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Algérie : La menace éhontée pour empêcher les jeunes de suivre les Tunisiens (Vidéo)

Agiter le spectre du retour des années noires (1991-2002), comme un épouvantail, pour empêcher les jeunes de bouger, de revendiquer quoi ce soit, de suivre les pas de leurs frères tunisiens, c’est ce que vient de faire le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée nationale populaire (ANP), vice-ministre de la Défense. Et il l’a fait sans la moindre retenue, sans la moindre vergogne devrait-on dire. Mardi 5 mars 2019, dans un discours à l’académie interarmes de Cherchell, il n’a pas hésité à accuser “certaines parties” de fomenter le projet de replonger l’Algérie dans les “années de braises et de douleur”, rapporte Huffington Post.

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Le patron de l’armée algérienne, qui a pris la parole en plein bouillonnement pour protester contre le cinquième mandat, n’est pas allé jusqu’à donner des indications sur ces “parties” qui seraient “dérangées de voir l’Algérie sûre et stable. Ils veulent la ramener aux années de braises et de douleurs vécues par le peuple algérien et au cours desquelles il a payé un lourd tribut”. Puis il en a rajouté une bonne louche pour s’assurer que cela calmera les excités de la rue : “Ce peuple authentique et fier qui a vécu ces circonstances difficiles et qui en connaît les affres ne peut en aucun cas renoncer au bienfait de la sécurité et de la tranquillité d’esprit (…). Nous savons que cette sécurité et cette stabilité aux fondements sûrs sur sera renforcée et enracinée et le peuple continuera de rester attaché à ces bienfaits”, et l’armée fera ce qu’il faut pour “défendre cet acquis cher”. Enfin il a asséné : Le peuple qui a “fait échouer le terrorisme” et “ses plans” doit savoir “comment s’y prendre”.

Ce n’est pas la première fois que le général Gaïd-Salah tire sur cette ficelle, très grosse, pour tenter de stopper les manifestations contre le cinquième mandat de Abdelaziz Bouteflika. Le 26 février dernier, quatre jours après la poussé de fièvre du vendredi 22 février qui a déclenché le vaste mouvement citoyen, le chef d’état-major de l’ANP s’était dressé, depuis Tamanrasset, contre le fait que “des Algériens soient poussés vers l’inconnu à travers des appels douteux chantant en apparence la démocratie, mais qui en vérité qui poussent des égarés vers des sentiers peu sûrs qui ne servent pas l’intérêt du pays et ni son avenir prospère”. Face au tollé provoqué par les propos d’un général qui n’avait manifestement rien compris aux préoccupations de la jeunesse, les services du ministère de la Défense ont essayé de faire disparaitre la vidéo contenant le discours polémique du général, et ont présenté un texte plus diplomatique…

A noter que Bouteflika a été le premier à déterrer ce traumatisme des Algériens, en guise de chantage, pour contenir la contestation populaire. Le 24 février dernier, deux jours après les bruyantes manifestations du 22 février, le ministre de l’intérieur, Noureddine Bedoui, avait lu, à Adrar, un discours du chef de l’Etat qui encense les «vertus de la stabilité» et de la «continuité qui fait que chaque génération apporte sa pierre à l’édifice des réalisations».
Le 28 février, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a fait fort en évoquant la tragédie de la Syrie pour effrayer les Algériens qui râlent contre ce 5ème mandat : «En Syrie, tout a commencé par une rose et la fin a été par un bain de sang».

Voilà, tout est dit. Les vieilles recettes, que sont la terreur, pour imposer le statu quo à une jeunesse qui attend son heure depuis des décennies. On prend les mêmes ingrédients et on recommence. Le changement peut bien attendre…

https://www.youtube.com/watch?v=IRuLo9yqZH0

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