LA UNE ID

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Tout de suite après la révolution de janvier 2011 en Tunisie

Tout de suite après la révolution de janvier 2011 en Tunisie, s’étaient multipliées les actions de squat de locaux de l’ancien parti au pouvoir le RCD et surtout d’immeubles entiers de la Snit (Société nationale immobilière de Tunisie) ou d’appartements de la société de promotion des logements sociaux (Sprols), qui sont les deux principaux acteurs publics en matière de logements. L’ARRU (Agence de réhabilitation et de rénovation urbaine), non plus, n’avait pas été épargnée et certaines de ses constructions avaient été squattées. Et si des locaux du parti dissous RCD, sont à ce jour occupés de manière illégale sans que le ministère des domaines de l’Etat s’en émeuve outre mesure, d’autres structures en sont encore à jeter la responsabilité sur l’autre, lorsqu’il s’agit d’exécuter les jugements d’expulsion du domicile occupé de manière illégale, dont elles disposent.

C’est ainsi que 27 logements de la société SNIT Nord et situés dans la ville du Krib (gouvernorat de Siliana), sont squattés depuis de nombreuses années. La société se limite, depuis, à déclarer son incapacité à faire évacuer les squatters, malgré les demandes d’aide des forces de l’ordre faites au ministère de l’intérieur sous le gouvernement de la Troïka.

La SNIT, de son côté, se voit depuis de longues années squatter deux terrains, que les voleurs entourent de clôtures bâties à leur frais pour empêcher l’accès du propriétaire attitré. L’un de ces terrains de la SNIT, situé dans la localité de «Tenmich » dans la zone de Ben Arous (Banlieue Sud de Tunis), est illégalement occupé par des personnes qui y ont même construit des maisons de manière anarchique. Un autre, à Sidi Ali Hattab à la Mornaguia, s’étend sur une superficie de 24 hectares, dont 5 sur sont déjà bâtis en construction anarchique. Selon des sources officielles, des juges et des universitaires seraient parmi les squatters. Ils devraient être, selon les mêmes sources, les premiers sur lesquels la SNIT devrait bientôt appliquer les jugements d’expulsion. Même l’ARRU n’y échappe pas. Sept de ses logements, situé au Kram-ouest, sont depuis quatre ans occupés par des squatters. Comme la SNIT, elle a pris des dispositions judiciaires pour reprendre ses biens et ceux de l’Etat. L’Etat lui-même refuse d’exécuter les décisions de justice. La société déclare en effet toujours son incapacité à faire évacuer les squatters, malgré les demandes d’aide des forces de l’ordre faites au ministère de l’intérieur dans les gouvernements de la Troïka et de Mehdi Jomaa

La Sprols reste cependant le principal promoteur immobilier qui pâtit le plus, car il est du secteur public, du squat et de l’occupation illégale d’un grand nombre de ses biens immeubles. C’est ainsi que 89 logements et 2 locaux commerciaux à Douar Hicher à la Manouba, appartenant à ce promoteur, restent jusqu’à présent squattés.

Le cas le plus endémique est celui des 49 logements, en plus d’un local de syndic de l’immeuble et d’une loge gardien, qui sont situés dans la région de «La Frina» à Monastir. Un ensemble résidentiel qui était, jusqu’à un mois avant la révolution, occupé par l’Onou (Office national des œuvres universitaires) qui le louait pour les besoins d’une cité universitaire. Profitant de la gabegie de la révolution, des squatters défoncent les portes et s’y installent. Certains y ont passé un temps et les louent actuellement à leur propre compte. Certains appartements se seraient même transformés en lieux de consommation libre de stupéfiants et d’hallucinogènes, alors que d’autres squatters demandent un pas-de-porte de 2.000 DT pour quitter au profit d’un nouveau squatter.

La Sprols semble avoir enfin décidé de sévir et de faire appliquer la loi. La deuxième semaine de ce mois de juin 2015 devrait ainsi être la date fatidique pour un «Dégage » collectif et par lequel l’entreprise sous tutelle du ministère de l’Equipement reprendra son bien et fera prévaloir de nouveau la loi.

Ka Bou

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Durant les quatre premiers mois 2015

Durant les quatre premiers mois 2015, l’investissement déclaré dans le secteur industriel a atteint le montant de 998,9 MD, contre 999 MD, selon les derniers chiffres de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII).

Quant à lui, le nombre de projets déclarés a atteint 1321 au cours des quatre premiers mois 2015 contre 1373 lors de la période correspondante de 2014, soit une diminution de 3,8%.

Ces projets permettront la création de 20128 postes d’emplois, contre 20065 postes d’emplois durant les quatre premiers mois 2014, soit une hausse de 0,3%.

De leur côté, les investissements déclarés dans le cadre des projets de création sont passés de 539,9 MD durant la même période à 524,7 MD à la période correspondante de 2015, enregistrant ainsi une baisse de 2,8%, ont indiqué les derniers chiffres de l’agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII).

Le nombre de cette catégorie de projets a régressé de 4,4%, passant de 985 à 942 durant les quatre premiers mois de 2015, et les emplois à créer ont progressé de 0,5% avec 13839 postes d’emplois contre 13775 en 2014.

En revanche, les investissements déclarés dans le cadre des projets autres que de création (extension, renouvellement de matériel…) ont atteint 474,1 MD, soit 3,3% de plus que le volume enregistré en 2014. Le nombre de ce type de projets a baissé de 2,3%, passant de 388 à 279 en 2015, et les emplois y afférents se sont maintenus au même niveau enregistré durant les quatre premiers mois 2014 avec 6289 postes d’emplois.

Autre baisse signalée, les investissements relatifs aux projets dont le coût est supérieur à 5 MD, ont reculé de 6,6% passant de 459,9 MD au cours des quatre premiers mois 2014 à 429,5 MD durant la même période de 2015.

Selon l’APII, le nombre de ces projets est passé de 43 à 42, soit une diminution de 2,3%. Ces projets permettront la création de 2400 postes d’emplois, contre 2325 postes d’emplois lors des quatre premiers mois 2014, soit une progression de 3,2%.

Par ailleurs, les projets de 5 MD et plus ne représentent que 3,2% du nombre des projets déclarés et 11,9% du nombre des emplois, totalisent 43% de l’ensemble des investissements déclarés.

Seule éclaircie au tableau, les investissements déclarés dans les industries totalement exportatrices ont enregistré une hausse de 72,3% passant de 164 MD à 282,5 MD durant les quatre premiers mois 2015, ont indiqué les derniers chiffres de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII).

En revanche, les industries dont la production est orientée vers le marché local ont enregistré une baisse de 14,2% passant de 835 MD à 716,3 MD durant la même période.

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Sans doute échaudés par les campagnes orchestrées contre les ressources naturelles de Tunisie

Sans doute échaudés par les campagnes orchestrées contre les ressources naturelles de Tunisie, dont notamment « winou el Pétrole », des manifestants s’en sont pris ce lundi au champ pétrolier de Sabria, dans le gouvernorat de Kébili. Le gisement a été fermé après que les protestataires ont bloqué les routes menant à la station centrale de traitement, annonce la compagnie Serinus Energy dans un communiqué repris par E&P, leader mondial de l’actualité pétrolière.

Serinus, à travers sa filiale en propriété exclusive Winstar Tunisie BV, détient une participation de 45% dans Sabria et en est l’opérateur. Les 55% restants sont détenus par l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (ETAP), la compagnie pétrolière appartenant à l’État. Avant l’arrêt, le gisement Sabria produisait environ 700 bep / j nets revenant à Serinus (1.550 bep / j bruts).

Les protestations ont d’abord ciblé le champ d’El Franig situé à proximité, au Nord-ouest de Sabria, exploité par une autre société, selon le communiqué. Alors que les manifestants étaient concentrés sur la fermeture et l’évacuation d’El Franig, Serinus a indiqué que le personnel de Winstar a réussi à fermer en toute sécurité les puits et les installations de Sabria, et prévenir les dommages potentiels qui auraient pu survenir si la fermeture avait été effectuée d’une manière désordonnée. Les manifestants se sont ensuite rendus à la propriété Sabria et ont insisté pour que la plupart du personnel Winstar arrête de travailler et quitte les lieux. Après des discussions avec les manifestants, la plupart des employés ont été évacués, laissant trois employés de l’entreprise afin de d’y maintenir la veille avec un certain nombre de militaires tunisiens, indique le communiqué.

Serinus a expliqué que les manifestants protestaient contre le sous-développement et réclamaient l’investissement et la création d’emplois dans la région, précisant que les protestations n’étaient pas dirigées spécifiquement contre la société. Winstar a appelé les ministres de l’industrie, de l’Intérieur et de la Défense ainsi que le gouverneur de Kebili, le Pdg de l’ETAP, la Direction Générale de l’Energie et le chef du gouvernement tunisien demandant leur aide afin que le champ Sabria puisse redémarrer ses activités

La compagnie déclare qu’elle n’est pas en mesure de fournir des indications sur la date à laquelle la production pourra reprendre sur le site su champ Sabria.

Mohamed Lahmar

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La Société de développement Dubai Investment

La Société de développement Dubai Investment, Dubaï FDI, une agence du ministère du Développement économique de Dubaï, a signé un mémorandum d’entente avec la « Cité économique de Tunisie » (CIT) portant sur le partage des connaissances et de l’expertise en matière de stratégies de développement économique et d’attraction des investissements étrangers. Le protocole d’accord s’inscrit dans le cadre des efforts de Dubaï FDI visant à faciliter les flux d’investissements et soutenir les entreprises dans la conquête de nouveaux marchés via Dubaï.

Fahad Al Gergawi, Pdg de Dubaï FDI, et Riadh Khalifa Toukabri, président et fondateur de Cité économique, ont signé l’accord de partenariat en présence de Adil Otaiba, Président de « Amplex Investment Holding », de Mme Alya Juma AlGhawi, partenaire exécutif à Investment Partners, de Waddah Al Jabi, représentant de la Cité e économique aux Emirats Arabes Unis, et de Nour Jabi, directeur de la succursale de Dubaï à la Cité économique de Tunisie.

“Dubaï est très ravi d’être partenaire de la Cité économique de Tunisie, une initiative qui s’inscrit dans la lignée de l’expérience de l’Emirat en matière d’attraction d’énormes investissements mondiaux ainsi que de son succès en tant que destination touristique et économique. L’Emirat est parmi les premiers consommateurs des marchés et des destinations d’investissement dans le monde grâce à la vision de notre leadership pour atteindre la compétitivité en développement durable en éliminant tous les obstacles devant les investisseurs du monde entier “, a déclaré Al Gergawi, ajoutant que le succès de Dubaï FDI en matière d’attraction d’investissements étrangers vers Dubaï est dû en grande partie à la facilité de faire des affaires et aux partenariats publics-privés à Dubaï.

