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Souleymane LOUM

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Noureddine Taboubi, nouveau patron de l’UGTT, a répondu, indirectement, à tous ceux qui doutaient du repositionnement de la centrale syndicale. On ne sait pas encore si ce qu’il a dit jeudi 23 mars 2017, sur Mosaïque FM, est plutôt de nature à rassurer ou inquiéter, mais c’est dit. Et donc il faut l’analyser en tant que tel, pour commencer. Taboubi a fait savoir qu’il sera à la tête d’une délégation de l’UGTT qui prendra la direction de Bruxelles le 15 avril 2017 pour dire ceci à l’Union Européenne : « Nous n’avons plus besoin de prêts. Par contre, nous avons besoin d’un appui concret en termes de matériel et de formations. Cette aide nous permettra d’améliorer notre situation économique »…

Le secrétaire général de l’UGTT a également déclaré qu’il mettra sur la table la question de l’entrée en vigueur de l’accord de partenariat entre la Tunisie et l’UE. Il va tenter de secouer les Européens pour qu’ils accélèrent le pas, a-t-il ajouté…

Par ailleurs il a affirmé qu’il va évoquer dans la capitale européenne le sujet du développement de l’agriculture, les moyens de solutionner l’immigration clandestine et le combat contre le terrorisme. « L’Europe ne peut pas être seule dans cette lutte ».

Voilà, la nouvelle UGTT est arrivée. Cet activisme en dehors des frontières tunisiennes, sur des sujets de ce type, au risque même de marcher sur les plates bandes du gouvernement et du président de la République, est une démarche nouvelle, il faut le reconnaître. Des dossiers de dimension nationale pour le coup, et même d’intérêt national, ça a quand même plus d’allure et de hauteur que cette agitation puérile pour obtenir la tête de Néji Jalloul, ministre de l’Education, plébiscité par les citoyens, selon presque tous les sondages, mais qui donnent des boutons à ses troupes. Là au moins l’UGTT joue dans la cour des grands. Toutefois j’aimerais voir la tête des parlementaires européens quand ils verront la délégation syndicale se pointer à Bruxelles pour évoquer les affaires de la Tunisie, et pas des moindres. Une centrale syndicale, fût-elle du calibre de l’UGTT, qui vient traiter les dossiers qui relèvent de l’exécutif, ça décoiffe pour des Européens qui ont d’autres moeurs politiques. Même en France, qui a une vraie tradition syndicale, une telle chose est tout simplement impensable. Mais entre temps quelqu’un leur aura expliqué, s’ils ne le savent pas déjà, que l’UGTT est prophète dans son pays et que rien ne peut se faire ou se défaire sans elle, et là la pilule passera comme par enchantement chez des Européens pragmatiques et qui se diront qu’après tout les Tunisiens en ont décidé ainsi, et qu’il faut faire avec…

Quant à savoir ce que les patrons de l’exécutif tunisien, Youssef Chahed et Béji Caïd Essebsi, pensent de cette démarche de l’UGTT, très cavalière pour le moins, s’ils ont donné leur agrément, c’est une autre question. Mais ce qu’on peut dire d’ores et déjà, c’est que cette posture sur la dette contraste avec la position officielle du palais de la Kasbah. Pas plus tard qu’hier, Ridha Saïdi, conseiller auprès du chef du gouvernement, chargé du suivi des projets et des programmes publics, a confié à Africanmanager que la Tunisie mise sur le déblocage de la 2ème tranche du prêt du FMI et des crédits de la Banque mondiale et de l’Union européenne pour se refaire une beauté. Il y a donc comme qui dirait une divergence de perceptions sur l’endettement entre l’UGTT et le gouvernement…

Un dangereux mélange des genres

Le moins qu’on puisse dire est que la Tunisie collectionne les singularités depuis sa fameuse Révolution. Voilà un pays qui est gouverné par une coalition de partis aux intérêts, idéologies, orientations politiques et programmes parfois diamétralement opposés, mais tout le monde s’échine à ne pas faire craqueler le vernis de la cohésion au sommet de l’Etat sans laquelle tout l’édifice va s’effondrer. Pour le moment ça tient, mais difficilement. Voilà un pays dont la trajectoire est difficilement lisible pour cause d’interférences de plusieurs forces motrices – Pacte de Carthage, Assemblée des Représentants du peuple (ARP) et bientôt le Conseil national du Dialogue social. Voilà un pays où le chef du gouvernement, de son propre chef, décide de se mettre la corde au cou en convoquant une kyrielle de partis et organisations – les signataires du Document de Carthage – pour juger 6 mois d’actions et lui fixer le cap pour la suite, au lieu de prendre ses responsabilités en tranchant dans le vif, et répondre de ses actes in fine devant la représentation nationale (ARP), comme dans toute démocratie qui se respecte. Voilà un pays où les organisations, syndicale et patronale – UGTT et UTICA -, parlent parfois plus fort que ceux qui ont été élus pour le faire, et mieux, ou pire : s’assoient à la table des tenants de l’exécutif… pour décider. Etc. Etc.

A toutes ces spécificités s’ajoutent les dissonances d’une classe politique immature et irresponsable, qui a découvert cet art dans le tard, fait ses armes en même temps que des citoyens qu’elle est censée guider. Une classe politique qui porte de sérieux coups à la démocratie qu’elle est censée promouvoir, défendre. Vu d’ici on le sait : cette affaire prendra du temps. On ne fabrique pas des hommes d’Etat en un claquement d’un doigt, encore moins des dirigeants politiques éclairés. Mais est-ce que les « amis » et soutiens de la Tunisie vont s’assoir tranquillement en attendant que la longue crise d’adolescence passe ? Rien n’est moins sûr. D’autant plus qu’il y a bien d’autres sujets qui terrifient l’humanité (réchauffement climatique, terrorisme, crise économique mondiale, Donald Trump, Vladimir Poutine, Bachar Al Assad, Kim Jong-un, etc.).

La Tunisie, quoi qu’en disent ses dirigeants, commence à inquiéter ses partenaires. Le fait que le FMI ait gelé la 2ème tranche du prêt de 2,88 milliards de dollars, qu’il était censé verser en décembre 2016, en est l’illustration. Ridha Saïdi a beau monter au front pour démentir Ezzedine Saidane, qui avait déclaré que le FMI aurait décidé d’annuler sa visite en Tunisie pour cause de retard dans l’application des réformes promises, il n’en demeure pas moins qu’il y a un hic. Le FMI était censé débarquer fin mars, on est le 24 du moins et il n’y a toujours aucune date précise. Une machine comme celle-là ne fait pas dans le pilotage à vue, si les choses avaient été au beau fixe en Tunisie, on aurait une date pour ce voyage. A tout le moins il y a quelque chose qui cale au pays du jasmin. Et si ça cale avec le FMI, il y a de fortes de chances que ça le fasse avec la Banque mondiale et l’UE. Il faudra autre chose que des incantations pour ramener à de meilleurs sentiments les bailleurs de fonds de la Tunisie. L’exécutif le sait, mais encore faut-il qu’il ait les moyens, le souffle et surtout la volonté de faire…

C’est l’histoire d’une note secrète qui n’a plus rien de secret, et dont le déballage, « par des organes connus par leur hostilité au Maroc », selon le site marocain le360.ma, a provoqué de gros dégâts collatéraux entre Paris et Alger, qui sortent à peine d’une zone de turbulences. Les faits se sont déroulés le lundi 20 mars 2017, lors d’un débat au Parlement européen autour des effets de l’arrêt de la Cour européenne (CJUE) sur le partenariat entre l’UE et le Maroc. Tout ce qu’il y a de plus ordinaire, mais en apparence seulement. Car le ministère des affaires Etrangères a glissé à l’occasion aux eurodéputés français une note leur demandant de bichonner le Maroc, leur «allié essentiel» et de ne pas le heurter sur la question délicate du Sahara occidental. Alger l’a appris, et le moins qu’on puisse dire est que la manoeuvre française ne l’a pas enchanté…

« La question du Sahara occidental (…) est pour le Maroc une priorité absolue et un enjeu d’intérêt national », disent le Quai d’Orsay et la direction générale du Trésor. Le texte ajoute : « De ce fait, les conséquences de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne sont susceptibles de fragiliser l’ensemble de la relation [entre l’Europe et Rabat], alors que le Maroc est un allié essentiel dans la lutte contre le terrorisme et la maîtrise de l’immigration ». Cette note explosive, surtout du côté d’Alger, a été ébruitée par Western Sahara Ressource Watch, un observatoire basé à Oslo, en Norvège et qui s’intéresse particulièrement au Sahara occidental.

Cette affaire est venue quelques heures après la douche froide de l’Espagne, qui a ulcéré Alger en déclarant qu’elle «n’a pas changé sa position» sur le Sahara occidental, réaffirmant la «pleine disposition» de Madrid «à poursuivre tous ses efforts pour contribuer au développement de la relation stratégique entre le Maroc et l’Union européenne». En clair : Les humeurs et les intérêts de Rabat passent avant ceux de la RASD (République arabe sahraouie démocratique)…

Rabat a des moyens de pression, et s’en sert

Il est vrai que le Maroc, pour tordre le bras à ses « amis », a des moyens de pression et n’hésite pas à s’en servir. Par exemple il a à plusieurs reprises fermé les yeux sur la ruée des migrants vers l’Espagne. Son dernier fait d’arme remonte à février dernier, quand il a laissé filer dans la ville de Ceuta plus de 850 clandestins subsahariens, en 72 heures ! Madrid en tremble encore. Paris se rappelle aussi des foudres de Rabat quand, entre février 2014 et janvier 2015, le Maroc a gelé tout partenariat judiciaire et antiterroriste après les velléités de la police judiciaire française de traduire devant un juge d’instruction Abdellatif Hammouchi, le boss de la Direction générale de surveillance du territoire du Maroc.

