Chez Jomaa, Jalloul, Ghannouchi… Des horreurs partout !

Chez Jomaa, Jalloul, Ghannouchi… Des horreurs partout !

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On ne peut pas devenir maitre dans un art quand on n’a pas été disciple. La Tunisie continue de faire le difficile apprentissage de la démocratie et tente, tant bien que mal (plus mal que bien, pour le moment), de devenir le premier pays arabe à briller en la matière. Mais sa classe politique, qui hélas apprend en même temps que les citoyens, ne facilite pas la tâche. Pas un jour, une heure sans que les Tunisiens ne reçoivent en pleine poire les sorties de route de leurs “élites” politiques, autant de mauvaises nouvelles qui s’ajoutent à l’inflation, les grèves, les inquiétudes quant à l’avenir, etc. Des Tunisiens qui pourraient le faire payer très cher aux politiciens en s’abstenant massivement aux prochaines élections. Et ils ont été copieusement servis ces derniers jours avec une grosse anomalie chez Al Badil Ettounsi, la série noire qui continue chez Nidaa Tounes et une étrangeté du côté d’Ennahdha, pour ne citer que ceux-là…

Parachutage chez Jomaa

Faouzi Elloumi, un des ténors de Nidaa Tounes, a quitté la barque de manière fracassante. Mais ce qui l’est encore plus c’est comment il a atterri : à Al Badil, chez Mehdi Jomaa, sur le fauteuil de président du Bureau politique, directement, sans autres formalités ! Bon, personne ne doute des qualités personnelles de Faouzi Elloumi, de sa capacité à donner un coup de fouet au parti de Jomaa lequel, il faut le reconnaitre, a un mal fou à taper dans le coeur des électeurs. Mais ce parachutage est tout de même très étrange. En effet si c’est le président du parti qui a imposé ce choix, c’est grave; si les dirigeants du parti en ont décidé ainsi, c’est tout aussi problématique. En effet il est d’usage que ce type de poste soit confié à un militant de la première heure, qui a roulé sa bosse au sein du parti, s’est battu pour lui… Bref, c’est un poste qui se mérite, et ne s’offre pas de cette façon, comme on donne un gros cadeau de bienvenue. La chose n’est pas normale, elle surprend, choque même à certains égards, et assurément alimente la défiance populaire et le pessimisme ambiant. Nidaa Tounes avait aggravé son cas en procédant à un parachutage de la sorte, en installant Slim Riahi, de l’UPL, au secrétariat général, après la greffe entre les deux partis. On connait la suite…

Des nouvelles de Nidaa

En parlant de Nidaa Tounes, le parti est toujours plongé dans le psychodrame du Congrès de Monastir. Le parti traine comme un boulet, trop lourd, ses 2 Comités centraux, avec leurs deux présidents, le fils du chef de l’Etat, Hafedh Caïd Essebsi et le président du groupe parlementaire de Nidaa, Sofiene Toubel, chacun avec son secrétaire général, Néji Jalloul pour Essebsi et Abdelaziz Kotti pour Toubel. Un grand foutoir qui n’a que trop duré. Et maintenant les deux camps communiquent par communiqués interposés, et personne ne sait comment cette affaire finira. Et le fondateur du parti, Béji Caïd Essebsi, ne moufte toujours pas. Il est vrai que c’est plus difficile de tailler dans le vif quand la main risque de frapper son propre fils. Inutile de s’attarder sur le fait que cette affaire fait tache, qui s’ajoute aux autres, à quelques mois des élections. On ne s’explique pas comment Jalloul, qui pourtant en sait un rayon, s’est laissé embarquer dans cette sombre affaire. Puisque les élections des présidents des Comités centraux font l’objet de recours, il fallait avoir la sagesse de ne pas tremper dans cet imbroglio et d’attendre que les litiges soient tranchés, que le droit soit dit et que les deux belligérants soient départages. Au lieu de cela le patron de l’ITES a foncé tête baissée en s’affichant avec Essebsi fils. Quelle tête fera-t-il quand l’affaire sera arbitrée en faveur de Toubel ? En politique certaines erreurs sont des fautes majeures qui peuvent être fatales pour une carrière.

Une invention signée Ennahdha

On connaissait les morts qui votent, mais des morts qui font des dons à un parti c’est nouveau ! Du reste nous allons être un peu plus prudents, cette affaire n’ayant pas encore livré tous ses secrets (c’est le travail de la Cour des comptes). Mais ce qu’on peut dire en l’état c’est que l’explication très saugrenue du porte-parole du mouvement Ennahdha, Imed Khemiri, donne à l’affaire un caractère surréaliste. En effet il s’est borné à dire qu’il s’agissait d’erreurs dans les numéros de carte d’identité des donateurs. Des erreurs sur un nombre aussi grand, enfin de qui se moque-t-on ?? Tenter de faire passer les vessies pour des lanternes est une preuve de plus du manque de considération des acteurs politiques pour les citoyens. A force de balancer n’importe quoi à la face des Tunisiens et que finalement tout cela ne révulse plus grand monde à part les observateurs et autres analystes, ces Messieurs/Dames se disent que ça aussi ça peut passer, surtout quand c’est lâché par un parti que presque tous les sondages annoncent vainqueur aux prochaines législatives. Quand les électeurs prendront l’habitude d’utiliser la seule arme qui vaille dans une démocratie, la carte d’électeur, les politiciens cesseront de leur parler comme l’a fait Khemiri.

1 COMMENTAIRE

  1. Il faut un miracle pour que les Tunisiens se bousculent pour aller voter. Dommage pour cet héritage social caractérisé par les ruses, la malhonnêteté, la corruption et les mensonges à ciel ouvert. La Tunisie n’a pas besoin d’argent ni de crédits qui hypothèquent les futures générations. Elle a besoin de plus de discipline sociale et de corrections des valeurs qui régissent nos relations. L’urgence est pour la mise en place d’une justice, courageuse, forte, indépendante et bien protégée contre tous malfaiteurs et malfaisants, quelque soient leur poids politique, administratif et financier. L’investissement dans cette action n’est pas énergivore. En effet, la puissance humaine est disponible et il lui faut peu de temps et beaucoup de bonne volonté pour avoir les meilleurs rendements au travail sérieux. Sachant que l’énergie humaine (E=PxTxr) à récupérer n’est autre que la simple multiplication de la puissance intellectuelle (P) par le temps au travail (T) par le rendement(r).
    Je reste toujours optimiste et convaincu que 10 grammes de bon détergent est capable de nettoyer 10.000 grammes de linge sale sans trop abîmer le récupérable.

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