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Khadija Taboubi

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Il le dit clairement : “Nous allons défendre jusqu’au bout la société (…) Nous allons protéger et préserver les acquis des actionnaires“, a déclaré Bassem Loukil, PDG de Gif Filter, lors de la communication financière de la société qui a eu lieu jeudi 12 octobre 2018 à la bourse de Tunis. Loukil a tenu par ailleurs à expliquer que la société Gif Filter a subi une campagne de diffamation malhonnête visant à faire baisser la valeur de son titre à la bourse. Il a souligné toutefois que la société va continuer à travailler et investir davantage et les résultats seront nettement meilleurs pour les prochaines années, notamment au niveau de l’export qui pèsera, selon lui, plus de 55%.

Bessem Loukil se veut très rassurant sur la situation financière de la société et de son avenir : “Malgré la campagne de diffamation, la société se porte bien et son avenir s’annonce meilleur“, a-t-il affirmé, faisant remarquer que Gif ne va pas arrêter ses investissements et va implanter des unités en Afrique là c’est possible.

A l’international, la société compte également s’implanter en Algérie d’ici la fin de cette année, “un marché difficile au niveau de la réglementation mais très promoteur“, selon ses dires. Pour la Libye, Loukil a précisé que la société a déjà commencé ses activités depuis cette année : “Nous avons choisi de nous implanter en Libye dès aujourd’hui parce que nous croyons fort que les choses vont se régler et le pays va de nouveau se reconstruire“, a-t-il expliqué.

Il a par ailleurs indiqué que l’entrée dans le capital d’un actionnaire stratégique n’a pas eu lieu pour des raisons en rapport avec le terrain sur lequel la société avait été construite. En effet, la société a été bâtie sur un terrain à vocation agricole et la loi tunisienne interdit l’entrée d’un partenaire stratégique dans une société bâtie sur un terrain agricole. Il a toutefois annoncé la régularisation de la situation foncière du terrain de la société (Obtention d’un certificat de vocation non agricole).

S’agissant des chiffres, il ressort d’après les indicateurs d’activités de la société arrêtés au 30 juin 2018 que la société a fait un pas très important en récupérant le retard du chiffre d’affaires à l’export et la signature d’un partenariat commercial à l’export avec un grand donneur d’ordre européen pour la production de plus de 1 million de filtres en 2019.

Par rapport aux résultats au 30 septembre 2018, les chiffres montrent une amélioration de la marge brute sous l’effet du prix de vente à l’export et de la maitrise du taux de remise. Ajoutons à cela un taux d’EBITDA aux alentours de 7%. Il est nettement meilleur que celui de l’année 2017. Le taux de l’EBIT a subi l’effet de l’augmentation des amortissements des nouveaux investissements de fin 2017. Le résultat net est impacté par l’effet important du change ainsi que la résorption du coût du CCL de 330 KDT qui s’achèvera au 30/06/2019.

S’agissant des perspectives, la société table sur une augmentation du CA prévue à fin 2018 de 10% par rapport à 2017. L’EBITDA sera doublé en 2018. De même, la dette de l’entreprise est inférieur à 5 ans, délais d’emprunt auprès des banques >5 ans. A cela s’ajoute un gearing maitrisé qui permettra une bonne assise financière qui montre la capacité de l’entreprise à financer son plan d’investissement.

Concernant le business plan 2018-2020, la société table sur l’augmentation de la part de l’export de 24% en 2018 à 40% en 2020 (impact de la signature du partenariat commercial étranger), la diminution du taux de la MCM due à l’augmentation de la part de l’export et la diminution de l’impact de change par l’augmentation de l’export.

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L’Accord de libre-échange complet et approfondi, le fameux “ALECA”, ne cesse d’agiter les esprits des citoyens, et pour cause : il engage le devenir de la nation, sur des aspects de la plus haute importance, alors que les négociateurs eux-mêmes ne maitrisent pas tous les aboutissants, que dire du Tunisien lambda ! Alors que l’Union européenne (UE) le considère comme une opportunité à ne pas rater, la Tunisie ralentit encore le pas et aucune décision officielle relative à son adoption n’a été communiquée et ce, malgré les cercles de rélexion mobilisés pour ce dossier. Ce jeudi 11 octobre 2018, c’est au tour du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) d’ouvrir le débat sur le sujet. Lors d’une rencontre organisée à Tunis, Romdhane Ben Amor, le président du FTDES, a mis en garde contre l’adoption dudit accord, faisant remarquer que l’UE veut que la Tunisie signe l’accord qui lui a été proposé depuis 2015, avant la fin de l’année 2019, ce qui n’est pas possible, selon ses dires.

Il a par ailleurs rappelé que l’accord de partenariat signé en 1995 avec l’UE a causé plusieurs pertes au pays, évaluées à près de 2,5% de son PIB, selon ses dires. Ledit accord a également  approfondi les disparités régionales et fait perdre à la Tunisie plus de 50% de son tissu industriel, toujours selon lui.

Nous avons constaté qu’il y a beaucoup de choses floues qu’il faut éclairer (…) Nous voulons prendre une position plus radicale par rapport à cette question“, a-t-il dit. En effet, selon un sondage effectué par le FTDES, la majorité des personnes interrogées considèrent que l’ALECA garantit une grande ouverture de la Tunisie sur son environnement extérieur.
Il a toutefois indiqué que cette ouverture peut impacter certains secteurs comme l’agriculture, les services, la santé et les médicaments, soulignant que le plus important est de négocier la nature de cet accord : “Le négociateur tunisien doit prendre en considération l’intérêt général du pays car tout accord sans contre partie sociale, économique et politique est un accord manquant et aura un impact négatif sur le pays”, a-t-il affirmé.

Ben Romdhane a dénoncé également l’exclusion de la migration de l’accord en question, pour être négociée dans le cadre d’un autre ; il a expliqué que la migration illégale ou celle des cerveaux est au coeur des affaires économiques et sociales du pays et que toute tentative de se désengager aura un impact négatif. “Nous voulons un accord qui servira l’intérêt des deux pays“, a-t-il soutenu.

Il a en outre indiqué que depuis la proposition dudit accord en 2015, le FTDES a revendiqué une évaluation intégrale et objective des conventions anciennes signées, expliquant que toutes les évaluations sont négatives notamment dans le secteur industriel, l’emploi et le budget de l’Etat : “On ne peut pas passer à un accord plus approfondi sans évaluer les anciens“, a-t-il dit.

Par ailleurs, dans une note d’analyse, le FTDES a indiqué que le projet d’ALECA fait craindre des risques pour les citoyens tunisiens en termes de droits économiques et sociaux. Pas exemple de nombreux emplois risquent de disparaitre dans les secteurs de l’agriculture et des services. De même, la mise en concurrence du secteur agricole pourrait menacer la sécurité alimentaire, en accentuant la dépendance à l’importation pour les céréales, qui sont la base de l’alimentation tunisienne.

L’impact social se fera aussi sentir de manière moins directe. La perte de ressources budgétaires de l’Etat (liée à la baisse des droits de douane) se traduira soit par moins de dépenses sociales et de développement, soit par des hausses d’impôts. De plus, si aucun dispositif n’est prévu, les investissements risquent de se concentrer dans le nord-est du pays et ne pas corriger les inégalités sociales et territoriales.

Toujours selon l’analyse du forum, l’UE promet un développement de l’économie, à travers un meilleur accès au marché européen, des normes reconnues internationalement, et plus d’investissement en Tunisie. Cependant, si nous regardons l’Accord d’Association de 1995, qui a mis en compétition l’industrie tunisienne et européenne, nous constatons que 20 ans après, l’industrie tunisienne est en grande difficulté. Le secteur porteur en Tunisie étant celui des services, faire brutalement disparaître les protections de l’Etat vis-à-vis de ce secteur pourrait l’endommager fortement, en ayant des incidences négatives sur les emplois. Même si cela se fait progressivement, la mise en concurrence inquiète donc tant les organisations de la société civile que les syndicats, et même le patronat. Il faut dire que la compétitivité de l’économie tunisienne est bien inférieure à celle de l’économie européenne. Dans le secteur agricole, elle l’est même 7 fois moins.

De même pour lutter contre l’immigration irrégulière, l’UE souhaite faire pression sur l’attribution de visas. Alors que la mobilité est essentielle pour les Tunisiens, pour pouvoir établir des relations commerciales en Europe, pour rendre visite à des membres de leurs familles, ou simplement venir en vacances, l’accès au territoire européen est filtré par une politique sécuritaire et restrictive.

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En visite de travail de deux jours en Tunisie, le ministre fédéral de la Coopération économique et du Développement, Dr. Gerd Müller, a annoncé, ce mercredi 10 octobre 2018, la signature de nouvelles déclarations d’intention dans le cadre du partenariat tuniso-allemand promu depuis quelques années en soutien à la transition politique, démocratique et économique dans le pays. C’est au cours d’une cérémonie organisée le même jour, à la société allemande d’automobile “Marquard”, que ces projets qui relèvent de la coopération économique nouée avec la Tunisie commenceront à prendre forme. A travers ces projets qui font partie d’une enveloppe de 1,7 milliard d’Euros, l’Allemagne a voulu en effet réaffirmer son engagement pour le soutien de la transition en Tunisie.

En marge d’une visite technique organisée au sein de “Marquard”, un rendez-vous auquel ont assisté l’Ambassadeur de l’Allemagne à Tunis, des responsables de la société et des journalistes, le ministre fédéral de la Coopération économique a indiqué que la signature des déclarations d’intention s’inscrit dans le cadre de l’engagement allemand de concrétiser des projets, de contribuer à l’emploi et d’appuyer la transition en Tunisie.

Je voulais à travers cette visite en Tunisie transmettre deux messages : le premier est que le gouvernement allemand élabore avec la Tunisie un partenariat pour la formation avec les entreprises tunisiennes, et le deuxième message est de dire à la jeunesse tunisienne que l’Allemagne va vraiment miser sur l’augmentation de leur chances pour trouver de l’emploi.

“La Tunisie est un site absolument excellent pour les investissements et les investisseurs allemands à condition que la main d’œuvre qualifiée soit présente et bien formée“, a-t-il ajouté.

Dans une déclaration à Africanmanager, Hatem Ben Ismail, directeur des ressources humaines à la société Marquard, a annoncé le lancement de l’Académie de Meadle management chargée de former les cadres moyens dans l’objectif de renforcer leurs qualifications afin d’augmenter leurs chances de décrocher un emploi. C’est un projet promu par Dräxlmaier, Leoni, Marquard et le gouvernement allemand comme appui à l’employabilité en Tunisie. Et d’expliquer qu’en tant que partenaire de ce projet, Marquard va contribuer à ce projet en recrutant bon nombre de ces gens une fois la formation achevée. “Le projet est dans une étape de réflexion et va mobiliser beaucoup de fonds“, a encore précisé Ben Ismail, avant d’ajouter que ce programme pourra voir le jour au cours de l’année 2019.

