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vendredi 25 septembre 2020
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« Business as usual »

Le Coronavirus donne de mauvais signes de reprise, mais personne ne s’en soucie. L’actuel gouvernement ne gère que lesdites affaires courantes, et les autorités sanitaires n’envisagent point la re-fermeture des frontières, ni le dépistage collectif, ni encore d’arrêter les flots de rapatriements, sanitaires ou pour simple raison de vacances. Le chef du gouvernement a d’autres chats à fouetter, et notamment son entreprise à défendre.
A l’ARP, on est déjà en vacances. Les centaines de projets de loi, financiers et hautement politiques, comme la Cour constitutionnelle, attendront. En septembre, elle sera encore absorbée par l’officialisation de la décision de Rached Ghannouchi de se retirer du Perchoir et devra d’abord s’entendre sur celui qui lui succèdera à la tête de l’ARP.
A Carthage, le chef de l’Etat gère, lui aussi, les affaires courantes , comme celles du chef de gouvernement en place et qu’il reçoit de temps en temps, ou celles des parties prenantes d’une crise politique italienne par Tunisiens interposés, et qu’il essaie de calmer par des visites aux principales régions de départ des migrants, pour essayer de rallier Italiens et Européens à l’adage de Confucius qu’il vaudrait mieux apprendre aux Tunisiens à pêcher que de leur donner du poisson. Une façon de les appeler à aider la Tunisie à créer de l’emploi en Tunisie, au lieu de proposer à ses gouvernants des aides pour arrêter les flux de boat-people vers Lampedusa. « Le problème est devenu tuniso-tunisien, et non avec les États européens » a dit Kais Saïed à Mahdia, pour ensuite politiser cette affaire en rappelant que le but de ces flux migratoires, dont il dit connaître les organisateurs sans les nommer, affirmant que « le premier cercle des responsables voudrait dire que les élections présidentielles n’ont pas abouti à la réalisation des attentes du peuple tunisien ». A sa manière, le chef de l’Etat tunisien personnalise une crise vieille de plus de 10 ans. On l’accuserait presque de « conflit d’intérêts » … politiques. Une première conclusion de tout cela : chacun a son petit diable en poche.

Un mariage à 2 MDT, et de petites banques à gros salaires !

Le tourisme coule, les voyagistes et Tunisair ne sont pas loin, si ce n’est les quelque milliers de confinés de retour de l’étranger. Le reste des entreprises disent toutes souffrir de l’impact du Covid-19, et se certifient toutes candidates aux aides de l’Etat. Ceux qui avaient mis au point les conditions de ces aides savaient pourtant qu’elles ne sont pas, en majorité, structurées pour ce genre d’aides et qu’elles n’ont pas le profil en ce qui concerne le mode de gestion. Les banques affichent déjà des chiffres à la baisse, alors que l’on n’en est qu’à la moitié de l’exercice, mais donnent toujours de gros salaires. Le secteur du leasing terminait déjà très mal au point le 1er semestre 2020.
En attendant, un homme d’affaires des plus connus, vient récemment de s’offrir un mariage à 2 MDT, dont plus de 150 mille DT en « boissons » et plus de 15.000 DT en crevettes, en présence de plusieurs figures politiques. « Ventre repu ne tient point rigueur ». Dans l’une de ses entreprises, les employés attendent pourtant toujours leurs salaires du mois précédent. Des milliers de Tunisiens se sont offerts des « sacrifices » à plusieurs centaines de Dinars. D’autres, plus pauvres, une virée en boat-people à plusieurs milliers DT pour l’Italie et peut-être ailleurs, femmes, bébés et même caniche compris. Les ventes des voitures, dites populaires ont vite repris, dès la fin du confinement. Les entreprises de téléphonie font toujours plus de chiffres d’affaires (+3 % pour TT, +15,6 % pour Ooredoo et +6,1 % pour Orange), grâce à la hausse du parc d’abonnés (1,472 millions en mars 2020, contre 1,506 million en mai 2020)
Ceux qui sont restés, certains n’ont pas boudé les hôtels et les « beachs » privés, sans se soucier de ce que cela va leur coûter, et inondent les réseaux sociaux de photos de leurs virées. Une seconde conclusion de cela : C’est l’Etat qui est au bord de la faillite en Tunisie, pas encore le Tunisien !

La cessation de paiement des … salaires, n’est plus loin !

Sinon, c’est encore une coupure de route. Cette fois, car l’eau leur provenait de Ghdir El-Golla et non du barrage de Beni-Mtir. Les incendies reprennent de plus belle, et les enquêtes piétinent. Les protestataires du Kamour finiront bientôt par bloquer toutes les vannes, et l’armée qui devait protéger les ressources pétrolières placées dans des zones interdites, fait marche arrière. Les éternels protestataires du bassin minier arrêtent tout et finissent par obliger les autorités à importer du phosphate au lieu d’en exporter. La Régie du Tabac préfère augmenter les prix des cigarettes, au lieu d’arrêter de subventionner les cigarettes importées.
Les ressources de l’Etat diminuent comme une peau de chagrin. L’Etat a déjà perdu plus de 1,6 Milliard DT en 4 mois, à cause du Covid et les mauvais arbitrages sont passés par là, alors que le ministre des Finances « construit encore des châteaux en Espagne ». Entretemps, le pays qui a la plus belle Constitution au monde applaudie par les Américains d’Obama, discute toujours du 3ème gouvernement d’après les élections de 2016 et le ministre de l’Intérieur chargé de le former, entame aujourd’hui les concertations avec les partis politiques. Il a le temps … Tout le pays a le temps. Pourtant, la distance avec sa faillite se rétrécit à vue d’œil. Et c’est un ancien ministre, certes Nahdhaoui, qui le redit après l’ancien chef de gouvernement !
Troisième conclusion : Il faut croire que Napoléon avait raison, qui disait que « la bonne politique est de faire croire aux peuples qu’ils sont libres ».

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