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Qui est l’homme d’affaires qui a racheté le palais de Ben Ali ? Comment et pour quoi faire ?

Habib Esseyah, l’homme d’affaires qui a racheté le palais de l’ancien président Zine el Abidine Ben Ali, c’est d’abord une histoire de réussite professionnelle en passant par l’ascenseur social et économique.

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Loin d’être né avec une cuillère d’argent dans la bouche, Habib Esseyah doit en effet sa fortune à son acharnement au travail et son audace face au risque.

Il avait racheté une entreprise au bord de la faillite, il en a fait une vraie mine d’or.

Enfant d’un haut cadre sécuritaire et origine du Sahel tunisien, le bachelier avait fait des études supérieures  de sciences économiques. L’esprit d’entreprise dans l’âme, il avait d’abord refusé un poste dans une banque. « Je ne me voyais pas passer ma vie dans un bureau », nous disait-il. Il avait ensuite essayé de monter une petite entreprise de location de voitures, mais les portes lui avaient été fermées, malgré la notoriété du père.

A 24 ans, dans la Sousse glorieuses des années 90, il était déjà directeur commercial dans une société industrielle de la région. Mais cela ne lui suffisait pas. Il avait entendu parler d’une usine de fabrication de bicyclette proposée  à la vente. Les deux partenaires, tunisien et français, de l’entreprise ne s’entendaient plus, et cette mésentente bloquait la production de toute l’entreprise.

 Téméraire et comptant sur l’appui des parents, il finit par reprendre les parts du partenaire tunisien, à crédit et sur traites.

–          D’où est venue la fortune d’ESSEYAH ?

Entreprise de montage et assemblage de vélos implantée dans  la zone industrielle de Kalâa Kébira, Euro-cycles a été créée en 1993 par Patrice Grandeau sous la forme d’une SARL. Elle opère sur les marchés internationaux et principalement sur le marché européen avec pour principaux clients  le Royaume-Uni, l’Espagne et la Belgique.

En 1998, la société Euro-Cycles s’est transformée en SA avec la participation des capitaux tunisiens et étrangers (français, italiens et américains) et un capital de 600.000, et ce, suite à l’introduction à une SICAR.

Le chiffre d’affaires d’Euro-cycles est passé de 31.1 MDT en 2008 à 47.3 en 2011, réalisant une progression de 52.1% grâce à l’évolution considérable des parts de marché de la société. Le résultat net de la société est passé de 1.64 MDT en 2008 à 4.8 MDT en 2011, soit une évolution de 192%. Pour ce qui est de l’année 2012, le chiffre d’affaires estimé de la société est de l’ordre de 48.5 MDT.

Mais les opportunités de marché se faisant sentir de plus en plus forte, Euro-cycles lance son introduction en bourse en 2013 pour un meilleur accès au financement et il en fait plutôt bon usage.

En effet, la notoriété de l’entreprise et le professionnalisme de son dirigeant apportent de la valeur.  La stratégie est gagnante et propulse Euro-cycles dans la grande sphère des fabricants des vélos en devenant le sixième exportateur en Europe.

Depuis, l’entreprise où HABIB ESSEYAH a 33,55% du capital, a presque doublé son chiffre d’affaires et engrangé 30 % de tout le marché anglais de la bicyclette. En 2019, la société « Euro-cycles » réalisait un chiffre d’affaires de plus de 87.5 MDT, payait plus de 983 mille DT en impôt au titre de l’IS pour les entreprises totalement exportatrices, et signait un bénéfice net de plus de 8.738 MDT à titre individuel et un résultat net de plus de 15.5 MDT en consolidé pour tout le groupe qui comprend aussi la société « Tunindustries », spécialisée dans les accessoires pour les bicyclettes.

En 2020, le chiffre d’affaires d’Euro-cycles dépasse le cap des 120 MDT et son bénéfice net celui des 16 MDT.

Euro-cycles étant toujours le fleuron des entreprises qu’il dirige,  Esseyah s’est depuis diversifié dans plusieurs domaines comme les énergies renouvelables, l’emballage, la distribution des produits pétroliers et l’immobilier. Il est aujourd’hui à la tête d’une dizaine de sociétés.

Le palais de Ben Ali, pour quoi faire ?

Comme celui de Sidi-Dhrif, et la plupart des biens immeubles de Ben Ali, celui de la Baie des anges à Hammam Sousse était resté invendu pendant de 10 ans. « Gammarth immobilière », la société chargée de liquider les biens immeubles confisqués après son départ, était obligée de faire elle-même le démarchage, tant les demandes de rachat étaient absentes.

Et c’est par les biais de cette entreprise, jusque-là par exemple incapable de vendre les fameuses voitures de Ben Ali, que HABIB ESSEYAH a été approché. L’expertise du coût du palais de la « Baie des anges », qui fait par ailleurs partie de tout un ensemble résidentiel haut de gamme bâti sur un terrain privé d’un promoteur de la région, a été faite par des experts du ministère des Domaines de l’Etat, devenu propriétaire des lieux après la confiscation.

Cette évaluation officielle loin des estimations populistes, faite de rêves d’un palais des mille et une nuits d’un ancien président très discret sur sa richesse, fut approximativement le prix de cession du palais.

L’achat par ESSEYAH n’est cependant pas une simple lubie d’un fortuné, certes par la force de son travail, qui se prendrait pour un chef d’Etat. Etant d’une modestie et discrétion totale, l’homme selon les informations que nous avons pu puiser auprès de lui-même, aurait fait cet achat dans une logique d’investisseur, et une optique touristique et immobilière pour l’instant.  Il n’en dira pas plus.

3 Commentaires

  1. il est riche et un investisseur hors paire mais est qu’il paie ses impôts personnels selon ses revenus comme les salariés au millime près ?

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