Il s’agit en effet de 5 projets, à savoir une déclaration d’intention pour «le partenariat pour l’emploi», visant la création de 7450 postes et la formation de 260 agents qualifiés dans le secteur automobile à l’horizon 2020. Installés depuis longue date en Tunisie, les trois fournisseurs allemands de câblages automobiles, Dräxlmaier, Leoni et Marquardt, emploient actuellement 25 800 salarié(e)s. D’ici 2020, ces trois géants de l’industrie allemande s’engagent à accroitre l’employabilité en Tunisie par la création de 7450 emplois et le perfectionnement des compétences humaines dans le secteur automobile, notamment par la formation de 260 employés qualifiés. Cette déclaration d’intention sera signée par le ministère fédéral du Développement économique et de la Coopération (BMZ), représenté par S.E. Dr. Gerd Müller, et les trois fournisseurs automobiles allemands.

Baptisé “Partenariat Solidaire emploi», ce deuxième projet vise l’intégration professionnelle des rapatriés en Tunisie et les personnes reconverties professionnellement par le CORP. Cette déclaration sera signée par plusieurs entreprises et le ministère fédéral du Développement économique et de la Coopération (BMZ) afin de s’engager à offrir un quota d’emplois à ces personnes au sein de leurs entreprises.

Outre ces deux partenariats, on notre un autre entre l’école d’industrie laitière de Thibar et l’Ecole professionnelle de laiterie de Kempten. Cette déclaration d’intention autour de l’échange d’expertises et la constitution d’un réseau d’amélioration du secteur laitier en Tunisie vise sa modernisation. Conscients du fait que le secteur laitier tunisien apporte une contribution décisive à la création de revenus et d’emplois dans les zones rurales ainsi qu’à la diversification et à la stabilisation des systèmes de production agricole en Tunisie, les deux parties signataires démarreront à la suite de la signature de cette déclaration le dialogue sur les éventuelles mesures d’échange avec le Centre d’enseignement, d’essai et de formation spécialisée (LVFZ) pour l’industrie laitière à Kempten.

Le renforcement des fédérations touristiques tunisiennes est aussi au programme. Il s’agit là de renforcer les capacités des fédérations touristiques tunisiennes et de promouvoir une nouvelle culture touristique, notamment le tourisme écologique et le tourisme culturel.

A cela s’ajoute, la création d’un centre de formation interentreprises à Bizerte : Cette déclaration d’intention soutiendra le secteur de l’industrie textile à travers la formation inter-entreprise d’agents dans le textile à Bizerte. L’entreprise allemande Van Laack ayant expérimenté ce type de formation et étant certifiée par la Chambre Internationale du Commerce en Allemagne (IHK) s’associera à la Fédération Tunisienne du Textile et Habillement (FTTH) et l’Association allemande pour le développement des échanges internationaux du commerce de détail (AVE) pour signer cette déclaration.

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Slim Feriani, le ministre de l’Industrie et des PME et de l’Energie par intérim, a récemment accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont la croissance, l’investissement, le PPP (partenariat public-privé) et la loi de finances pour l’exercice 2019.

Nous avons constaté récemment l’émergence de la Chine comme nouveau marché pour la Tunisie. Que peut-on dire là-dessus ?

La Chine est un important marché pour la Tunisie, notamment au niveau touristique. C’est aussi un partenaire économique très important à toutes les échelles, surtout pour ce qui est de l’investissement. C’est vrai que le volume d’investissement n’est pas très grand mais il investit quand même en Tunisie. Du côté tunisien, on peut exporter beaucoup plus en Chine. Il y a un nouveau dynamisme vers ce marché qu’il faut exploiter.

Du coup, le Partenariat Public-Privé (PPP) est très important sachant que la création de richesses ne peut être faite que via le secteur privé. Le nombre et la qualité des gens qui ont participé à la conférence internationale sur le PPP qui a eu lieu récemment à Tunis dénotent de la confiance que font les investisseurs à la Tunisie, étant donné qu’on ne peut pas investir sans confiance. On ne peut avancer qu’à travers l’investissement.
En effet, la croissance en Tunisie a été impactée par plusieurs facteurs structurels ou encore en relation avec l’environnement extérieur de la Tunisie, comme la crise en Europe ou encore la situation en Libye. Ajoutons à cela la période de transition par laquelle passe notre pays. Malgré ces handicaps, la Tunisie peut atteindre des taux de croissance meilleurs que ceux des années passées.

Au niveau du ministère de l’Energie, nous avons plusieurs projets ambitieux et innovateurs. Des projets de 1000 Mégawatt qui s’ajoutent au programme de production de 3500 Mégawatts d’ici 2030. On veut aussi aller jusqu’à 30% de production énergétique à partir des énergies renouvelables contre moins de 5% actuellement. Des projets qui nécessitent beaucoup de fonds que l’Etat ne peut pas mobiliser seul. Les projets d’infrastructure ne pourraient jamais être réalisés par le gouvernement seul. Il faut un partenariat entre le secteur privé et le public et entre la Tunisie et des investisseurs étrangers.

Est-ce qu’on peut parler de reprise au niveau de l’investissement ?

Bien évidement, on a des chiffres positifs. Tous les chiffres qu’on voit aujourd’hui sur la croissance sont des chiffres positifs. On parle de plus de 2,8% de croissance du PIB au deuxième trimestre, de 2,6% de croissance au 1er trimestre et d’une hausse au niveau des exportations de 26% durant les 7 premiers mois de cette année. On parle aussi de croissance au niveau de l’industrie manufacturière qui représente 90% des exportations tunisiennes. Tous les secteurs confondus, textile, habillement, industrie manufacturière, électronique, mécanique, agroalimentaire, ont vu une croissance et une reprise importante au niveau de l’investissement. Les chiffres de l’API nous montrent aussi qu’il y a eu une reprise. Environ 2 mille demandes d’investissement pour une enveloppe de 2 Milliards de dinars pour la création de 37 mille d’emplois. Ce sont des intentions d’investissement mais une grande partie sera concrétisée à travers des projets.

Et au niveau des IDE, est-ce aussi la reprise ?

Nous constatons également une reprise au niveau des IDE, plus de 20% de croissance. Il y a une reprise mais il y a beaucoup de choses qui restent à faire pour atteindre plus de 5% de croissance. Il ne faut pas toutefois dire que tout va bien ou ralentir le pas mais plutôt accélérer le rythme. Il faut beaucoup plus de productivité dans le secteur privé mais aussi public. La reprise économique dépend de plusieurs facteurs et on ne veut pas que la consommation soit le moteur de la croissance mais plutôt l’investissement et l’exportation. Ce sont les deux facteurs sur lesquels on doit se concentrer et ce sont eux-mêmes qui sont entrain de reprendre cette année.

De l’autre côté, il y a le moteur de la productivité sans lequel on ne peut pas avancer. Si on n’avance pas, on recule. Il faut qu’on soit responsable. Cela n’est pas la responsabilité d’un ministre, d’un chef du gouvernement ou de l’administration c’est plutôt un travail collectif d’environ 12 millions Tunisiens. C’est une prise de conscience. Il faut voir les “success stories” comme par exemple en Asie, avec des pays comme la Corée du Sud, Singapour, la Chine et le Vietnam qui sont considérés aujourd’hui comme des champions mondiaux. Pour aller dans cette direction, il faut se retrousser les manches et travailler.

Les Tunisiens doivent être conscients de l’enjeu. Nous avons des ressources financières très limitées et c’est pour cela qu’on parle de PPP. Il faut qu’on sollicite le secteur privé pour financer ces projets d’infrastructure. Aucun pays émergent n’a évolué vers ce qu’il est aujourd’hui, telle que la chine, sans IDE. Et pour que l’investisseur vienne en Tunisie, il faut qu’il soit rassuré. Il ne faut pas matraquer les investisseurs avec des messages négatifs et pessimistes qui découragent. Il faut que tous on soit responsable et qu’on encourage les investisseurs nationaux et étrangers à investir et mettre la main dans la main pour aller au devant.

La loi de finances 2019, y a-t-il des messages à transmettre ?

Le premier message est qu’il faut que cette loi soit une loi de reprise, d’appui et de relance de l’économie. Il faut libérer les énergies positives. C’est un travail collectif et une opportunité pour renforcer le dialogue. C’est aussi un travail de partenariat puisque tous les ministères sont concernés.

En tant que ministère de l’Industrie, chargé aussi des Energies et des Mines, nous avons donné beaucoup de propositions sur cette loi. Nous avons travaillé avec une approche tri-participative et collective avec le secteur privé.

Nous avons aussi travaillé avec une approche très collaborative pour écouter les soucis des investisseurs et éviter les choses qu’on doit éviter. ll faut admettre qu’aucune loi de finances n’est parfaite.

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La question de la levée de la subvention sur les produits de base n’est pas encore à l’ordre du jour et rien n’a été communiqué ou décidé sur le sujet jusqu’ici“, a confié, mercredi 3 octobre 2018, une source gouvernementale à Africanmanager, avant d’ajouter : “Le gouvernement actuel n’envisage rien en matière de subvention et n’a rien décidé à propos de la levée totale de la subvention ou progressive“, a-t-il dit.

Nous allons poursuivre la politique de subvention et aucun changement n’aura lieu (…) Aucune orientation dans ce sens ne figure dans la loi de finances pour l’exercice 2019 (…) le gouvernement a déjà décaissé 1,8 Milliards de dinars pour la caisse de compensation“, a précisé notre source, avant de démentir les bruits sur la levée de la compensation sur certains produits dont ceux de base.

S’agissant de la cession des parts minoritaires de l’Etat dans une douzaine de banques de la place, notre source a précisé qu’aucune décision n’a été prise jusque-là et que la stratégie actuelle du gouvernement est l’assainissement, la recapitalisation et la restructuration des banques publiques, à l’instar de la BNA, la BH et la STB.

Notre interlocuteur a également démenti toute intention du gouvernement de vendre les sociétés vitales telles que la STEG, la SONEDE et la SNCFT.

Nous rappelons à ce propos que la commission gouvernementale chargée de l’examen du système de compensation des produits de base a présenté une proposition relative à la levée de la compensation sur trois étapes qui dureraient entre six et neuf mois. La première étape concerne le lait et les huiles végétales, la deuxième le pain (gros pain et baguette), en plus de la farine pâtissière, alors que la troisième étape portera sur le sucre, la semoule, le couscous et les pâtes alimentaires, selon les déclarations de Youssef Trifa, chargé de mission auprès du ministère du Commerce, à la TAP, le 20 septembre 2018.

La même source avait indiqué que l’orientation de la compensation vers ses ayant droits aurait un caractère matériel, à travers la création d’une plateforme regroupant l’ensemble des bénéficiaires du transfert financier.

