L’ALECA, une chance mais aussi un gros risque, selon l’IACE

L’ALECA, une chance mais aussi un gros risque, selon l’IACE

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L'ALECA, une chance mais aussi un gros risque, selon l'IACE

Intitulée “La Tunisie et les directives européennes : convergences vs protectionnisme”, la 6ème édition de “Tunis Forum” a eu lieu ce mercredi 19 septembre 2018 au siège de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE). Après avoir été évoqué en 2013 et en 2016, “Tunis Forum” se consacre de nouveau à l’ALECA (Accord de libre-échange complet et approfondi) au vu de l’ampleur que prend la thématique sur la scène économique et politique, d’autant plus que le troisième round est prévu pour cet automne.

Walid Bel Hadj Amor, vice-président de l’IACE a, dans ce cadre, indiqué que l’ALECA doit être considéré comme un outil pour engager une stratégie plus large de relance de l’économie vers plus de valeur ajoutée. C’est une opportunité, si nous sommes capables de mettre en avant la dimension politique de cet accord. Et de concrétiser le vote de la résolution du Parlement européen du 25 février 2016, de soutien à la démocratie, à l’économie et à l’emploi en Tunisie. C’est une opportunité, si nous sommes en mesure de concrétiser la dimension de solidarité de cet accord. Dans ses aspects asymétriques et progressifs et que ce soit la porte vers la création future d’un espace euro-méditerranéen. “Oui pour l’Aleca mais… il faut avant tout partir d’une vision, d’une stratégie et d’une approche (…) les ressources sont des préalables sans lesquelles les menaces risquent de prendre le pas sur les opportunités (…) Négocier n’est pas signer (…) un bon accord tardif vaut mieux qu’un mauvais accord précipité“, a-t-il assuré.

Les craintes qui se sont exprimées jusque-là portent essentiellement sur la question de l’ouverture de certains secteurs (services et agriculture), à la concurrence européenne. Ces craintes sont justifiées, mais elles ne sont pas les seules à prendre en considération. L’objectif de cette édition de “Tunis Forum” était de mettre l’accent sur les défis que représente la convergence réglementaire, aussi bien dans la démarche que dans le résultat.

Pour ce faire, Amor a appelé les opérateurs économiques à aligner leur outil de production sur ces nouvelles normes qui s’appliqueront sur le marché tunisien, ce qui aura un impact sur l’équilibre économique et financier de ces entreprises, qui devront s’y adapter et trouver les réponses stratégiques et opérationnelles. Cela aura aussi un coût qui nécessitera de mobiliser des fonds pour leur financement.

Il a par ailleurs ajouté que toute opportunité recèle des menaces. Et inversement toute menace présente des opportunités à celui qui sait les identifier et les saisir. “C’est pour cela que cette formidable opportunité, pour arrimer la Tunisie à un espace aussi large, présente des risques auxquels nous devons faire face et nous montrer à la hauteur des challenges qu’ils représentent (…) C’est une opportunité pour nos entreprises les plus avancées et une menace pour d’autres. Aussi devrons nous gérer le rythme pour leur donner le temps de se mettre aux normes et atteindre des niveaux durables de compétitivité. A ce titre, mieux vaut un bon accord tardif qu’un mauvais accord rapide“, a-t-il dit.

Quant à lui, le secrétaire d’État auprès du ministre du Commerce chargé du Commerce extérieur, Hichem Ben Ahmed, a souligné l’engagement du gouvernement à soutenir l’activité économique et faciliter le travail des entreprises à travers la mise en place des mesures permettant d’alléger la charge fiscale sur les entreprises et la mise en place d’une ligne de financement au profit des PME afin de leur permettre d’investir encore plus et ce, en relançant l’investissement public, de soutenir les projets de PPP et booster le commerce électronique à travers un régime fiscal préférentiel.

Le gouvernement veillera aussi à simplifier les procédures administratives à travers la mise en place d’un guide unique pour l’octroi des autorisations administratives au niveau régional et central et la création d’une plate-forme électronique sur les mesures qui concernent les entreprises.

De son côté, le conseiller économique du chef du gouvernement, Fayçal Derbal, a tenu à préciser, dans une déclaration à Africanmanager, que  le chantier de la convergence en matière fiscale n’est pas quelque chose facultatif ou un choix mais a été imposée, à l’instar de tous les pays du monde.  “Aujourd’hui si je prends par exemple, dans le cadre de cette convergence, la convention du Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignement signée par 137 pays, on ne peut pas ne pas la signer (…) c’est quelque chose d’obligatoire ce n’est pas un choix (…) on ne peut pas dire qu’on ne peut pas signer ou converger“, a-t-il dit.

Derbal a fait remarquer en outre que la convergence vise deux choses : d’une part l’amélioration de la transparence et d’autre part la protection des mesures permettant l’érosion des bases d’imposition et les transferts de bénéfices sous forme d’évasion fiscale. “Nous on est adhérent de ces deux chantiers et nous avons signé l’échange de renseignement (…) aujourd’hui on applique cela sur demande mais demain on va passer à l’échange automatique de renseignements“, a assuré Derbal, faisant remarquer que le ministère des Finances travaille sur ça, sans toutefois se prononcer sur la date de l’entrée en vigueur de ce dispositif.

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