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lundi 21 septembre 2020
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Nabeul : C’est pas quelques millions, mais des centaines

Le choc des images, des voitures emportées comme des jouets, l’eau qui prend possession des rues et maisons, des citoyens déboussolés parce qu’ayant tout perdu… et cette terrible impression d’impuissance face aux forces de la nature. Des drames personnels, familiaux et pour l’économie locale, des tragédies qui ont eu des échos à l’international. Jusqu’en France on se mobilise pour les sinistrés de Nabeul. Il est vrai que l’ampleur des dégâts exigeait une réaction au-delà des frontières, et c’est manifestement ce qui est en train de se passer. Mais est-ce que toute cette dynamique suffira à panser les plaies des Nabelois ? La question mérite d’être posée. En effet on était parti sur des dégâts estimés à quelques millions de dinars. Autre son de cloche chez Samir Majoul, président de l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat). « C’est une véritable catastrophe nationale qui est survenue dans le gouvernorat de Nabeul, les dégâts se chiffrent en centaines de millions de dinars » a indiqué le patron des patrons samedi 29 septembre 2018, en marge d’une visite effectuée dans le gouvernorat de Nabeul.

Pour lui, il est nécessaire de trouver un mode d’assurance contre les catastrophes pour « alléger la pression sur l’Etat et ses institutions« . Il s’est félicité des décisions prises par l’Etat, prévoyant qu’elles seront suivies par d’autres plus importantes, étant donné que les dégâts enregistrés dépassent de loin les premières estimations. Voilà, tout le monde est vacciné : Il y aura de la casse, et il va bien falloir réparer, payer…

Une économie paralysée

Le président de la centrale patronale a déclaré que la priorité n’est pas de mesurer l’ampleur des dégats, mais d’assurer le retour des entreprises économiques à la production, indiquant que l’UTICA a contribué par des dons dépassant le million de dinars. En parlant de l’économie de la région, les cinq hôtels sinistrés, suite aux inondations qui ont ravagé, samedi dernier, le gouvernorat de Nabeul se sont retrouvés dans l’obligation de changer le lieu de résidence de leurs clients. Il faudra beaucoup de temps avant que ces établissements, dont notamment l’hôtel « Africa Jade » de Korba, puissent reprendre leurs activités économiques, a indiqué, samedi 29 septembre 2018, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Selma Elloumi, dans une déclaration à l’agence TAP.

En marge d’une visite effectuée, samedi, à Nabeul, la ministre a affirmé que « les dégâts ont été enregistrés, surtout, au niveau des équipements placés au sous-sol, lesquels ont été submergés par les eaux, notamment dans les deux villes de Korba et Nabeul« .
« L’inventaire des pertes se poursuit à un rythme accéléré et ce grâce à une coordination entre le gouvernement et l’UTICA, afin de décider des mesures à prendre pour aider les entreprises économiques et les artisans« , a-t-elle ajouté.

Et puis il y a les dégâts sur les infrastructures, véritable poumon de l’économie. Les dégâts au niveau de l’infrastructure sont « importants« , a souligné la gouverneure Saloua Khiari.
Elle a indiqué que 20 à 25% des routes classées et 30% des pistes agricoles ont été détruites, rappelant que le réseau routier au gouvernorat de Nabeul est estimé à 800 km.

La même source a tenu à préciser que la situation s’améliore progressivement, ajoutant que les interventions se poursuivent dans onze délégations de la région.
Quatre commissions techniques s’emploient à évaluer les dommages liés aux inondations et recenser les aides à attribuer aux familles sinistrées.

Des aides en nature ont été distribuées par l’Union tunisienne de Solidarité sociale consistant en des matelas, couvertures, vêtements et fournitures scolaires.
Egalement des aides en espèce allant de 1500 à 3000 dinars seront allouées aux familles nécessiteuses pour indemniser les travaux de restauration. Les bénéficiaires seront identifiés par la commission de l’équipement, a précisé la même source.

La solidarité au rendez-vous !

Des hommes d’affaires tunisiens en Ile-de-France se sont engagés à réaménager toutes les écoles endommagées par les inondations à Nabeul, a déclaré, dimanche 30 septembre 2018, le consul général de Tunisie à Paris, Ali Chaalali, lors de la journée porte ouverte « Téléthon » pour la collecte de fonds au profit des sinistrés des inondations à Nabeul, à la Maison de Tunisie à Paris.
Co-organisée avec des associations tunisiennes en Ile-de-France, cette action de solidarité se poursuivra durant un mois dans les différents consulats de Tunisie en France, a indiqué l’ambassadeur de Tunisie à Paris, Abdelaziz Rasaa, tout en précisant qu’un compte bancaire a été ouvert à la TFBank pour assurer la collecte et le transfert des fonds.

Prenant la parole, plusieurs intervenants ont déploré la défaillance de l’infrastructure de la ville. Ils ont lancé un appel pour mettre en place une stratégie afin de protéger Nabeul contre les inondations.
Par ailleurs, plusieurs associations de Tunisiens en France ainsi que des partis politiques se mobilisent depuis une semaine pour mettre en place des actions de solidarité et collecter des fonds afin de venir en aide aux sinistrés du gouvernorat de Nabeul.

L’UTICA octroie 200 mille dinars au gouvernorat de Nabeul dans le cadre de la campagne de solidarité avec cette région, après les inondations qu’elle a connues, a annoncé Majoul.
Cette annoncé, a indiqué l’UTICA dans un communiqué publié dimanche 30 septembre 2018, a été faite par Majoul lors de sa participation dimanche matin, en compagnie de Jamel Ksibi, président de la Fédération de la construction et des travaux publics relevant de l’UTICA, au Téléthon qu’organise la télévision tunisienne pour la collecte de dons au profit du gouvernorat de Nabeul.
Majoul a, par ailleurs, exhorté les chefs d’entreprises à participer à la campagne de dons au profit du gouvernorat de Nabeul.

Et puis il y a la mobilisation des opérateurs téléphoniques (Tunisie Télécom, Ooredoo Tunisie), de l’UGTT, de la société civile… Un élan de solidarité à la hauteur de la catastrophe. Mais une fois que l’émotion sera retombée, il faudra se poser des questions, les bonnes questions : Est-ce que les habitats sont installés aux bons endroits (des zones non inondables) ? Est-ce que nos infrastructures (surtout les canalisations) sont adaptées aux besoins du moment et aux défis à venir quand on sait que des événements de ce type, en raison du dérèglement climatique, sont appelés à se reproduire plus fréquemment ? Que faisons-nous présentement pour revoir l’aménagement du territoire dans la perspective des conséquences du réchauffement climatique, qui impacte déjà la Tunisie, et ce n’est qu’un début ? Il va falloir trouver des réponses, et vite.

S.L.

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