Les dépenses de compensation des produits de base sont estimées, en 2018, à environ deux milliards de dinars et la Caisse générale de compensation (CGC) compense actuellement les huiles végétales, le lait, les dérivés du blé tendre (pain et farine pâtissière), les dérivés du blé dur (couscous, pâtes alimentaires et semoule), l’orge destiné aux fourrages et le papier servant à la fabrication des livres et cahiers compensés.

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Les principales orientations économiques et sociales du projet de la loi de finances 2019 ont été dévoilées. A priori, aucune mesure visant l’augmentation des impôts et taxes sur les personnes physiques ou sur les sociétés, mais plutôt des mesures en faveur de certains secteurs tels que les PME, l’éducation, la santé, le développement régional, le secteur de l’automobile. Le budget 2019, qui atteindra 40 milliards de dinars avec des prévisions de croissance de 3%, prévoit de réduire les droits et taxes appliqués sur les voitures populaires et ce, en application de la décision du chef du gouvernement, Youssef Chahed, de faire baisser les prix de ce s véhicules pour atteindre près de 20 mille dinars pour certaines marques. Rappelons que Chahed en avait fait l’annonce lors de l’inauguration de la Conférence nationale sur le projet de la loi de finances 2019, il y a quelques jours.

Ledit projet prévoit la mise en place au profit des PME d’une Ligne de financement Concessionnelle afin de leur permettre de bénéficier d’une bonification d’intérêts dans la limite de deux points. Sont éligibles à cette ligne de financement les PME régies par le décret n° 2015-51 du 13 janvier 2015, relatif à la fixation des modalités d’organisation, de fonctionnement et des méthodes d’intervention du fonds de soutien aux PME (un volume d’investissement entre 100 mille dinars et 10 Millions de dinars) ou encore celles régies par la loi n°2017-8 du 14 février 2017, portant refonte du dispositif des avantages fiscaux.

S’agissant des PME, le PLF 2019 prévoit également la mise en place d’avantages fiscaux et sociaux au profit de ces entreprises afin de les encourager à monter des projets et créer de l’emploi et ce, en les excluant de l’impôt sur le revenu et de la TVA imposée sur les entreprises pour une période de 4 ans à partir de la date de l’entrée en exploitation des entreprises créées durant les années 2018, 2019 et 2020.
S’agissant du développement régional, le dit projet prévoit la mise en place de 200 MDT supplémentaires au profit du programme de développement régional (PRD) et ce, dans l’objectif d’encourager la création de projets dans les régions et du coup booster les efforts dans les délégations classées prioritaires. Il s’agit également à travers cette mesure de réduire les inégalités entre les régions et au sein de la même région, améliorer les conditions de vie, réduire la pauvreté et le chômage et développer les bases de la décentralisation du travail de développement, sachant que tout le processus se ferra au niveau régional.

Pour l’éducation, le PLF 2019 propose la mise en place d’un nouveau cadre contractuel, pour les enseignants remplaçants, de manière à leur offrir un revenu respectable et une couverture sociale et leur permettre de rompre avec l’emploi fragile. Il permettra également de conclure des contrats à durée déterminée avec 7.500 instituteurs remplaçants, à partir de l’année scolaire en cours (2018/2019).

S’agissant du cadre non enseignant, le PLF propose le renforcement de ce corps avec 850 postes de surveillants et surveillants généraux et 350 postes d’assistants d’éducation.
Au niveau de l’infrastructure, le projet propose de réaliser rapidement les clôtures des écoles primaires et de fournir l’eau potable à 1000 écoles primaires.

Pour la santé, le PLF 2018 prévoit d’identifier des solutions aux projets programmés mais bloqués en raison du manque de ressources humaines (corps médical et paramédical), et de résoudre le problème de l’endettement des établissements de santé notamment auprès des fournisseurs.
Le PLF 2019 prévoit également la réactivation d’un bon nombre de services médicaux en fournissant les ressources humaines et la logistique et ce dans l’objectif d’améliorer les services de santé au profit des citoyens.

Le projet de la loi de finances 2019 prévoit l’injection de 150 millions de dinars supplémentaires dans le Fonds National pour l’Emploi et ce dans le cadre de l’appui à l’effort national pour la lutte contre le chômage notamment en ce qui concerne les diplômés de l’enseignement supérieur. L’objectif aussi est de mettre en exécution la stratégie nationale de l’emploi qui regroupe un ensemble de mesures via les politiques d’emploi actives et ouvrir de nouveaux horizons aux jeunes, tous niveaux et formations confondus.

Enfin le capital de la banque des régions qui devrait être créée l’année prochaine serait de 100 millions de dinars.

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Kamel Ayadi carbure bien, et il a l'oreille de Youssef Chahed !

Le Haut comité du contrôle administratif et financier (HCCAF) a organisé, ce mercredi 3 octobre 2018 à Tunis, sa conférence annuelle, un événement qui coïncide avec la célébration de son 25ème anniversaire. Cette conférence a porté sur “l’apport des institutions de contrôle, d’inspection et d’audit à l’amélioration de la performance publique”.

La rencontre a permis également un échange entre les parties prenantes du système de contrôle, d’inspection et d’audit en Tunisie (Cour des comptes, corps de contrôle et inspections départementales), avec l’implication des gestionnaires exerçant aussi bien dans les ministères, établissements publics administratifs et collectivités locales que dans les entreprises publiques. L’objectif est de promouvoir la synergie et la complémentarité entre les corps de contrôle, d’inspection et d’audit pour harmoniser et fusionner les démarches et les approches dans le cadre d’une vision globale et cohérente du système. Il s’agit aussi de mettre l’accent sur les nouveautés en matière de coordination assurée par le HCCAF et les nouvelles pratiques initiées à travers la mise en oeuvre du suivi de proximité.

Le président du Haut comité du contrôle administratif et financier (HCCAF), Kamel Ayadi, a déclaré que depuis sa création en 1993, la commission, et en dépit de l’insuffisance de son cadre juridique et de ses ressources humaines, a pris sur elle d’assumer les missions qui lui sont assignées, à savoir la coordination entre les programmes d’intervention des commissions de contrôle à postériori et le suivi des rapports de contrôle. A ce propos, le comité a réussi à mener autour de 4 mille opération de suivi à fin 2017 dont 1500 dans le cadre du pré-suivi et plus de 2 mille en termes de suivi à postériori touchant 44 mille cas entre carences et dysfonctionnent confondus. De même, plus de 15 mille recommandations ont été formulées et présentées dans l’objectif d’engager les réformes nécessaires dont la moyenne de réalisation est estimée à 85% des cas abordés.

Également, le suivi de près de 1300 dossiers a été effectué suite à la mise en oeuvre par les structures de fonctionnement des réformes exigées. La commission est parvenue à acquérir les capacités nécessaires pour présenter les propositions adéquates en vue de moderniser les dispositifs de la gestion publique.

Il a ajouté que les pouvoirs publics ont donné, surtout durant ces dernières années, un grand intérêt aux résultats et aux recommandations du Haut comité du contrôle administratif et financier. De plus, les rapports annuels dudit comité se discutent et sont examinés lors de la tenue des conseils ministériels et du coup, un ensemble de réformes et meures portant sur l’amélioration de la bonne gouvernance et de la gestion dans les ministères et des entreprises publiques s’annoncent.

Dans une déclaration faite aux médias, Kamel Ayadi a fait remarquer que le comité a entamé un ouvert un nouveau créneau : le suivi et la prévention contre la corruption et la mauvaise gestion et pas uniquement de l’investigation et ce, dans l’objectif d’éviter l’accumulation des dossiers de corruption qui coutent cher à la communauté, selon ses dires.

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La Société des articles hygiéniques (SAH) a tenu mardi 2 octobre 2018 à la bourse de Tunis, sa communication financière où elle a parlé de ses réalisations durant l’année 2017 et 2018, les investissements réalisés, les gros chantiers ainsi que les perspectives de développement du groupe.
Lors de cette communication, la PDG, Jalila Mezni, a fait savoir que 2018 a été une mauvaise année pour le groupe à cause de la dépréciation du dinar et la hausse des prix des matières premières utilisées par le groupe et dont 80% sont importés, et 65% des importations sont libellées en Euro et les 35% restants en US dollar.
Elle a par ailleurs indiqué que malgré les perturbations, notamment au niveau du taux de change, le groupe a pu se maintenir et consolider sa position, dévoilant ainsi les gros projets de la société dont principalement le lancement d’une deuxième ligne Azur papier 2 et l’intégration d’un nouveau créneau, le détergent, un nouveau marché qui semble être très prometteur et ouvrira de nouveaux horizons pour le groupe, selon la PDG. Les résultats de ces investissements seront très visibles à partir de l’année 2019, a-t-elle rassuré.

Les besoins croissants en ouate de cellulose ont conduit le groupe à renforcer ses capacités de production en investissant 75 MDT dans une seconde ligne de production dont la mise en service est prévue pour juillet 2019. Cet investissement permettra au groupe d’accroître ses marges opérationnelles. Les travaux de construction ont commencé en 2018. Le démarrage de l’activité est prévu pour juillet 2019.
Outre Azur 2, l’entreprise a créé en 2018 dans la région de Zriba une filiale baptisée “Azur Détergent” spécialisée dans la production de détergents sous sa marque pour le marché local. La nouvelle usine, dont le démarrage est prévu pour fin 2018, produira une gamme complète de produits détergents (poudre, liquide, eau de javel), qui seront distribués sur le territoire tunisien à travers le réseau actuel du groupe
L’objectif est d’exploiter pleinement les synergies entre la société et Azur Détergents en termes de distribution et de stockage, sachant que l’entreprise dispose du réseau de distributeurs le plus large du pays, de faciliter l’accès des nouveaux produits à leur marché cible, bénéficiant de la notoriété acquise par la marque auprès des consommateurs à travers les années et élargir les débouchés en s’adressant à des profils de consommateurs plus variés (ménages, entreprises, communautés).

La société a aussi misé sur l’expansion géographique à travers la création de plateformes régionales dans 5 pays de l’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Mauritannie, Libye) et à travers des implantations dans 8 pays de l’UEMOA  (Côte d’ivoire, Sénégal…). Au Kenya, elle compte aussi développer un site de production de couches bébé et d’articles d’hygiène féminine destinés au marché local et voisin (Tanzanie et Ouganda), profitant de l’urbanisation rapide de la région et la  relance économique (croissance estimée à 6,1% pour le Kenya en 2019) grâce à la poursuite des projets d’infrastructure et à la reprise potentielle du crédit.
S’agissant des perspectives de croissance, le groupe a marqué une évolution favorable des indicateurs démographiques et économiques, et notamment le PIB par habitant dans les pays membres.  La croissance économique en Côte d’Ivoire, plus grand marché de la région UEMOA, est estimée à 7% en 2019. Les taux de pénétration des produits d’hygiène connaissent une augmentation significative.