Maintenant on le sait : Ce n’est pas que sur le continent africain que le Maroc va batailler pour garder le Sahara occidental dans son giron, il défendra bec et ongles sa posture jusqu’en Occident. Certes vu d’ici on a du mal à comprendre toute cette agitation autour de ce morceau de territoire, et qui a des échos jusque dans les capitales européennes. Mais après tout en matière de diplomatie tout n’est pas que rationalité. Autrement on n’aurait pas des guerres, dont les causes à plusieurs égards peuvent paraitre futiles et dérisoires pour les observateurs…

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Une méga centrale solaire photovoltaïque de 4.025 MW, tout simplement la plus grande de la planète, c’est la réponse de l’Algérie à l’imposant projet Noor de Ouarzazate, au Maroc. Avec cette installation, le programme marocain, dont la presse a fait ses choux gras ces dernières années, fait pâle figure, avec ses 580 MW. Quant au Plan Solaire Tunisien (PST), avec ses 460 MW, il sera presque inexistant à côté du futur mastodonte algérien. Enfin si Alger va au bout de son affaire, ce qui n’est jamais garanti dans des projets aussi titanesques, connaissant en plus le caractère mortifère des procédures administratives et des dispositions du Code d’investissement algériens…

Le PDG de la compagnie de l’engineering de l’électricité et du gaz (CEEG), Mohamed Arkab, a fait savoir vendredi dernier lors d’un déplacement à Washington que le ministère de l’Energie a l’intention de lancer l’appel d’offres fin mars ou début avril 2017, rapporte l’Agence de presse officielle algérienne APS.
Arkab a tenu ces propos en marge du forum « Powering Africa Summit ; il a ajouté que cet appel d’offres entre dans le cadre de la politique nationale de développement des énergies renouvelables. Suffisant pour en savoir plus sur ce qui trotte dans la tête des dirigeants algériens, piqués au vif par les ambitions du Maroc et d’autres pays du continent en matière d’énergies renouvelables (le Rwanda, la Zambie, le Sénégal…), des nations qui partaient pourtant avec des handicaps financiers lourds. Et oui, tout le monde n’a pas la chance – ou la malchance, c’est selon – d’être copieusement arrosé par la manne pétrolière, comme ce fut le cas de l’Algérie. De l’argent d’ailleurs qui n’a pas servi à lancer des programmes pour rompre la dépendance des hydrocarbures et surtout anticiper la fin inéluctable du pétrole. Les temps ont changé, semble-t-il…

Les détails de cette affaire

On sait pour le moment que le projet sera divisé en trois parties de 1.350 MW, chacune comporte deux volets : L’énergie et l’industrie. Plusieurs centrales seront installées dans les hauts plateaux et le sud de l’Algérie, où l’ensoleillement est plus conséquent. Bechar, El Oued, Ouargla, Biskra, Djelfa et Msila sont dans les petits papiers des autorités pour abriter ces unités, a indiqué le PDG de CEEG, qui a ajouté que la capacité moyenne pour chaque centrale excédera les 100 MW.

Le but de la manoeuvre : Faire baisser sensiblement la consommation du gaz, dont l’Algérie se sert pour produire son d’électricité. Il est prévu que les centrales solaires travaillent le jour en alternance avec les centrales à gaz, ce qui permettra de faire des économies d’énergie substantielles.
« A la Sonelgaz, nous sommes en train de travailler pour réduire la consommation de gaz, en privilégiant également les centrales à cycle combiné » , a affirmé Arkab.

Autres indications importantes : Le capital social de chaque entreprise sera composé conformément au cadre strict de la réglementation de l’investissement étranger. En d’autres termes l’investisseur national capte au moins 51% des parts et le partenaire étranger un maximum de 49%. Donc pour les investisseurs étrangers qui rêvaient d’un bouleversement de l’ordre établi, ce ne sera pas pour cette fois…

Par ailleurs on a appris que la Sonatrach va mettre le grappin sur 40% des actions dans chaque projet, 11% tomberont dans l’escarcelle de Sonelgaz et des entreprises publiques et privées du pays.

Enfin les actionnaires vont décaisser des fonds propres pour financer ces projets, à hauteur de 30% nous dit-on, le reste sera alimenté par un emprunt bancaire.

Une manière de conjurer la série des revers ?

Les bras de fer entre Rabat et Alger ont été épiques ces dernières années, mais ont très souvent tourné à l’avantage des Marocains. Donc pour l’Algérie ce méga projet est peut-être aussi une manière de laver une série d’affronts, de défaites diplomatiques, politiques et économiques.

D’abord la bataille autour de la présidence de l’Union africaine (UA). Le candidat d’Alger, le président nigérien, Mahamadou Issoufou, a été battu à plate couture par le poulain de Rabat, le président guinéen, Alpha Condé. La pilule a été amère pour l’Algérie. Elle vient s’ajouter aux rancoeurs provoquées par le fait de n’avoir pas pu empêcher le retour en grande pompe du Maroc dans le giron de l’UA, en janvier 2017, lui qui pourtant a claqué la porte il y a 32 ans pour manifester son courroux suite à l’admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), une « amie » de l’Algérie et ennemie farouche du Maroc. Pire : on sait maintenant que Rabat n’a pas l’intention de se tenir à carreau, contrairement à ce qu’il avait dit avant son retour, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour bouter la RASD hors de l’UA, maintenant qu’il a un vrai pouvoir décisionnaire et des liens puissants avec des pays clés de l’organisation panafricaine (Sénégal, Gabon, Côte d’Ivoire, Nigeria, Ghana, etc.).

Et puis il y a les revers économiques, très nombreux. Le Maroc affiche une santé insolente sur le continent, et ramasse les contrats à la pelle dès que le roi, Mohammed VI, lève le petit doigt. Plus de 100 accords et contrats signés avec des pays africains depuis juillet 2016 ! C’est inouï. Et maintenant il veut adhérer à la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, la plus structurée et la plus puissante du continent). Certes l’Algérie s’éveille, sur le continent, à la faveur du Forum africain d’investissements et d’affaires qu’elle a organisé en décembre 2016, mais ce réveil est tardif…

Par ailleurs il y a la cuisante défaite du « West African Gas Pipeline » (WAGP), un pipeline qui fera la jonction entre le Nigeria et le Maroc et qui sera à terme la plus importante infrastructure gazière en Afrique de l’Ouest. Un projet derrière lequel Alger a couru, sué, pour finalement être coiffé au poteau par Rabat, grâce à sa formidable armada diplomatique. Rageant pour les Algériens. Alors le méga projet solaire sera peut-être une manière de conjurer cette série de revers. Mais il en faudra beaucoup des programmes de ce type pour rattraper le retard sur le Maroc…

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Le déficit commercial, dont les chiffres, mauvais, comme on pouvait s’y attendre (il n’y a pas de raison d’avoir une embellie, puisque le gouvernement ne fait rien pour), viennent de nous être communiqués par l’Institut National de la Statistique (INS), s’ajoutent au flux de trains qui n’arrivent pas à l’heure. Mais le plus inquiétant dans cette affaire, c’est que plus rien ne semble secouer les autorités en place, et encore moins les citoyens. Nous sommes tous dans une espèce de lévitation, groggy, sonnés par l’avalanche de catastrophes économiques et politiques depuis 6 ans. Autant de tuiles sur la tête des citoyens en si peu de temps ont complètement anesthésié notre capacité d’indignation, même face aux choses les plus graves. Pas plus tard que le 06 mars 2017, le directeur exécutif autoproclamé de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi (HCE), ne nous a-t-il pas donné, certes contre sa volonté – à travers les enregistrés fuités -, une idée sur ses talents en matière de manoeuvres pour se cramponner au pouvoir ? Mais voilà, ces révélations, aussi explosives soient-elles, à part le courroux du fils du président de la République, qui s’est lancé dans une chasse aux sorcières pour démasquer le « traitre », n’ont pas provoqué de cataclysme politique. Alors vous imaginez bien que le déficit commercial n’empêchera pas le gouvernement de dormir, et encore moins les citoyens…

Face à l’ampleur du déficit commercial, qu’on ne peut plus planquer sous le tapis, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a tout de même concédé un Conseil ministériel restreint sur cette épineuse affaire, lundi 13 mars 2017. Mais attention, il ne s’agit pas tout de suite de trouver les voies et moyens pour stopper cette plongée, mais simplement de contenir ce déficit à un niveau acceptable dans le PIB de cette année. Comme unique annonce au sortir de ce qu’il faut bien appeler une réunion de crise on a eu la mise en place « d’une commission qui sera chargée d’étudier les mesures proposées par les différentes parties, tout en tenant compte des engagements de la Tunisie vis-à-vis de l’OMC ainsi que de ses accords bilatéraux et régionaux ». Et encore il s’agit d’une recommandation. Donc le temps de prendre la décision d’installer effectivement cette fameuse commission, de recueillir les avis des uns et des autres, tout en aménageant un espace de navigation entre les contraintes drainées par les accords avec l’OMC et les pays partenaires, de l’eau aura coulé sous les ponts. Et d’ici là, je ne vous apprends rien en vous disant que le trou de la balance commerciale continuera de s’élargir…

L’état des lieux

Durant les 2 premiers mois de cette année, le volume des échanges commerciaux de la Tunisie avec l’étranger aux prix courants a enregistré un gonflement de 4,7% des exportations, pour une valeur de 4,626 milliards de dinars contre 4,418 milliards à la même période de l’an dernier. Par contre rien ne semble pouvoir enrayer l’envolée des importations, +23,7% durant les 2 premiers mois de 2017, pour une valeur de 7,137 milliards de dinars contre 5,769 milliards en 2016, a fait avoir l’INS. Et bien entendu il est interdit de pointer la main de la Turquie dans cette affaire puisque c’est ce qui avait valu à l’ex-secrétaire d’Etat au Commerce son limogeage. Pourtant la ministre des Finances, Lamia Zribi et le ministre du Commerce, Zied Laadhari ont bel et bien reconnu qu’il y avait un problème avec la Turquie, et un gros…

Bien entendu ces tendances impactent directement la balance commerciale, en creusant le déficit jusqu’à 2,510 milliards de dinars durant les 2 premiers mois de 2017 contre 1,350 milliard durant la même période en 2016.
Idem pour le taux de couverture, en repli, avec-11.8 points en comparaison avec son niveau de 2016. La Tunisie n’a pas pu faire mieux que 64,8% contre 76,6% durant la même période de2016.

