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Tunisie : Ben Hammouda douche l’optimisme de Chahed et donne sa recette

Dans son discours prononcé lundi 11 septembre 2017, lors de la plénière de vote de confiance aux nouveaux membres du gouvernement, le chef du gouvernement n’a pas pu convaincre tout le monde. Il n’a pas pu convaincre une bonne frange des financiers et des syndicalistes. La contribution conjoncturelle qu’il a proposée pour renflouer les caisses sociales et l’augmentation des cotisations sociales ont été fortement contestées. L’UGTT a qualifié de telles décisions d’unilatérales et irréfléchies. Le volet économique a été aussi contesté. Une vision économique claire mais qui manque de plan d’action ou d’exécution, selon certains experts financiers.

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L’ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda a réagi au discours du chef du gouvernement, Youssef Chahed, prononcé à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP). Dans une déclaration à Africanmanager, il a indiqué qu’il est très difficile aujourd’hui de parler des chiffres et de donner des prévisions sur le taux de croissance à l’horizon 2020, surtout que la croissance reste toujours faible. Du coup la reprise reste fragile et difficile à prévoir, selon ses dires.

Il a par ailleurs indiqué que le plan économique annoncé hier par le chef du gouvernement a intégré les bases de l’économie dont principalement la crise des finances publiques et les réformes économiques (réforme de l’administration, des banques, des entreprises publiques, des caisses sociales, de la caisse de subvention…).

Ben Hammouda a en outre indiqué que Chahed a mis en valeur dans son plan économique le partenariat public privé (PPP) comme élément essentiel et majeur dans la relance de l’économie.

Il a estimé que le chef du gouvernement a parlé de plusieurs éléments importants et a préconisé une vision économique claire qui était jusque là absente, mais il n’a pas donné de précisions sur le calendrier d’exécution : « C’est un discours d’orientations générales qui a besoin d’un ordre d’exécution (…) Le discours économique ces trois derrières années a été marqué par les bonnes intentions mais il y a un défaut d’action, d’où la nécessité de mettre en place un calendrier clair d’exécution pour renouer avec la croissance et parler de reprise« , a-t-il expliqué.

S’agissant de l’ensemble des réformes annoncées, l’ancien ministre des Finances a tenu à préciser que pour y parvenir, il faut tracer les priorités et donner des indications précises : « l’absence de priorités peut remettre en cause l’exécution des réformes« , a-t-il dit.

L’UGTT a aussi son mot à dire

Le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Noureddine Taboubi, a affirmé que son organisation s’oppose à plusieurs décisions « unilatérales » annoncées par le gouvernement, dont l’augmentation des cotisations sociales.

« L’UGTT a une vision différente de la réforme« , a déclaré le patron de la centrale syndicale à l’agence TAP en marge des travaux de la commission administrative qui se sont ouverts ce mardi à Hammamet, soulignant également le rejet de la privatisation de plusieurs entreprises et établissements publics
La commission administrative nationale examinera la question des négociations sociales dans les secteurs public et privé, a-t-il indiqué, confirmant le blocage des négociations dans plusieurs domaines du secteur privé en dépit de la signature d’un accord de base et d’accords relatifs à l’intégration dans la fonction publique.

L’accent sera en outre mis sur le dossier des caisses sociales lors de cette commission administrative, a-t-il dit, précisant qu’un comité de l’UGTT se réunit aujourd’hui pour discuter de la situation des caisses sociales et proposer des solutions alternatives.

Il y a lieu de rappeler à ce propos que le chef du gouvernement a annoncé, hier, un ensemble de mesures et de propositions et ce, dans l’objectif de relancer l’économie et amorcer une reprise. Parmi ces mesures, nous citons la mise en place d’un plan économique basé sur un nombre de projections dont un déficit budgétaire qui ne dépasse pas 3% du PIB contre 6% actuellement, un taux d’endettement réduit à moins de 70% du PIB, une masse salariale réduite à 12,5% contre 40% du PIB actuellement et un taux de croissance de 5% contre un taux de croissance ne dépassant pas les 2% au cours de cette année.

A cela s’ajoute l’achèvement des grandes réformes, à l’instar de celles des entreprises publiques en difficulté, des banques et de la caisse de compensation. Sur cette dernière question, le chef du gouvernement a proposé l’augmentation des cotisations sociales pour renflouer les caisses et la mise en place d’une contribution exceptionnelle (CSG, Contribution sociale généralisée), pour réduire le déficit.

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