Le chiffre d’affaires a cru de 9,9% au 1er semestre 2018 atteignant 194,7 MDT, boosté par l’augmentation du volume des ventes sur le marché local, suite notamment au lancement d’une nouvelle gamme de produits dédiée aux professionnels et entreprises.
La marge brute a baissé de 1,2% (en g.a.) à 72,5 MDT, donnant lieu à une baisse du taux de marge brute à 37% contre 41% au 1er semestre 2017.
Côté performances, il en ressort que le groupe est parvenu à réaliser des marges confortables et ce, malgré le renchérissement des matières premières (+30% pour la cellulose, +15% pour le super absorbant).
Le groupe a connu en 2018 une période de transition qui n’a pas été sans impact sur ses résultats semestriels, à cause  du lourd programme d’investissement relatif à l’activité détergents (83 MDT avec un démarrage prévu pour le 4ème trimestre 2018), de la hausse des charges d’exploitation en relation avec l’expansion en Algérie et l’installation de 3 nouvelles machines en Côte d’Ivoire et de l’augmentation importante des charges financières, et notamment les intérêts bancaires et les pertes de change.

Compte tenu de la hausse des prix des matières premières, le management a augmenté les prix de vente depuis la fin du mois d’août. L’impact de cette augmentation des prix sera positif à partir du 4ème trimestre 2018 et sur toute l’année 2019.
Une reprise de l’activité en Libye est prévue à partir du 4ème trimestre 2018. La Banque Centrale de Libye a publié un communiqué confirmant la réouverture des lettres de crédit à des taux de change qui seront plafonnés à 3,9 (Tnd/Dollar).
L’extension de la capacité de production en Côte d’Ivoire commencera à porter ses fruits à partir de 2019. L’unité sénégalaise sera opérationnelle à partir du 2ème trimestre 2019. La première année d’activité sera marquée par la sortie de 8 produits.

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Le système tunisien des retraites, la crise des caisses sociales et les recommandations pour une éventuelle sortie de cette crise, telles ont été les principales problématiques débattues ce mardi 2 octobre 2018 lors d’une rencontre organisée conjointement par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) et Konrad Adenauer sous le thème « Quel avenir pour le retraité en Tunisie ? ».

Le directeur général de l’ITES, Néji Jalloul, a dénoncé la situation dans laquelle se trouvent les retraités aujourd’hui, appelant ainsi à trouver des solutions urgentes : “la marginalisation des retraités à travers la mise en place d’un ensemble de mesures et de lois les privant d’augmentations salariales systématiques touche à la crédibilité de l’Etat et fait entrer le pays dans une série de crises sans issue“, a indiqué Jalloul, avant de souligner que cibler les retraités c’est cibler la société, sa conscience, ses mœurs et sa mémoire.

Il a par ailleurs indiqué que le pays, sans doute, passe aujourd’hui par plusieurs difficultés d’ordre économique dont certaines résultent de problématiques structurelles et d’autres en relation avec certaines politiques non planifiées et non étudiées entreprises, mais la réforme, a-t-il assuré, ne peut jamais avoir lieu en mettant de coté l’ensemble des acquis, notamment ceux des retraités mais plutôt inventer des solutions réelles qui préservent les acquis et offrent les garanties aux différentes catégories de la société. S’agissant de la crise des caisses sociales, Nèji Jalloul a fait savoir que l’ITES a mis en place un ensemble de solutions urgentes permettant aux caisses sociales d’échapper à la faillite. Ainsi, il a proposé la fusion de la Caisse nationale de retraite de prévoyance sociale (CNRPS) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour une caisse unique ou une compagnie d’assurance regroupant les salariés des secteurs privé et public. Du coup, le ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières pourra intervenir pour fournir les sièges à cette caisse unique dans toutes les délégations du pays et ce, dans l’objectif de la soustraire aux énormes dépenses en loyer, selon ses dires.

Outre la fusion de la CNRPS et la CNSS, le président de l’ITES a proposé de placer la CNAM sous la tutelle du ministère de la Santé, sachant que son champ d’intervention est plus en relation avec ce département que celui des Affaires sociales, d’après lui.

Nèji Jalloul a également proposé de placer les adhérents indépendants aux caisses sociales sous un régime d’assurance spécifique ou sous la tutelle de l’UTICA.

De son côté, un responsable de la Fédération nationale des retraités relevant de l’UGTT a assuré que l’Union ne va pas reculer ou abandonner un seul acquis et défendra le retraité avec tous les moyens à disposition. Il a par la même occasion dénoncé les déclarations de certains responsables de l’Etat selon lesquelles les caisses publiques sont vides et le gouvernement se trouve contraint de ne pas régulariser la situation des retraités. Il a souligné qu’un gouvernement qui ne dispose par de l’argent pour débloquer les pensions des retraités est un gouvernement qui a échoué.

Quant à elle, Soumaya Jmour, de la Ligue des femmes retraités, a dénoncé la marginalisation des femmes retraitées qui selon elle assument une responsabilité sociale beaucoup plus grande que celle des hommes, soulignant que les pensions des retraités ne sont pas un don du gouvernement mais plutôt un droit : «c’est notre argent et l’Etat n’a pas le droit de le toucher», a-t-elle soutenu.

Poursuivant ses idées, Jmour a dénoncé le prélèvement de 1% des alaires des retraités au profit des caisses sociales, mettant en grade contre un abus dans le calcul des pensions de retraite. Elle a appelé ainsi la CNRPS à informer ses adhérents de tout changement et de tout prélèvement effectués sur les pensions de retraite.

En effet, la Tunisie est dotée d’un système de sécurité sociale géré par deux caisses placées sous la tutelle du ministère des Affaires sociales, qui sont la CNSS pour le secteur privé et la CNRPS pour le secteur public. La CNSS gère 9 régimes de pension dont le régime des salariés non agricoles (RSNA), le régime des salariés agricoles (RSA) et le régime des salariés agricoles amélioré (RSAA). Les deux caisses qui étaient excédentaires jusqu’à la fin des années 1990 ont commencé à enregistrer un déficit à partir de 2005 pour la CNRPS et de 2006 pour la CNSS. Entre 2006 et 2016, le déficit de la CNSS a été multiplié par sept, passant de 68 Millions de dinars à 470 MDT. Quant au déficit de la CNRPS, il a été multiplié par 14 pour la même période, passant de 38 MDT à 529 MDT.

L’Etat tunisien a ainsi dû débourser 500 MDT en 2017 pour combler le déficit et garantir le paiement des pensions des deux caisses. Les derniers retards de paiement des pensions des retraités et le gel de leurs augmentations attestent des difficultés rencontrées par ces institutions aujourd’hui.

Ainsi, le nombre des pensionnés a augmenté à un rythme supérieur à celui des actifs. De ce fait, le ratio moyen actifs /retraités a baissé pour passer au niveau de la CNRPS de 7 actifs pour un retraité en 1991 à 2,5 actifs pour 1 retraité actuellement, augmentant ainsi les dépenses de retraite à un rythme supérieur à celui des recettes.

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6 Tunisiens sondés sur 10 (59%) environ sont «d’accord» ou «tout à fait d’accord» pour dire que les citoyens ordinaires peuvent contribuer efficacement à la lutte contre la corruption. Une proportion à peu près égale (61%), cependant, affirment que les gens risquent des représailles lorsqu’ils signalent des actes de corruption. C’est ce qui ressort de l’Afro-baromètre politique révélé ce lundi 1er octobre 2018 à Tunis par la société “One to One“.

Quatre répondants sur 10 (41%) seulement affirment qu’il est «quelque peu probable» ou «très probable» que les autorités réagissent lorsque des actes de corruption leur sont signalés. Une proportion égale (42%) affirme que c’est «pas très probable» ou «pas du tout probable».

Deux tiers (67%) des Tunisiens affirment que le niveau de corruption a augmenté durant l’année précédente. La proportion des citoyens qui affirment que le niveau de corruption a «beaucoup augmenté» s’est accrue de 42% en 2015 à 55%. La corruption est le troisième problème le plus important auquel les citoyens voudraient que le gouvernement s’attaque, après le chômage et la gestion de l’économie.

De plus, 64% des personnes interrogées estiment que le rendement du gouvernement en matière de lutte contre la corruption est “très mauvais” ou “plus ou moins mauvais“.  Les appréciations des citoyens quant aux efforts du gouvernement dans la lutte contre la corruption sont demeurées critiques depuis 2013 (67%).

Le même sondage a conclu que les fonctionnaires de l’Etat (secteur public et administration) et les membres de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) sont les plus corrompus. En effet, 3 sur 10 estiment que la “plupart” ou “tous” les fonctionnaires de l’État (31%) ainsi que les parlementaires (30%) sont les plus impliqués dans la corruption.

En revanche, la perception de la corruption en relation avec les hommes d’affaires a baissé de 19 points par rapport à 2015, passant ainsi de 45% à seulement 28% en 2018. Les juges et magistrats sont considérés comme les moins corrompus.

Parmi les répondants qui ont eu affaire à des services publics durant l’année précédente, presque 2 sur 10 affirment avoir versé des pots-de-vin au moins une fois afin d’éviter des problèmes avec la police (17%) ou obtenir l’assistance de la police (15%) (Figure 6). Un sur 10 affirme avoir versé des pots-de-vin au moins une fois afin d’obtenir des pièces d’identité (12%), des soins médicaux (11%), des services ménagers (10%), ou des services dans les écoles publiques (8%).

Une grande majorité de Tunisiens affirment qu’aussi bien les riches que les personnes ordinaires pourraient verser des pots-de-vin ou faire usage de leurs connaissances personnelles pour éviter de payer des taxes, éviter d’aller devant les tribunaux ou pour enregistrer des terrains qui ne sont pas leurs. Les riches sont considérés comme les plus susceptibles de verser des pots-de-vin.

One to One for Research and Polling est un institut de sondage indépendant basé à Tunis et opérant dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ; il est le partenaire
dans la région de plusieurs réseaux de recherche tels que l’Afrobaromètre, le Baromètre Arabe, l’Indicateur arabe et d’universités de renom telle que l’université de Princeton, l’université
du Michigan ou l’université de Harvard.

L’Afrobaromètre est un projet de recherche panafricain indépendant et non partisan qui mesure les attitudes des citoyens sur la démocratie et la gouvernance, l’économie, la société civile et d’autres sujets.

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L’adoption de la loi sur le Partenariat Public-Privé (PPP), la mise en place des réformes sur le plan économique et l’amélioration du climat d’affaires demeurent les principales revendications des investisseurs nationaux et des bailleurs de fonds internationaux qui souhaitent opérer en Tunisie. Après le FMI c’est au tour de la Banque Mondiale de demander une action de la part du gouvernement tunisien pour accélérer le lancement des réformes et se dégager du fardeau financier, la condition pour retrouver la croissance et regagner la confiance des investisseurs locaux et étrangers. Telle a été la principale requête de la Société financière internationale (SFI), représentée par son DG pour la région MENA.