Le pays doit cette petite embellie à l’exportation, +4.7%, durant les 2 premiers mois de 2017, aux secteurs de l’agriculture et des industries agro-alimentaires, lesquels affichent +17,4%, boostés par les ventes de dattes (127,5 millions de dinars contre 72,4 millions en 2015). A signaler également les bonnes performances des industries mécaniques et électriques, +7.5%, du textile/habillement et cuirs, +7.1% et des industries manufacturières, +3.8%.

A contrario l’énergie fait grise mine, -39,4%, lestée par la chute des ventes de pétrole brut (69,8 MD en 2017 contre 149,6 MD en 2016). Idem pour le secteur des mines, phosphates et dérivés, qui enregistre un recul de 12,4% suite à la baisse des exportations en acide phosphorique (48,9 MD cette année contre 124 MD en 2016).

Dans le détail, on doit ce bond des importations, +23,7% durant les 2 premiers mois de 2017, à la hausse phénoménales dans le secteur de l’énergie, +135.2%, un mouvement dopé par la montée des achats en pétrole brut (178,2 MD en 2017 contre 31,8 MD en 2016) et produits raffinés (525,1 MD cette année contre 352,8 MD l’an dernier).

A signaler également la poussée impressionnante des importations de produits agricoles et alimentaires de base, +60.1%, notamment le blé tendre (98,9 MD en 2017 contre 21,9 MD en 2015) ; les matières premières et demi produits affichent +10,2% ; les biens d’équipement +17,5% ; les mines, phosphates et dérivés +7,5% et les biens de consommation, à part l’alimentaire, +14,2%. Selon l’INS, les importations hors énergie sont en hausse de 15,7%.

Il faut des solutions à tout cela, évidemment. Mais comme on l’a dit déjà, on attend la mise en place de la fameuse commission. Comme on attend les commissions qui vont sortir des chapeaux des signataires du Pacte de Carthage et qui vont piloter les grandes réformes, notamment les dossiers chauds de l’administration, de l’éducation et des entreprises publiques, alors qu’on croyait que le gouvernement avait justement été mis en place pour… gouverner, réformer, prendre en main le pays. Une « commissionite » bien tunisienne qui coûte très cher au pays, en temps et en deniers publics, alors que les changements ne peuvent plus attendre…

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Il est impossible d’être un maître quand on n’a pas été soi-même un élève. C’est valable dans tous les domaines de cette existence. Le départ précipité du dictateur a mis à nu le désert en matière de politique politicienne, ne parlons pas de la démocratie. Le moule de Ben Ali n’a pas fabriqué les hommes politiques capables de porter sur leurs épaules les nombreuses aspirations de la population. Et comme la nature a horreur du vide, des dirigeants autoproclamés et d’autres qui ont été élus, parfois mal élus, ont revendiqué leur droit à conduire les destinées de la Tunisie. Cela a valu au pays bien des déboires, et même des tragédies tels que les assassinats politiques, les départs de milliers de jeunes vers les zones de conflit, le naufrage économique, des tempêtes sociales, etc. Parmi ces phénomènes, et épiphénomènes, il y a le surgissement d’une nouvelle génération de leaders politiques, qui n’ont de leader que le nom, mais qui font beaucoup de mal à cette démocratie à laquelle la Tunisie s’essaye. Hafedh Caïd Essebsi (HCE), le fils du locataire du palais de Carthage, Béji Caïd Essebsi (BCE), en fait incontestablement partie.

L’affaire rocambolesque et pathétique à bien des égards de la fuite des enregistrements de la réunion de Nidaa Tounes, où des vertes et des pas mûres ont été débitées sur le mini remaniement ministériel et sur son instigateur, Youssef Chahed, est symptomatique de ce microcosme politique qui sent le moisi, alors qu’il est censé servir de locomotive à des citoyens déboussolés et qui pensaient avoir remis les clés de la maison à une élite responsable. Le réveil est brutal, archi douloureux et de mauvais augure pour la nécessaire entreprise de reconstruction d’un pays sinistré dans bien des aspects. Que peut-on attendre du directeur exécutif du parti sorti majoritaire des dernières législatives quand il descend à ce niveau : « Tant que le vieux est à Carthage, rien ne nous échappera, ne vous inquiétez pas, il est un calculateur » ? Pas grand chose, assurément. Et je ne vous parle pas du pétrin dans lequel il met le papa, lui qui a toujours prétendu qu’une fois sur le fauteuil du président de la République, il se tiendrait au-dessus de la mêlée, à équidistance entre tous les partis politiques… Bref le plus neutre du monde. Et bien avec ce que son fils vient de déballer sur la place publique, contre son gré, cette posture d’un BCE irréprochable a pris un sacré coup…

Un fils très encombrant

Le chef de l’Etat paie sans doute sans doute là son refus de calmer les ardeurs et stopper les errements de HCE, malgré les appels réitérés. Un refus qu’il a martelé dans son dernier livre, arguant le droit de son fils de se lancer dans la bataille, comme M. et Mme tout le monde. Sauf que le directeur exécutif de Nidaa Tounes n’est pas comme M. et Mme tout le monde, notamment dans cette Tunisie post-révolutionnaire où les mauvais réflexes ont la vie dure (népotisme, favoritisme, corruption, passe-droits, clientélisme politique, etc.). Si BCE au moins peut faire valoir quelques faits d’armes, notamment le fait d’avoir pris les rênes du pays dans une phase très délicate, en février 2011, et de l’avoir mené à bon port (les élections), il n’en est rien pour son fils. Il doit son incroyable ascension aux honneurs qui entourent son papa de président. Il n’a même pas été élu par un congrès en bonne et due forme ! Pour rappel, il n’a même pas pu décrocher un ticket au sein de son parti pour candidater aux dernières législatives, la simple évocation de son nom ayant provoqué une levée de boucliers. Quant à un destin national, un vrai je veux dire, autre que celui qu’il s’est fabriqué de toutes pièces, ce n’est même la peine d’y penser vu les sondages qui le placent presque tous dans le haut du panier des personnalités en qui les citoyens ont le moins confiance et qu’ils souhaitent rayer de la vie politique. Alors d’une certaine façon il a bien raison de dire « tant que le vieux est à Carthage… ». Sauf que le « vieux » est au crépuscule de sa vie politique et a déjà dit qu’il ne défendra pas ses chances à la prochaine présidentielle. Et que se passera-t-il pour HCE quand le cher papa aura quitté la scène politique ? Il y a de fortes chances que le fils le suive, disparaissant à la vitesse de l’éclair qu’il a été pour s’emparer des rênes du parti…

Avant cet épisode navrant des enregistrements fuités, il y a eu l’affaire d’une autre conversation entre HCE et Nabil Karoui, qui a été ébruitée presque dans les mêmes conditions. Nabil Karoui, à qui on prédisait un brillant destin à Nidaa Tounes mais qui s’est cramé les ailes par la suite. Enfin, pour être plus précis, on l’a beaucoup aidé dans cette entreprise d’autodestruction. Et devinez par qui. Le même : Le fils du président de la République. Le même qui aurait sollicité son concours, dans cet étrange échange qui a fuité sur les réseaux sociaux, pour démolir quelqu’un qui le gêne dans le parti. C’est bien connu, HCE n’aime pas les empêcheurs de tourner en rond. Le cimetière de Nidaa Tounes est plein de cadres qui ont osé se dresser sur son chemin. Demandez à Ridha Belhaj…

Les rapports entre Karoui et Essesbi fils sont bizarres. Avec ces deux là on passe de bisbilles, haine cordiale à rapprochement, dans des basses besognes, à en croire le contenu de leur conversation. Etrange aussi la passe d’armes entre l’ex-ministre de la Fonction publique, Abid Briki et l’homme d’affaires Chafik Jarraya. Ce dernier qui répond vertement à Briki, car croyant déceler son nom derrière les propos du bouillant ex-ministre sur un importateur qui doit une somme folle à l’Etat. Déballage et piques évidemment relayés par les médias et dont les citoyens se délectent, s’ils ne sont pas plongés dans une profonde déprime face à l’ampleur des dégâts pour l’image du pays et à la distance qu’il faudra parcourir pour rebâtir la Tunisie. La jeune démocratie souffre. Beaucoup.