Dubaï se prévaut d’avantages avérés en tant qu’environnement concurrentiel idéal pour les entreprises en matière de lancement et de développement de leurs activités dans de nouveaux marchés. ” Dubaï FDI vise à permettre aux investisseurs et hommes d’affaires de profiter de l’environnement concurrentiel à Dubaï et travaille avec eux pour répondre à leurs exigences. Il est évident que les investisseurs et les entreprises trouvent à Dubaï le meilleur endroit pour se développer localement, régionalement et mondialement. ”

Pour sa part, Riadh Khalifa Toukabri a déclaré que Dubaï représente l’une des expériences économiques les plus réussies de la région, en particulier celles les plus proches de la Tunisie.

“Dubaï est la fierté de chaque citoyen arabe et cet accord nous aidera à bénéficier de l’expérience de l’Emirat à d’attirer les investissements mondiaux importants. Elle conduira au développement de l’économie tunisienne à la mise en œuvre de la vision attachée à la Cité économique de Tunisie », a-t-il dit.

Les deux parties ont décidé de former un comité conjoint pour coordonner et assurer le suivi des différents volets du projet comme convenu dans le cadre du protocole d’accord.

M.L.

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Les langues se délient mais apparemment pas dans le bon sens. Ce qui se dit actuellement sur les ressources naturelles dont regorgerait la Tunisie

Les langues se délient mais apparemment pas dans le bon sens. Ce qui se dit actuellement sur les ressources naturelles dont regorgerait la Tunisie, notamment le pétrole, singulièrement à la faveur de la campagne « Winou el Pétrole » ne concorde que très rarement avec verdict des chiffres. Il est affirmé sur tous les toits et toutes fréquences, que la Tunisie repose sur une mer de pétrole et que les gouvernements successifs n’en veulent piper mot, alimentant une déluge de rumeurs que le gouvernement avait accueillis au départ par un haussement des épaules, puis, la campagne « winou el Pétrole » allant croissant , il s’est résolu à « remettre les pendules à l’heure », pour ainsi dire , balayer d’un revers de main, tout ce qui est colporté sur la question.

On doit à la vérité de dire que les autorités, surtout celles en charge de l’énergie en Tunisie, y assument une grande part de responsabilité en se retenant de communiquer sur les ressources naturelles du pays, comme s’il s’agit d’un sujet tabou, étant stratégique par excellence. Et il n’en fallait pas davantage pour que les imaginations se laissent aller à ce qui pourrait ressembler à des fantasmes, comme il s’en passe sur les réseaux sociaux.

Ghannouchi monte au créneau

Devenu une question « brûlante » le pétrole « caché » s’est répandu comme un feu de brousse, au point d’interpeller vivement la classe politique. Le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, vient de livrer le fin fond de sa pensée sur le sujet, en jouant le pompier. Il a affirmé que « parler d’une Tunisie assise sur un océan de pétrole n’a aucun rapport avec la réalité », ajoutant que la Tunisie n’a pas assez de pétrole pour pourvoir à ses besoins et à sa consommation quotidienne et appelant le gouvernement de dire au peuple ce qu’il en est des ressources naturelles du pays.

Répondant aux accusations des d’hommes politiques derrière la campagne « winou el Pétrole » qui vise à renverser le gouvernement comme ils le soutiennent, Rached Ghannouchi a affirmé que celui qui veut renverser le gouvernement ou le remplacer devra solliciter les urnes ou l’ARP. « L’unique moyen de remplacer le gouvernement es le Parlement ou les élections », a-t-il dit.

D’une autre eau est notoirement la démarche de ceux qui sont derrière la campagne, et qui viennent d’y ajouter une autre, «”Hil eddoussi”, lancée par un dérivé du CPR, le « Courant démocratique ».Il s’agit, selon ses organisateurs, de « sensibiliser l’opinion publique sur les richesses naturelles du pays et à mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il ouvre ce dossier sensible ». Le membre du bureau politique du parti, Ghazi Chaouadi a même annoncé que le « Courant démocratique » est en train de mener des contacts avec des partis politiques et blocs parlementaires de l’opposition pour la création d’une commission d’enquête sur le dossier des richesses naturelles et ce dans le but d’amender le code des hydrocarbures.

Le parti a fait appel à un expert pétrolier, Habib Ben Farhat, pour donner crédit à ce qu’il avance, lequel a affirmé que les réserves pétrolières annoncées de la Tunisie s’élevaient en 1987 au 1 milliard 800 millions de barils, soit une moyenne de 10 000 barils au kilomètre carré, soit le double de celle du sous-sol algérien.

Ce volume à régressé en 1994-1995 à seulement 416 millions de barils, a-t-il indiqué se déclarant surpris que plus de d’un milliard 300 millions de barils se soient « évaporés ».

L’ETAP incrédule et parle de fiction!

Le PDG du principal acteur pétrolier du pays, l’ETAP, a affirmé et juré des grands Dieux que « la Tunisie ne dort pas sur une mer de pétrole, c’est une fiction et que des tiraillements politiques sont derrière la campagne ‘Winou el Pétrole’ sur les réseaux sociaux ». Et pour étayer ses affirmations, il a rappelé que le pays produisait auparavant 55.000 barils de pétrole par jour mais n’en produit à tout casser que 51.000 suite à la suspension de deux chantiers à Kébili, révélant ensuite que « la production de pétrole cette année atteindra 6 millions de tonnes alors que la consommation, elle, sera de 10 millions de tonnes », soit 4 millions de tonnes manquantes.

M.L.

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La campagne «Winoo El Pétrole» a dernièrement été l’alibi

La campagne «Winoo El Pétrole» a dernièrement été l’alibi, pour certaines parties prenantes dans cette campagne dont la finalité semble être une hypothétique nationalisation de cette petite richesse nationale, de s’attaquer à l’une des plus importantes familles d’hommes et de femmes d’affaires tunisiennes.

L’occasion pour nous de revenir sur l’historique de cette famille, industrielle par excellence, et créatrice de richesses et d’emplois, et dont la 4ème génération a culminé avec l’arrivée de l’une de ses femmes à la tête de la puissante organisation patronale. Certains parmi les agitateurs de la campagne «Winoo el Pétrole», ont malheureusement poussé la vindicte, l’ignorance et l’amalgame, jusqu’à traîner, haineusement, dans la boue une des femmes de cette 4ème génération de la dynastie.

Qui est en fait la famille Bouchammaoui ?

– D’Ahmed aux enfants de Hédi, le parcours d’une famille d’investisseurs

C’est d’abord une famille, issue de Bouchamma, près de la ville de Gabès. Le père fondateur a été Ahmed Bouchammaoui. Au début du 20e siècle, dans le sud de la Tunisie, Ahmed Bouchamaoui avait créé une entreprise de génie civil dans le petit village de Bouchamma (Gabès). En 1948, ses trois fils ont pris la responsabilité de la société. Depuis, Bouchammaoui Industrie (BI) a continué à développer et étendre ses activités, non seulement en Tunisie mais aussi en Libye sur nombre de projets agricoles intégrés. Au cours des années 1970, l’évolution de la société à partir d’un bâtiment et l’entrepreneur de génie civil à un entrepreneur industriel dans le secteur de l’énergie était un développement naturel, compte tenu de la croissance des activités d’hydrocarbures en Tunisie et de ses pays voisins », peut-on lire sur le site Internet de la famille. Et si Rachid et Abdelmajid s’étaient spécialisés dans l’industrie, Hédi fera le choix de l’exploitation et de la production pétrolière.

La légende dit que Hédi Bouchamaoui devrait le développement de ses affaires dans le domaine de la construction des plateformes pétrolières à une rencontre fortuite avec l’ancien leader libyen alors qu’il n’était que jeune colonel en visite en Tunisie. La réalité est que Feu Hédi Bouchammaoui avait commencé en Libye avec la construction de plateformes et n’avait investi dans l’exploration et la production pétrolière qu’en Egypte d’abord, où la chance avait beaucoup souri à la famille. Bien plus tard, Abdelmajid Bouchamaoui essayera de prendre pied, lui aussi, dans la production pétrolière. Il a en effet acheté des parts dans le permis Mazarine d’El Faouar, mais a fini par les revendre bien avant que la découverte de pétrole ne se confirme dans ce coin reculé du Sud tunisien.

– HBS ou l’opérateur qui ne produit que 50 barils par jour

Boostée et confortée par ses réussites en Egypte, près de la frontière soudanaise notamment, la famille de Feu Hedi Bouchamaoui obtient, dès 2007, deux permis de recherche, le premier appelé «Nord Médenine» et le second appelé «Oasis», par contrat de partage avec l’Etat tunisien représenté par l’Etap. Il est cependant important de noter que le véritable propriétaire des deux permis est l’Etap alors que HBS Oil Compagny reste un simple opérateur. Cette dernière effectuera deux forages. L’un d’eux n’apportera rien et sera abandonné, comme nous l’a confirmé le PDG de l’Etap. Le second forage, dit «Mazrane1» sera l’unique découverte, mais seulement de quelques centaines de barils par jour. Aux dernières nouvelles, confirmées par les relevés quotidiens de l’entreprise et par le PDG de l’Etap Mohamed Akrout, il ne produirait pas plus de 50 barils par jour.

Plus important que tout cela, le fait est que HBS Oil Compagny ne vend pas toute seule cette petite production, pour l’exploration de laquelle elle aura en fait dépensé un peu plus de 49 MDT (15,8 MDT pour tous les travaux du premier forage des Oasis et 33,3 MDT pour Mazrane1). Contractuellement, c’est l’Etat qui vend cette production de 50 barils par jour stockée dans les citernes de la société «Maretap», filiale de l’Etap qui en assure la vérification. Aux termes du même contrat, l’Etap s’adjuge 82 % du montant des ventes et HBS Oil Compagny des Bouchamaoui uniquement 18 % des ventes. Toujours selon le même contrat, la part de l’Etat, à travers l’Etap, pourrait augmenter jusqu’à 85 % si la production de Mazrane1 remontait.