Nous ne lâcherons pas la Tunisie (…) Nous n’allons pas arrêter d’y investir (…) l’IFC est disposée à aider la Tunisie avec tous les moyens“, a déclaré le patron de la SFI dans la région MENA, Mouayed Makhlouf, dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, avant d’ajouter que les objectifs de l’institution dans la région MENA et en Tunisie sont principalement le développement plutôt que l’investissement.

Il a tenu par ailleurs à préciser que la Tunisie est une partie de la SFI, voire de la Banque Mondiale et que le but du Fonds est d’aider le pays à sortir de sa crise économique, à accélérer les réformes, à relancer les investissements étrangers et à améliorer le climat des affaires. Il a fait remarquer que la SFI investit annuellement en Tunisie entre 300 et 500 Millions de dollars.

Le responsable a sous un autre angle d’idées appelé le gouvernement à accélérer les réformes afin d’améliorer le climat des affaires et mettre l’économie en marche, soulignant que la Tunisie se trouve aujourd’hui face à plusieurs difficultés dont principalement la mise en place des réformes économiques. Il a mis en garde contre la non accélération des réformes et son impact sur l’économie tunisienne.

Dans un message adressé au Parlement et au citoyen tunisien, Mouayed Makhlouf a fait remarquer que le gouvernement tunisien ne peut pas supporter le fardeau financier et que l’ARP et le citoyen tunisien sont appelés à comprendre les actions du gouvernement en matière de réformes économiques. “Il faut entamer les réformes pour relancer l’économie et préserver l’emploi“, a-t-il précisé.

Interrogé sur le climat des affaires en Tunisie, le DG de la SFI de la région MENA a déclaré que le cadre actuel n’est pas suffisant et qu’on a besoin toujours de réformes économiques pour pouvoir attirer les investisseurs étrangers, selon ses dires.

Il a en revanche regretté le retard accusé pour adopter la loi sur le PPP, faisant assumer la responsabilité au gouvernement qui doit, selon lui, améliorer le climat des affaires et le rendre favorable aux investissements nationaux et internationaux. “Bien que cela ait été défendu par le chef du gouvernement, la loi sur le PPP tarde encore à voir le jour“, a assuré Mouayed Makhlouf, faisant remarquer que “les investisseurs étrangers s’intéressent encore et toujours à la Tunisie mais il faut accélérer la mise en place de la loi sur le PPP pour pouvoir attirer les gros investisseurs“, a-t-il ajouté.

Un constat partagé par Georges Joseph  Ghorra, le Représentant résident de la SFI en Tunisie, qui a appelé, dans une déclaration récente à Africanmanager, à améliorer l’environnement des affaires qui se présente aujourd’hui comme un handicap majeur pour les investissements étrangers, selon ses dires.

Il a toutefois assuré que l’État tunisien travaille déjà en collaboration avec la SFI et la Banque Mondiale pour voir comment réduire les autorisations exigées aux investisseurs et dont le nombre s’élève actuellement à 350. “Cela va encourager les investisseurs à investir davantage en Tunisie et à réduire les délais d’attente“, a-t-il dit.

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Cherif met des biscuits sous la dent de Chahed, pour qu'il oublie les patrons

Tout le monde s’active autour de la Loi de Finances (LF) 2019, les organisations patronales en premier pour tenter, cela n’a échappé à personne, d’influencer la direction du texte le plus commenté de l’année et s’éviter ainsi le bâton fiscal de la précédente LF et dont les entreprises s’étaient beaucoup plaintes. L’UTICA (Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat) a lancé tous azimuts des offensives de charme pour amener le chef du gouvernement, Youssef Chahed, à de meilleurs sentiments… fiscaux. La CONECT (Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie) n’est pas en reste. Chahed a même répondu favorablement à la requête des patrons en disant et en redisant qu’il n’y aura pas de matraquage fiscal l’an prochain et que le gouvernement regarde ailleurs pour financer ses actions. Cette bataille est donc gagnée pour les patrons. Enfin presque. Pour s’assurer que Chahed et ses ministres laisseront enfin les entrepreneurs tranquilles et ne les assommeront plus avec d’autres impôts et taxes, il faut leur mettre d’autres biscuits sous la dent et surtout faire en sorte qu’il ait moins d’appétit, pour oublier définitivement les chefs d’entreprise. Le président de la CONECT, Tarek Cherif, a sa petite idée sur la question. Interrogé par Africanmanager sur le projet de la LF 2019, en cours d’élaboration par les parties concernées, il a déclaré que l’organisation a envoyé ses recommandations aux trois présidents, de la République, du gouvernement et du Parlement, pour exprimer son désaccord par rapport à certaines questions dont principalement les dépenses de l’Etat et la création de la banque des régions.

«Il faut que le train de vie baisse au niveau des dépenses de l’Etat et il faut essayer de réduire au maximum la charge de la masse salariale et des dépenses de fonctionnement pour consacrer un peu plus de l’argent à l’investissement», a-t-il précisé.

Au niveau du secteur privé, il a appelé le gouvernement à relancer la confiance, améliorer l’environnement des affaires et donner toutes les incitations pour que les investisseurs privés mettent leur courage en application et aillent de l’avant.

Outre la réduction du train de vie de l’Etat, Tarek Cherif a dénoncé la mise en place d’une banque des régions, faisant remarquer que cela n’a pas de sens : «Nous avons déjà 26 banques et on n’a pas besoin d’une 27ème», a-t-il dit.

Il a par ailleurs appelé à consolider les banques qui existent déjà et à fusionner certaines autres. «Nous avons besoin de banques qui ont des moyens (…). Il ne s’agit pas de construire ou louer un siège et mobiliser quelque 400 millions pour mettre en place une banque qui au bout de 3 ans va se retrouver dans les mêmes difficultés que les autres», a déclaré Cherif, appelant ainsi à oser la privatisation et la fusion. «Nous devons aller vers les fonds d’investissement dans les régions parce qu’on a plus besoin de capital risque que de crédit qui aujourd’hui coûte très cher (…) Nous voulons aussi que l’Etat soutienne les PME et encourage les fonds d’investissement à investir dans les régions», a-t-il assuré.

Dans le même ordre d’idées, Tarek Cherif a indiqué qu’aujourd’hui on n’a plus besoin de crédit mais plutôt de crédit de capital risque et ça ce n’est pas la banque des régions qui va le donner, selon ses dires. «Ça fait trois ans qu’on dit qu’on n’a pas besoin de banque des régions mais malheureusement il y a un entêtement dont on n’arrive pas à comprendre l’origine mais qui va coûter très cher à la communauté publique. On se donne rendez-vous dans trois ans. Le problème c’est que dans ce pays on ne fait pas de bilan (…) J’espère qu’on ferra le bilan du fonctionnement de cette banque dans trois ans», a-t-il précisé.

Le président de la CONECT a sur le même sujet ajouté que l’Etat a une participation minoritaire dans 14 ou 15 banques et qu’il faut se désengager. Aussi, pour les banques publiques, il faut en garder une et fusionner les deux autres. «On a déjà privatisé deux banques publiques qui sont devenues aujourd’hui beaucoup plus fortes qu’avant, à savoir la banque du sud qui est devenue Attijari et l’UIB, deux fleurons qui sont en train de rendre un service énorme à l’économie nationale», a encore affirmé Cherif, avant de s’interroger : «Pourquoi priver notre pays de la possibilité de voir des banques plus performantes (…) L’Etat n’a pas besoin de garder trois banques.

Toujours par rapport à la création d’une banque des régions, il a évoqué comme solution la transformation de la Poste en banque postale, qui fait la poste et la banque au même temps : «La Banque postale existe déjà en France… je n’ai rien inventé…Elle peut jouer parfaitement le rôle de la banque des régions», a encore expliqué Tarek Cherif.

Concernant le partenariat public-privé (PPP), Tarek Cherif a tenu à préciser que la CONECT a toujours défendu le PPP comme notion économique et accélératrice de croissance dans le pays. Ainsi, cela permettra, selon ses déclarations, à la population dans différents domaines de différentes régions d’avoir une réponse à leurs besoins sans attendre des années ou des décennies pour avoir une université, un hôpital, une autoroute, un pont ou encore des usines.

Le PPP donnera aussi à notre pays la possibilité de faire des investissements avec moins d’endettement pour les générations futures, sachant que les investisseurs étrangers vont via le PPP promouvoir les projets, créer une dynamique économique et donner des facilités à la population «et puis au bout de 30 ans le bien revient au pays puisque cela a permis d’accélérer la croissance et mettre les projets en marche», a-t-rassuré.

«Ce qu’il faut c’est juste avoir un cadre juridique incitatif qui met les gens en sécurité», a poursuivi Cherif, faisant remarquer qu’il s’agit là d’investisseurs privés venant faire des affaires avec l’Etat et ils ont besoin d’être en sécurité.

Il faut, aussi, que les gens qui investissent trouvent une rentabilité : «Il ne faut pas que les gens perdent de l’argent», a souligné le président de la CONECT, avant de faire remarquer que plusieurs pays ayant promu le PPP avant nous récoltent aujourd’hui les fruits de leurs investissements.

«Je pense que l’Etat doit contracter des crédits pour les choses que le privé ne peut pas faire ou a moins intérêt à y investir, comme l’Armée, l’éducation et la santé, mais pour le reste il faut pousser les investisseurs privés à aller de l’avant et promouvoir ces projets», a-t-il martelé.

Interrogé sur le climat des affaires actuel, il est d’avis que les choses vont se détendre : «Nous sommes à la veille des élections et c’est normal qu’il y ait des remous de part et d’autre. Je reste confiant en les capacités et les perspectives de notre pays (…) Nous avons réellement les atouts de compétitivité, il faut juste les mettre en valeur et avoir la confiance en soi, donner confiance aux prometteurs nationaux et internationaux et revoir le cadre juridique pour ne mettre personne en difficulté», a-t-il soutenu.

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Les Milliards du Royaume-Uni, à des conditions qu'on ne peut refuser !

L’UKEF (UK Export Finance), l’organisme de crédit à l’exportation vers le Royaume-Uni, a fait l’objet d’une rencontre organisée mardi 25 septembre 2018 à Tunis à l’initiative de la Chambre de Commerce Tuniso-Britannique (TBCC). Relancer les activités de cette agence de crédit et faire connaître ses modalités de fonctionnement et ses domaines d’intervention, tels ont été les principaux objectifs de ce rendez-vous honoré par l’ambassadrice du Royaume-Uni en Tunisie, Louise De Sousa et Mehdi Ben Abdallah, président de la TBCC.