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Ben Carson, le secrétaire au Logement de Donald Trump, est venu s’ajouter à la longue liste des amis très peu fréquentables du président. En effet il a défrayé la chronique et a indigné les internautes en déclarant le lundi 06 mars 2017 que les esclaves sont des immigrés qui ont débarqué aux USA pour toucher du doigt le fameux rêve américain, dans cette « terre (…) d’opportunités ». Si l’affront n’était pas venu d’un Afro-Américain, donc descendant d’esclaves, on aurait pas le mettre sous le tapis, mais là…

« Il y a eu [des] immigrés qui sont venus ici au fond des navires négriers, qui ont même travaillé plus longtemps et plus dur et pour obtenir moins » a dit Carson, avant d’ajouter : « Mais eux avaient aussi le rêve qu’un jour leurs fils, leurs filles, leurs petits-fils, leurs petites-filles, leurs arrière-petits-fils, leurs arrière-petites-filles puissent trouver la richesse et le bonheur sur cette terre. »

Ben Carson, qui a été le challenger de Trump lors des primaires des Républicains, a tenu ces propos devant les fonctionnaires de son département, le même jour où il a dévoilé la nouvelle mouture du décret sur l’immigration. Le moins qu’on puisse dire est qu’il a sacrément manqué d’inspiration, qui plus est sur un sujet aussi tragique qui a concerné des centaines de millions d’Africains. Pourtant ce chirurgien assez fortuné, très bon chic bon genre, s’était tenu à carreau jusque-là, et avait plutôt fait bonne impression, à part deux trois dérapages…

La pilule est amère pour la grande organisation de défense des droits des Noirs, la NAACP. Elle a rétorqué sur Twitter : « Des immigrés ??? »
Cette sortie a été suivie par un déluge de critiques sur les réseaux sociaux et dans la presse américaine ; le ministère n’a rien trouvé d’autre à répliquer que c’est une « cynique interprétation (…). Personne ne croit sincèrement que Ben Carson met au même niveau immigration et servitude involontaire ». Mais encore ? C’est un peu maigre comme argumentation !

Le bonhomme n’en est pas à sa première boulette, en 2013 il avait osé déclarer que la réforme du système de santé Obamacare, qui s’adresse pourtant directement à « sa » communauté, très défavorisée, était « la pire chose qui soit arrivée à ce pays depuis l’esclavage (…). Et c’est, d’une certaine façon, de l’esclavage, car cela nous asservit tous à l’Etat ». Cet esclavage qu’il qualifie maintenant d’immigration économique. Ce qui est certain c’est que Carson s’est définitivement discrédité auprès des Noirs…

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Le rapport du Conseil supérieur de l’éducation, publié très récemment, continue de faire du bruit. Et pour cause : il dit tout haut, avec moult détails accablants, ce qui se murmurait derrière les murs du ministère, les cercles du pouvoir, dans les foyers, mais sans que rien de consistant ne soit fait pour le juguler. En effet le niveau des élèves débarquant au lycée préoccupe, inquiète…

Le document a été élaboré par l’Instance nationale d’évaluation, pilotée par Rahma Bourqia et relevant du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), avec à sa tête Omar Azziman. L’enquête a été faite sur un échantillon de 34 109 lycéens et 4 606 professeurs, dans le segment du tronc commun, en d’autres mots tous les élèves admis au lycée après avoir sacrifié à la formation de 9 ans à l’école primaire. Premier constat édifiant : Plus de 75% de ces élèves ont plus de 15 ans, bien au-delà de l’âge dit « normal » pour ce niveau. 38% de cet échantillon ont redoublé au moins une fois. Cela en dit long sur la qualité de l’enseignement dans le royaume !

Autre faille, et pas des moindres, du système éducatif marocain : La formation des élèves, que ce soit ceux des établissements publics ou privés, ne pèse pas lourd ; certes le privé dame le pion au public, mais d’un cheveu seulement, particulièrement en français. Pour le reste des matières, c’est nivellement vers le bas au menu.

Si on rentre dans les détails, les élèves du tronc commun public « Lettres » ont un niveau en arabe classique qui ne frôle même pas la moyenne de 11 points et un niveau en langue française au ras des pâquerettes, avec un score catastrophique de 23% d’objectifs atteints sur tout le territoire dans l’enseignement public. Ce n’est guère plus brillant chez les scientifiques, qui affichent un chiffre de 84% en-dessous de la moyenne en mathématiques.

On en vient aux qualifications des enseignants, qui sont une grosse partie de l’explication de la descente aux enfers du niveau des élèves. Le rapport indique que 20% des élèves sont plombés par leurs profs qui n’ont pas reçu la formation qu’il fallait dans leurs matières ; on a également appris que 60% des élèves se coltinent des enseignants qui n’ont suivi aucune formation continue durant les cinq dernières années.

Il y a quelques mois, le roi du Maroc, Mohammed VI, s’était personnellement impliqué dans cette affaire en décrétant, entre autres, la fin de l’arabisation de l’enseignement, notamment les sciences et en redonnant ses lettres de noblesse au français. Il avait missionné son ministre de l’Education pour conduire une vague de réformes indispensables. Depuis il y a eu le plan 2015-2030, concocté par le CSEFRS et censé réveiller de son coma l’Education marocaine. Mais comme on le sait, ce genre de programme exige des années de labeur et de persévérance pour donner des résultats probants. D’ici là toutes les enquêtes continueront d’égrainer les ratés et dysfonctionnements d’un système malade et qu’on a trop longtemps ignoré…

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La mini tempête autour du mini remaniement est passée. Cette affaire, qui a alimenté les conversions dans les cafés, les salons de thé, agité la classe politique et qui nous a valu une montée de fièvre à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), est retombée comme un soufflet. Un peu comme tous les sujets qui passionnent de manière récurrente les Tunisiens, qui ont la fâcheuse tendance à s’enflammer trop vite, avec tous les débordements langagiers qui vont avec, embarquant toute la nation loin des vraies questions qui la font avancer. L’UGTT, laquelle a montré un moment les muscles, révulsée par le fait que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, ait débarqué brutalement le soldat Abid Briki – il était ministre de la Fonction publique et de la Gouvernance -, a finalement rangé les armes, faisant prévaloir, dit-elle, les intérêts supérieurs du pays. Donc beaucoup de boucan pour rien, in fine. Le bruit autour du soi-disant remaniement est passé certes, mais pas le malaise. Et ce mercredi 1er mars 2017, la ministre des Finances, Lamia Zribi, l’a accentué dans l’émission de Sofiène Ben Hamida, sur Nessma TV…

Zribi a déclaré au sujet du trou abyssal de la balance commerciale : « Avec les membres du gouvernement nous travaillons actuellement pour trouver une solution à ce problème. Il y a des produits superflus que nous importons aujourd’hui mais il ne faut pas oublier que nous avons des accords commerciaux avec plusieurs pays ». Voilà, la raison d’Etat, ou plutôt la déraison, qui veut qu’on s’arcboute à des accords, quitte à flinguer sa propre économie. L’ex-secrétaire d’État au Commerce, Fayçal Hafiane, n’avait pas dit autre chose que ce qu’a reconnu la ministre des Finances ce matin. Il avait même poussé la précision jusqu’à pointer du doigt l’invasion des produits turcs dans le déséquilibre de la balance commerciale de la Tunisie, des produits dont le pays n’a pas réellement besoin. On a eu le chiffre exact ce 1er mars, de la bouche du ministre du Commerce et de l’Industrie, Zied Laâdhari : 1482,2 millions de dinars de déficit commercial avec la Turquie depuis que l’accord de libre-échange est entré en vigueur, en 2005. Hafiane a été éjecté par Chahed pour avoir dit ça, juste ça ! Bon, il a trinqué aussi à cause des attaques fréquentes contre l’inamovible Laâdhari. En fait, Hafiane a commis deux crimes, aux yeux de l’irascible et impulsif chef du gouvernement : Il s’en est pris au pays du non moins susceptible Erdogan, un « ami » d’Ennahdha et il tirait copieusement sur son boss et bras droit (secrétaire général du mouvement) de Rached Ghannouchi, le jugeant trop laxiste. La fragilisation de Laâdhari aurait menacé l’attelage politique hétéroclite à la tête du pays, appelé communément coalition gouvernementale, Chahed a donc opté pour le sacrifice de Hafiane…

Le couperet a raté de peu Jalloul et Zribi

Néji Jalloul, ministre de l’Education, et la ministre des Finances ont failli subir le même sort, mais Jalloul s’est montré très habile dès que le bruit de son éviction imminente est monté. Celui dont le Syndicat de l’enseignement secondaire exigeait ardemment la tête, en fin tribun et communicant qu’il est, s’est drapé avec sa popularité pour parer les coups qui venaient des enseignants. Il a ameuté les médias et a déclaré haut et fort qu’il n’était pas question d’être le spectateur de son débarquement, qu’il entendait rester à son poste pour mener à bien les réformes qu’il a engagées. Chahed, qui jusqu’ici n’a pas voulu arbitrer entre son ministre et les syndicats, et encore moins le défendre, a été pris de court et a dû temporiser. La mobilisation des parents d’élèves et d’une partie des profs a fait le reste. Le chef du gouvernement a battu en retraite, pour finalement afficher la cohésion de son équipe lors de son interview diffusée sur Al Hiwar Ettounsi, le 26 février 2017, avec Jalloul bien en évidence à ses côtés. L’ex-ministre de la Santé, Saïd Aïdi, dont pourtant beaucoup de gens disaient du bien, n’a pas su se protéger de la sorte des missiles de l’UGTT. N’est pas Jalloul qui veut…

Quant à Zribi, elle doit certainement sa survie au fait que le FMI va débarquer très prochainement en Tunisie, pour étudier les modalités du déblocage de la dernière tranche du prêt pour 2016, qui était censée être versée en décembre. Du grabuge au département des Finances et le départ de sa patronne à quelques semaines de ce rendez-vous décisif auraient fait le plus mauvais des effets aux bailleurs de fonds, qui n’en demandent pas tant avec tous les trains qui n’arrivent pas à l’heure en ce moment dans cette Tunisie que ses partenaires, patiemment, portent à bout de bras depuis sa dite Révolution !