– 5 MDT de pénalité, payés rubis sur l’ongle

Nous avons aussi essayé de savoir ce qu’il y a de vrai dans cette accusation adressée à HBS, de ne pas payer les pénalités auxquelles l’astreint le contrat avec l’Etap. Notre enquête, menée auprès de l’Etap et du management de HBS qui nous a tout montré, nous conduit à constater que le propriétaire du permis pétrolier avait fait remarquer à son opérateur la HBS qui cherchait à renouveler le permis, qu’il n’avait pas réalisé tous les travaux sur lesquels il s’était engagé pour développer Mazrane1. Il aura beau démontrer que c’est un cas de force majeure, dû aux effets collatéraux de la révolution de 2011, l’opérateur HBS sera condamné à une pénalité de 5 MDT qu’il a payée, comme nous avons pu le vérifier à travers les documents financiers qu’il nous a montrés. Il reste enfin à dire que HBS est loin, à ce jour, de réaliser les bénéfices dont on l’accuse sur les réseaux sociaux. L’opérateur restait en effet toujours déficitaire. Il a en effet dépensé 49 MDT dont il n’a pour l’instant pu récupérer que 13 MDT. Et si on y ajoutait l’amende de 5 MDT, il lui resterait des prunes. Nous ne sommes pas des «experts». Nous sommes simplement des journalistes qui avons enquêté directement chez les concernés. Nous avons confronté leurs informations, elles se tiennent.

Khaled Boumiza

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C’est Oxford Business Group qui l’affirme : les marchés saluent l’engagement de la Tunisie en matière de réformes. OBG

C’est Oxford Business Group qui l’affirme : les marchés saluent l’engagement de la Tunisie en matière de réformes. OBG, c’est ce cabinet d’intelligence dont la mission est de fournir aux investisseurs étrangers les informations et les indications les plus complètes sur les possibilités d’investissement dans les 25 pays émergents. Son équipe composée d’analystes internationaux, livre des études regardées comme indispensables par la communauté d’affaires internationale dans un contexte de compétition toujours plus ardue entre les pays émergents.

Dans un article consacré à la Tunisie, OBG s’attarde sur la nouvelle stratégie économique ambitieuse dévoilée par le gouvernement tunisien pour stimuler la croissance et améliorer la viabilité budgétaire, se proposant ainsi d’encourager un développement économique plus inclusif.

Il faudra pour ce faire jongler avec diverses priorités, notamment stimuler la création d’emploi, remédier aux déficiences du secteur bancaire et combler le déficit budgétaire, mais un certain nombre de mesures – parmi lesquelles la récente émission d’une obligation sursouscrite d’1 milliard de dollars et la création d’une structure de défaisance – sont autant de pierres apportées à l’édifice d’une reprise économique solide.

Les objectifs sont ambitieux, dans la mesure où le gouvernement s’emploie dans le même temps à remplir son engagement de maîtriser les dépenses publiques, l’une des conditions associées à l’aide d’1,75 milliard de dollars que le pays reçoit du FMI, en plus des prêts de la Banque Mondiale qui se sont montés à 1,25 milliard de dollars au cours des dernières années. Fin avril, le gouvernement tunisien a approuvé une hausse des salaires dans la fonction publique, augmentant le salaire minimum de 15,6% et dotant le budget d’environ 540 millions de dinars (252,7 millions d’euros) supplémentaires. S’il est impératif de procéder à un assainissement budgétaire, garantir le retour d’une croissance plus inclusive, aussi bien sur le plan socioéconomique que géographique, jouera un rôle décisif quant à sa viabilité.

Le pays doit également faire face à des obstacles extérieurs. Plus de 70% des exportations de la Tunisie étant à destination de l’UE, la relation commerciale étroite que le pays entretient avec l’Europe l’expose à des risques baissiers. En effet, le ralentissement de la croissance dans l’UE a amené le FMI à réviser ses prévisions de croissance pour le Tunisie fin 2014. Le FMI a ajusté ses projections de croissance réelle du PIB de 2,8% à 2,4% pour 2014 et de 4% à 3% pour 2015.

Toutefois, fait remarquer le cabinet londonien, malgré un repli des indicateurs économiques, de nombreux signes sont encourageants pour les perspectives du pays sur le court et moyen terme. Fin mars, Fitch a révisé la perspective du pays de négative à stable, s’appuyant sur le résultat des élections ainsi que sur la consolidation plus générale des finances publiques, qui a vu le déficit budgétaire passer à 4,5% du PIB en 2014, une nette amélioration par rapport au taux de 6,5% enregistré en 2013.

La première émission de dettes du pays depuis 2011 sans garantie d’un état tiers est le reflet de ces prévisions encourageantes. L’obligation d’1 milliard de dollars d’une maturité de 10 ans, lancée en janvier, a été sursouscrite quatre fois, à un taux de rendement de 5,875%. En outre, le gouvernement a annoncé l’émission d’un sukuk, ou obligation islamique, de 500 millions d’euros, au troisième trimestre de 2015. Initialement prévu pour fin 2014, l’emprunt obligataire a dû être repoussé pour permettre au gouvernement d’apporter les ajustements nécessaires à la loi sur les sukuk adoptée en 2013.

La vente de dettes souveraines jouera un rôle central dans le financement du déficit budgétaire, qui, selon les prévisions, devrait s’élever à 5% du PIB en 2015. Dans le cadre du budget 2015, qui se monte à 29 milliards de dinars (13,6 milliards d’euros), il est prévu une augmentation de 9% des dépenses de développement, qui atteindront 5,8 milliards de dinars (3,5 milliards d’euros), tandis que les subventions subiront une baisse de 16% pour s’établir à 3,7 milliards de dinars (1,7 milliard d’euros). La Tunisie devra satisfaire des besoins de financement à hauteur de 7,4 milliards de dinars (3,5 milliards d’euros) en 2015, dont 4,4 milliards de dinars (2,1 milliards d’euros) proviendraient de bailleurs de fonds étrangers. Si tant est que l’on puisse prendre pour exemple l’émission de dette du mois de janvier, la Tunisie devrait pouvoir obtenir des financements à des conditions concurrentielles.

La protection de la santé des banques publiques tunisiennes constitue un autre impératif de taille pour le gouvernement qui cherche à garantir la stabilité de la politique budgétaire. Les trois principales banques publiques du pays – au capital desquelles l’État participe à hauteur de 64% – jouent un rôle majeur dans le secteur et représentent ensemble un tiers de tous les actifs bancaires mais elles ne satisfont pas actuellement au ratio de fonds propres exigé. Une recapitalisation était initialement prévue pour l’an dernier mais suite à une série de retards elle devrait avoir lieu courant 2015.

S’il y a encore beaucoup à faire en matière de recapitalisation du secteur bancaire, de finalisation du code des investissements et de restructuration des régimes de subventions et d’imposition – et ce n’est jamais chose facile à la conjoncture globale difficile – les réformes qui ont déjà été prises, auxquelles s’ajoute un contexte de prix mondiaux des matières premières plus favorable, devraient donner au pays une impulsion supplémentaire dans les mois à venir, conclut OBG.

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Prise de conscience ou phénomène de société éphémère ? La campagne

Prise de conscience ou phénomène de société éphémère ? La campagne “Winou El Petrole”ne finit pas depuis son lancement voici quelques jours d’interpeller les Tunisiens et surtout les responsables du secteur de l’énergie, pétrole et gaz singulièrement, qui sillonnent les plateaux de télévision pour expliquer à l’opinion publique ce qu’il en est exactement, chiffres à l’appui. Pendant ce temps, sur la toile, on assiste à une explosion de posts et de réactions qui donnent la mesure de l’importance que revêt la question aux yeux des Tunisiens.

Les organisations et associations de la société civile ne sont pas en reste. L’UGTT vient de s’y exprimer par le truchement de son secrétaire général adjoint de l’UGTT, Noureddine Taboubi qui a appelé à l’adoption du principe de la transparence en ce qui concerne toutes les ressources naturelles du pays , ajoutant qu’il est du droit du peuple de se poser des questions et du devoir des responsables et des entreprises en charge du secteur de livrer la vérité telle qu’elle est.

Il a, au demeurant, égratigné le déficit de communication qui entache le secteur des hydrocarbures, affirmant que la vérité, toute la vérité sur le secteur doit être portée à la connaissance du citoyen sans détour ni dissimulation de l’étendue réelle du potentiel énergétique du pays. Bien plus, il a exigé que tous les dossiers soient portés sur la place publique pour que l’on soit édifié sur le sort réservé aux revenus générés par ces ressources et leur affectation à un développement régional équitable, selon ses dires.

L’organisation “I Watch” (Ana Yakidh), elle, a annoncé qu’une pétition virtuelle est lancée pour revendiquer la réalisation d’un audit global des entreprises pétrolières sous l’égide d’une commission parlementaire indépendante.

L’organisation œuvrera à collecter, le maximum de signatures pour inciter le gouvernement à réaliser un audit global des comptes dans le secteur du pétrole, a affirmé Youssef Ben Belgacem, directeur de la section gouvernance au sein de l’ONG, précisant cette démarche vise à rétablir la confiance entre le citoyen et l’Etat.

Il a ajouté que ” la présentation des résultats des audits aux citoyens en toute transparence et clarté” constitue la solution idéale pour dissiper les doutes quant à la légalité des contrats pétroliers signés par l’Etat tunisien.

Un flagrant déficit de communication !

Badiî Ben Mabrouk, le président de l’Association tunisienne de transparence dans l’énergie et les mines (ATTEM), a, dans une interview à Africanmanager, reconnu l’existence d’un déficit de communication dans le secteur de l’énergie, précisant, toutefois, que, dans l’évaluation globale du secteur énergétique, la Tunisie a un classement moyen mais qui aurait pu être meilleur, en raison précisément de l’absence de communication et de divulgation de l’information.

« Il y a une lacune et un gap entre ce qu’attend la société civile et les données du gouvernement et des opérateurs actifs dans le domaine », a précisé le président de l’ATTEM, avant d’expliquer que cette carence en communication induit une incompréhension et ouvre la porte à la spéculation, laquelle ne mènera qu’à la tension sociale, selon ses dires.

Toutefois, il a reconnu que « la non communication et la non divulgation de l’information dans le secteur de l’énergie n’est pas due à la mauvaise foi ni à une volonté de dissimuler les choses, mais plutôt à une attitude de mutisme et de conservatisme irritée de plusieurs années voire de l’époque colonialiste ». « L’Etat et l’administration ont l’habitude de garder l’information pour eux », a-t-il dit.

Le président de l’ATTEM a, néanmoins, indiqué que les mentalités ont changé et qu’il est temps de dévoiler les vraies informations et les chiffres réels pour qu’il n’y ait plus de malentendu.

Il a cité, dans ce cadre, les interrogations et les revendications exprimées sur le réseau social, Facebook, des revendications qu’il qualifie de légitimes par rapport au manque d’information et de communication.

