RDC : Kabila a désormais l’arme constitutionnelle pour démolir son successeur !

RDC : Kabila a désormais l’arme constitutionnelle pour démolir son successeur !

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L’illusion de l’alternance politique aura été de très courte durée en République Démocratique du Congo (RDC). En effet le Front commun pour le Congo (FCC), coalition pilotée par l’ex-président Joseph Kabila, vient de faire voler en éclats les derniers rêves de l’actuel chef de L’Etat, Félix Tshisekedi, en raflant amplement les élections sénatoriales du 15 mars 2019, d’après des résultats provisoires. C’est le début des ennuis, de très gros, pour Tshisekedi, à commencer par le fait d’être l’otage de son prédécesseur en vertu de la Constitution…

Félix Momat Kitenge, un haut responsable du FCC, parle de plus de 80 sénateurs sur les 100 sièges de la Chambre dans l’escarcelle de Kabila, à ajouter à celui de ce dernier, qui devient ainsi sénateur à vie. «C’est une nouvelle démonstration que la large majorité parlementaire appartient bel et bien au FCC dans les deux chambres [du Parlement congolais, ndlr]. Cette matérialisation reflète ni plus ni moins l’attachement indéfectible à la charte du FCC ainsi qu’à la discipline et à la loyauté aux idéaux prônés par Joseph Kabila», a-t-il confié à Jeune Afrique.

La plateforme mise en place par Félix Tshisekedi tente de donner le change, après avoir reconnu qu’elle a été défaite par Kabila et les siens : «L’élection sénatoriale est une élection de second degré. Ne gagne cette élection que celui qui a une majorité de députés provinciaux, et c’est le FCC qui a été proclamé vainqueur des élections provinciales du 30 décembre 2018, donc Cach partait avec un handicap», a déclaré Jean Baudoin Mayo Mambeke, secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC), la formation du directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe. Ils devront composer avec les anciens Premiers ministres Matata Ponyo et Samy Badibanga, le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba, le gouverneur sortant de la province du Kasaï oriental Alphonse Ngoyi Kasanji, ou encore la présidente de l’Union panafricaine de la jeunesse, Francine Muyumba, tous à la solde de Kabila et tous élus sénateurs.

Cependant ce n’est pas là le plus gros problème de Tshisekedi, mais bien l’épée de Damoclès de l’article 166 de la Constitution congolaise qui dit ceci : «la décision de poursuite ainsi que la mise en accusation du président de la République et du Premier ministre sont votées à la majorité des deux tiers des membres du Parlement composant le congrès suivant la procédure prévue par le règlement intérieur». Concrètement le FCC de Kabila aura toute latitude pour fabriquer différentes infractions – « haute trahison », « délits d’initié », « atteinte à l’honneur » « corruption » – pour causer la perte de l’actuel chef de l’Etat. Ce dernier est donc très mal embarqué pour impulser les changements qu’il avait promis à ses électeurs, et il y a de fortes chances qu’il ne soit pas autre chose qu’un président fantoche, d’apparat et Kabila le véritable maitre de la RDC…

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