Mehdi Ben Abdallah s’est félicité de la tenue d’un tel événement en Tunisie permettant, selon lui, de renforcer les relations entre le Royaume-Uni et la Tunisie dans divers domaines. “Beaucoup de choses ont changé aujourd’hui et les choses bougent de manière sérieuse (…) plusieurs programmes ont été mis en place afin d’aider la Tunisie à restructurer le secteur financier et du coup soutenir les entreprises tunisiennes en leur fournissant les financements nécessaires pour monter des projets“, a-t-il dit.

Il a dans ce sens rappelé l’organisation de missions de délégations britanniques en Tunisie et que d’autres auront lieu prochainement au Royaume-Uni et ce, en collaboration avec l’Ambassade de la Tunisie au Royaume-Uni et le Cepex. Les secteurs visés sont l’agroalimentaire et l’énergie. “Nous voulons faire comprendre le mécanisme de l’UKEF, discuter les moyens et les modalités d’utilisation et comment profiter des mécanismes mis en place par la chambre“, a-t-il précisé, faisant remarquer que cette rencontre est un pas pour que les entreprises tunisiennes puissent s’engager dans ce processus d’aide à l’exportation. Il a souligné que ce qui nous manque c’est juste l’information.

L’UKEF est un programme de financement à long terme de 2 milliards de livres (près de 7 milliards de dinars) pour appuyer les entreprises tunisiennes et les aider à concrétiser leurs projets. Tous les secteurs d’activités sont concernés par ce programme qui offre également la possibilité aux très petites entreprises (TPE) de se regrouper (2 ou 3 entreprises) pour travailler sur un seul projet qui pourra bénéficier du financement accordé par l’UKEF, a indiqué le président de la TBCC.

De son côté, Vomic Shah, directeur de l’UKEF, a tenu à préciser que l’UKEF est la plus vieille agence de crédit à l’exportation au monde. Elle offre des prêts directs, de finance conformes à la Charia, de refinancement sur les marchés des capitaux ou de crédits à l’exportation classiques et intervient également dans diverses structures, notamment les partenariats public-privé et les propositions de financement de projets à recours limité. Ses garanties de crédit à l’exportation sont normalement des garanties bancaires inconditionnelles à 100% émanant directement du gouvernement de sa Majesté.

Le responsable de l’UKEF a tenu toutefois à préciser que l’agence n’a pas coopéré avec la Tunisie depuis son projet avec Tunisair, lequel remonte à plus de trois ans.

Il a renouvelé la disposition de son agence à financer des projets en Tunisie, notamment en ce qui concerne les partenariats public-privé (PPP).

UKEF a joué un rôle de pionnier dans l’innovation : Par exemple son Sukuk (obligation conforme à la charia) a été récompensé par un prix et est le tout premier à être garanti par une agence de crédit à l’exportation ; à souligner aussi sa capacité à faciliter des prêts dans plus de 40 devises étrangères, du dollar australien au Kwacha zambien.

Outre les prêts, l’UKEF peut financer les contrats à partir d’une valeur minimum de 20% portant sur des biens achetés au Royaume-Uni. En tant que ministère public et agence de crédit à l’exportation, l’UKEF offre des crédits avec des conditions de remboursement allant de 2 à 10 ans et jusqu’à 18 ans dans certains secteurs comme l’énergie, avec des emprunts fondés sur la notation souveraine du Royaume-Uni, ce qui se traduit par un taux d’intérêt plus compétitif que d’autres organismes préteurs.

Toujours pour les entreprises tunisiennes, l’UKEF peut aller en matière de financement jusqu’à 85% de la valeur du projet. Le remboursement du crédit ne commencera que lorsque le projet entrera en production.

L’UKEF offre aussi aux entreprises tunisiennes la possibilité d’accéder au financement rétrospectivement, même après le commencement de l’exécution du contrat avec un minimum requis compétitif de 20% de contenu britannique.

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Les indicateurs de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII) récemment publiés ont fait ressortir une reprise au niveau de l’investissement déclaré dans les zones de développement régional. En effet, les huit premiers mois de l’année 2018 ont été caractérisés par une augmentation au niveau de l’investissement déclaré dans les zones de développement régional de 15.6% avec 1246.2 MD contre 1078.1 MD durant les huit premiers mois 2017. La part de ces zones dans l’ensemble des gouvernorats est passée de 44.5% à 49.5% au cours des huit premiers mois 2018. La hausse ainsi enregistrée au niveau des investissements déclarés dans les zones de développement régional est imputable essentiellement au gouvernorat de Sidi Bouzid dont les investissements déclarés ont enregistré une hausse de 72.6% au cours des huit premiers mois 2018 (171.7 MD contre 99.5 MD). Les investissements déclarés dans le gouvernorat de Gafsa dont les investissements ont augmenté de 50,7% dans le gouvernorat de Zaghouan (73,3%) et de Béja (43,5%).

Il en est de même pour les délégations du développement régional du gouvernorat de Médenine dont les investissements ont atteint 71.1 MD contre 23.5 MD durant les huit premiers mois 2017 (+202.4%). Ont aussi augmenté les investissements déclarés dans le gouvernorat de Siliana qui sont passés de 31.1 MD à 49.5 MD durant les huit premiers mois 2018, soit une hausse de 59%.

Idem pour les investissements déclarés dans le gouvernorat de Jendouba qui ont augmenté de 56% durant les huit premiers mois 2018 (79 MD contre 50.7 MD) essentiellement suite à la déclaration de la création d’une unité de fabrication d’ouvrages préfabriqués en béton pour un montant de 14.7 MD et à la déclaration de la création d’une unité de fabrication de dalles et des poteaux poutrelles pour un montant de 10.7 MD.

Durant les huit premiers mois 2018, l’investissement industriel déclaré a atteint le montant de 2515,1 MD contre 2420,5 MD durant la même période de l’année 2017, enregistrant ainsi une augmentation de 3,9%. Le nombre de projets déclarés a atteint 2605 au cours des huit premiers mois 2018 contre 2511 lors des huit premiers mois 2017, soit une augmentation de 3.7%. Ces projets permettront la création de 41118 postes d’emplois, contre 40155 postes d’emplois durant les huit premiers mois 2017, soit une augmentation de 2.4%.

Les investissements déclarés dans le cadre des projets de création sont passés de 1124.0 MD durant les huit premiers mois 2017 à 1317.5 MD durant la même période de l’année 2018, enregistrant ainsi une hausse de 17.2%. Le nombre de ce type de projets a augmenté de 21.5% en passant de 1745 à 2121 pendant les huit premiers mois 2018, et les emplois à créer ont augmenté de 9.9% avec 27428 postes d’emplois contre 24956 durant les huit premiers mois 2017. Les investissements déclarés dans le cadre des projets autres que création (extension, renouvellement de matériel,…) ont atteint 1197.6 MD contre 1296.5 MD durant les huit premiers mois 2017, soit une diminution de 7.6%. Le nombre de ces projets a baissé de 36.8% passant de 766 à 484 au cours des huit premiers mois 2018, et les emplois y afférents ont diminué de 9.9% avec 13690 postes d’emplois contre 15199 durant les huit premiers mois 2017.

Les investissements relatifs aux projets dont le coût est supérieur à 5 MD, ont enregistré une augmentation de 34.9% passant de 1298.8 MD au cours des huit premiers mois 2017 à 1752.4 MD durant la même période de l’année 2018. Ces projets permettront la création de 11853 postes d’emplois, contre 9888 postes d’emplois durant les huit premiers mois 2017, soit une hausse de 19.9%. Les projets de 5 MD et plus qui ne présentent que 4.7% du nombre des projets déclarés et 28.8% du nombre des emplois, totalisent 69.7% de l’ensemble des investissements déclarés. Parmi les 122 projets (I>5 MD) déclarés durant les huit premiers mois 2018, vingt-huit ont totalisé un montant d’investissement de 929.7 MD, soit 53.1% de l’investissement total (I>5 MD).

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Tourisme : Les industriels ne se frottent pas les mains!

Selon les données du ministère du Tourisme sur l’évolution des principaux paramètres touristiques, les recettes cumulées à la date du 10 septembre 2018 ont atteint la somme de 2,818 milliards de dinars en hausse de 47,9% par rapport à la même période de l’année 2017.

Le secteur touristique connaît depuis peu une reprise et ce, après plusieurs années difficiles et de baisse record due aux opérations touristiques de Bardo et de Sousse en 2015. En effet, selon les prévisions, le nombre de touristes devrait atteindre les 8 millions à la fin de l’année 2018. À la date du 20 août dernier, le nombre de touristes ayant visité la Tunisie a franchi la barre des 5 millions, soit une nette amélioration de 17,5%, par rapport à la même période de 2017. Toujours selon les indicateurs du département du Tourisme, jusqu’au 20 août 2018, les recettes touristiques ont évolué de 48,2%, par rapport à la même période de 2017, pour s’établir à 2323,5 millions de dinars (MD). En Euros, les recettes ont atteint 766 millions d’euros (+ 27,5%), alors qu’en dollar, elles ont progressé de 40,3%, pour se situer à 921 millions de dollars”.

Par ailleurs, le journal britannique « The Independent » a fait savoir, dans une précédente édition,  que les touristes anglais ont commencé à bouder l’Espagne et préfèrent des destinations moins chères telles que la Tunisie, l’Egypte ou la Turquie. Du côté espagnol, les chiffres officiels confirment la baisse du nombre des touristes pour la première fois depuis 9 ans de 4.9% et cela est dû essentiellement à la relance du secteur touristique en Tunisie et en Turquie.

Ainsi, selon les chiffres  dont  nous disposons, le total général des arrivées des Européens à la même date ont augmenté de 47,1% par rapport à la même période de l’année 2017. Les visiteurs allemands ont enregistré une augmentation  notable de +61,6% (189.626), suivis des Français (+36,6%) et les Russes (+26,6%). Les autres Européens, toutes nationalités confondues, ont connu une évolution de 80,6%.

S’agissant du total maghrébin, il est de l’ordre de 2.755 636, affichant ainsi une progression de 5,9% avec en tête les Libyens (+8,4%) et les Algériens (+4,3%). Quant aux TRE (Tunisiens résidents à l’étranger), le nombre des arrivés a augmenté de 8% avec 1 061 627 arrivées à la date du 10 septembre dernier. Le nombre des  touristes chinois a été de l’ordre de 18.389, en hausse de 49,3% par rapport à 2017. Les autres nationalités ont évolué de 20,9%.

Les nuitées globales par nationalité ont atteint les 20.020 151, en progression de 24,6%. celles des non-résidents a  accusé une hausse de 39,5%. Avec 1.958 781 nuitées, les Allemands viennent en tête avec une hausse de 59,3% suivis des Français (+58,1%) et les Russes (+39,7%). Le nombre de nuitées s’agissant des  Algériens ont toutefois baissé de 4,8%. Quant aux nuitées des résidents, elles ont diminué de 9,4% avec 4.447.334 nuitées.