C’est ainsi qu’il a appelé les entreprises actives dans le secteur de l’énergie à communiquer d’une façon convenable et pertinente et de dire à l’opinion publique ce qu’il en est et lui communiquer les chiffres réels.

M.L.

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A l’occasion du démarrage de son nouveau couvoir

A l’occasion du démarrage de son nouveau couvoir, la société El Mazraa, filiale de Poulina Group Holding, société spécialisée dans l’élevage et l’abattage des volailles ainsi que dans la transformation et la commercialisation de produits avicoles, a organisée une visite guidée à l’intention d’une dizaine de journalistes de différents supports médiatiques.

Jeudi 28 mai, Africanmanager en faisait partie pour découvrir cette nouvelle unité, située dans la région « Assawaf » dans le gouvernorat de Zaghouan et dont la mise en place a eu lieu au début de cette année.

Avant de passer en revue le rôle stratégique de ce nouveau couvoir qui répond déjà aux normes internationales, le chef du département de l’incubation, Noureddine Tayerellile a fait visiter aux journalistes les deux blocs composant le couvoir. « Ce couvoir occupe une place importante avec une capacité de production de 60 millions d’œufs, l’équivalent d’une part de marché de 40%. Actuellement, ce couvoir permet la production de 28 millions d’œufs alors que la quantité restante sera assurée par une autre unité qui sera opérationnelle d’ici fin de cette année », a-t-il précisé assurant que ce couvoir est doté d’équipements de haute technologique. Cette acquisition a permis El Mazraa de mieux se positionner parmi les leaders dans le monde où la concurrence est rude. « Ce projet a coûté plus de 15 millions de dinars dans cette première étape et on est capable d’aller loin afin de réaliser non seulement nos objectifs, mais aussi pour mieux répondre aux besoins de nos clients », a ajouté Tayerellile.

L’hygiène est essentielle, et elle partout dans les différents compartiments où ont lieu les opérations et d’incubation des œufs pour la génération de poussins, et ce dans des conditions répondant aux normes internationales conformément à la certification ISO 22000.

Une charcuterie aux normes

Cette visite guidée était aussi l’occasion de faire un tour du côté de l’usine d’El Mazraa, sis à Fondouk Jdidi, gouvernorat de Nabeul pour suivre les différentes étapes de la production du salami.

« Nous voulons tirer profit de cette visite pour mettre en relief les étapes de la production de ce produit et pour convaincre nos consommateurs au sujet de l’importance de cette opération qui se déroule dans des conditions rigoureuses », a affirmé Naoufel Sassi, directeur général d’El Mazraa en compagnie de ces collaborateurs.

La visite a été effectué dans les différentes sections, à commencer par l’espace de collecte des petites viandes jusqu’à la sortie du produit fini répondant à tous les goûts.

Le suivi de toutes les étapes de production dissipe tous les soupçons véhiculés par des informations selon lesquelles le salami ne serait pas bon pour santé. Cette visite à la chaîne de production de ce produit vient à point nommé pour remettre les pendules à l’heure.

Tout se recycle

Et pour les déchets ? Sur cette question, le responsable a assuré que « nous ne jetons rien…Tout se recycle et se transforme en un produit d’exportation vers d’autres marchés à l’instar de la Chine où il est vendu sous la forme de croquettes pour chats et chiens.

Wiem Thebti

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L’agence de notation Moody 's a affirmé aujourd'hui en en changeant la perspective de négative à stable

L’agence de notation Moody ‘s a affirmé aujourd’hui en en changeant la perspective de négative à stable, les notes de dépôts de Amen Bank (Amen), de l’Arab Tunisian Bank (ATB), de la Banque de Tunisie (BT) et de la Banque Internationale Arabe de Tunisie (BIAT). Parallèlement, Moody a confirmé, avec perspective négative, la note de dépôt de la Société Tunisienne de Banque (STB). Moody a également attribué des évaluations de contrepartie de risque (CR) aux cinq banques tunisiennes, dans la foulée de la révision de sa méthode de notation bancaire, 16 mars à 2015.

La perspective stable au titre des notes de dépôt des quatre banques est principalement attribuable à l’appréciation de l’agence de notation que la capacité du gouvernement tunisien à soutenir les banques est en amélioration, comme signalé lors du récent changement de la perspective de la notation souveraine de la Tunisie de négative à stable. Les perspectives des banques reflètent également l’expectative que l’environnement opérationnel va s’atténuer au fil du temps, pour aider à la stabilisation des résultats du système bancaire. La décision de Moody’s de maintenir une perspective négative sur les notes de STB reflète les risques auxquels la banque continue de s’exposer dans la perspective de sa recapitalisation .

La décision de confirmer les notes reflète l’avis de l’agence de notation que (1) les profils de crédit des banques, y compris les paramètres de la qualité des actifs et les tampons d’absorption des pertes, resteront globalement stables à des niveaux faibles au cours des 12 aux 18 prochains mois; et (2) il ya une très forte probabilité que le gouvernement apporte son soutien au secteur bancaire, en cas de besoin.

Moody’s souligne que la stabilisation des perspectives de notation de quatre banques tunisiennes est en ligne avec la perspective stable attribuée à la note souveraine de la Tunisie de Ba3. Elle reflète également les attentes de Moody que l’amélioration de l’environnement opérationnel de la Tunisie, bien qu’il reste difficile, aidera à stabiliser les risques d’actifs et de liquidités qui entachent le système bancaire.

Les perspectives concernant la note souveraine prennent en compte (1) une baisse significative du risque politique intérieur; (2) la maîtrise des problèmes de financement externes; et (3) une réduction progressive des déséquilibres budgétaires et extérieurs.

Moody’s maintient la perspective négative pour la note de la STB eu égard aux risques spécifiques liés à la recapitalisation tant attendue de la banque, qui continue de fonctionner avec des capitaux propres négatifs au milieu d’une indulgence réglementaire. Bien que déjà budgétisée par le gouvernement, la recapitalisation est toujours suspendue au vote du Parlement, une condition dont dépend la stabilisation du profil de crédit de la banque ainsi que la mise en œuvre d’un plan de restructuration.

– Amen Bank

Moody’s a confirmé à B1 la note de dépôt de l’Amen Bank, et ce sur la base d’une évaluation de référence du crédit (BCA) de b3, qui reflète l’avis de Moody qu’un coût élevé de financement continuera à remettre en cause la rentabilité de la banque au cours des 12 prochains mois. Cela aura une incidence négative sur les revenus, qui sont principalement déterminés par les intérêts, même si elle continuera d’être tempérée par un rendement solide. Le BCA de la banque est également entraîné par la faiblesse – bien que stabilisée – de la qualité des actifs et les hautes exigences de provisionnement qui retreignent les bénéfices de la banque. La banque dispose de réserves relativement faibles de fonds propres, avec un profil de liquidité serrée et une forte dépendance vis-à-vis du financement de la Banque centrale.

– Arab Tunisian Bank

Moody’s a affirmé à Ba3 la note de dépôts en monnaie locale de l’ATB et à B1 la note de dépôts en devises. Ceci est basé sur un BCA b1, reflétant l’opinion de Moody que la pression sur les coûts de financement face à une concurrence intense dans les dépôts en Tunisie limitera la rentabilité de la banque. Moody note également que, même si le coût du risque limite encore les bénéfices de la banque, le coût du risque sera atténué alors que les paramètres de la qualité des actifs s’améliorent. Le BCA de la banque prend également en compte des tampons de capitaux satisfaisants (supérieurs à la moyenne tunisienne), qui atténuent en partie des niveaux élevés de concentration des actifs de la banque. Enfin le profil de crédit de la banque est soutenu par de bons tampons de liquidité (les actifs liquides représentaient 27% de l’actif total à partir de décembre 2014) soutenu par une stable base de financement des dépôts et un faible effet de levier par rapport à ceux de ses homologues en Tunisie.

– Banque de Tunisie

Moody’s a affirmé à Ba3 la note de dépôts en monnaie locale de la Banque de Tunisie et à B1 celle en devises , et ce sur la base d’un BCA b1, reflétant des tampons de capitaux solides, à la fois avec un Tier 1 et un ratio de fonds propres supérieur à 20%, ainsi qu’une gestion des risques plus forte comparée à celle des aux autres banques tunisiennes. La BT bénéficie de l’étroite collaboration de son actionnaire, la Banque Fédérative du Crédit Mutuel. Ces points forts sont atténués par les pressions du coût de financement sur la rentabilité. Dans un environnement de liquidité serrée, le recours croissant à des dépôts à terme restera une contrainte sur les marges nettes d’intérêt et la rentabilité de la banque. Cette contrainte sur la rentabilité est néanmoins atténuée par une réduction progressive du coût de l’approvisionnement, qui ne représentait que 10% du revenu avant provisionnement à partir de décembre 2014. Le profil de crédit de la banque est également touché par une combinaison de tampons de liquidité faible et un rapport prêts bruts-dépôts de 117% à partir de décembre 2014, ce qui exerce une pression négative sur les notes de la banque.

– Banque Internationale Arabe de Tunisie

Moody’s a affirmé à Ba3 la note de dépôts en en monnaie locale de la BIAT et à B1 celle en devises. Le BCA de b2 de la BIAT reflète ses indicateurs de rentabilité, qui bénéficient d’une meilleure efficacité et de sources de revenus diversifiées. Malgré la forte pression sur le coût de risque et de financement, Moody prévoit que la rentabilité de la BIAT continuera de dépasser celles de la plupart des banques tunisiennes privées. Les faibles paramètres de la qualité des actifs de la banque, qui pourtant se stabilise depuis 2014, restent encore faibles face à la limitée capacité d’absorption des pertes de la banque. Le BCA reflète aussi les bons tampons de liquidité de la banque portés par sa position sur le marché en tant que première banque privée de Tunisie, se traduisant par une forte capacité de collecte de dépôts et de larges réserves d’actifs liquides.

– Société Tunisienne de Banque

Moody’s a confirmé à B1 la note de dépôts de la STB. Le BCA de Caa3 de la banque reflète des tampons de capitaux érodés dans le contexte d’une qualité des actifs particulièrement faible, sous l’effet de son exposition par le passé à des secteurs et des prêteurs en difficulté. Moody prend acte des plans de recapitalisation annoncés par la banque, et le BCA reflète l’espoir que la mise en œuvre des plans et la restructuration opérationnelle y afférente – toutes deux critiques pour sa solvabilité soutenue – vont réussir. L’évaluation de Moody intègre également les défis auxquels la banque est confrontée en termes de fiabilité de l’information comptable et de risque, comme le soulignent les réserves citées par les auditeurs externes dans les deux derniers rapports financiers annuels. Le BCA intègre également des tampons de la faible liquidité de la banque et les pressions auxquelles est soumise sa base de dépôts.

