AccueilLa UNEYoussef Chahed fait du «Speed Dating», politico-économique, à Davos

Youssef Chahed fait du «Speed Dating», politico-économique, à Davos

Le Forum de Davos en janvier de chaque année, c’est «the place Where To be» pour quelque 3.000 personnalités parmi les plus en vue dans le domaine économique, financier et politique, en provenance de 90 pays.

Le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, y a été invité par le président du Forum de Davos et c’est pour la seconde fois qu’il se retrouve dans la cour des grands, sollicité par de grands médias comme CNN. Il s’est adonné au sport favori de presque toutes les grandes personnalités présentes, le «Speed Dating», entre deux cessions ou deux panels du Forum afin d’optimiser cette présence dans les hautes sphères, politique et économique, mondiales.

L’occasion est ainsi donnée, pour le chef du gouvernement tunisien, de faire du lobbying pour son pays, dissiper les doutes quant aux perspectives de sortie de crise, plaider la cause tunisienne, expliquer l’importance de 2019 en tant qu’année charnière dans le processus de transition politique et économique et surtout sensibiliser les partenaires de la Tunisie pour redoubler d’efforts pour la soutenir sur le chemin de la réussite de son double processus, politique et économique.

Il est vrai cependant que les partenaires de la Tunisie commencent déjà à s’impatienter et le signifient au chef du gouvernement. En effet, intervenant mardi au cours d’un des multiples panels, Youssef Chahed fait part des réformes entreprises par son gouvernement pour améliorer le climat d’investissement. Il finit par dire, en évoquant la conjoncture sociopolitique : «nous vivons une période de transition, depuis 2011, et la transition politique a un coût, car l’économie souffre depuis 5 ans, et nous ne devons pas oublier que nous avons fait l’objet d’attaques terroristes. Il faut considérer qu’il reste possible de manager ce coût».

Et la modératrice du panel de l’interpeller : «cette histoire se répète à chaque cession de Davos». C’est dire que la Tunisie aura de plus en plus de peine à s’attirer la sympathie des démocraties occidentales. Le simple fait d’être devenue l’unique démocratie du monde arabe ou d’être à l’origine dudit «printemps arabe» ne suffira plus pour prétendre à l’aide pour sortir des marasmes, politique et économique, où on s’enfonce d’année en année, en refusant de donner l’absolue priorité à l’économique pour pouvoir rester sur les radars internationaux, de la coopération et de l’investissement. C’est dire aussi le recadrage que la Tunisie devra faire de son image, écornée par les disputes politiciennes pour des prunes et par les grèves dévastatrices et sans aucune considération sur le coût de ces mouvements, faits au nom de la démocratie pour laquelle l’Occident l’a félicité un temps, et sur ses chances de sortir de la crise économique et financière.

  • Du concret, grâce à des rencontres, difficiles à cumuler en si peu de temps

Cela étant, le chef du gouvernement ne baisse pas les bras et prend chaque fois son bâton de pèlerin, pour aller prêcher la bonne parole en faveur de son pays, d’où cette présence éclair au Forum de Davos. Il y a ainsi brièvement rencontré le ministre algérien des Affaires étrangères, le chef du gouvernement égyptien, deux rencontres plutôt formelles, ou par exemple avec son homologue égyptien avec qui il y eut une brève discussion amicale sur le football, avant de revenir aux choses sérieuses.

Des choses sérieuses, comme avec la Chancelière allemande Angela Merkel qui a confirmé le soutien de l’Allemagne, un pays avec lequel la coopération est des plus soutenues et l’aide est des plus concrètes pour la transition économique tunisienne. Tout comme avec le président de la BAD pour le sensibiliser à l’importance du soutien, par la Banque africaine de Développement, à l’investissement étranger en Tunisie.

Akinwumi Adesina a ainsi déclaré que la BAD prépare un important programme, pour aider à la création de 25 millions d’emplois dans les pays africains et que la Tunisie y aura une part de lion. Ou encore le Commissaire européen pour les politiques de voisinage, Johannes Hahn. Le même jour, le même Commissariat annonçait une enveloppe de 305 M€ pour l’inclusion économique, politique et sociale des jeunes Tunisiens.

Au dernier jour de sa participation au Forum de Davos, Chahed confirmera devant un panel africain sur «l’agenda africain» l’intérêt de la Tunisie pour l’Afrique et sa volonté d’être une plateforme commerciale pour développer ses échanges avec l’Europe. Il en a profité pour lancer un appel à investissement pour ceux qui visent l’Afrique ou vice versa.

C’est dire que les 24 heures effectives de la visite du chef du gouvernement tunisien au Forum de Davos ont été bien utilisées et les sept rencontres de haut niveau qui ont pu être tenues, ont été optimisés au profit du recadrage de l’image de la Tunisie, un pays qui fait ce qu’il peut pour s’extraire de la crise et qu’il faut continuer à soutenir, par la coopération bilatérale et l’investissement, aussi bien économique qu’humain.

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