Sauvez le soldat René

Sauvez le soldat René

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La formule est éculée. Elle reste pourtant d’actualité. Le ministre du Tourisme fait, depuis la réussite du pèlerinage d’El Ghriba à Djerba, l’objet d’une cabale médiatique et sur certains réseaux sociaux. A tel point qu’une pétition de soutien à René Trabelsi s’organise sur change.org.

Professionnel du tourisme, en Tunisie comme en France où il dirige un TO, il est l’un des très rares ministres de confession juive, depuis l’indépendance tunisienne et en tout cas le 1er ministre juif depuis la révolution. Mais il est avant tout un homme d’affaires tunisien, né à Djerba, une île tunisienne, et qui a le droit de jouir de ses droits politiques comme le garantit la Constitution tunisienne.

Il a toujours affirmé servir son pays, en dépit des controverses sur ses liens avec la France et des accusations de «sionisme». Il paie même le tribut de son judaïsme en terre d’islam et le tribut aussi du terrorisme, avec son neveu de 5 ans mort dans une fusillade antisémite à Djerba. Sereinement, le fils de Perez Trabelsi essuiera les manifestations organisées, en novembre 2018, contre sa nomination, au ministère du Tourisme en remplacement de Salma Rekik, partie alors rejoindre le cabinet du chef de l’Etat. A l’ARP, il sera même voté à 127 voix de confiance, mieux que d’autres ministres dont on dit qu’ils sont des Tunisiens pur jus.

Deux mois après sa nomination dans le gouvernement de Youssef Chahed, il s’engageait à 9 millions de touriste pour 2019. Du 1er janvier au 10 juin 2019, la Tunisie enregistrait déjà un peu plus de 3108 millions de touristes, en hausse de 15 %, et engrangeait 1,552 milliards DT en recettes touristiques. La haute saison est déjà terminée en Tunisie, où tout est complet. Le ministre et son équipe travaillent désormais sur l’arrière-saison, et son chef de cabinet n’a aucun doute que les 9 millions de touristes promis par son ministre seront atteint à fin 2019. Ce ne sont plus les chiffres de 2010, que le ministre cible à dépassés, mais ceux de 2008 où la Tunisie recevait presque 7,5 millions de touristes.

Dans la foulée, il tiendra promesse lorsqu’il déclarait à Africanmanager «le fait que René Trabelsi soit à la tête du ministère du Tourisme, va faire de telle sorte que la Diaspora juive tunisienne vienne passer ses vacances en Tunisie en masse et surtout lors du prochain pèlerinage de la Ghriba». Le pèlerinage sera une réussite, et c’est le chef du gouvernement qui l’atteste, lorsqu’il dira à son père que le fils fait du bon travail. Les grincheux et les irascibles ne trouveront que la vidéo faite par un reporter israélien, somme toute attendue par un régime qui sait mieux que quiconque utiliser la moindre image pour énerver les antisionistes, pour critiquer le ministre et traiter un pèlerinage, vieux de plusieurs dizaines d’années, d’acte de normalisation avec l’occupant israélien des terres arabes au Moyen-Orient

L’homme travaille d’arrachepied, et réussit même une très grosse opération médiatique, pour quelques sous. «Touche pas à mon poste» sur C8, de l’autre Juif tunisien qui fait exploser l’audimat, fait voir et parler de la Tunisie par 1 million 616 mille téléspectateurs, après l’enregistrement de toute l’émission en Tunisie.

Jamais ministre tunisien du Tourisme n’avait fait autant en matière de marketing pour la Tunisie. C’est en tout cas le ministre le plus rentable financièrement. Et c’est ce ministre qui fait depuis peu l’objet d’une campagne de dénigrement. Alors, sauvez le soldat René et laissez ce bon Trabelsi travailler pour son pays qu’il n’a pas renié, contrairement à d’autres !

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