Mohamed Lahmar

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L’amertume est entière

L’amertume est entière, la frustration aussi. Jalloul Ayed, ancien ministre des Finances et candidat de la Tunisie à la présidence de la BAD, n’est plus dans la course. « C’est terminé » a-t-il dit dans un statut publié sur sa page officielle Facebook, relayé en cela par un tweet dans le même sens du ministre du Développement et de la coopération internationale, Yacine Brahim. La déception est d’autant plus grande et vive que le malheureux candidat, contacté par Express fm, a révélé que la Libye et l’Algérie n’ont pas voté en sa faveur.

Ainsi, l’aventure se termine là pour lui comme pour quatre autres postulants qui sont, par ordre de préséance, Samura Kamara de la Sierra Léone, Sufian Ahmed de l’Ethiopie, le Malien Birama Boubacar Sidibé, et Thomas Sakala du Zimbabwé. Il ne reste plus que 3 candidats: Akinwumi Adesina du Nigéria, le Tchadien Bédoumra Kordjé, et la seule dame, Christina Duarte du Cap Vert.

Huit candidats étaient en lice pour succéder à ce poste au Rwandais Donald Kaberuka, qui part après deux mandats de cinq à la tête de cette institution bancaire au service du développement en Afrique. Ce sont Akinwumi A. ADESINA du Nigeria, Sufian AHMED de l’Éthiopie, Jaloul AYED de la Tunisie, Kordjé BEDOUMRA du Tchad, Cristina DUARTE du Cap Vert, Samura M. W. KAMARA de la Sierra Leone, Thomas Z. SAKALA du Zimbabwé et Birama Boubacar SIDIBÉ du Mali.

Le nom du prochain président de la BAD sera connu demain vendredi après que le Conseil des gouverneurs aura terminé d’interroger les candidats restants sur leur vision de la gouvernance de la BAD et du développement économique du continent. Sur ce terrain, d’après un consultant de l’institution panafricaine, “ils resteront certainement sur la ligne tracée par Kaberuka, c’est-à-dire la poursuite de la transformation structurelle de l’Afrique, le financement des infrastructures et le soutien au secteur privé”.

Eliminé par des « tirs amis » voire par la tiédeur du soutien de son pays

Manifestement, Jalloul Ayed a été « trahi » par les pays du Maghreb qui lui avaient promis d’une façon ou d’une autre leur appui, d’autant que, réunis, ils détiennent plus de 16% des voix. De plus, le candidat tunisien a pu bénéficier du parrainage de la Libye et du Maroc. A cet égard, on se perd en conjectures sur la position de l’Algérie qui pèse lourd dans le vote avec 4,21% des voix, le vote étant proportionnel par rapport aux parts possédées dans le capital de la banque, à l’instar du Nigeria, de l’Egypte, et de l’Afrique du Sud qui possèdent respectivement plus de 9%, 5%, et 4,8%des voix. C’est le cas aussi des pays non régionaux actionnaires de la banque comme les Etat Unis, le Japon, l’Allemagne, le Canada, la France et l’Italie qui ont respectivement plus de 6%, 5%, 4%, 3,79%, 3,75%, selon l’état des pouvoirs de vote au sein de la banque arrêté le 30 avril 2015.

Mais le plus lancinant dans cette élimination, c’est que le gouvernement tunisien n’a pas, si l’on ose dire, mis le paquet pour accompagner Jalloul Ayed dans son parcours vers la présidence de la BAD. Qu’il se soit agi du gouvernement de Mehdi Jomaâ ou de celui qui lui a succédé, on n’a pas repéré une quelconque action vigoureuse et rondement menée qui aurait permis au candidat tunisien de se frayer un chemin sûr et décidé vers la succession de Donald Kaberuka, sauf quelques initiatives éparses qui n’ont pas vocation, dans le cas de l’espèce, à aboutir à grand-chose, alors que de « grosses pointures » sont en compétition et qui bénéficient du soutien sans faille des pays de l’Afrique subsaharienne. D’ailleurs, l’expert en relations internationales Abdelmajid Abdelli, cité par TAP, a bien souligné que le profil demeure d’une importance secondaire par rapport aux considérations d’ordre politique qui entrent en jeu lors des élections. Parmi ces considérations, il a mentionné l’appartenance géographique et régionale du pays du candidat, son poids dans l’échiquier de la région, le dynamisme de sa diplomatie et son poids électoral. L’appartenance du candidat à l’Afrique francophone ou anglophone entrent également, en considération.

Dans pareille configuration, il aurait fallu pour le gouvernement tunisien mobiliser mieux et de façon conséquente les voisins maghrébins et mettre au point une vrai stratégie de conquête de la présidence de l’institution économique africaine. En lieu et place, et afin d’accroître augmenter les chances de son candidat à ce poste, le gouvernement tunisien a retiré la candidature de Nidhal Ouerfelli, ancien ministre chargé des dossiers économique pour un poste au sein de la Banque Arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), selon ce qu’a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Taieb Baccouche, Et d’ajouter, comme sûr de son fait que « le candidat tunisien possède des chances réelles».

Le pré-verdict du Conseil des gouverneurs de la BAD ne l’a pas entendu de cette oreille, car une solide candidature à semblable poste ne se fait pas presque dans l’improvisation et surtout la tiédeur et le manque d’enthousiasme du gouvernement du postulant.

Mohamed Lahmar

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Après la cohorte de «experts» qui disait tout et n’importe quoi à propos du dossier des hydrocarbures en Tunisie pour déstabiliser l’administration qui en est chargée (comme par exemple accuser faussement le PDG de l’Etap d’être dirigeant d’une autre

Après la cohorte de «experts» qui disait tout et n’importe quoi à propos du dossier des hydrocarbures en Tunisie pour déstabiliser l’administration qui en est chargée (comme par exemple accuser faussement le PDG de l’Etap d’être dirigeant d’une autre entreprise pétrolière où l’Etap était actionnaire, oubliant de préciser qu’il n’en était que dirigeant par intérim et sans salaire, ou faire passer des ruisseaux d’écoulement de lavage de phosphate pour des rivières de pétrole brut), voici la cohorte des associations, financées par l’étranger, qui chercheront à en prendre le contrôle, sous le prétexte de la transparence, mais sans qu’on sache pour le compte de qui. Sans vouloir faire aucun lien entre les informations dont nous disposons, nous nous bornerons à indiquer qu’un des candidats aux dernières présidentielles, tenterait depuis quelque temps de prendre pied dans une compagnie pétrolière. L’autre information, publique celle-là, est celle de la campagne «Ouvre le dossier» qu’a dernièrement lancée l’avocat et ancien CPR (Parti de Moncef Marzouki qui dirige le Harak…) Mohamed Abbou !

Des associations qui tiennent des conférences de presse en prônant la transparence, alors qu’elles n’ont jamais rien demandé qui leur ait été refusé par l’Administration qu’elles accusent, implicitement, de ne pas dire toute la vérité. L’une d’elle en a fait les frais, ce matin au micro de la matinale de la radio nationale.

Le ministère de l’Industrie et l’Etap (Entreprise tunisienne des activités pétrolières), semblent enfin se rendre compte que l’unique réponse à toute cette campagne, manifestement orchestrée dans un but politique, est la communication. Le ministre a ainsi pris la décision, d’abord, d’éviter à juste titre la communication «facebookienne» manipulable à souhait. Ensuite de tout publier sur le site internet du ministère. Voici, selon les données chiffrées qui nous ont été fournies par le ministère, comment se présentait la situation de la production des hydrocarbures en Tunisie.

Loin de flotter sur une gigantesque mare de pétrole, comme l’a certifié ce matin à la radio nationale tunisienne et sur Mosaïque Fm aussi, le PDG de l’Etap, la Tunisie ne dispose que de très peu de ressources pétrolières. Elle aura beau être enserrée entre l’Algérie et la Libye, au-dessus de la plaque pétrolière, dite de «Ghédames», cette dernière est à plus de 60 % en terre algérienne, à 15 % en terre libyenne et seulement à 10 % en terre tunisienne, comme l’a expliqué Mohamed Akrout à la radio publique tunisienne. Voici en tout cas, pour la transparence, un aperçu sur ses réserves. Pas de quoi faire rêver les chercheurs d’or…noir !

Encore plus transparent, le PDG de l’Etap qui affirme que tous les contrats pétroliers sont depuis un moment entre les mains du pôle judiciaire financier qui est appelé à y statuer, nous remet même la liste de tous ces contrats. Voici ainsi, à la date du dimanche 24 mai 2015, les noms de tous les permis actuellement en exploitation, abandonnés ou fermés et leurs productions respectives. Pour ce qui est de l’argent du pétrole et ce qui en revient à l’Etat, là aussi, les chiffres sont officiels. Suivez le guide.

Ka Bou

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Regardé en son temps comme un joyau d’architecture et érigé en plein centre de la capitale

Regardé en son temps comme un joyau d’architecture et érigé en plein centre de la capitale, sur l’Avenue Mohamed V, le siège central du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) dissous, offre depuis la Révolution du 11 janvier 2011, un spectacle désolant. Laissé à l’abandon et menaçant ruine, l’immeuble de 7 étages à la devanture de verre, n’est plus qu’une construction en état de délabrement avancé.

S’y rendant ce jeudi, le ministre des Domaines de l’Etat et des affaires foncières, Hatem Abderrahmane el Ichi, n’a pu qu’en faire le triste constat en déclarant que les locaux qui abritaient l’ex RCD sont dans un état lamentable et catastrophique.

Il a souligné que les efforts se poursuivent pour remettre en état les locaux et mettre à niveau l’immeuble, ajoutant que le coût de maintenance et d’entretien et de réparation est estimé à 10 millions de dinars.

Dans une déclaration à Africanmanager, il a ajouté que le gouvernement s’emploie à trancher la question de la cession du siège central du RCD dissous, précisant que son département a reçu de nombreuses offres de la part de parties désireuses de l’acquérir. Il a cité notamment parmi les postulants, la CNSS, les ministères de la Justice, de l’Intérieur et des Domaines de l’Etat ainsi que les instances constitutionnelles.

Le ministre a cependant écarté l’éventualité que le siège dont la valeur est estimé à 150 millions de dinars soit cédé aux privés eu égard à la symbolique historique qui s’y attache, a-t-il dit.

Il a reconnu que le constat des locaux du siège central du RCD a été tardif, ajoutant qu’un conseil ministériel restreint sera consacré très bientôt à la prise d’une décision définitive concernant la question de cession.