Pour ce qui est enfin des unités globales par région, avec 5.203.740 nuitées enregistrées à la date du 10 septembre 2018, la région Djerba-Zarzis arrive en tête avec une hausse de 53,5% suivie de la région Monastir-Skannes (+29,1%), Sousse (24,3%), Nabeul-Hammamet (17,1%) et Tunis-Côtes de Carthage avec 1.143 659 unités, en hausse de 3,2% par rapport à l’année 2017.

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Selon les prévisions du ministère des Finances révélées la semaine dernière lors d’une réunion gouvernementale et dont une copie de la projection est parvenue à Africanmanager, le Budget de l’année 2019 serait de l’ordre de 40,6 Milliards de dinars, en augmentation de 8,5% par rapport à celui de 2018.

Ainsi, le budget de 2019 va connaître une légère amélioration au niveau de sa structure par une légère augmentation des ressources propres de l’État, lesquelles vont passer de 74 à 75% en 2019 et une légère régression des ressources d’emprunt qui passeraient à 25%, contre 24% en 2018. Cette augmentation est encore plus importante par rapport au Budget 2017 dont la structure était de 70%, en ressources propres et 30%, en ressources d’emprunt.

Quant aux ressources propres de l’État, elles seraient de l’ordre de 30,5 Milliards de dinars, en augmentation de 9,8% par rapport à l’année 2018 ( 27,7 Milliards de dinars). Ces ressources propres proviendront essentiellement des ressources fiscales qui vont également connaître une augmentation assez importante de l’ordre de 10,5% par rapport à l’année dernière pour atteindre 27 Milliards de dinars, contre 24,3 Milliards de dinars dans le Budget de 2018.

Les recettes non fiscales connaîtront aussi une légère amélioration de l’ordre de 3,5 Milliards de dinars contre 3,4 Milliards de dinars l’année précédente.

Quant aux ressources d’emprunt, elles seraient de l’ordre de 10,15 Milliards de dinars, en légère augmentation par rapport à l’année 2018 où le chiffre a été de 9,7 Milliards de dinars.

Critiquant ledit budget, une source bien informée au ministère des Finances a reproché au gouvernement de ne pas insérer dans le Budget 2019 une politique d’austérité alors que cela avait été annoncé par Youssef Chahed, qui avait assuré, selon la source, que si on ne prend pas des mesures rigoureuses en 2018 on risque d’avoir un budget austère en 2019. “Le résultat est qu’on n’a pas pris en considération cette logique et qu’on est toujours dans un budget expansionniste avec un taux de croissance global de 8,5%”, a indiqué notre interlocuteur. Il a fait remarquer qu’il n’existe pas de volontarisme rigoureux pour stopper le dérapage au niveau du déficit, surtout qu’on n’a pas réalisé de chiffres très performants pour maintenir cette optique expansionniste, selon ses déclarations.

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Les travaux du premier Forum International sur les PPP (Partenariat Public-Privé), co-organisé par le ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) et la Société Financière Internationale (SFI), ont démarré ce mardi 18 septembre 2018 à Tunis. Plus de 1000 participants et 250 entreprises étrangères ont pris part à ce forum : 45 entreprises françaises, 35 chinoises, 15 italiennes, 12 émiraties, 10 espagnoles et près de 7 turques. Des boîtes britanniques, canadiennes et koweïtiennes ont également fait le déplacement…

33 projets à 13 milliards de dinars

Le rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du partenariat public-privé prévu dans les politiques et programmes de développement, en tant que mécanisme complémentaire aux efforts de l’Etat dans la relance de la croissance et l’encouragement du secteur privé à contribuer à la réalisation des méga-projets. Elle réunit des représentants de grandes sociétés nationales et internationales ainsi que des fonds d’investissement, bailleurs de fonds et des banques.

Ce forum est une occasion privilégiée pour présenter 33 projets structurés, d’une valeur de 13 milliards de dinars, aux investisseurs internationaux. Ils sont répartis sur quatre secteurs prioritaires relatifs aux domaines du transport et de la logistique, dont la zone d’activité commerciale et logistique de Ben Guerdene, un terminal vraquier au port de Bizerte et un terminal Ro-Pax à la rive Sud du port de Bizerte, un métro à Sfax, une zone logistique à Bir Mcharga et une ligne ferroviaire Gabès-Médenine.

La Tunisie propose aussi, lors de la Conférence qui se tiendra en présence de bailleurs de fonds internationaux, des projets dans le domaine de l’assainissement, parmi lesquels figurent la station d’épuration à Tunis Nord, la station de dessalement de l’eau de mer et une station d’épuration à Gabès, un projet de transport et valorisation des déchets à Tunis, la valorisation des déchets (Bizerte/Gabès/Sousse), une station de dessalement de l’eau de mer à Ksour Essef en plus des régimes des autorisations dans le domaine des énergies renouvelables.

La Tunisie œuvre à parvenir à des accords de financement d’un ensemble de projets dans le domaine de l’infrastructure, dont le dédoublement de la GP13 reliant Sfax à Kasserine, le projet Taparura à Sfax et le projet de mise en valeur et d’aménagement de Sebkat Sijoumi.

Un conseil stratégique avant la fin de 2018

Dans son discours, le chef du gouvernement a affiché son optimisme par rapport à la situation économique et financière dans le pays, soulignant que les choses se sont améliorées par rapport à l’année 2016, une année durant laquelle le déficit public a atteint 7% du PIB. Selon ses déclarations, les recettes touristiques se sont améliorées par rapport à l’année dernière et la croissance au cours du deuxième trimestre a été positif et l’objectif pour l’année 2019 est de réduire le déficit public pour atteindre 3,9%.

Le chef du gouvernement a tenu toutefois à préciser que cette amélioration constatée ne cache pas les défis cumulés depuis les années qui ont suivi la révolution, appelant ainsi à accélérer les réformes et à mettre en place les projets de PPP dans l’objectif de relancer la croissance, créer de l’emploi et impulser l’investissement public.

Il a par ailleurs souligné que le PPP est indispensable pour exécuter les programmes de développement dans les divers domaines, notamment ceux liés à l’infrastructure, aux pôles technologiques, aux aéroports, à l’énergie et la communication.

La prochaine période“, explique Chahed, sera marquée par la mise en place du Conseil stratégique qui aura pour mission de mettre en œuvre tant les stratégies nationales que les plans de développement ; la première réunion se tiendra avant fin 2018, en vue du suivi des résultats du Forum international sur les PPP.

Il a expliqué que la création du conseil s’inscrit dans le cadre d’un plan d’action que le gouvernement exécutera afin de parachever l’arsenal juridique et institutionnel destiné à renforcer le partenariat public-privé.

C’est pas comme “Tunisia 2020” !

Le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, Zied Laâdhari, a déclaré que cette rencontre représente une nouvelle approche pour accélérer la mise en place et l’implémentation des projets PPP en Tunisie. Il a affiché son espoir de voir cette rencontre et ces échanges se solder par des résultats fructueux pour toutes les parties : “Cette rencontre est complètement différente du Forum Tunisia 2020 puisqu’elle est destinée aux investisseurs et non aux bailleurs comme Tunisia 2020″, a précisé Laâdhari.

Il a dans le même contexte ajouté que l’organisation de ce forum est une nouveauté visant à présenter des projets structurés et non de simples idées de projets, d’où l’organisation de ce forum avec la participation des municipalités. “C’est un outil innovant qui permettra aux représentants des municipalités de partager et échanger les idées et du coup aider les autorités à avancer sur ce terrain“, a-t-il dit.

C’est un jalon (…) il y aura tout un processus pour accélérer la mise en place des projets PPP et nous espérons que les investisseurs nous aident dans ce sens tout en accélérant la mise en place de projets innovants“, a-t-il précisé.

Nous serons là après le Forum pour vous aider, vous accompagner, vous écouter et échanger avec vous sur les pistes qui permettront à la Tunisie d’avancer sur les projets de PPP et réaliser de la croissance“, a assuré Laâdhari.

La transition énergétique, une exigence

Quant à lui, le ministre de l’Industrie, des PME et de l’Energie, Slim Feriani, a souligné l’importance du PPP pour la relance de l’économie nationale, soulignant que ce rendez-vous se veut une opportunité pour présenter les projets programmés dans plusieurs secteurs, y compris le domaine énergétique.

Selon lui, la transition énergétique se présente, aujourd’hui, comme une exigence pour permettre à la Tunisie de faire face aux changements climatiques.

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Le PDG de la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), Béchir Irmani a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont la crise de la Caisse et les problèmes de liquidité auxquels  elle fait face, ses dettes auprès de la Pharmacie centrale ainsi que celles qui lui doivent les caisses  sociales. Interview:

La crise de la CNAM, où on en est-on  actuellement?

La crise de la CNAM a été déclenchée par une chute importante en 2016 des recettes émanant de la CNSS au titre des cotisations de l’assurance maladie et de l’incapacité de la CNRPS à virer la totalité des cotisations recouvrées pour le compte de la CNAM depuis 2011.

Les problèmes de disponibilité de liquidité au niveau de la CNAM ont généré des retards de paiements des prestataires de soins (public et privé) et la Pharmacie centrale ce qui a engendré également des perturbations des relations de la CNAM avec les pharmaciens, les médecins et les médecins dentistes,  qui se sont répercutées négativement sur les assurés sociaux à des degrés différents.

Durant le  mois d’août de l’année 2017, la CNAM a commencé à bénéficier directement des virements des cotisations du secteur public sans passer par la CNRPS en application de la loi 47- 2017 du 15 Juin 2017. Ce qui s’est traduit par  une stabilité des recettes de l’ordre de 70 millions de dinars par mois,  ajoutée aux paiements partiels des cotisations recouvrées par la CNSS pour le compte de la CNAM qui sont en train d’enregistrer des améliorations progressives.

Depuis le mois de novembre, la CNAM a commencé à appliquer les décisions prises par le conseil ministériel restreint du 6 novembre 2017, en opérant un virement mensuel de l’ordre de 40 millions de dinars pour les hôpitaux et de 23 millions de dinars pour la Pharmacie centrale.

Toutefois, un montant de 14 millions de dinars au titre de la part de la CNRPS dans l’effort de paiement de la PCT par la CNAM n’a pas été transféré jusqu’à ce jour, ce qui a empêché la CNAM de virer le montant de 33 millions de dinars décidé par le CMR et de se limiter à 23 millions de dinars.

Quel est , selon vous, l’ensemble des mesures et des réformes à mettre en place pour redresser la situation de la CNAM et relancer le secteur?

La situation financière actuelle demeure tributaire de la mise en application de la réforme des régimes de retraite qui va être à l’ origine de redressement des équilibres des caisses, CNSS et CNRPS, qui leur permettront d’honorer leurs engagements financiers envers la CNAM.

Les dettes des caisses envers la CNAM au titre des cotisation recouvrées et non transférées sont de l’ordre de 3300 millions de dinars jusqu’à ce jour. La réforme de régime de l’assurance maladie est prévue après l’achèvement des reformes des régimes de la retraite.

