Un crime économique qui dure depuis 2015, et coûte cher !

Un crime économique qui dure depuis 2015, et coûte cher !

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La Tunisie ne jure plus que par les énergies renouvelables, dont l’éolienne, pour réduire des importations d’hydrocarbures et un déficit énergétique qui donnent des cauchemars aux autorités. Une affaire donc de la plus haute importance. Alors quand on apprend que 17 éoliennes sur 143, de la centrale éolienne de Metline-Kchabta mise en place en 2012, sont en panne et en état d’arrêt total depuis 2015, sans que la Société Tunisienne de l’Electricité et du Gaz (STEG) n’intervienne pour les réparer, cela relève du crime économique ! Aucun travail de maintenance n’a été effectué au niveau de ce parc éolien en situation de délabrement total. Pourtant sa capacité totale de production d’électricité est estimée à 188 mégawatts (MW).

Une responsabilité partagée

Cette situation perdure depuis que le ministère de l’Industrie et des PME a autorisé des entreprises privées à construire et exploiter des centrales électriques éoliennes, pour vendre l’électricité produite par les quatre parcs éoliens à la STEG. Selon des documents parvenus à l’agence TAP, la situation du parc éolien de Metline-Kchabta est due principalement à la récurrence des actes de vols et de vandalisme des équipements mis en place, à l’absence d’intervention immédiate pour remplacer les pièces endommagées ou volées, outre le manque enregistré en matière de voitures tout terrain pour accéder au parc. Il s’agit également de l’absence d’entretien des circuits menant vers le parc en question, ce qui entrave l’accès des grues de maintenance. Une exploitation totale de ce parc éolien, aurait permis de générer, annuellement, 600 GWH d’électricité, d’économiser plus de 120 Ktep de combustibles et de 40 mille m3 d’eau et d’éviter des émissions de l’ordre de 350 mille tonnes de CO2.

Une grosse perte

Les pertes enregistrées à cause des actes de vol et de vandalisme n’ont pas été évaluées, mais elles sont, selon des sources bien informées du dossier, aux alentours de 10 millions de dinars. La remise en marche des éoliennes en panne aurait permis de produire plus de 100 gigawatt-heure (GWh) d’électricité durant la période entre janvier 2015 et janvier 2019. Selon les mêmes sources, le parc éolien est équipé de caméras de surveillance “qui n’assurent pas une vision nocturne n’étant pas dotées de la technique infrarouge“, alors que les opérations de vols et de vandalisme sont généralement perpétrées durant la nuit. Le système de contrôle à distance des éoliennes (SCADA) installé sur le site de Kchabta est aussi en panne depuis 6 mois, alors que ce système est capable de détecter plusieurs pannes et de les réparer à distance.

Il faut 4 millions DT pour tout retaper

Contacté par TAP, le directeur de gestion des moyens de production de l’électricité à la STEG, Imed Mekaouer, a expliqué que la réparation des éoliennes en panne nécessite la mobilisation d’une enveloppe de près de 4 millions de dinars.
9 éoliennes ont été vandalisées et d’autres nécessitent juste des pièces de rechange pour fonctionner“, a souligné le responsable.
Pour ce qui est de la station de Metline, il a indiqué que deux éoliennes uniquement ne fonctionnent pas, en raison de pannes électriques survenues et aussi de la difficulté d’accès à cette région pour assurer la réparation. La station de Metline, pour rappel, regroupe 72 éoliennes d’une capacité globale de 95 Mw.
La STEG œuvre à réparer ces pannes le plus tôt possible“, a tenu à dire le responsable, imputant le retard à la lenteur du processus et du système des achats et aussi aux procédures d’importation des pièces de rechange nécessaires.

Le secteur privé débarque

Le ministère de l’Industrie et des PME a octroyé, le 10 janvier 2019, quatre autorisations à des sociétés étrangères pour la production d’électricité à partir de l’énergie éolienne.
Ces projets, dont les investissements sont estimés à 400 millions de dinars, permettront la production de 120 MW d’électricité et la création de 76 emplois directs. Les projets éoliens seront implantés dans les régions de Mornag (gouvernorat de Ben Arous) et Jebel Sidi Bechir, Jebal Kchabta et El Betiha (gouvernorat de Bizerte). Leur entrée en production est prévue entre mai et novembre 2020. L’électricité produite à partir de ces projets sera vendue, exclusivement, à la STEG, moyennant un prix variant entre 110 et 135 millimes/kwh.

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