Dans une déclaration à Africanmanager, il a ajouté que la possibilité que le gouvernement prenne une décision politique à ce sujet est à l’ordre du jour eu égard à l’avalanche des offres. Deux scénarios sont envisagés, soit la cession au plus offrant, soit l’attribution du siège à des instances constitutionnelles ou sa conversion en un complexe administratif.

Il a précisé qu’au cas où l’Etat prendrait une décision politique, il remboursera toutes les dettes du RCD dissous estimés à 120 millions de dinars dont 80 MDT contractés auprès de la CNSS.

M.L.

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De l’avis unanime des analystes économiques tunisiens

De l’avis unanime des analystes économiques tunisiens, la dernière notation de l’agence Moody’s concernant la note souveraine de la Tunisie et le changement de la perspective de négative à stable n’apportent pas grand-chose à l’économie du pays, d’autant, estiment-ils, que l’on ne pourra pas escompter une évolution des notes ni dans un sens ni dans l’autre sur le court terme du moins.

C’est notamment l’avis de Walid Belhaj Amor, président du Centre tunisien de veille et intelligence économique (CTVIE) qui a déclaré à Africanmanager que la révision de la perspective de la Tunisie de négative à stable signifie qu’il n y’aura pas de changement de perspective à court terme, ajoutant que la situation en Tunisie sera stable et il n y aura ni d’amélioration ni dégradation de l’économie tunisienne.

Cette note traduit, selon lui, l’état des lieux de la situation économique du pays notamment en l’absence de décisions qui donnent de signes positifs d’amélioration de l’économie nationale, soulignant que les Tunisiens attendent à ce jour un programme économique clair, des réformes et des projets de loi, notant , au demeurant, qu’un climat social caractérisé par la multiplication du nombre des grèves et les pertes qui en découlent, accable le secteur tant public que privé.

En revanche, Walid Belhaj Amor a estimé positif le fait que la perspective soit changée à sable, ce qui, ajoute-t-il, est préférable à son maintien.

Il a expliqué que cette perspective accordée à la Tunisie est confortée par le fait que le pays s’est doté d’un nouveau gouvernement élu.

« Une perspective stable cela veut dire qu’on ne doit pas s’attendre à des changements à court terme voire d’ici la fin de l’année 2015, une période durant laquelle, Moody’s doit rendre publique sa nouvelle notification ».

Moody’s peu enclin à améliorer la note !

Dans cette analyse, le président du CTVIE est manifestement logé à la même enseigne que le professeur de finance internationale, Moez Laabidi qui a estimé dans des déclarations à l’agence TAP, que la notation de Moody’s n’aura pas d’impact significatif sur l’économie tunisienne et que le changement de la perspective aura des conséquences minimes sur les investissements directs étrangers , soulignant qu’il faudra attendre au moins le changement de la note pour que les investisseurs étrangers puissent changer sérieusement de comportement.

Ila indiqué que le changement de la perspective prend racine dans un certain nombre de facteurs dont la réussite institutionnelle, avec l’organisation d’élections démocratiques crédibles dignes d’une grande démocratie, la sortie de l’impasse financière, puisque les barrières au financement externe s’estompent, comme l’a bien confirmé la dernière sortie de la Tunisie sur le marché international et enfin la culture du consensus qui s’est imposée aujourd’hui comme une spécificité tunisienne (par rapport aux autres pays du printemps arabes) et a permis la formation d’un gouvernement d’union nationale où des formations laïques cohabitent avec un parti islamiste, Ennahdha.

Il n’en a pas moins fait remarquer que Moody’s ne semble pas convaincu d’aller vers une amélioration de la note. Il en veut pour preuves le retard pris dans les réformes (secteur bancaire, fiscalité, PPP, …), la multiplication des problèmes sécuritaires et des fondamentaux économiques qui n’arrivent pas à s’extirper du rouge (un taux de croissance de 1,7% pour le premier trimestre, un taux inflation à 5.7%, une forte dépendance des banques du financement de la BCT, un niveau alarmant du déficit courant, un budget criblé de majorations salariales, la faiblesse de l’investissement privé,…)

« Tant que l’audace politique n’est pas au rendez-vous, tant que le discours populiste trouve des adeptes dans la classe politique et tant que le syndicalisme ne déserte pas le terrain des revendications déstabilisantes pour les finances publiques, la dynamique de réforme restera grippée et notre séjour dans le «speculative grade land» risque de durer encore pour une bonne période », a-t-il averti.

L.M.

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Visiblement

Visiblement, les prévisions du taux de croissance de la Tunisie en 2015 fluctuent au gré de leurs auteurs, et ils ne sont pas du petit nombre, à commencer par les experts « maison » qui sont les plus pessimistes, pronostiquant une croissance nulle ou au mieux ne dépassant pas le 1%. Pourtant, les paramètres sur lesquels sont basés les scénarios des uns et des autres sont pratiquement les mêmes, à charge pour conjoncturistes d’en tirer les conclusions les plus proches et qui ont le plus prise sur la réalité. Le ministre tunisien des Finances s’en tient à ses 3%, un taux auquel souscrit le Fonds monétaire international, rejoint en cela tout récemment par la Banque africaine de développement.

En effet, la BAD évoque un taux de croissance de 3% en 2015 et de 4,1% en 2016. Ses experts ont estimé aussi que la baisse des prix du pétrole autour d’un prix moyen de 65 dollars le baril de brut devrait se maintenir en 2015 et jouer de manière positive au moins à deux niveaux. D’une part, cette baisse devrait améliorer la balance énergétique, dont le déficit a atteint 3,6 milliards de dinars tunisiens en 2014, et de l’autre, permettre une stabilisation de l’économie par une diminution du déficit commercial, du déficit courant et une amélioration du déficit budgétaire.

En fait, la BAD prévoit une meilleure maîtrise du déficit budgétaire dans le pays, lequel passerait de -4,7% du PIB en 2014, à -4,5% en 2015, pour se situer au niveau de – 4,2% du PIB en 2016. Même constat pour le déficit courant, qui serait de l’ordre de 6% du PIB en 2015 (-7,9% en 2014) et de -5,5% du PIB en 2016. “La baisse des cours du pétrole devrait, également, contribuer à l’amélioration de la compétitivité et de la situation économique dans la zone euro, déjà favorisée par la baisse de la monnaie européenne par rapport au dollar.

Un contexte favorable qui devrait bénéficier à la Tunisie, notamment sur le plan des exportations et de l’investissement direct étranger (IDE)”, a encore noté la BAD.

Aussi la Banque Africaine a-t-elle recommandé au gouvernement de profiter du contexte favorable créé par la baisse des prix du pétrole pour accélérer la réforme en matière de subventions énergétiques et obtenir de nouvelles marges de manœuvre budgétaires.

Sur le plan des réformes structurelles, “l’existence d’une majorité parlementaire devrait permettre le vote des lois stratégiques demeurées en suspens durant la période de transition (2011-2014) dans le domaine de la réforme du secteur financier, de la concurrence, de la faillite et des partenariats publics privés (PPP)”, note le rapport de la BAD.

Pour ce qui est de l’inflation, la BAD estime qu’elle devrait également refluer en 2015 pour se situer au niveau de 5% (contre 5,5% en 2014) et 4,4% en 2016.

Dans son rapport sur les « Perspectives en Afrique 2015 », la BAD a estimé que « le retour à une plus grande stabilité économique et politique en Égypte et en Tunisie contribue à restaurer la confiance des investisseurs ». La reprise progressive des marchés d’exportation et l’amélioration de la sécurité devraient soutenir la croissance, notamment du secteur touristique, même si les attaques terroristes de mars 2015 à Tunis ont suscité de nouvelles inquiétudes.

Plus généralement, en Afrique du Nord, la croissance reste inégale, constate l’institution financière africaine, les retombées des soulèvements de 2011 se faisant toujours sentir. La situation en Libye est extrêmement instable, avec des luttes de pouvoir entre différents groupes et l’effondrement des structures de gouvernance politique et économique. La production de pétrole a encore chuté au premier semestre 2014 et, malgré un léger redressement au second semestre, la croissance a de nouveau été négative en 2014, sachant que les perspectives sont éminemment incertaines.. En Algérie, la production de pétrole a augmenté pour la première fois depuis huit ans et stimule la croissance, aux côtés du secteur non pétrolier. Au Maroc, la production agricole a diminué en 2014, après les niveaux exceptionnels de 2013, et plombé la croissance du PIB. Mais celle-ci devrait repartir, sous réserve d’une campagne agricole normale et du redressement des marchés d’exportation. La Mauritanie continue d’afficher la croissance la plus forte et la plus stable de la région, sous-tendue par des politiques macroéconomiques et structurelles favorables. La performance de 2014 est essentiellement à imputer, côté offre, au secteur minier (minerai de fer) et à la construction et, côté demande, à la consommation et l’investissement privés. La part exceptionnellement élevée des investissements dans le PIB (environ 45 %) augure bien de l’avenir.

M.L.

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La fièvre du pétrole secoue depuis quelques jours les esprits dérangés de quelques Tunisiens et les naïfs d’entre eux. Des déprimés de la révolution que manipulent

La fièvre du pétrole secoue depuis quelques jours les esprits dérangés de quelques Tunisiens et les naïfs d’entre eux. Des déprimés de la révolution que manipulent, depuis quelques années, de prétendus «experts» en contrats pétroliers d’abord puis en pétrole tout court, et depuis peu par on ne sait trop quelles forces. Des forces obscures et occultes, comme celles qui avaient allumé toute une région du Sud tunisien sur la foi d’une simple information annonçant la découverte de pétrole et y avaient déchaîné la violence tribale. Les mauvaises langues n’ont pas raté l’occasion de faire le lien avec le Post fb de l’ancien CPR Moncef Marzouki, où il préconisait de diviser le pays en provinces, dont celle du Sud et qui vivrait des rentes pétrolières. Avant, il y avait eu la crise de la société pétrolière «Petrofac» à Kerkennah et bien avant, il y avait eu toute la campagne des ressources naturelles et de la supposée corruption qui gangrènerait le secteur pétrolier. Une campagne qui avait fini par placer la gestion de ces ressources sous le contrôle direct de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Une décision qui assujettit, désormais, tout forage même d’un simple puits d’eau douce, qui est aussi une ressource naturelle [ce n’est pas une anecdote], à autorisation de l’Assemblée des Représentants du Peuple.

