AccueilLa UNETaisez-vous quand vous parlez !

Taisez-vous quand vous parlez !

Le Président de la République tunisienne, Kais Saïed, a reçu jeudi tard dans l’après-midi à Carthage Najla Bouden pour aborder, dit un communiqué d’un autre âge de l’ère de communication, « un certain nombre de sujets liés au fonctionnement normal d’un certain nombre de services publics ».

Au dernier paragraphe de ce communiqué dinosaurien  en matière de communication, et comme si c’était le cadet des soucis du chef de tout l’Etat, la présidence redit les mêmes choses dans le même style complotiste, que Kais Saïed qui n’a manifestement pas très bien lu le dernier communiqué de l’INS sur l’inflation, « a appelé à la nécessité d’un travail continu pour réduire les prix, car quiconque cherche à les augmenter ou à supprimer certains produits a des objectifs qui entrent en conflit avec les revendications légitimes du peuple tunisien en matière de travail, de liberté et de dignité nationale ».

–          Les chiffres sont têtus, et le reste est exogène et incontrôlable

Au mois d’octobre 2022, les prix à la consommation progressent de 1% après 1,1% au mois de septembre. En variation mensuelle, les prix des produits alimentaires augmentent de 0,8 %, principalement des produits, soit importés et distribués par l’Etat, soit des produits dont la marge bénéficiaire est fixée par l’Etat. Selon l’INS, cette hausse est principalement due à celle des prix des œufs (+11,3%), des dérivés laitiers et fromages (+3,4%), des viandes ovines (+2,5%) et des viandes bovines (+2,2%) où l’effet rareté de l’offre et hausse de la demande impacte directement les prix à la hausse.

En octobre aussi, les prix des produits de l’habillement augmentent de 6,1%. En raison de la fin des soldes d’été, dit l’INS,  car ce sont des produits importés, après que la convention de libre-échange tuniso-turque a déstructuré tout le secteur, propulsant  même l’acheteur vers l’extérieur. Ainsi les prix des articles d’habillement augmentent de 6,1%, ceux des chaussures de 7,3 %, ceux des tissus de 1,2% et ceux des accessoires divers de 2%.

En octobre enfin, les prix du groupe « logement, eau, gaz, électricité » augmentent de 0,7%. Cette augmentation est principalement liée à la hausse des prix du groupe « alimentation en eau et services divers liés au logement » de 5,4%, en raison de la révision des tarifs des services de l’assainissement. Mais aussi la hausse des tarifs de l’énergie, ceux du fer à béton, du ciment et du bois, tous importés au moins du côté des matières premières, et en tous cas pour ce qui reste des accessoires pour le secteur du logement qui vit une crise, que confirme d’ailleurs l’économiste Hachemi Alaya dans son dernier EcoWeek.

En octobre dernier, toujours selon l’INS, « les prix des produits libres (non encadrés) ont augmenté de 10,3% sur un an. Les prix des produits encadrés ont augmenté quant à eux de 6%. Les produits alimentaires libres ont connu une hausse de 15,3% contre 0,5% pour les produits alimentaires à prix encadrés ». Dans les deux compartiments de prix, tous les experts se sont accordés à dire que les opérateurs locaux n’y avaient aucune responsabilité. Et on sait que les ministres de Saied , même s’ils sont interdits de communication, lui disent et expliquent tout.

–          Où est la responsabilité des « autres » dont parle Saïed ?

Or, qui a augmenté, et ne cessera pas de le faire, le prix des carburants ? C’est l’Etat et c’est certes inévitable. Qui a augmenté les taxes et impôts ? N’est-ce pas un Etat qui ne pense qu’à remplir ses caisses, quitte à vider celle du contribuable, personnes physiques et morales ? Qui a augmenté le taux directeur pour les banques et rendu le crédit plus cher ? N’est-ce pas la BCT pour faire face à l’inflation ?

Qui a augmenté les prix internationaux des matières premières, semi-produits et du transport ? Seraient-ce les opérateurs tunisiens eux-mêmes ? Encore fallait-il que le chef de tout l’Etat sache que toute hausse est inévitablement répercutée dans tous les prix, de l’agriculteur à l’industriel en passant par le commerçant, en accepte la responsabilité et arrête de rabattre les oreilles de son peuple par des explications à dormir debout !

Saïed dit qu’il n’est pas fb, ce qui est bizarre pour un chef de tout l’Etat qui doit beaucoup aux réseaux sociaux. Il devrait donc entendre la radio confisquée Shems et Radhi Meddeb (ar) qui y affirmait que le seul moyen de maîtriser les prix est le retour à la production et à l’export, et veiller à ce que la part des industries manufacturières ne continue pas à se rétrécir comme une peau de chagrin !

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