Libye : Chronique d’une catastrophe annoncée

Libye : Chronique d’une catastrophe annoncée

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La dégradation du climat sécuritaire en Libye est encore descendue de plusieurs crans, au point que même les avions de ligne, qui sont les seuls liens avec l’étranger, deviennent des cibles. «L’équipage et les 124 passagers du vol Benghazi-Tripoli ont échappé grâce à Dieu à un bombardement qui a visé l’aéroport de Mitiga», a fait savoir la direction de l’aéroport sur sa page Facebook, rapporte l’AFP ce lundi 5 juillet 2019. Les faits se sont produits hier dimanche dans la soirée à l’aéroport de Mitiga, le seul opérationnel dans la capitale, Tripoli. Suite à cette grave escalade, le trafic aérien a été gelé des heures durant et les vols détournés vers la ville de Misrata, à 200 km à l’Est. Le trafic à Mitiga a repris tard dans la nuit de dimanche à lundi, précise la direction de l’aéroport.

A noter que l’aéroport a déjà fait l’objet, à plusieurs reprises, de fermetures à cause de la violence des affrontements entre les forces acquises à la cause du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et les éléments de l’Armée nationale libyenne (ANL), pilotée par le maréchal Khalifa Haftar. Depuis le  4 avril dernier, ce dernier assiège la capitale avec la ferme volonté de l’occuper. L’ANL n’a pas hésité à bombarder Mitiga, au motif que le GNA l’utilisent «à des fins militaires» en y abritant des drones turcs qui frappent les troupes de Haftar.

La mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) est montée au front pour dénoncer la «fréquence croissante» des attaques qui ratent de peu les avions civils. «Ces attaques se poursuivent sans relâche depuis le début de l’offensive de l’ANL contre Tripoli le 4 avril, malgré les appels lancés par les Nations unies pour la protection de toutes les infrastructures civiles et les précautions à prendre pour protéger la population civile», a dit la Manul dimanche soir.

Dans une vidéoconférence avec le Conseil de sécurité de l’ONU le 29 juillet 2019, l’envoyé de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, avait pointé «avec inquiétude la fréquence croissante des attaques sur l’aéroport de Mitiga (…). Plusieurs de ces attaques ont failli toucher des avions civils avec des passagers à bord», a-t-il ajouté, soulignant un bombardement «quasi-quotidien». Une catastrophe, une de plus, finira par se produire…

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