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Le coup fourré d’Ennahdha était pour Chahed

Hier encore, le dirigeant nahdhaoui Abdellatif Mekki, disait que Kais Saied pourrait être le candidat d’Ennahdha aux prochaines présidentielles. Aujourd’hui, c’est le grand manitou lui-même, Rached Ghannouchi, qui s’exprimait lors d’un forum économique africain et assurait que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, pourrait être le candidat de son parti aux présidentielles. Il explique, en substance, que le choix d’Ennahdha dépendra du degré de confiance des Tunisiens, faisant ainsi allusion aux résultats des derniers sondages d’opinion qui donnent au chef du gouvernement un haut pourcentage de confiance. Des sondages où l’universitaire Saied Kais apparait aussi. Au dernier sondage d’Emrhod pour le mois de février 2019, Saied était en effet à la 5ème place, derrière Marzouki, BCE et Abir Moussi.

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Les intentions de vote, telles que rapportées par le même sondage, donnaient Ennahdha en 1ère place aux législatives, devant Nidaa et Tahia Tounes. La primauté du parti islamiste tunisien a été même confirmée par un autre institut tunisien de sondage. Il n’en demeure pas moins vrai, comme l’ont compris presque tous les autres partis de la place en Tunisie, que le meilleur moyen de se positionner politiquement en Tunisie est de le faire avec un projet politique contraire à celui d’Ennahdha et même contre elle carrément. Cette dernière est tout aussi consciente que le meilleur moyen de mettre un adversaire au pilori est de lui accoler l’image de pro-Ennahdha, de partenaire possible ou probable.

Dans leurs luttes intestinales, les partis en tirent profit, pour se tirer les uns sur les autres, en utilisant ce que dit le parti islamiste d’une telle personnalité ou de tel parti politique. C’est ce que fait, par exemple, Nidaa Tounes, père et fils, contre le chef du gouvernement. C’est ce que fait, sur un autre plan, Abir Moussi en faisant des Islamistes sa cible principale.

Consciente de tout cela, elle se prend pour le véritable maître du jeu de l’échiquier politique tunisien de cette période post-électorale où tout le monde a débuté sa campagne avant les délais réglementaires, et semble avoir mis au point une stratégie de «dénigrement» de ses concurrents par l’accusation d’être proche d’elle ou d’être son probable candidat, tant elle se sait une véritable peste politique fuie par une grande majorité des électeurs.

La dernière victime de cette diabolique stratégie vient d’être le chef du gouvernement, Youssef Chahed, dont elle demandait, il y a quelques mois, qu’il annonce sa non-candidature, avant de crier de nouveau sur tous les toits qu’elle le soutient contre son compagnon de route Béji Caïed Essebssi et lorsqu’il lui est devenu évident que Chahed finira par constituer son propre parti. Sur une radio privée tunisienne, Mustapha Ben Ahmed aurait d’ailleurs mis beaucoup de distance entre Chahed et Ennahdha, confirmant que la décision de présenter Youssef Chahed ou non sera uniquement prise par Tahia Tounes, assurant que le chef du gouvernement est actuellement occupé à gérer les affaires du pays

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