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« A force de cacher la poussière sous le tapis qu’à la fin le tapis se rebelle… »

Ce genre de papier, on le sait, n’est généralement que peu lu par un « peuple qui veut » avoir la paix à l’orée de ses vacances estivales. Nous pensons que ces  choses  doivent pourtant être dites, haut et fort, voudra qui comprendra (حب من حب و كره من كره).

Cacher la poussière sous le tapis, est une expression imagée qui veut dire « dissimuler quelque chose d’embarrassant sans réellement le faire disparaître ». Le reste est une citation piquée chez un journaliste des temps révolus.

Dans son édition électronique du 14 juin 2020, le journal français « Libération » estime que « en Tunisie Kais Saïed saborde la IIème République ». De son côté, sur le MEMO du 13 juin 2022, Dr Amira Abou El-Fetouh qui titrait « Kais Saïed et l’amour interdit », où elle faisait une parabole entre Kais Saïd et le poète amoureux de Leila, écrivait que « Saied, portant le manteau de pureté et de chasteté,  est monté à cheval, agitant son épée pour combattre la corruption tout en appelant à son coup d’Etat, qui ramène en fait la Tunisie à l’ère de la dictature et de la tyrannie. Il ramène la Tunisie à l’époque de Zine El-Abidine Ben Ali »

Et force est de remarquer que le chef de tout l’Etat ne fait que cela depuis son accession à la magistrature suprême, et notamment depuis le 25 juillet 2021. Véritable autiste politique, ne portant intérêt qu’à son propre projet politicien, il a jeté la question économique aux oubliettes, tentant même de ralentir les négociations avec le FMI qui demande désormais une communication tous azimuts sur le programme des réformes économiques.

  • Seul l’échec économique le tombera

Comme la femme de chambre qui cachait la poussière sous le tapis, il brandit la souveraineté contre l’endettement dont il sait pourtant avoir plus que besoin, ne parle jamais du climat d’investissement devenu intenable pour les IDE, n’évoque jamais la hausse des prix avec ses 7,8 % d’inflation que pour en accuser les opérateurs économiques, ni des presque 10 Mds DT de déficit de la balance commerciale, ni du déficit courant qui se creuse et à propos duquel le dernier CA de la BCT a dit sa « forte préoccupation », ni du chômage à 16,1 %, ni de la petite croissance à 2,4 % incapable de créer de l’emploi pour les milliers de migrants, réguliers et clandestins, et encore moins des mesures économiques d’urgence toujours en défaut de décrets présidentiels ou encore de « la tournante » en grèves que lui mène Noureddine Tabboubi de la toute puissante UGTT .

De tous ces indicateurs socioéconomiques  couleur rouge vif, le chef de tout l’Etat tunisien ne semble  avoir cure. Seule compte pour lui la marche forcée de son référendum par lequel il compte installer sa propre démocratie et son propre régime hyper présidentialisé. Le reste attendra 2023. En catimini, son gouvernement avoue que la réussite du programme du chef de tout l’Etat, passe pourtant inévitablement par la relance d’une économie qui peine à trouver qui la financera. Les observateurs les plus avertis osent à peine dire que si chute de Kais Saïed il y aura, elle le sera par un échec économique qui devient de plus en plus probable, mais n’en pensent pas moins. Tous craignent que le tapis ne finisse par se rebeller !

  • De Saïed à Ibnou Al-Mulawah, les Kais diffèrent à se ressembler

Historienne et politiste, spécialiste de la Tunisie, Sophie Bessis, de son côté, et dans une interview sur RFI, estime que « malheureusement, le chef de l’État, pour l’instant, est totalement focalisé sur les questions institutionnelles, alors que la situation économique ne cesse de se dégrader ». Et Bessis d’ajouter que « les pays occidentaux sont, si vous voulez, dans une certaine contradiction, dans la mesure ou à la fois, ils conditionnent l’octroi de financement à des avancées démocratiques, ce qui n’est pas le cas pour le moment, et en même temps effectivement, ne souhaitent pas que la Tunisie tombe dans le chaos ou dans une crise plus importante que celle qu’elle connaît aujourd’hui (…). Mais enfin, il est évident qu’on ne va pas pouvoir continuer avec des financements totalement occasionnels, donc effectivement, on peut craindre une détérioration encore plus importante de la situation économique ». Et pour terminer avec une autre parabole du même poète qui portait lui aussi le prénom de Kais, Ibnou Al-Mulawah disait aussi que « اليوم خمر وغدا أمر » (Ndlr : Traduisez, aujourd’hui on boit, demain on verra). Avec les deux, il nous semble qu’on reste dans la même « Jahiliya » (paganisme), cette fois économique et post « révolution » 2011 ! 

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2 Commentaires

  1. Depuis le coup d’état de 2011 qui a renverser ben ali est la mise en place des frères musulmans terroristes d’enahda que suggère le journaliste que vous êtes pouvez-vous ???

  2. De quelle relance économique vous parlez quand tout est corrompu, le pays est gangrené du pied à la tête, comment vous voulez relancer l’économie et dès que vous commencez vous serez arrêté par des grèves illégales, des grèves non justifiées et des sit-in, un caracous qui s’installe et vous voulez relancer la machine, soyons sérieux, vous ne pouvez le faire que si vous nettoyez tout, la magistrature, l’UGTT, le Patronat, l’administration, la douane, les médias,….
    KS avait raison et les opposants voudraient encore tirer bénéfice du chao, encore de l’argent pour s’enrichir davantage, non la Tunisie est mieux que ça. C’est un texte bidon.

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