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Le roi du Maroc, Mohammed VI, continue sa tournée triomphale en Afrique, faisant feu de tout bois et ramassant les contrats à la pelle. Pas de doute, il a développé un vrai talent pour cet exercice de haute voltige ! Après les 25 accords paraphés au Ghana le 17 février 2017, pour sa toute première visite et les 19 signés ce 20 février en Zambie, jackpot en Côte d’Ivoire avec pas moins de 14 conventions de partenariat économique, public-privé et privé-privé. Les documents ont été signés le 27 février 2017 au palais présidentiel à Abidjan, la capitale économique.

Le détail des accords :

1- Un mémorandum d’entente pour la mise en place du financement du projet «HEXAGONE», faisant partie des projets prioritaires de la loi de programmation militaire 2016-2020.

2- Un mémorandum d’entente pour le financement de l’acquisition de logements principaux pour les agents militaires des forces armées de Côte d’Ivoire.

3- Un mémorandum d’entente pour le financement du projet de construction d’une unité industrielle pharmaceutique en Côte d’Ivoire ayant pour objet la fabrication et la commercialisation de produits pharmaceutiques.

4- Une convention de partenariat en vue de la souscription aux titres publics émis par l’Etat de Côte d’Ivoire en 2017.

5- Une convention de partenariat relatif à la mise en place d’un programme de financement du réseau routier en Côte d’Ivoire.

6- Une convention de partenariat relatif au financement des PME dirigées par les femmes.

7- Une convention cadre portant sur le Programme «Des Compétences pour la Compétitivité et l’Employabilité».

8- Une convention cadre pour le développement de l’Economie Sociale et Solidaire et de l’Artisanat.

9- Une convention pour la création d’un Technocentre à Abidjan.

10- Une convention de joint-venture pour la mise en place d’un centre de traitement informatique.

11- Une convention de partenariat pour la création d’une joint-venture entre les sociétés INVOLYS (Maroc) et INOVA (Côte d’Ivoire).

12- Une mémorandum d’entente relatif à la modernisation et au maintien du parc de véhicules de transport routier de personnes et de marchandises.

13- Un accord de coopération dans le domaine de la logistique.

14- Mémorandum d’entente en vue de la coopération dans les domaines des transports publics de voyageurs et de la sécurité routière.

Ces accords sont de très bon augure pour le projet qui tient à coeur au souverain marocain en ce moment : L’adhésion à la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), après en avoir été un observateur. Ces partenariats entre Rabat et Abidjan sont de nature à consolider le dossier du Maroc, sur la table de la présidente en exercice de la CEDEAO depuis le 24 février 2017. En effet comment retoquer cette demande alors que le royaume a mis sur les rails un méga projet de pipeline avec le Nigeria, poids lourd du continent et membre de la CEDEAO ? Comment refuser au Maroc sa requête alors qu’il a les meilleures relations du monde avec le Sénégal, le Ghana et la Côte d’Ivoire, tous des membres très influents de l’organisation ouest-africaine ?

Certes il y a eu le grain de sable malien, qui a fait capoter la visite de Mohammed VI à Bamako, prévue initialement le 22 février 2017, à cause, dit Jeune Afrique, de sombres manoeuvres pour gêner le roi sur le dossier sahraoui, mais le continent est un immense terrain de jeu, et de gains, pour le souverain marocain. Le maître incontesté de la diplomatie économique se consolera très vite avec les contrats juteux qui l’attendent un peu partout en Afrique.

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Donald Trump a un détracteur de plus : L’ancien président George W. Bush, pourtant du même bord que l’actuel homme fort des USA – le parti républicain. Bush a surpris en déclarant, comme le fait exactement la pléthore d’adversaires de Trump, même au sein de son propre camp, que l’ambiance politique à Washington actuellement est « plutôt détestable ». De tels propos venant de celui qui a lancé, contre vents et marées, la deuxième croisade en Irak et qui a popularisé les tristement célèbres concepts de « guerre de civilisation » et d' »axe du mal » sont tout simplement étonnants…

Bush a accentué la stupeur générale en ajoutant « Je n’aime ni le racisme ni les insultes, pas plus que je n’aime voir des gens se sentir exclus (…). Personne n’aime cela ». Personne sauf peut-être le bouillant et impétueux présent Trump…

L’ancien locataire de la Maison Blanche a tenu ces propos dans un entretien avec le magazine People qui sortira le vendredi 03 mars 2017. On y verra, peut-être, les fulgurances d’un homme de 70 ans, gagné par un brin de sagesse et qui a, peut-être, appris de ses erreurs, notamment cet entêtement à aller régler son compte au dictateur de Bagdad, Saddam Hussein, en s’adossant sur des preuves fabriquées de toutes pièces et en piétinant les slogans pacifistes des dizaines de millions de manifestants dans le monde. Une obstination qui a plongé le monde dans le chaos depuis, en engendrant des incendies qu’on n’arrive pas à éteindre et en enfantant des monstres du type Daech…

Bush fait actuellement la tournée des médias pour la promotion de son livre intitulé « Portraits de courage : un hommage du commandant en chef aux combattants de l’Amérique ». Et ça a plutôt bien commencé pour l’ancien président, qui passe presque pour un tendre au regard des débordements récurrents et dangereux de Trump. Hier, Bush a pris clairement ses distances avec la nouvelle équipe à la tête du pays, en affirmant qu’il est pour une politique d’immigration ouverte et tolérante, et en jetant des fleurs aux médias, « indispensables à la démocratie », selon lui. Autant de positions qui le démarquent de Trump. Pour autant « la direction vers laquelle nous nous dirigeons ne m’inquiète pas », a déclaré Bush, avant de conclure en ces termes : « Nous avons déjà traversé de telles périodes avant, et nous avons toujours trouvé le moyen de nous en sortir. Je suis plus optimiste que d’autres ». On verra d’ici peu si son optimise est justifié…

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Le Maroc a fait sensation le vendredi 24 février 2017 en présentant une demande officielle pour adhérer à la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les intentions du royaume sont claires : Bétonner sa position en Afrique de l’Ouest pour mieux assurer son rayonnement dans l’Union africaine (UA), que le Maroc vient de réintégrer – le 30 janvier 2017 -, après l’avoir boudée pendant 32 ans en réaction à l’admission de la République arabe sahraouie démocratique…

L’affaire est d’importance pour le Maroc, qui avait déjà le statut d’observateur au sein de la CEDEAO. En franchissant ce cap, le royaume met le pied dans une communauté économique forte, composée de 15 Etats membres, dont des poids lourds en Afrique de l’Ouest – le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Ghana -, et qui sont du reste de « grands amis » du Maroc. Le Ghana par exemple vient de parapher 25 accords de partenariat avec le Maroc ; le Sénégal et la Côte d’Ivoire, deux membres très influents de l’UA, ont des liens historiques et très solides avec le royaume ; quant au géant économique le Nigeria, le pont est déjà établi avec le projet d’extension du pipeline ouest-africain, conclu en décembre dernier…

L’UMA est morte, vive la CEDEAO!

Au dernier sommet de l’UA, en Ethiopie, le roi du Maroc, Mohammed VI, avait sonné le glas de l’Union du Maghreb arabe (UMA), en assénant que « sa flamme s’est éteinte parce que la foi dans un intérêt commun a disparu». Pour son pays dorénavant, « la famille africaine est sa famille de référence ». Bien entendu le roi a provoqué de la sorte le courroux de l’Algérie et de la Mauritanie, qui continuent d’entretenir la flamme de l’UMA, une affaire qui a plus que jamais des allures d’utopie au regard de l’incapacité chronique des Etats du Maghreb à concéder le moindre effort dans le sens d’une réelle intégration. Alors Rabat a tourné casaque, un revirement du reste qui ne surprend personne puisque cela fait des années que le royaume ne regarde que vers l’Afrique subsaharienne, qui lui rend bien cette sollicitude avec des contrats par dizaines chaque fois que Mohammed VI fait un déplacement…

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Le président de TABC (Tunisia-Africa Business Council), Bassem Loukil, est de tous les combats pour tenter de tirer de leur torpeur les autorités tunisiennes et les amener, enfin, à s’intéresser à l’Afrique, le prolongement naturel de la Tunisie mais que tous les exécutifs qui se sont succédé à la tête du pays depuis des décennies boudent ostensiblement. Loukil, en compagnie du président d’honneur de TABC, Jalloul Ayed, avait pris son bâton de pèlerin il y a peu pour aller prêcher du côté du chef du gouvernement, Youssef Chahed et tenter de le convertir aux vertus d’une diplomatie économique digne de ce nom. Les résultats se font toujours attendre…

Loin de se décourager car conscient du fait que le salut de la Tunisie est en Afrique, le président du Groupe Loukil a remis ça le jeudi 23 février 2017. Avec le secrétaire général de TABC, Anis Jaziri, et le président du bureau régional de Sfax, Kamel Kamoun, il est allé voir le ministre du Transport, Anis Ghedira, pour obtenir, que dis-je, presque arracher sa confirmation pour sa participation au vol inaugural Tunis–Conakry, de la compagnie nationale, programmé le 27 mars prochain. Sauf qu’en principe, si les choses tournaient comme ça doit l’être, c’était au ministre de prendre les devants en confirmant qu’il conduira effectivement la délégation tunisienne, épargnant au TABC ces efforts qu’il aurait pu réorienter dans la prise de contacts sur le continent, par exemple.

Lors de cette rencontre, le président de TABC a soumis au ministre les grands axes de l’organisation pour bien positionner la Tunisie, je dis bien la Tunisie, en Afrique. Là aussi il nous semble que ce qui est de nature à faire briller la Tunisie sur le continent doit d’abord émaner du gouvernement, sous la forme d’une stratégie finement élaborée, planifiée, avant d’essaimer chez les décideurs et opérateurs économiques. Et pas le contraire. C’est pas de façon que la Tunisie va créer une dynamique nationale capable d’impulser le succès des entrepreneurs locaux sur le continent.

