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Entre le marteau de Taboubi et l’enclume du désastre financier, que fera Chahed ?

La centrale syndicale ouvrière tunisienne est depuis quelques semaines comme une véritable ruche d’abeilles, à pieds d’œuvre pour mobiliser les fonctionnaires pour la prochaine grève dont menace l’UGTT pour quelques Dinars de plus. On aurait imaginé, à voir le mal que se donne l’UGTT pour pousser Youssef Chahed à faire comme Habib Essid, décrire l’état d’indigence des fonctionnaires qui ne trouveraient même plus de quoi manger, que ces mêmes fonctionnaires n’auraient pas besoin de tant de discours de mobilisation, d’autant d’argent de leurs cotisations dépensé à parcourir le pays, pour faire grève.

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On aura rarement vu travailler tant les ouvriers tunisiens, autrement que pour mettre à l’arrêt toute la machine économique et mettre en panne tous les efforts de remise sur pied de toute une économie. Si cette la même ardeur avait été mise uniquement pour faire revenir les ouvriers du bassin minier, les milliards de dinars de ses exportations auraient suffi à équilibrer toutes les balances du pays, commerciale et budgétaire.

Comme le savent très bien tous leurs économistes et comme refusent de le dire leurs patrons ou tenter de les raisonner, et comme ne l’avouent qu’entre 4 yeux et 4 murs les dirigeants autistes de l’UGTT, les caisses de l’Etat tunisien sont incapables de supporter les 1,7 Milliards DT d’augmentations salariales (sans compter les 17,5 % de charges salariales nécessaires) qu’ils demandent. Ils savent tout aussi bien, étant déjà les chantres de l’indépendance financière par rapport aux bailleurs de fonds, que toute augmentation salariale ne fera qu’alimenter la spirale inflationniste et la dégradation du pouvoir d’achat.

Ils savent bien aussi que d’autres manières d’améliorer le pouvoir d’achat existent et qu’il faudrait juste pour cela aider les gouvernements à les mettre en place, à commencer par travailler, améliorer la productivité et créer par là la valeur ajoutée à redistribuer sous forme d’augmentations salariales. De tout cela, les membres du BE de l’UGTT ne veulent rien faire et préfèrent faire toujours plus pression sur les gouvernements, à chaque nouveau gouvernement toujours plus, pour les pousser à donner plus qu’ils ne peuvent, sous menace de grève.

  • Et si Chahed disait oui à Taboubi

Imaginons alors que le gouvernement cède aux pressions de l’UGTT, directes par la menace de grève, et indirectes par ses rencontres, toujours à sa demande, avec un chef de l’Etat qu’on sait lui-même sous pression de son malentendu et son bras de fer avec le chef du gouvernement. Il se rendrait ainsi responsable de la dernière pichenette donnée de sa décision d’augmentation des salaires, à toute une économie, pour la précipiter dans le désastre. Il serait responsable de la coupure de pont avec ses bailleurs de fonds, actuels et à venir. Il serait responsable de la mise en gage, financière, de toute une génération et de celles de l’avenir, au entre des mains étrangères. Et si, comme il se murmure, qu’une partie de la prochaine augmentation venait à être piochée dans la ligne budgétaire de «dépenses imprévues» de 450 MDT, le gouvernement se rendrait coupable de mettre le pays en péril, si une catastrophe arrivait.

Cela, tout en sachant qu’il est l’actuel gouvernement, déjà unique responsable, d’avoir aiguisé l’appétit des syndicats par ses accords sur des augmentations dans le secteur privé et pour des entreprises publiques accablées par les dettes et incapables d’être financièrement rentables et même juste équilibrées. Il est responsable de n’avoir pas su et pu négocier avec les syndicats et de ne pas avoir su mettre les hommes qu’il faut à la place qu’il faut, pour ces négociations. Il est seul coupable de ne pas avoir su dire non au moment opportun.

  • Et si Youssef tenait tête à Noureddine ?

Imaginons maintenant que le gouvernement de Youssef Chahed ne cède pas à la pression et que, contrairement à l’UGTT, il tienne compte des réelles capacités des caisses de l’Etat, de l’avenir des générations futures qui seront accablées, à vie, à payer des milliards DT en service d’une dette qui ne ferait que précipiter encore plus l’économie du pays vers le gouffre.

Selon une estimation, faite par l’expert Ezzeddine Saidane, le coût financier direct de cette grève serait de 200 MDT. Cela reste de moindre impact que les 2 Milliards DT demandés. Là où le bât pourrait blesser, ce serait dans l’image de la destination Tunisie, en investissements directs étrangers, export, etc. La grève de la fonction publique bloquera aussi tout le secteur privé pour un temps. A ajouter au fait que ces grèves pourraient être récurrentes…

Que fera le gouvernement ? Quel choix fera-t-il entre payer immédiatement en monnaie sonnante et qui fera trébucher tout le pays et l’avenir de générations entières, ou payer un peu plus tard en agitation sociale, qui pourrait aussi n’être qu’improbable. La peur au ventre, on terminera par un «qui vivra verra» ! On ne terminera pas sans se poser la question où est Béji Caïed Essebssi ? Il connait tous les dessous de cette affaire et surtout sa très grave incidence sur l’économie et les finances du pays. Il sait aussi, très bien, qu’il avait essayé, du temps de Habib Essid, d’acheter la paix sociale et n’est parvenu qu’à attiser l’appétit des syndicats pour plus d’argent. Où sont aussi tous les partis politiques ? Ont-il peur de l’UGTT ou peur de perdre leurs sièges aux prochaines élections, s’ils se mettaient dans les rangs de l’intérêt national en face de l’intérêt d’une corporation, car c’est cela l’UGTT en définitive ?

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