Ces chiffres, en temps de crise, vont en étonner plus d’un

Ces chiffres, en temps de crise, vont en étonner plus d’un

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Malgré un contexte économique encore fragile, et un fort resserrement des liquidités sur le marché, l’encours des dépôts cumulé du secteur s’est élevé à 58,2 Milliards de dinars au 30-09-2018, en hausse de 4% par rapport à fin Décembre 2017 suite à l’intensification des efforts commerciaux des banques. Grâce à son réseau d’agences étendu (207 agences à fin 2017), la croissance la plus importante et la plus significative a été affichée par Attijari bank que ça soit en absolu (+797 MDT) ou bien en relatif (+13,3%) se détachant ainsi du reste de ses consœurs“. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par l’intermédiaire en bourse Mac Sa sur le secteur bancaire, en se basant sur les chiffres arrêtés au 30 septembre 2018.

Deux autres banques ont aussi réussi à dépasser la croissance sectorielle moyenne de l’encours des dépôts, à savoir la BT avec 9,4% et l’UIB avec 9,1%. En termes de parts de marché des dépôts, la BIAT occupe toujours la première place avec une part de 18,6%, suivie de loin par la BNA avec une part de marché de 12,9% et Attijari bank avec 11,7%.

En termes de structure, les dépôts à vue ont progressé de 3,9% et leur part dans l’ensemble de l’encours des dépôts est restée quasi inchangée par rapport à la fin de l’exercice 2017. Individuellement, on trouve que Attijari Bank a réalisé le plus important effort de collecte de dépôts à vue, soit 366,3 MDT (+13,6%) ce qui représente tout de même 43% de l’effort de collecte du secteur. La BIAT, la BT et la BNA ont été les autres principaux contributeurs à la hausse des dépôts à vue du secteur avec respectivement 151 MDT , 145,6MDT et 145,3 MDT alors que l’ATB, la BH et AB ont vu leur DAV baisser de 101,2 MDT, 4,.4 MDT et 2,1 MDT respectivement.

Les dépôts d’épargne ont par contre connu une progression plus importante, soit 7,4% favorisés par le relèvement du taux de rémunération de l’épargne par la BCT. Ainsi, les dépôts d’épargne ont gagné 100 points de base dans la composition des dépôts du secteur alors que les dépôts à termes et autres, qui sont onéreux pour les banques, ont augmenté d’à peine 0,8%. Ce trend a été hétérogène, puisque des banques comme l’ATB, la BIAT et surtout la BNA ont réduit leur encours de dépôts à terme, d’autres à l’instar de l’AB, Attijari Bank, la BH et l’UIB ont intensifié leur recours à ce mode de financement onéreux.

Malgré une économie sous pression, les banques ont continué à accroitre leur encours de crédits qui s’est élevé à 62,86 Milliards de dinars au 30-09-2019 contre 59,16 Milliards de dinars au 31/12/2017, marquant une progression de 6,2%. Quasiment toutes les banques ont enregistré une évolution positive des crédits, à l’exception de l’Amen Bank qui semble ralentir la cadence pour mieux assainir son portefeuille (même si le repli reste peu important). Alors que la STB et la BH ont enregistré des croissances à deux chiffres de leurs encours des crédits, soit 10,5% et 10,4% respectivement, les autres banques ont affiché des croissances moins accélérées. En troisième position, vient la BNA avec un taux de croissance des crédits de 8,2%, talonnée par Attijari Bank qui se place en quatrième position, avec une évolution des crédits de 6,7%.

En valeurs, ce sont les trois banques publiques qui ont le plus contribué à l’accroissement de l’encours des crédits avec respectivement 801 MDT pour la BH, 712 MDT pour la BNA et 641 MDT pour la STB. En quatrième position, on trouve la BIAT avec une contribution de 602 MDT.

La cadence de croissance des crédits supérieure à celle des dépôts s’est faite sentir sur le ratio Crédits/dépôts. Ce ratio indique la capacité des banques à financer elles-mêmes les prêts accordés. En-dessous de 100%, elles le peuvent intégralement, au-dessus, elles doivent trouver des financements extérieurs. A fin septembre 2018, la majorité des banques présente un ratio Crédits/dépôts au-dessus de 100%. Cet état des lieux pourrait entrainer le recours à des ressources financières plus coûteuses et par conséquent à une diminution des niveaux de rentabilité des banques de la place. D’ailleurs, les nouvelles règlementations des banques (ratio de liquidité en particulier) vont contraindre les banques à avoir un ratio crédits/dépôts de moins de 120%. La BCT vient d’émettre une nouvelle circulaire relative au nouveau ratio Crédits/Dépôts portant le numéro 2018-10 en date du premier novembre 2018. Les dispositions de la nouvelle circulaire entrent en vigueur à partir du dernier trimestre de 2018 par référence au ratio «Crédits/Dépôts» de fin septembre 2018.

Les banques sont tenues de respecter un ratio Crédits/Dépôts qui se situe à un niveau inférieur à 120% à la fin de chaque trimestre. La réduction à appliquer en cas de ratio supérieur ou égal à 122% à la fin d’un semestre donné sera de 2%. En cas de dépassement, les banques seront passibles d’une amende calculée sur la base du montant des créances en dépassement par rapport au ratio cible du trimestre. A priori, et sur la base des chiffres au 30/06/2018, 5 banques respectent ce ratio et notamment la BIAT et Attijari Bank qui disposent d’une structure de dépôts assez avantageuse, d’une capacité de mobilisation des ressources extérieures (notamment en devises) assez forte qui peuvent ainsi maintenir une politique de crédits plus expansionniste que leurs consœurs.

Pour les banques publiques, si on exclut les dépôts en devises, tel que requis par la circulaire de la BCT, les ratios de transformation Crédits/Dépôts seront plus importants que nos estimations.

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