intérêt de la nation est leur dernier souci

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