Lors de cette rencontre, décidément très riche en propositions, et en anomalies, Jaziri a évoqué la réunion entre le président de TABC et le PDG de Tunisair au cours de laquelle Bassem Loukil a présenté la requête des adhérents de l’organisation quant à l’ouverture, dans les plus brefs délais, de la ligne Tunis-Douala-Libreville (ou Tunis-Ndjamena-Douala). En toute logique, c’était aux autorités d’anticiper, de s’activer autour de ces nouvelles lignes pour créer les conditions de la réussite des entrepreneurs, au lieu de ce pilotage à vue, cet attentisme mortifère pour l’économie du pays. Dans un continent où tout est à faire, où les pays, notamment de l’Afrique subsaharienne, disposent de capitaux et ont des besoins en tout, que la Tunisie peut aisément satisfaire avec le niveau de son industrie, cet amateurisme et ce désintérêt des autorités tunisiennes pour le continent sont incompréhensibles et impardonnables.

Pour finir cette rencontre surréaliste à bien des égards, le ministre a félicité TABC pour ses initiatives afin de placer l’Afrique au coeur des préoccupations des acteurs de l’économie. Nous n’avons pas vu le roi du Maroc, Mohammed VI, temporiser ou encore moins féliciter qui que soit pour son implication sur les marchés africains, il va lui-même au charbon, mouille la chemise et présente sur un plateau les contrats aux industriels et banques marocains. Jeune Afrique a fait ses comptes : Le Maroc a conclu 113 accords sur le continent depuis juillet dernier. Le royaume, pourtant si proche de la Tunisie dans bien des aspects, n’a jamais paru aussi éloigné…

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Encore une avalanche de contrats pour le Maroc en Zambie, où Mohammed VI s’est rendu hier lundi 20 février dans le cadre de sa tournée en Afrique australe. Le souverain marocain et le président zambien, Edgar Lungu, ont paraphé 19 accords, en ratissant très large : Diplomatie, éducation, services aériens, agriculture, etc., rapporte Jeune Afrique. Ces accords viennent s’ajouter aux 25 que le roi vient de signer au Ghana, pour sa toute première visite. L’infatigable Mohammed VI est coutumier du fait : Un maximum d’efficacité dans ses périples africains, au risque d’énerver encore un peu plus ses voisins tunisien et algérien, qui regardent tout cela avec les yeux de Chimène ; le premier paralysé par une diplomatie économique maigrichonne sur le continent, le second handicapé par des années d’égocentrisme du fait de la manne pétrolière, qui s’est d’ailleurs tarie, l’obligeant à se retrousser les manches pour explorer d’autres filons, dont, évidemment, les marchés africains…

Le magazine souligne le lobbying intense de Meriem Bensalah Chaqroun, la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), qui mâche le travail à Mohammed VI en le précédant à chacun de ses déplacements sur le continent pour faire le tour des niches que le royaume peut exploiter. Le roi et elle forment un duo de choc qui fait mouche à chaque fois, ce que bien entendu la Tunisie et l’Algérie sont loin de pouvoir présenter. Certes l’Algérie s’est secouée dernièrement en organisant un Forum des affaires africain, mais il lui faudra un paquet d’années d’activisme pour rattraper son retard sur le Maroc. Idem pour la Tunisie, dont la première vraie tentative – modeste du reste car le chef du gouvernement avait programmé un voyage dans seulement 3 pays – s’est soldée dernièrement par un fiasco total, pour des raisons encore obscures. Mais comme Youssef Chahed avait promis, lors du Sommet des partenaires sociaux sur le développement et l’emploi, de faire de 2017 l’année de la conquête du continent, il ne faut pas désespérer de voir un sursaut de la Tunisie dans les mois à venir. En attendant, le Maroc, en véritable maitre des lieux, au même niveau que la Turquie, la Chine et la France, brille de mille feux sur le continent…

Une méthode infaillible

Pourtant il y a peu la Zambie n’était pas dans les petits papiers de la monarchie, mais les fins limiers du roi y ont identifié des opportunités que seul un minutieux travail sur le terrain permet de mettre à jour. Ensuite place à la redoutable équipe qui ne quitte jamais Mohammed VI : le président de Casablanca Finance City Authority (CFCA), Saïd Ibrahimi, le patron d’Attijariwafa Bank, Mohamed El Kettani, le directeur général de la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance, Mohamed Hassan Bensalah, et le boss de la Banque centrale populaire (BCP), Mohamed Benchaâboun. Hier en Zambie, la dream team était à la manoeuvre pour signer des mémorandums d’entente, sous l’oeil bienveillant de Mohammed VI, et le sera encore dans les jours à venir dans d’autres capitales africaines. C’est bien connu : On ne change pas une équipe qui gagne…

A cette armada il faut ajouter les ministres marocains des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy et de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, inséparables lors des déplacements sur le continent pour parapher les accords ministériels.

Bien entendu il y a les bisbilles politiques car la Zambie appartient à « la petite minorité » de nations qui reconnaissent le Polisario, mais le travail de sape de Rabat sera d’autant plus facile que les Zambiens, et c’est le moins dire, ont une position floue sur cet épineux dossier. En juillet 2016, le ministre zambien des Affaires étrangères, Harry Kalaba, a fait sauter de joie la monarchie marocaine en déclarant que son pays ne reconnaissait plus la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Mais le 10 janvier 2017, patatras, il reçoit en grande pompe le leader sahraoui, Brahim Ghali. Il confirme le 09 février 2017, dix jours après le retour fracassant du Maroc dans le bercail de l’Union africaine (UA), en déclarant lors d’un déplacement à Alger que les frontières du Sahara doivent être « respectées » , et que le Maroc ne doit pas s’asseoir sur le fait « que le Sahara occidental est un pays membre de l’UA ».

Mais tous ces quiproquos entre le Maroc et la Zambie seront vite balayés par le potentiel des liens économiques. Et de ce point de vue il y a de quoi faire. Le sous-sol zambien regorge de cuivre, qui pèse d’ailleurs 15% dans le PIB du pays. Et avec l’envolée des cours des matières premières prédite par la Banque mondiale, la Zambie va revenir une destination particulièrement intéressante. D’ailleurs la BM la crédite d’un taux de croissance de 4% cette année. Et le Maroc, qui a déjà placé ses pions, y a tout à gagner.

Mais le précieux métal ne sera pas le seul pilier de la croissance de la Zambie, il y a aussi la diversification du secteur agricole et les énergies renouvelables. Là encore le Maroc est dans les starting-blocks…

Bassem Loukil et Jaloul Ayed, respectivement président et président d’honneur de Tunisia – Africa Business Council, étaient récemment allés voir le chef du gouvernement tunisien pour plaider la cause des marchés africains. Il faut espérer, pour le bien de la Tunisie, qui a trop longtemps lorgné l’Europe, que le formidable périple de Mohammed VI sur ce continent que les Tunisiens méconnaissent balayera les hésitations et atermoiements de Chahed…

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Bonne nouvelle pour le Burkina Faso, qui va pouvoir compter sur la banque africaine d’export-import (Afreximbank) pour oxygéner son plan de développement quinquennal, rapporte l’Agence Ecofin. En effet Afreximbank financera ce plan à hauteur de 1,5 milliard $. Son président, Benedict Omarah, en a fait l’annonce en présence du chef de l’Etat burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, dans la capitale, Ouagadougou.

La banque a jeté son dévolu sur 15 projets, qu’elle subventionnera, sur les 83 points qui figurent sur le plan. «Nous avons sélectionné des piliers qui s’inscrivent dans l’ambition portée par notre plan stratégique IMPACT 2021. Nous nous focalisons principalement sur l’accélération du commerce intra-africain et de l’industrialisation du continent en développant ses capacités d’exportation », a dit M. Omarah.

On a appris que les fonds seront affectés au textile, aux hydrocarbures et au secteur bancaire.
Le président Kaboré a déclaré à l’occasion que son pays envisageait d’installer des usines de transformation des matières premières, en partenariat avec ses voisins, surtout le coton.

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Des changements pour créer du mouvement, vers le meilleur, espère-t-on, c’est souvent la panacée dans les gouvernements du monde entier. Sauf qu’en Tunisie, les choses sont plus compliquées que ça, avec une Révolution, il faut avoir le courage de le reconnaitre, en panne, des clignotants au rouge vif dans l’économie, une paix sociale plus fragile que jamais, des bailleurs de fonds de plus en plus tièdes et frileux quand il s’agit de voler au secours de la Tunisie, des institutions financières internationales gagnées par le doute, après l’euphorie qui a suivi le départ précipité du dictateur… La liste est encore longue. Pour secouer le cocotier et créer enfin cette dynamique sur laquelle 6 chefs de gouvernement se sont cassés les dents depuis 6 ans, Youssef Chahed aurait décidé, enfin, à en croire le très crédible site Jeuneafrique.com, de procéder à des changements au sein de son équipe. Et pas des moindres !

A souligner que le bruit court depuis décembre 2016, mais est monté en intensité ces dernières semaines. Le portail d’informations, qui dit tenir ça du cercle du chef du gouvernement tunisien, a affirmé que Chahed a décidé de sauter le pas. On annonce le départ de Lamia Zribi, actuelle ministre des Finances. Il se dit que l’idée d’un méga ministère de l’Économie et des Finances, agitée à un moment, a germé dans la tête du patron de l’exécutif tunisien.

