AccueilLa UNETunisie-Devises, dinar, pétrole... : Les grosses tuiles de 2018

Tunisie-Devises, dinar, pétrole… : Les grosses tuiles de 2018

Il faut l’avouer, les signes de reprise, « vendues » ça et là par les autorités, sont difficilement perceptibles pour le citoyen lambda ! Sans vouloir démentir les déclarations récentes du chef du gouvernement, Youssef Chahed, ou encore celles du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Chedly Ayari, faisant état d’une légère embellie économique, aucun signe d’amélioration ou de relance n’a été jusqu’ici enregistré de façon tangible. Les principaux indicateurs sur lesquels est basée notre économie sont encore au rouge : Le déficit commercial n’a cessé de se creuser, l’inflation monte ; les exportations sont en berne ; l’ensemble des prêts octroyés à la Tunisie et les dons qui lui ont été versés par plusieurs pays, depuis un petit paquet d’années, n’ont fait qu’entrainer le pays dans un cycle d’endettement sans précédent, sachant qu’une grande partie des fonds cumulés a été décaissée pour couvrir les dépenses liées aux salaires du public, au détriment de l’investissement et du développement. Pire, les avoirs nets en devise de la Tunisie à la date du 24 novembre dernier ont plongé à 92 jours d’importation ( 12,420 MDT), contre des réserves couvrant 98 jours d’importation (12,954 MDT) à la date du 27 octobre 2017, un niveau qui place la Tunisie sur le seuil de l’insécurité en termes de réserves en devises.

Et le projet de la loi de finances 2018, actuellement en discussion au Parlement, ne va rien changer. Au contraire, il cache une année plus mauvaise que l’actuelle, notamment devant l’augmentation très probable du prix du baril du pétrole jusqu’à 56 dollars en 2018, prédit la Banque Mondiale, contre 54 inscrit au titre de cette loi, ce qui aura certainement un impact très négatif sur le budget de l’Etat. Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables, Khaled Kaddour, a déjà évoqué le problème. Dans une déclaration récente faite devant les médias, il a fait remarquer qu’une augmentation d’un dollar du prix du baril de pétrole représente un surcoût de 120 millions de dinars (MD) pour le budget de l’État et que toute hausse de 10 millimes dans le taux de change du dollar coûte à l’Etat tunisien 30 millions de dinars.

Dans une note publiée ce mois de novembre, la BCT a indiqué que le déficit commercial de la Tunisie a continué à se détériorer au cours des 9 premiers mois de 2017 pour s’élever à 11, 5 Mds de dinars. Cette situation s’explique par l’amplification continue du niveau des importations de tous les groupes de produits alors que celui des exportations demeure toujours insuffisant pour redresser l’équilibre.

Ajoutons à cela la dépréciation du dinar tunisien par rapport à la monnaie verte. Durant la journée du lundi 27 novembre 2017, le dinar a poursuivi sa tendance à la baisse face à l’euro pour atteindre de nouveau un plus bas historique à 2,9500 dt contre 2.9450 dt vendredi 24 du même mois. Le dinar tunisien a également enregistré une baisse face au dollar américain, qui s’est négocié à 2.4900 dt contre 2.4850 la fin de la semaine écoulée.

Plusieurs experts économiques ont déjà mis en garde contre la dégradation de notre économie au cours de l’année 2018. Ezzedine Saidane a pointé la fonte des réserves en devises couvrant seulement 92 jours d’importations, un niveau qualifié d’alarmant, en expliquant que cette détérioration est un danger pour la situation économique du pays, en référence aux normes internationales.

Il a, par ailleurs, dénoncé, lors de son passage, lundi, sur Express Fm, la gravité de la situation économique actuelle de la Tunisie, en expliquant que malgré l’obtention des prêts de la part du Fonds monétaire international (FMI), les réserves en devises actuelles ne couvriront pas les dettes du pays envers les institutions financières internationales.

L’expert en économie a aussi déclaré que le déblocage de la troisième tranche du crédit du FMI n’a pas eu lieu à cause des promesses non tenues de la Tunisie. Il a précisé que le versement se fera après la ratification de la loi de finances 2018.

Saidane a sous un autre angle indiqué que les conditions du FMI pour le versement de la troisième tranche du prêt sont la réforme du Fonds de Compensation et la révision des prix des produits de base, mettant en garde contre les conséquences de la décision du Fonds en cas de non déblocage de la troisième tranche. Il a expliqué que toutes les institutions financières mondiales se rangeront derrière la décision du FMI et feront les mêmes conclusions, qui pourront contribuer à l’avancement de l’économie du pays comme à sa détérioration.

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