“In fine” Essebsi Fils dicte sa loi et gagne, comme toujours

“In fine” Essebsi Fils dicte sa loi et gagne, comme toujours

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Nidaa Tounes a refait parler de lui ce week-end, et pas de la meilleure des façons, hélas pour les militants qui y croyaient encore. L’élection du président du Comité central, la grande nouveauté censée révolutionner les pratiques au sein du parti, vers plus de démocratisation et de transparence, a démarré samedi 13 avril 2019 dans l’après-midi à Hammamet avec la participation de 118 membres du Comité central.
La première réunion du Comité central de Nidaa Tounes est consacrée à l’élection de son président et de ses deux adjoints. Deux candidats sont en lice pour le poste : Hafedh Caïd Essebsi (HCE) et Sofiène Toubel.
La présidente du congrès de Nidaa Tounes, Samira Belkhadi, a tenu à souligner à l’ouverture de la réunion qu’elle se tient dans le respect des règlements : atteinte du quorum, appel des membres présents en présence d’un huissier notaire devant vérifier les cartes nationales d’identité et présence des médias pour assurer le suivi de l’opération électorale et le déroulement de la réunion. Jusqu’ici tout va bien…

Le ver est dans le fruit

Pour rappel, des divergences ont éclaté lors du congrès de Nidaa Tounes. Organisé les 6 et 7 avril en cours entre les villes de Monastir et Tunis, le congrès n’est pas parvenu à trancher les questions relatives à l’installation du Comité central et du Bureau politique.
Samira Belkhadi a appelé à une réunion samedi à Hammamet pour l’élection du président du Comité central du parti et de ses deux adjoints.
De leur côté, les membres du bureau du congrès de Nidaa Tounès ont annoncé jeudi l’annulation des résultats proclamés suite à l’élection du Bureau politique du parti. Ce clan du parti, attribué à son directeur exécutif Hafedh Caïd Essebsi, appelle, lui aussi, à la tenue cet après-midi à Monastir de l’élection du président du Comité central de Nidaa Tounes. Après l’installation du Comité central, les candidatures pour le Bureau politique seront ouvertes (le 25 avril en cours), conformément au règlement intérieur du parti et en tenant compte des conditions et critères fixés précédemment, soutient ce clan.

Toubel sur un nuage !

Sofiène Toubel est élu, samedi 13 avril 2019, président du Comité central de Nidaa Tounes lors de la réunion de Hammamet, convoquée par la présidente du congrès de Nidaa Tounes, Samira Belkadhi.
Sofiène Toubel a obtenu 115 voix alors que Hafedh Caïd Essebsi, lui aussi candidat pour le poste, a obtenu une seule voix, avec deux bulletins nuls sur un total de 118 voix déclarées. Mais le rêve de Toubel aura été de courte durée. Dans la soirée, HCE est élu à Monastir à la tête du Comité central du mouvement de Nidaa Tounes, avec un total de 83 voix sur 87 inscrits, deux abstentions et deux bulletins nuls, selon le huissier Sarah Meddeb, indiquant que le vote a été supervisé par le huissier Mazri Nouira.

J’espère que l’autre faction, réunie à Hammamet réfléchira bien et nous examinerons à l’avenir l’éventualité qu’elle rejoigne Nidaa Tounes“, se permet de déclarer Hafedh Caid Essebsi à la presse après la proclamation des résultats à Monastir.
Mongi Harbaoui, responsable de l’information au sein de Nidaa Tounes, a déclaré auparavant à l’agence TAP que Sofiene Toubal et Hafedh Caid Essebsi se sont portés candidats à la présidence du Comité central, un seul candidat, Kassem Makhlouf, pour le poste de premier vice-président, et un autre candidat, Marouene Bouida, pour le poste de deuxième vice-président.
Ces candidatures ont été entérinées après l’adoption du règlement intérieur du mouvement de Nidaa Tounes lors du congrès du parti tenu à Monastir“, a-t-il indiqué.

Un désastre, pour tout le pays

Alors le fils du chef de l’Etat ou Toubel ?? Qui est à la tête du Comité central ? Qui a la légitimité pour parler et agir en son nom ? Nul ne le sait à l’heure où on écrit ces lignes. Même les acteurs de cette triste et sombre affaire ne le savent pas. Nidaa Tounes fonctionne ainsi depuis que le président de la République a eu la mauvaise idée de s’en laver les mains, même symboliquement, et de laisser son fils agir à sa guise. Il est évident que toutes ces dérives ne pouvaient pas être stoppées comme ça, par enchantement, et encore moins quand des fauteuils et du pouvoir sont en jeu. Tout ce brouhaha et tout ce micmac sont de très mauvaises nouvelles pour le parti, pour toute la classe politique et pour la jeune démocratie. On en verra les dégâts aux prochains scrutins, avec une abstention qui pourrait toucher des sommets, et ce ne sera que le début des gros ennuis de la Tunisie…

SL-TAP

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