Autre changement retentissant : L’éjection de l’indéboulonnable Néji Jalloul, le très remuant ministre de l’Éducation, dont les syndicats réclament la tête depuis qu’il a eu l’outrecuidance, d’après les enseignants, de faire cavalier seul dans les réformes, notamment avec son affaire de Centre des oeuvres scolaires. Si ce mouvement est confirmé, ce serait la preuve formelle qu’un ministre, pour faire de vieux jours sur son fauteuil, ne doit surtout pas brusquer, heurter les troupes avec une cadence infernale dans les réformes. Car après tout ce qu’on reproche à Jalloul c’est d’aller trop vite, au point de donner le tournis à des profs émoussés par des années d’immobilisme, de léthargie. Que l’actuel ministre soit plébiscité par les parents d’élèves, qu’il soit toujours dans le haut du panier dans tous les sondages sur les personnalités politiques du pays, tout cela ne compte guère aux yeux des enseignants, au contraire cette popularité de Jalloul a des allures de crime de lèse-majesté. On redoutait le coup de la part de Chahed, il est arrivé plus tôt que prévu, la meilleure façon d’étouffer dans l’oeuf les fragiles changements que Jalloul avait impulsés, pour s’acheter une paix avec les syndicats synonyme de poison pour un secteur décidément impossible à réformer, pour le plus grand malheur de la Tunisie, dans les bas fonds dans les récents classements internationaux sur le niveau des élèves.
Jalloul aurait cependant un lot de consolation : Un poste de directeur de cabinet à la présidence de la République…

Chahed ne s’arrêterait pas à si bon chemin, il fignolerait l’arrivée de Slim Azzabi, actuel ministre-conseiller, directeur du cabinet présidentiel, au département des Affaires étrangères, à la place de Khemaies Jhinaoui, qu’on dit en bisbilles avec l’occupant de la Kasbah. Majdouline Cherni, ministre des Sports et Samira Merai, à la tête de la Santé, sont également données partantes, pour quelle destination ? Mystère pour le moment…

Le Premier ministre français au chevet du malade

Lors de la Conférence internationale sur l’investissement, les 29 et 30 novembre 2016, la France avait fait son petit effet en annonçant 1,2 milliard d’euros de financement sur cinq ans. Depuis l’effervescence de Tunisia 2020, il ne s’est pas passé grand chose concrètement. Pas par la faute des bailleurs, mais surtout de la Tunisie. Les parties qui ont fait les plus grosses annonces lors de cette rencontre internationale ont réitéré leurs engagements politiques pour tirer la Tunisie de ce mauvais pas, sauf qu’il ne s’agit pas de donner des chèques en blanc, mais de financer des projets bien ficelés, viables. Or le bât blesse à ce niveau, la plupart des programmes n’ayant pas à ce jour été formellement montés, à ajouter aux lourdeurs administratives qui plombent les investissements et dont d’ailleurs les responsables se plaignent énergiquement. Même la loi d’urgence économique, censée mettre un coup de fouet à ce dispositif procédural lourdaud et mortifère pour les projets, sommeille à l’Assemblée des représentants du peuple depuis septembre 2016.
Tous ces dysfonctionnements devraient être sur la table lors de la visite en Tunisie du Premier ministre français, Bernard Cazeneuve, fixée pour fin mars, selon Jeuneafrique.com.
Il serait aussi question, lors de ce voyage, de l’accélération de la conversion des dettes tunisiennes en investissements.

Toutefois, quels que soient les dispositifs internationaux en place en faveur de la Tunisie, s’il n’y a pas de dynamique interne, ça donne exactement les mêmes effets que quand on arrose le désert : Rien. Ne dit-on pas ‘aide-toi, le ciel t’aidera’ ? On n’a pas le sentiment, au regard de ce que disent les responsables tunisiens eux-mêmes, que le pays est dans cette configuration…

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En à peine quelques semaines de gouvernement effectif – il a été officiellement installé le 20 janvier 2017 -, le républicain Donald Trump a atomisé le peu de crédibilité qui lui restait. Ses troupes prennent leurs distances avec ses décisions, contestées et contestables pour la plupart, des proches collaborateurs font défection, la communauté internationale est plus inquiète que jamais face à l’incroyable trajectoire de cette terrifiante Amérique qu’on avait plutôt l’habitude de voir dans le rôle de gendarme du monde, et pas dans celui du pyromane… Bref, c’est la curée pour un président qui a le chic pour faire le vide autour de lui et se fabriquer un paquet d’ennemis, très loin du « charmeur » Barack Obama..

Hier mercredi 15 février, Trump a, une fois de plus, provoqué un émoi mondial en flinguant des décennies de tradition diplomatique américaine quand il a remis en cause la solution à deux Etats pour le problème israélo-palestinien, cassant le mince fil qui reliait les protagonistes de cette délicate affaire à la paix. « Je regarde deux Etats et un Etat et si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content avec la solution qu’ils préfèrent. Les deux me conviennent », a-t-il asséné à la Maison Blanche lors d’une conférence de presse commune avec son « ami », le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Ce dernier, tout sourire après ce virage inattendu, a rétorqué : « Il n’y a pas de meilleur soutien du peuple juif et de l’Etat juif que le président Donald Trump »…

Dans cette même journée pas comme les autres, hier mercredi, Andrew Puzder, le magnat de la restauration rapide – de la malbouffe disent ses nombreux détracteurs -, qui avait été pressenti par Trump pour occuper la fonction de ministre du Travail, a dû renoncer à son poste, rattrapé par de sombre affaires de moeurs. « Bien que je ne serve pas dans l’administration, je soutiens pleinement le président et son équipe de grande qualité », a lâché le très éphémère ministre du Travail devant les médias. Une déconvenue de plus dans le chemin de croix du nouveau président, qui fait face à une bronca d’une rare intensité de l’opposition démocrate au Sénat, laquelle a son mot à dire sur chaque nomination.

Avant cet épisode malheureux, Trump avait dû se séparer de Michael Flynn, son conseiller pour la sécurité nationale, qui a été poussé à la démission suite aux accusations lourdes sur ses liens troubles avec Moscou, qu’il aurait aggravées en mentant sur la nature exacte de ces relations, un crime aux Etats-Unis. Trump a pensé pouvoir stopper la vague en niant formellement tout rapport avec la Russie, erreur ! Il n’a fait que raviver la flamme médiatique. Pour sa défense, le nouvel homme fort des USA, de plus en plus faible, a répliqué mollement, sans convaincre d’un iota : Cette affaire de « connexion avec la Russie est une absurdité, c’est seulement une tentative pour couvrir les nombreuses erreurs commises par la campagne perdante d’Hillary Clinton ». Il a ajouté : « Les médias répandant de fausses informations deviennent fous avec leurs théories du complot et leur haine aveugle ». Il tire surtout en direction des chaînes de télévision CNN et MSNBC, « impossibles à regarder », d’après lui. Pas sûr qu’il sorte gagnant d’un bras de fer avec la presse, laquelle a beaucoup de biscuits à se mettre sous la dent avec un Trump particulièrement pataud et maladroit dans sa façon de gouverner le pays et les grands dossiers du monde…

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Le Sénégal pourrait payer très cher sa bravade au Conseil de sécurité de l’ONU, quand il a porté à bout de bras et fait voter la résolution 2334 interdisant à Israël d’étendre les colonies sur les terres palestiniennes. Un texte qui d’ailleurs n’a eu aucun effet puisque l’Etat hébreu a continué à coloniser de plus belle, notamment depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Et même pire : Le Parlement israélien vient de voter une loi qui autorise la confiscation des terres palestiniennes, un seuil jamais franchi. Mais voilà, tout ça n’a pas calmé la colère de Mark Meadows, membre du congrès des États-Unis, qui a soumis à la chambre un projet de loi pour priver le Sénégal de l’aide au développement, pour au moins deux ans.

Dans son texte, déposé le 1er février et dont le site Dakaractu s’est fait l’écho, l’élu américain tente d’éloigner les critiques en avançant qu’il est motivé par le simple fait de donner cette aide à  d’autres nations africaines, notamment le Rwanda et l’Ouganda, dont les orientations et intérêts sont plus proches de ceux des citoyens américains. Mais la presse sénégalaise voit les choses autrement : Meadows, réputé fervent défenseur d’Israël, veut faire mordre la poussière à Dakar pour avoir mis l’Etat hébreu au banc des accusés.

Pour rappel, la résolution, adoptée le 23 décembre 2016, “exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est”. Ce qui bien entendu n’a pas été fait, au contraire. Pour ce qui est des liens entre Israël et le Sénégal, les choses sont au point mort depuis cet incident. Le Premier ministre israélien avait très mal pris le vote à l’ONU en rappelant immédiatement son ambassadeur à Dakar et en décrétant la suspension de l’aide accordée au Sénégal…

Si le congrès des Etats-Unis vote le texte de Mark Meadows, ce sera rude pour le pays de la « teranga » (hospitalité). En effet entre 2010 et 2015, Washington a injecté 540 millions de dollars au Sénégal, dans le cadre du Millennium Challenge Corporation, un dispositif mis en place pour lutter contre la pauvreté avec le levier de la croissance économique. Le pays avait séduit l’administration américaine en répondant aux trois critères fixés : La bonne gouvernance, un climat d’affaires qui booste l’entrepreneuriat privé et des promesses fermes de l’État pour des investissements importants dans le domaine social. Les engagements du président Macky Sall dans ce sens ont de nouveau convaincu en décembre 2015, l’aide avait donc été renouvelée pour cinq ans. Reste à savoir si l’élu américain parviendra à la torpiller…

Mark Meadows continue d’affuter ses armes en arguant que la dette américaine explose et qu’il est urgent pour le pays de réviser à la baisse le volume de l’aide étrangère. Pour le moment ce texte a été retoqué et est retourné à la case commission des Affaires étrangères, pour une présentation prochainement devant le Sénat et la Chambre des représentants des États-Unis, pour un vote lors d’un congrès. D’ici là on peut être sûr que les lobbies juifs, très actifs et influents dans les couloirs des deux chambres, et ailleurs, feront feu de tout bois pour faire regretter au Sénégal sa croisade à l’ONU….

