Sahbi Ben Fredj à Nabil Karoui. La réponse du berger à la...

Sahbi Ben Fredj à Nabil Karoui. La réponse du berger à la bergère

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Le candidat aux prochaines présidentielles tunisiennes avait ce mardi 18 juin 2019 envoyé une lettre, via ses journalistes à l’ARP, aux députés. C’est ce qu’avait révélé, tôt dans la journée, la députée de la Coalition nationale, proche du parti Tahia Tounes, Hajer Ben Cheikh Ahmed sur sa page officielle en arguant, lorsque la presse en parle, que c’était un message privé et qui sera repris par les médias. Etant certainement un des députés ayant reçu copie de la lettre de Karoui, le député Sahbi Ben Fredj a publié une longue réponse à l’adresse de Karoui.

Il lui rappelle, en premier lieu, que l’étude de la constitutionnalité des amendements à la loi électorale de 2014 reste du domaine exclusif de l’instance provisoire et que les députés de la Coalition nationale respecteront son avis. Il lui rappelle aussi qu’il est de son côté et l’a prié de respecter les décisions de l’autre instance constitutionnelle qu’est la Haica, quant à ce qui concerne sa décision de fermeture de la chaîne TV Nessma, propriété de Nabil Karoui, décision qu’il n’a pas respectée.

Pour les indigents, que Karoui dit représenter et défendre, Ben Fredj lui répond, sur un ton ironique : «soyez tranquille, nous espérons par ces amendements vous permettre, à vous et à tous les bienfaiteurs [Ndlr : Suivez son regard vers Olfa Taras], de vous consacrer entièrement à faire le bien autour de vous, sans que vos ambitions politiques ne vous en distraient (…). Ni qu’elles vous empêchent de lutter contre la faim, la maladie, le chômage, car je ne crois pas que vous conditionnez cela à l’arrivée au poste de chef d’Eta». Et de continuer, encore plus ironique : «d’ailleurs nous comptons sur vous, Monsieur Nabil, pour doubler vos efforts gratuits de distribution de dons». Et de lui rappeler encore que les images de ces distributions, diffusées sur Nessma, seront considérées par les amendements comme étant de la publicité politique.

Répondant ensuite au point relatif aux dangers que représenteraient les amendements sur la démocratie, évoqués par Nabil Karoui dans sa lettre aux députés, Ben Fredj indique que «il n’y a pas plus dangereux que de toucher aux principes de l’égalité entre les citoyens, le financement étranger des associations et des partis politiques, ainsi que le danger de la publicité politique». Et de le piquer au vif, en disant que «le peuple tunisien est plus intelligent que de croire qu’une personne qui ne respecte pas la loi (…) [Ndlr : suivront d’autres adjectifs que nous ne reproduirons pas] puisse un jour présider un Etat, conduire son armée et le conseil de sécurité nationale et le représenter à l’étranger».

Plus incisif encore, le député Ben Fredj s’en prend à Karoui qui aurait, à bien comprendre le Post du député, cherché des appuis étrangers. «Je ne comprends pas qu’un candidat aux présidentielles puisse se permettre de chercher des appuis et des positions émanant de l’étranger, contre le Parlement de son propre pays. J’aurais préféré que vous nous promettiez que les milliers de vos fans et de vos partisans descendent dans les rues, faire pression sur nous par les moyens démocratiques».

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