New York Times : Des pièces archéologiques tunisiennes en vente sur internet...

New York Times : Des pièces archéologiques tunisiennes en vente sur internet !

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Dans son article publié ce jeudi 9 mai 2019, le journal américain “New York Times” a indiqué que d’anciens trésors pillés dans des zones de conflit au Moyen-Orient sont proposés à la vente sur Facebook, notamment des objets qui auraient pu être dérobés par des combattants de l’État islamique.

Amr Al-Azm, professeur d’histoire et d’anthropologie à la Shawnee State University, dans l’Ohio, a déclaré au journal qu’il a surveillé pendant des années le trafic des pièces archéologiques provenant  du Moyen-Orient. Il a  confirmé que les médias sociaux ont permis de réduire les obstacles à l’entrée sur le marché, et qu’il existe maintenant au moins 90 groupes Facebook liés au commerce illégal d’antiquités du Moyen-Orient, avec des dizaines de milliers de membres.

« Les trafiquants publient souvent des éléments ou des demandes de renseignements dans le groupe, puis prennent la discussion par chat ou la messagerie WhatsApp, ce qui rend le suivi difficile. Certains utilisateurs font circuler des demandes pour certains types de pièces, incitant ainsi les trafiquants à leurs proposer des articles précis » a déclaré le professeur.

Les objets à vendre proviennent principalement de Syrie, d’Irak, du Yémen, d’Égypte, de Tunisie et de Libye. La majorité ne vient pas de musées ou de collections, où leur existence aurait été cataloguée, selon le professeur Azm.

«Ils sont pillés directement du sol», a-t-il précisé. «Ils n’ont jamais été vus. La seule preuve que nous ayons de leur existence est si quelqu’un arrive à poster une photo d’eux (…). D’autres factions et personnes ont également profité du pillage. En fait, le marché était tellement saturé que les prix ont chuté de manière spectaculaire vers 2016″, a déclaré la même source.

Les combattants de l’État islamique qui avaient quitté la Syrie ont transféré leur nouvelle expertise en matière de pillage dans leurs pays, notamment en Égypte, en Tunisie et en Libye, et dans d’autres régions de la Syrie, comme la province d’Idlib”, a t-il ajouté.

Mauvaise gestion de l’affaire par Facebook

Le professeur Amr Al-Azm a indiqué que Facebook devrait élaborer une stratégie plus globale pour mettre fin aux ventes tout en permettant aux enquêteurs de conserver les photos et les enregistrements téléchargés vers les groupes au lieu de simplement supprimer les pages.

Après tout, une photo postée est peut-être le seul enregistrement d’un objet pillé à la disposition des forces de l’ordre ou des spécialistes. Supprimer simplement la page détruirait “un énorme corpus de preuves” qui seront nécessaires pour identifier, suivre et récupérer les trésors pillés pour les années à venir, a-t-il déclaré.

Des arguments similaires ont été avancés, car des sites de médias sociaux, y compris YouTube, ont supprimé des vidéos montrant des atrocités commises pendant la guerre en Syrie et qui pourraient être utilisées pour poursuivre des crimes de guerre.

La vague d’articles arrivant sur le marché se poursuivra probablement pendant des années. Certains trafiquants possèdent des antiquités pillées pendant de longues périodes, attendant le bon moment pour les vendre, a estimé Dr Azm.

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