En effet, le régime d’assurance maladie a enregistré en 2016 et 2017 un équilibre financier qui servira de bases solides pour entamer une reforme adaptée aux aspirations et aux attentes des assurés sociaux et des différents intervenants dans le secteur.

La CNAM a d’énormes dettes auprès de la Pharmacie centrale, pouvez-vous nous éclairer sur cela?

La CNAM a accusé une accumulation exceptionnelle de dettes envers la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT), de l’ordre de 150 millions de dinars en 2016 et de 127 millions de dinars en 2017, soit un total de 277 millions de dinars. Mais la situation a connu une nette amélioration en 2018 avec l’amélioration progressive des recettes.

Les montants payés à la Pharmacie centrale sont de l’ordre de 189 millions de dinars durant la période janvier –août 2018 et seront de l’ordre de 290 millions de dinars à la fin de l’année 2018.

Les cotisations sociales instaurées dans le cadre de la loi de finances 2018, ont -elles abouti aux résultats escomptés?

Pour le moment, nous ne disposons pas de chiffres.

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Si le système hospitalier tunisien accuse un retard par rapport à d’autres pays, il a l’avantage de bénéficier des expériences et des apprentissages faits par les autres dans la mise en place de toutes ces réformes extrêmement complexes et de pouvoir ainsi prendre le recul nécessaire afin de les implémenter de façon cohérente“. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites) et rendue publique mercredi 12 septembre 2018.

Selon la même étude, la crise hospitalière et la recherche d’une amélioration des services rendus à la population impliquent la prise en compte de différentes données et le bannissement de l’immobilisme. En effet, le développement des sciences de la santé et du management et l’évolution incessante des technologies obligent à une remise en question permanente des pratiques hospitalières et justifient des transformations organisationnelles et des investissements importants. Les besoins des patients et leurs aspirations se transforment avec l’allongement de l’espérance de vie, le développement des maladies chroniques, l’apparition de nouvelles pathologies et l’apparition de nouveaux modes de vie. Ainsi, de nouvelles missions se font jour pour l’hôpital dans les domaines de la prévention, de la formation des personnels, et de la recherche. A l’hôpital d’y répondre en essayant de trouver un compromis pas toujours facile entre quatre logiques, professionnelle, technocratique, économique et politique pour garder son rôle de référence. L’implémentation de la réforme de nos hôpitaux publiques, devenue une nécessité impérieuse, doit être consolidée à travers l’appropriation de ses objectifs et de ses plans d’action par tous les professionnels de compétences diverses ainsi que par des partenaires externes, dans une approche participative et inclusive centrée sur les usagers impliquant fortement la société civile.

Un système de financement fragmenté

S’agissant du financement, il en ressort que les dépenses de santé ont augmenté au cours des deux dernières décennies, à un taux de croissance annuel moyen de 11,7%. La part du PIB consacrée à la santé est passée de 4,2% en 1985, à 5,9% en 2005 et à 7,1% en 2013. La part du budget du ministère de la Santé est de 5.6% par rapport au budget de l’Etat et de 1,9% par rapport au PIB. Les dépenses annuelles pour la santé par habitant ont plus que doublé entre 2005 et 2013, passant de 39 DT en 1985 à 197,7 DT en 2004, à 214,3 DT en 2005 et à 493 DT en 2013. Le financement de ces dépenses provient principalement des ménages (37,5%), de la CNAM et de la sécurité sociale (34,9%), du ministère de la Santé (26, 3%) et d’autres ministères, des assurances privées et des mutuelles (1,2%).

Ainsi, le système de financement est fragmenté et sa répartition inéquitable. Le paiement direct des ménages constitue une source importante de financement du système, alors que le financement collectif n’a pas dépassé 50% depuis 1990. Cette situation n’est pas adaptée au financement d’un secteur dans lequel les dépenses individuelles sont en général, imprévisibles et parfois catastrophiques. Pratiquement la moitié des dépenses des ménages sont consacrées aux médicaments et environ un tiers aux soins ambulatoires. Les enquêtes auprès des ménages ont indiqué une augmentation des dépenses consacrées à la santé (de 10% en 2000). Cette hausse montre la dynamique du système de santé qui est influencée par la croissance économique, la transition démographique et épidémiologique (facteur du vieillissement de la population, augmentation du nombre d’individus en perte d’autonomie) et le progrès technologique. La hausse des dépenses de santé dépasse la croissance économique du pays et elle est prise en charge par les ménages. Une dépendance accrue à l’égard des dépenses directes des ménages indique qu’une part de plus en plus importante du financement de la santé découle d’un mécanisme qui ne garantit pas une mutualisation adéquate des risques ni une protection sociale de la population. Entre 1990 et 2013, les dépenses totales du ministère ont augmenté à un taux moyen supérieur à 10%.

Le ministère reste la source la plus importante pour le financement de tous les établissements de santé publique en particulier pour les HC avec un taux égal à 80%. Ce taux est moins important pour les HR et EPS (60% et 50% respectivement). La CNAM représente la deuxième source de financement importante avec un taux proche de 40% pour les EPS, 30% pour les HR. Alors que les ménages sont la source la moins importante pour le financement des hôpitaux avec un taux presque égal à 8% pour les EPS, 9% pour les HR et 18% pour les HC.

Une centralisation excessive

Le système de santé en général et les systèmes de soins en particulier demeurent caractérisés par une centralisation excessive, exercée par les ministères chargés de la santé, des finances et de la fonction publique pour ne citer que ceux-là. Toutefois, des tentatives de décentralisation et de déconcentration ont été opérées sans résultats palpables car le pouvoir de décision, les ressources humaines et financières ainsi que les investissements demeurent toujours du ressort de l’administration centrale.

L’étude réalisée constitue une première phase. Elle est articulée en quatre parties majeures à savoir; le diagnostic de l’existant et des performances des hôpitaux publics tunisiens, les défis auxquels les hôpitaux sont confrontés, les réformes pour un hôpital public tunisien performant constituant une référence en termes de soins, de formation et de recherche et les préconisations de mise en œuvre.

Une deuxième phase est programmée en vue de faire une analyse systémique dégageant les priorités stratégiques sur lesquelles seront construits des scénarios.

L’objectif principal de cette étude est d’élaborer une feuille de route pour concevoir et mettre en œuvre la mise à niveau du secteur hospitalier public et partant, l’amélioration de la performance du système de santé tunisien. Il serait utile de préciser que cette étude traitera de l’hôpital public avec ses trois niveaux, tout en étant conscients que leurs performances dépendent en grande partie de celles de l’écosystème sanitaire et de l’hôpital privé, en excluant les activités médicales ambulatoires. Pour cela, il a été jugé impératif de redéfinir l’architecture, le rôle et les moyens nécessaires à chaque niveau d’établissement de santé en vue de rapprocher les soins des citoyens et de désengorger les hôpitaux de troisième niveau pour les recentrer sur leurs vraies missions de soins, de formation et de recherche.

L’objectif final vise l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins dans les établissements hospitaliers publics tunisiens et l’identification des orientations stratégiques dessinant les contours de l’hôpital de demain, dans un système de santé accessible, réactif et efficient.

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Une intrusion de grande ampleur a eu lieu dans les bases de données de l'opérateur téléphonique Orange en France . Il s'agit d'un piratage de grande ampleur

C’est dans une ambiance conviviale et chaleureuse, ce jeudi 6 septembre 2018, que l’opérateur de téléphonie mobile Orange Tunisie a dévoilé les noms des trois lauréats nationaux du prix Orange de l’entrepreneur social 2018. Le premier prix (10 000 DT) a été attribué au projet Seabex, représenté par Amira Cheniour. Il s’agit d’une plate-forme intelligente de contrôle et d’automatisation dédiée à l’agriculture de précision qui permet d’optimiser l’utilisation des ressources, notamment l’eau, l’énergie et les fertilisants, et d’améliorer la production. Le deuxième lauréat du 2ème prix (6000 DT) c’est Mohamed Ali Bennour, son projet porte sur une application de mise en relation entre professionnels (cleaners) du lavage automobile écologique et particuliers ; elle offre un service de lavage automobile qui utilise très peu d’eau. Le troisième lauréat (4000 DT) c’est le projet Epilert, une plate-forme médicale web et mobile basée sur l’intelligence artificielle et dédiée aux enfants souffrants d’épilepsie.

Outre ce soutien financier, les lauréats bénéficieront d’un accompagnement sur mesure par Orange Tunisie, notamment dans le cadre de son programme innovation. Ils seront ainsi qualifiés pour participer à la grande finale internationale et seront en compétition avec ceux des autres pays d’Afrique et du Moyen-orient où Orange est présent, soit au total 51 candidats. Les trois lauréats internationaux recevront respectivement l’équivalent de 2500 et 10 000 euros et bénéficieront d’un accompagnement par des professionnels de la création et du financement de jeunes entreprises. La cérémonie de remise des prix internationaux aura lieu le 14 novembre lors des AfricaCom Awards au Cap (Afrique du Sud).

S’exprimant lors de cette rencontre, Thierry Millet, CEO Orange Tunisie, a souligné l’engagement de la société en matière d’accompagnement des réussites individuelles pour incarner les nouvelles générations et du coup booster ce dynamisme technologique qui représente la nouvelle image de la Tunisie en interne et à l’étranger.

Quant à elle, Brigitte Dumont, en charge de la RSE du groupe Orange, a indiqué que “l’entrepreneuriat est une partie de la révolution et de la transformation digitale qui touche  tous les pays du monde (…). Le digital est un levier de progrès pour la Tunisie et le prix Orange est la meilleure illustration“, a-t-elle assuré.

Il est à noter à ce propos que l’appel à candidatures a recueilli 252 dossiers provenant de tout le territoire et de haute qualité. Ces projets illustrent tout à fait le potentiel des télécommunications dans le développement du pays, dans les domaines aussi variés que la culture, l’éducation, la santé, l’agriculture ou encore les services.

C’est en effet pour la 8ème année consécutive qu’Orange encourage les porteurs d’idées à se lancer dans l’entrepreneuriat social et technologique en leur proposant non seulement un appui financier mais également de l’accompagnement personnalisé à travers différentes initiatives, dont le Prix Orange de l’Entrepreneur Social. Orange confirme sa volonté de devenir le partenaire stratégique de la transformation numérique et le partenaire incontournable des start-ups technologiques et sociales sur le continent africain.

6 finalistes étaient en compétition pour présenter leurs projets face à un jury d’experts en entrepreneuriat. Il s’agit de : Firas Rhaiem (Epilert), Ferid Kamel (3D Wave), Khaoula Ben Ahmed (MooVoBrain), Mohamed Ali Bennour (VapNow (Nettwork), Salsabil Thabti (Vsober), et Amira Cheniour (Seabex).

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