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La Tunisie est parvenue à s’assurer 850 millions d’euros sur le marché financier international sans l’aide du Fonds monétaire international ni de la Banque mondiale, a-t-il été annoncé ce vendredi à Tunis.

Assorti d’un taux d’intérêt de 5,625, ce crédit remboursable sur 7 ans a vu la participation des plus grands bailleurs de fonds à Londres, marquant ainsi le retours de la confiance du marché international.

Il est à noter que cette levée de fonds intervient à la suite d’un roadshow mené dans le cadre d’une sortie sur le marché pour 2 milliards d’euros à l’effet de combler le déficit budfétaire.

 

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On le savait, le populisme a le vent en poupe, notamment en Europe et aux USA, et avec lui sa cohorte de xénophobie, d’islamophobie et de racisme dans ces parties du monde plus soumises aux flux migratoires, du fait surtout des foyers de tension que les Européens et les Américains ont eux-mêmes allumés. La dynamique populiste vient de porter magistralement au pouvoir le républicain Donald Trump, alors que les analystes politiques ne pariaient pas un dollar sur ses chances de succès à l’élection américaine. Mais voilà, la déraison populiste, si démagogue, si efficace et si ravageur, est passée par là, emportant tout sur son passage. En Europe il semble que cette sanctuarisation américaine de la nébuleuse populiste ait enhardi les tenants de la ligne dure contre l’immigration. Les musulmans, si facilement identifiables à tout ce qui va de travers dans ce monde, sont les premiers à trinquer. Ce que les Européens pensent des migrants musulmans, c’est un sondage de Chatham House publié le 07 février 2017 qui nous le dit. Et ce qu’on a appris est plutôt effrayant : Les esprits des Européens se ferment de plus en plus, et l’irrationnel, la peur de l’étranger, surtout musulman, gagne du terrain, avec toutes les visions fantasmées et destructrices qui vont avec.

Les citoyens de 10 pays européens interrogés dans le cadre de cette enquête sont, à une écrasante majorité, favorables à un arrêt net de l’immigration musulmane. Il n’y a qu’en Espagne et au Royaume-Uni où ce taux est en-dessous de 50% (41% chez les Espagnols et 47% chez les Britanniques). On atteint des sommets en Pologne, où 71% des citoyens se déclarent en faveur d’une fermeture des frontières aux migrants musulmans. La tendance est également remarquable en Hongrie, 64%, en Autriche, 65%, mais aussi, plus surprenant encore, en Belgique, qui affiche 64% de citoyens anti-immigration musulmane. Les attentats de Bruxelles, le 22 mars 2016, sont pour beaucoup dans ce désamour. Même la France, où il y a une forte communauté musulmane, est à un niveau très haut, 61%. Là aussi les terribles attaques terroristes de Paris (13 novembre 2015) et Nice (le 14 juillet 2016) ont porté un rude coup au modèle d’intégration à la française. Mais avant cela il y a eu le travail de sape de l’ex-président français, Nicolas Sarkozy, qui a assumé un virage à droite et a décomplexé les Français, libérant la parole xénophobe. C’est tout cela qui explique aujourd’hui que la candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen, soit à ce niveau de popularité, au point d’être la favorite, selon les sondages, du premier tour de la prochaine présidentielle, en avril 2017.

Ce qu’il faut retenir c’est qu’au total 55% des Européens sondés optent pour un bouclage des frontières face aux migrants musulmans. Terrifiant, et cela d’autant plus que la vague islamophobe a considérablement grossi depuis la dernière enquête en 2016. En Pologne, on était à 66% l’an dernier (71% en 2017), à peine 28% au Royaume-Uni (47% en 2017), 29% en Allemagne (53% en 2017) et en France (61%). C’est une évolution spectaculaire. C’est d’ailleurs cette dynamique xénophobe qui a poussé les Britanniques à se recroqueviller sur eux et à sortir de l’Union européenne. Ils ont maintenant en face d’eux un Trump qui leur dit : Vous avez bien fait, venez dans mes bras, tout en soufflant sur les braises pour provoquer d’autres défections dans l’UE. Pas de doute : C’est l’inconnu qui préside désormais aux destinées de l’humanité depuis l’arrivée de la tornade Trump, avec des effets incalculables…

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Le ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, s’est livré à un exercice de vérité sur le plateau de Sofiene Ben Hamida, sur Nessma TV, ce mardi 7 février 2017. Beaucoup de sujets, pour la plupart économiques, épineux pour certains, ont été passés au crible…

Pour commencer, Abdelkefi a déploré la vitesse avec laquelle plusieurs projets sont réalisés, qu’il a qualifiée de très lente. Il a illustré son propos par les 85 millions de dollars de dons que l’Arabie saoudite a, généreusement, accordé à la Tunisie. Sauf que le projet n’a toujours pas démarré. Même « les études n’ont pas encore été faites », a lâché le ministre, avant d’ajouter, dépité, visiblement excédé, que « la notion du temps n’existe pas dans ce pays ».

Ensuite il a jeté son dévolu sur les caisses de compensation, très gourmandes, trop même, en deniers publics ; cette année, 800 millions de dinars ont été décaissés pour résorber le déficit de ces fonds, a souligné Abdelkefi . « Jusqu’à quand ces caisses resteront déficitaires ? » a-t-il dit. Nous lui posons la question, en sachant que c’est lui qui est aux manettes, et que s’il n’a pas la réponse, et les décisions fortes qui vont avec, Africanmanger ne sait pas qui peut les avoir !

Quand on lui demande « pour l’avenir comment envisagez-vous le rôle de l’Etat ? », il rétorque « redéploiement de la puissance » publique. « L’Etat ne dispose pas de beaucoup de moyens et ne peut être partout ! Il doit, principalement, légiférer, mettre en place l’infrastructure et prélever les impôts. Il faut élaguer, faire place nette ! Il faut aussi que l’Etat sorte de certains secteurs où sa présence n’est pas nécessaire », a affirmé le ministre. Quels secteurs ? Se désengager, chiche, mais jusqu’à quel point ? Pour quels objectifs chiffrés ? Là encore, comme plus haut, ce qu’on attend de sa part, vu la fonction qu’il occupe, ce sont des réponses, et des décisions, si ce n’est pas trop demander…

Le ministre de l’Investissement a également « fait escale » sur le port en eaux profondes d’Enfidha, qui prend des allures de vieux serpent de mer. D’ailleurs Abdelkefi l’a reconnu. « Il faut réactualiser les études qui ont été faites. C’est un mégaprojet et c’est pour ça qu’il va prendre un peu de temps, car on n’a pas le droit à l’erreur », a-t-il argué.

S’agissant du développement régional, il a affirmé que des montants conséquents ont été décaissés, mais l’instabilité sociale, les problèmes fonciers et des obstacles administratifs sont un puissant frein, ce qui fait que seule une petite partie de ces sommes a été dépensée. Par exemple « sur les 1200 Millions de dinars qui ont débloqués pour la région de Sidi Bouzid, seuls 500 MD ont pu être utilisés. Ce qu’il faut comprendre c’est que l’investisseur a besoin que les routes ne soient pas coupées », a asséné le ministre. On aurait pu lui répliquer que pour cela, il faut que la puissance publique, dont il est un éminent représentant, fasse en sorte, puisqu’elle en a la force et le mandat, que les routes ne soient pas coupées, comme le chef du gouvernement, Youssef Chahed, l’avait promis…

Par ailleurs le ministre a fait savoir que cette semaine, une rencontre a été organisée avec les partons des sociétés off-shore du gouvernorat de Bizerte. « Nous projetons de développer le port, pour augmenter son débit. Car les carnets de commandes de ces sociétés sont aujourd’hui pleins ». Une bonne nouvelle ! Il faut d’autant plus s’en délecter que les trains qui arrivent à l’heure sont rares en ce moment…

Le clou de la sortie du ministre c’est sans doute sa conclusion : il a déclaré, à la stupéfaction générale, qui en dit long sur l’état d’esprit qui prévaut au sein du gouvernement, que les réformes doivent être impulsées par le gouvernement et sous la supervision de son chef, Chahed. « Pour moi, ce n’est pas chaque ministre qui doit faire des réformes dans son ministère, de manière individuelle ».

S’il n’avait pas soulevé ce lièvre, on aurait cru que tout était calé à ne niveau et que ça passe comme le ministre le veut, comme c’est le cas dans tous les gouvernements dignes de ce nom dans le monde. Mais voilà, puisque Abdelkefi en fait état, et de cette manière, cela signifie qu’il y a un gros problème dans la maison Chahed et que la chose mérite qu’on s’arrête un moment.

On apprécie à sa juste valeur l’intervention du ministre, pour le paquet d’indices et d’informations qu’elle nous apporte sur la marche des affaires publiques ; il commence d’ailleurs à être coutumier du fait. Le seul hic c’est qu’il en parle comme s’il n’avait aucune responsabilité dans ces ratés et dysfonctionnements, alors qu’ils ont justement été désignés pour agir et corriger ce qui devait l’être. Vous nous direz que le chantier est colossal dans cette Tunisie post-révolutionnaire, où presque tout est à faire, ou à refaire, et que le ministre a raison de mettre tout le monde devant ses responsabilités. Mais cette façon qu’il a de pointer du doigt les choses qui vont de travers, avec ce détachement, est assez symptomatique de ce qui se passe actuellement dans le pays : Des incantations, des voeux pieux, quid des actions ? Rien, ou pas grand chose. Sauf que quand c’est un responsable de son calibre qui le dit, c’est tout simplement inacceptable.

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