– La vérité si je mens

La vérité que personne ne croira d’ailleurs, c’est que la Tunisie n’a jamais été classée pays producteur de pétrole. La découverte du siècle aura été et restera le champ d’El Borma, un filon qu’explorent les Tunisiens et les Algériens des deux côtés de leurs frontières respectives. Le reste, ce ne sont que de petits puits, toujours forés et fermés, et qui ne reprennent de l’importance que lorsque le cours international du pétrole côtoie les 100 USD le baril. On a pu lire quelques fois des annonces de concessionnaires étrangers sur le sol tunisien, faisant état de probables faramineuses découvertes pétrolières. Il s’avèrera par la suite que ce ne sont que des bobards, uniquement destinés à faire monter la cote de ces entreprises étrangères en bourse.

L’autre vérité, fondamentale (Voir notre article), est que les réserves pétrolières prouvées dans le sous-sol tunisien, selon le PDG de l’Etap, ne dépasse pas les 419 millions Tep (Tonne équivalent pétrole) et qu’il n’en reste plus que 241 millions Tep. Plus important encore, selon les lois en vigueur en Tunisie, tout ce qui est sous terre, même enregistré au cadastre en nom privé, est la propriété de l’Etat, lequel récupérait beaucoup d’argent des concessionnaires étrangers (Voir l’article «Sommes-nous assis sur un lac pétrolier ?»). Depuis 2012, selon les chiffres du ministère des Finances, les revenus pétroliers sont à zéro. Ce document relatif à l’exécution du budget le démontre. Il y a lieu in fine de s’interroger sur le pourquoi de cette fièvre pétrolière qui s’empare des Tunisiens et les rend fous ?

– Ils sont fous ces Tunisiens !

Derrière cette folie, il y a d’abord les supposés «experts» de tout acabit et leurs rapports écrits à l’encre sympathique. Mais il y a aussi et surtout toute une partie de la population, des fermiers qui, faute de ne pas pouvoir exploiter eux-mêmes leurs lopins désertiques à la recherche de l’or noir, voudraient en vivre comme employés prioritaires des compagnies qui font le forage ou l’extraction. Eux aussi savent que les pétroliers paient grassement leurs salariés dans ce métier pénible.

Mais il y a aussi l’autre partie de la population qui comptait sur la révolution pour vivre aux dépens de l’Etat. Depuis 1987, Ben Ali avait mis fin au concept de l’Etat-providence, libéré l’initiative privée, développé la formation professionnelle et les outils de création d’entreprise. Tout cet arsenal ne fonctionnant plus depuis l’avènement de la révolution, le peuple veut … un retour à l’Etat- providence. Ce peuple est certes «animé» par plus d’un parti politique dont les tendances économiques sont radicalement de gauche. C’est ce même peuple que les gouvernements successifs de la révolution n’arrivent toujours pas à remettre au travail et le gavent de toutes sortes d’indemnités et de salaires fictifs. Qui sème le vent récolte la tempête. On y est !

Khaled Boumiza

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A la cadence où se développe la controverse sur la loi portant création du Conseil supérieur de la magistrature (CSM)

A la cadence où se développe la controverse sur la loi portant création du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), il serait sans doute illusoire de penser que le texte aura force exécutoire dans un proche avenir tant les parties en présence campent sur leurs positions et tant elles « ne veulent pas entendre raison ».

Pourtant, ladite loi a été adoptée par les députés par une majorité de 131 voix contre 14 oppositions et 8 abstentions. Et conformément aux dispositions transitoires de la nouvelle Constitution, le Conseil supérieur de la magistrature devait être mis en place “dans un délai maximum de 6 mois, à compter de la date des élections législatives”, qui avaient eu lieu en octobre 2014.

L’ARP est aussi appelée à mettre en place la Cour constitutionnelle dans un délai d’une année à compter de la date des élections. En attendant, c’est l’Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des lois qui remplit cet office. Elle vient d’être saisie d’un recours contre la loi sur le CSM, auquel est jointe une pétition signée par 28 députés et une notification écrite d’adhésion de deux de leurs pairs.

L’Instance s’attaquera à la question sur la forme avant de tranchera sur le fond, dix jours à compter de la date du dépôt du recours, ce délai pouvant être prolongé d’une semaine, au terme duquel le recours sera jugé recevable en partie ou en totalité.

Mais la question qui ne manquera pas de se poser, ce faisant, sera de savoir si le président de la République va promulguer la loi. Pour ce faire, il n’est astreint à aucun délai contraignant, comme le stipule la Constitution. Il pourra soit renvoyer le texte devant l’ARP, soit en saisir l’Instance de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi. En attendant l’issue qui sanctionnera ce processus, les magistrats ont repéré un indice qui apporterait de l’eau à leur moulin, BCE ayant indiqué au président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme, qu’il ne signera jamais un projet de loi qui contrevienne aux dispositions de la Constitution.

C’est précisément autour de cette éventualité que l’Association des magistrats (AMT) développe son argumentaire, voyant dans la loi adoptée par les députés une « violation flagrante des dispositions du chapitre relatif au pouvoir judiciaire et une atteinte aux garanties liées à l’indépendance de l’AMT et à ses attributions ».

Tout en contestant ces propos, le ministre de la Justice, Mohamed Salah Ben Aissa estime que le Conseil supérieur de la magistrature ne peut pas avoir pour mission trois champs de compétence, celui du parcours professionnel, de l’inspection judiciaire et de la gestion des tribunaux, a souligné le ministre de la Justice.

«La meilleure solution est d’attribuer la gestion financière, administrative et judiciaire et celle des tribunaux au pouvoir exécutif», a-t-il proposé, soulignant la nécessité de fixer un budget pour le Conseil supérieur de la magistrature lui permettant de s’acquitter pleinement de ses fonctions.

L’autre pierre d’achoppement tient à la composition du CSM élaborée dans un texte initial, œuvre de magistrats, d’experts et de membres de la société civile. Pour les magistrats, ce texte reconnaissait la compétence d’une trentaine de corps de métiers pour faire partie du conseil supérieur de la magistrature. Or le texte remanié par le gouvernement ne retient que trois corps, les juges, les avocats et les experts comptables.

Comme on peut le voir, la loi portant création du Conseil supérieur de la magistrature prend de plus en plus les allures d’un bras de fer dont les enjeux pourraient aller au-delà de la législation elle-même. D’aucuns reprochent aux magistrats d’être un Etat dans l’Etat en s’emparant de l’ensemble des prérogatives reconnues au pouvoir judiciaire. Mais, bien y regarder, les magistrats veulent défendre leur indépendance et avoir exclusivement leur mot à dire concernant leur nomination et leur discipline.

M.L.

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Un proverbe français bien connu que le chef du gouvernement tunisien Habib Essid devrait méditer

Un proverbe français bien connu que le chef du gouvernement tunisien Habib Essid devrait méditer, disait que «lorsque le vin est tiré, il faut boire le calice jusqu’à la lie». La négociation est l’art de prendre d’une main la contrepartie de ce que l’on donne de l’autre, l’art aussi de faire des arbitrages, entre l’intérêt de l’individu et celui de la Nation, entre ce qui est urgent pour une partie de la population et ce qui est important pour toute la population.

Sans prétendre vouloir donner des leçons en la matière, il nous reste plausible de reprendre cette citation de François de La Rochefoucauld pour expliquer ce qui suit et qui n’en reste pas moins valable. «Ce qui fait que l’on est souvent mécontent de ceux qui négocient, est qu’ils abandonnent presque toujours l’intérêt de leurs amis pour l’intérêt du succès de la négociation, qui devient le leur par l’honneur d’avoir réussi à ce qu’ils avaient entrepris », disait à juste titre le Duc écrivain.

– Un zéro pointé en gestion de crise

Au risque de nous répéter, l’actuel chef de gouvernement tunisien n’arrête pas d’accumuler les impairs de gestion, depuis son premier conseil des ministres. Il n’a ainsi pas su gérer l’affaire de Dhehiba qui n’était qu’un avertissement que lui lançaient les contrebandiers du Sud. Il n’a ensuite pas su gérer les pressions de l’UGTT pour remettre le gouvernement autour de la table des négociations salariales alors qu’il devait déjà s’endetter pour pouvoir payer les salaires. L’actuel chef de gouvernement tunisien avait eu, juste avant d’entrer à La Kasbah, un précédent qu’il aurait pu suivre, une sorte de jurisprudence qu’il aurait pu défendre. Juste avant lui, l’ancien chef de gouvernement Mehdi Jomaa avait, des mois durant, su tenir tête au SG de l’UGTT, su faire le dos rond face à toutes ses pressions et maintenu jusque sa sortie, son NON catégorique à toute augmentation salariale pour l’exercice 2015. Essid persévère dans l’erreur et l’autisme et perd tous les rounds de négociations. Il ne soutiendra pas son ministre de l’Education qui finira par donner aux professeurs de l’enseignement secondaire tout ce qu’ils demanderont. Il ne tiendra pas parole, en jurant qu’il ne donnera pas à Houcine Abassi plus de 45 DT en augmentation salariale au titre de l’année 2014. Auparavant, il aura déjà presque tout perdu, en donnant tout et en acceptant de négocier pour 2015, sans rien arracher à l’UGTT en matière d’accords sur les grandes réformes, surtout celle des régimes de sécurité sociale, sur la loi du PPP que l’UGTT remet déjà en cause, sur le volet de la productivité et autres. Pour tout cela, celui qui n’a pas su être lion, oubliait qu’il avait en face de lui des experts en matière de négociation, un exercice pour lequel ils étaient très bien formés et rodés.

– La bourse ou l’avenir. Essid a choisi !

A la minute où il a accordé la première augmentation salariale, Habib Essid signait déjà son manque flagrant, tant en matière de négociation et d’arbitrage entre les intérêts de l’Etat et ceux d’une toute petite partie de la population. Il signait par la même occasion son large déficit de communication, comme le lui a récemment fait remarquer le Cheikh des Islamistes et son partenaire au pouvoir, Rached Ghannouchi. Le chef du gouvernement négociait seul, mal et sans vouloir prendre à témoin tout un peuple dont il engageait le budget, dilapidait les deniers publics et l’endettait pour des années. Depuis le début de l’année, le gros de toutes les ressources de l’Etat va aux salaires alors que tous les paramètres de production et de productivité vont à la baisse (Voir notre article)

Visiblement, la «stratégie» de négociation adoptée par le duo Habib Essid-Ammar Youmbaï, était de rechigner et de reculer pour mieux donner. La technique de l’UGTT était visiblement de prendre et demander plus, commencer par les enseignants du secondaire et les faire suivre par ceux du primaire. Ils créeront ainsi le précédent, l’acquis que le gouvernement ne pourra plus renier. Devraient suivre dans la foulée tous les autres secteurs auxquels les précédents gouvernements avaient promis des augmentations et avec lesquels ils avaient signé des accords. Le piège se refermera ainsi sur le gouvernement Essid. Il n’aura plus qu’à payer et se taire. Le ministre des Finances avait déjà averti le SG de l’UGTT qu’il lui faudra encore s’endetter et Abassi lui aura répondu que «c’est votre affaire». Slim Chaker a déjà essuyé la première savonnade du FMI à l’occasion du dernier voyage à Washington. Il s’y fera. Les USA ont déjà promis leur garantie pour un second emprunt de 500 MUSD. La Tunisie le prendra et Dieu sait ce qu’elle a donné en contrepartie. Certaines sources affirment que l’une des dispositions du fameux mémorandum signé à Washington, prévoyait déjà un mécanisme de contrôle, par les Américains, des dépenses des aides octroyées à la Tunisie. Qu’on ne parle donc plus de souveraineté de la décision nationale. Tout cela pour que tous nos salariés puissent augmenter leurs salaires sans retrousser les manches, se remettre au travail et travailler plus que toutes les années passées. Merci la révolution !

Khaled Boumiza

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L’agence de notation Moody’s a changé la perspective de la Tunisie de négative à stable

L’agence de notation Moody’s a changé la perspective de la Tunisie de négative à stable, citant une amélioration de la situation politique après la transition démocratique réussie vers un gouvernement de coalition laïque-islamiste en février, un meilleur accès au marché, et l’amélioration des déséquilibres budgétaires.

Les principaux facteurs stimulant la perspective de la Tunisie sont:

Une baisse significative du risque politique intérieur soulignée par la transition démocratique réussie et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale élargi.

Une réduction des difficultés en matière de financement suite à la reprise du financement officiel et l’accès aux marchés de capitaux internationaux.

Dans le cadre de sa notation, Moody’s a également confirmé la note de la dette de la Banque Centrale de Tunisie à Ba3 et a changé la perspective de négative à stable. Le gouvernement tunisien est juridiquement responsable des paiements de toutes les obligations de la Banque centrale, au motif qu’elles sont émises en son nom.

L’agence de notation a changé le plafond des obligations et des dépôts en monnaie locale de Baa3 à Baa2 , reflétant une force économique et institutionnelle accrue, et maintenu en l’état le plafond des obligations en devises, ainsi inchangé à Ba1 et le plafond des dépôts en devises à B1. Les plafonds à court terme demeurent aussi inchangés.

Exposé des motifs concernant la perspective stable

Le premier déterminant de l’attribution d’une perspective stable est la transition démocratique réussie avec la mise en place d’un gouvernement d’union à large assise qui met fin à la polarisation entre les islamistes modérés et les partis laïques qui ont émergé au cours du processus de transition. Les élections présidentielles et législatives fin 2014 organisées dans la foulée de l’adoption de la nouvelle Constitution en janvier 2014, marquent l’aboutissement d’un processus de transition démocratique pluriannuelle qui a suivi la révolution du jasmin de janvier 2011.

Le deuxième déterminant pour la stabilisation de la perspective est l’amélioration de l’accès au financement en réduisant les risques de liquidité du gouvernement. Cela comprend la disponibilité du financement officiel, via le FMI qui a récemment décidé l’extension de l’accord de confirmation et les engagements additionnels de financement multilatéral et bilatéral pour soutenir le processus de réforme économique de la Tunisie au cours des prochaines années. La récente émission obligataire en euros par la Tunisie souligne également l’amélioration de la confiance des investisseurs, eu égard à la consolidation de la stabilité politique.

Le troisième déterminant pour une perspective stable est la réduction progressive des déséquilibres budgétaires et extérieurs. Sur le plan budgétaire, le processus de consolidation budgétaire est soutenu aussi bien par les mesures relatives aux recettes que par la maîtrise des dépenses sous forme de moindres subventions à l’énergie, par exemple, qui sont encore soutenues par la chute récente des prix du pétrole. L’accent accru mis sur les dépenses en immobilisations dans le budget 2015 devrait soutenir la transition vers des dépenses qui favorisent la croissance, bien que la masse salariale du secteur public reste élevée, à plus de 12% du PIB. Moody’s prévoit que le déficit budgétaire atteindra 5,3% en 2015 avant de retomber à 4,2% en 2016 en raison des perspectives de croissance à la hausse.

Sur le plan extérieur, Moody’s s’attend à une réduction du déficit courant par rapport au pic atteint en 2014 compte tenu de l’amélioration de la demande extérieure provenant des partenaires commerciaux de l’UE, à une baisse des prix du pétrole alors que les récentes découvertes de pétrole onshore soutiennent la production de pétrole et de gaz, en plus de l’impulsion des exportations alimentaires, suite à une saison record de production oléicole . Alors que Moody’s s’attend à ce que le secteur du tourisme reprenne d’une manière plus progressive, les données pour le 1er trimestre 2015 indiquent une reprise progressive des flux des investissements directs étrangers (IDE), ce qui permettra de renforcer les réserves de change du pays. Avec 127 jours d’importations au 1er trimestre 2015, les réserves de change se sont nettement améliorées par rapport au niveau du 1er trimestre 2014 qui était de 100 jours. Le maintien d’un tampon de réserve adéquate est essentiel compte tenu de l’importante part de la dette en devises de la Tunisie à plus de 60%, ce qui augmente la vulnérabilité du poids de la dette entraînant une forte dépréciation de la monnaie nationale.

Le déterminant de la confirmation de Ba3

Le profil de crédit et le positionnement de la Tunisie parmi les pays comparables étayent la confirmation de la note Ba3. La capacité de l’administration publique et de la société civile de gérer le processus de transition de quatre années face aux perturbations et aux troubles sociaux témoigne du cadre institutionnel robuste du pays. Cela dit, les disparités régionales prononcées et les inefficacités du marché du travail ajoutent aux tensions sociales qui pèsent sur le climat de l’investissement et le potentiel de croissance du pays. Le risque de liquidité au niveau du gouvernement demeure une contrainte modérée sur la qualité de crédit en raison des besoins de financements publics bruts estimés à 10% du PIB au cours des deux prochaines années. La note de Ba3 souligne également les vulnérabilités du secteur bancaire public qui s’offre à un processus de restructuration significative. Enfin, alors que le risque politique intérieur a régressé de manière significative, l’activité terroriste récente met en évidence les tensions en matière de sécurité auxquelles la Tunisie demeure exposée, notamment du côté de la Libye voisine.

Les cas de révision de la perspective

Une mise en œuvre rapide des réformes structurelles convenues dans le cadre de l’extension du programme du FMI aurait un effet positif, concernant notamment la recapitalisation des banques publiques et la réforme de la gouvernance, en plus des réformes fiscales visant à uniformiser les règles du jeu entre les secteurs onshore et offshore afin de promouvoir une croissance plus inclusive. Un rééquilibrage budgétaire et extérieur soutenu plaiderait pour un relèvement de la note.

Moody envisagerait de décerner une perspective négative en cas de: (1) une détérioration inattendue de l’environnement de la sécurité nationale ou régionale produisant des retombées négatives sur l’activité économique; (2) de nouveaux retards dans la recapitalisation des banques et la mise en œuvre des réformes structurelles qui pèsent sur l’investissement et les perspectives de la croissance ; (3) une forte augmentation des déséquilibres budgétaires et extérieurs.

Mohamed Lahmar

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Alors que l’activité touristique en Tunisie ne finit pas de se ressentir des effets de l’attentat

Alors que l’activité touristique en Tunisie ne finit pas de se ressentir des effets de l’attentat, le 18 mars dernier, contre le musée du Bardo, faisant 22 tués parmi des touristes de plusieurs nationalités, les visiteurs se font de moins en moins nombreux malgré les campagnes de promotions lancées en direction des marchés émetteurs. Selon les statistiques publiées par le ministère du Tourisme et de l’artisanat, les entrées touristiques (910 921 visiteurs) ont baissé de 28,8%, entre le 1er janvier et le 10 avril 2015, par rapport à la même période de 2010. Cette baisse est de 17,9% comparée à 2014.

Cette baisse est imputée, selon la même source, à une chute libre des flux des touristes européens de 46,4% à 275 086 entrées, entre 2010 et 2015. La régression est de 9,7%, en comparaison avec 2014.

Le nombre des touristes français (87.226 entrées), en chute de 61% (2010/2015) et de 18,1% entre 2014 et 2015. Le marché allemand (44.417 entrées) a accusé également une forte baisse de 33% (2010/2015) et de 11,5% par rapport à l’année dernière.

En ce qui concerne le marché maghrébin, le nombre des touristes maghrébins a baissé de 23,8% par rapport à 2014 et de 18,6% par rapport 2010.Il s’agit d’une baisse de 38% pour les touristes libyens depuis le début de l’année, est la principale cause de ce fléchissement, a indiqué le ministère du tourisme.

Seule embellie dans ce tableau, le nombre des touristes algériens est en hausse de 5,6% par rapport à 2014 et de 27,7% par rapport à 2010.

Lancement d’une campagne promotionnelle ciblant le marché algérien

Pour sauver la saison estivale, le ministère du Tourisme s’est engagé à améliorer l’image de marque de la Tunisie auprès des touristes, à diversifier l’offre touristique et à promouvoir la qualité des services. C’est dans ce contexte que de nombreuses campagnes promotionnelles ont été récemment lancées dans plusieurs pays, notamment en Algérie dont le marché demeure très fidèle à la destination tunisienne.

Cette campagne promotionnelle prévoit une batterie de mesures, dont notamment la mise en place de plusieurs dispositifs visant à améliorer l’accueil des touristes algériens se rendant en Tunisie par (voie aérienne et terrestre).

A rappeler que l’Algérie et la Tunisie ont récemment convenu de réactiver la commission mixte entre les deux pays dans le domaine du Tourisme et de l’Artisanat.

Cette commission, selon le ministère du Tourisme tunisien, procèdera à l’évaluation de tous les accords conclus entre l’Algérie et la Tunisie dans le domaine du tourisme et de l’artisanat afin de mettre en place un nouveau programme pour le développement du secteur.

En dépit de la situation sécuritaire fragile au pays de la révolution du Jasmin, nos voisins algériens bravent le danger, pour venir passer leurs vacances en Tunisie. Le touriste algérien est très estimé en Tunisie, à cause de son attitude dépensière, contrairement aux autres touristes, notamment européens.

Le partage de la même langue, l’histoire et les traditions entre Algériens et Tunisiens représentent des éléments essentiels dans le choix de la Tunisie qui présente aussi un produit touristique diversifié qui répond aux attentes.

L.M.

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