AccueilLa UNEQui est derrière la machine qui pourrait tuer Nidaa Tounes ?

Qui est derrière la machine qui pourrait tuer Nidaa Tounes ?

Que reste-t-il de la machine de guerre fabriquée par le président de la République, Béji Caïd Essebsi et qui avait brillé aux élections de 2014 ? Qu’en restera-t-il au scrutin de 2019 ? Manifestement pas grand chose au rythme où le parti se vide de son sang, sous le brillant magistère de Hafedh Caïd Essebsi, fils du chef de l’Etat. 8 députés viennent de claquer la porte du bloc parlementaire de Nidaa Tounes (il n’en reste que 46, pour 86 au départ, et une poignée de militants) pour filer vers la « Coalition nationale ». 8 de plus, martyrisant un peu plus ce parti que son propre fondateur refuse toujours obstinément de prendre en main sous prétexte qu’il se doit de prendre de la hauteur, du haut de son fauteuil du palais de Carthage, au motif que son statut lui interdit de mettre son nez dans les affaires partisanes. Mais personne n’est dupe, si la main du vieux lion tremble, hésite, c’est parce qu’elle redoute d’écraser le fils. Les sacrés liens du sang et leur pouvoir de nuisance, dont le pays croyait s’être débarrassés un fameux 14 janvier 2011. Et bien non. Zohra Driss, Moncef Sellami, Ahmed Saïdi, Issam Mattoussi, Lamia Dridi, Jalel Guedira, Mohamed Rachdi et Marwa Bouazzi sont partis, ils ont quitté un navire en plein naufrage. La même Zohra Driss qui avait récemment adressé un message coup de poing à BCE. Il faut croire qu’elle n’a pas eu la patience d’attendre que Essebsi fasse mouvement…

- Publicité-

Le coupable ? Toujours le même

Zohra Driss a confirmé l’information à la TAP, avec une indication qui montre que cette affaire est actée : Les 8 désormais ex-nidaïstes vont officiellement déposer leur démission au bureau de l’Assemblée des représentants du peuple mercredi prochain.
Elle a ajouté que la décision a été prise il y a environ une semaine, en raison de ce qu’elle a qualifié de « déception » quant à la manière d’administrer Nidaa Tournes. Le directeur exécutif de Nida Tounes, Essebsi junior, est accusé, mais ce n’est pas nouveau, d’avoir la « mainmise sur tous les pouvoirs » et de faire comme si les structures et dirigeants du parti n’existaient pas. En fait le parti n’était même pas géré, HCE, aveuglé par sa haine obsessionnelle du chef du gouvernement, Youssef Chahed, a oublié qu’il pourchassait un des leurs, que la cible, en principe, parlait et agissait au nom du parti, qu’il avait des soutiens au sein du parti et que cette persécution que rien n’explique rationnellement (il se dit que Chahed refuse de nommer les hommes de Essebsi fils à des postes clés, qu’il met ses « amis » en prison sans le consulter, qu’il refuse même de lui répondre au téléphone… C’est bien ce qu’on disait, il n’y a rien de rationnel derrière cette haine tenace) risquait de faire imploser la formation. HCE a oublié que son rôle était de rassembler, il a oublié qui il était, la valeur de ce qu’il a entre les mains et ce qu’il est venu faire au poste qui est lien, il a oublié les difficultés du pays qui exigeaient autre chose de sa part. Il s’est oublié. L’addition est salée.

L’ombre de Chahed derrière le loup

Dès sa naissance, fin août 2018, le bloc parlementaire, qui affichait 33 députés – des indépendants, des déçus de Machrou Tounes et Nidaa Tounes, des élus de l’UPL – a été suspecté d’être téléguidé par Chahed, pour faire exploser le front de ses ennemis au Parlement, dont des élus de son parti (je sais, tout ça est un peu kafkaïen…). Et devinez qui était le plus terrorisé par cette affaire ? Nidaa Tounes, évidemment, un bloc qui n’est plus que l’ombre de lui-même et que la moindre bourrasque secoue. Bien entendu les accusations en direction du chef du gouvernement ont redoublé d’intensité quand il l’ont vu prendre langue avec les 8 députés le jour même de l’annonce de leur démission de Nidaa, samedi 08 septembre 2018. Mohamed Rachdi a beau dire que ce sont eux-mêmes qui ont sollicité un entretien avec Chahed, pour causer « des préparatifs de l’année parlementaire et du projet de la loi de finances pour l’année 2019 » et « la question de la démission n’a pas été évoquée au cours de cette rencontre« , les adversaires et faux amis de Chahed continueront de voir son ombre derrière la « Coalition nationale« , de le voir partout. Chahed fait peur à tout le monde, sa popularité, même en baisse, selon les sondages, fait peur. Au point que même la forteresse Ennahdha ne parle plus que de la présidentielle, et surtout de la manière d’empêcher Chahed d’y aller, alors que l’intéressé n’a pas pipé mot sur cette échéance ! Mais puisque ses parrains ont la faculté de lire dans ses pensées…

Rached Gannouchi et compagnie se donnent-ils tout ce mal pour rendre service également à BCE, qui ne voudrait pas croiser le chef du gouvernement sur la route de la présidentielle ? Abdellatif Mekki, dirigeant du mouvement Ennahdha, l’a laissé entendre, ici même, sur Africanmanager. Vrai ou pas, manoeuvre politique ou pas, le fait est que Chahed les empêche tous de dormir. Et ce sera encore le cas pendant un bon moment, et encore plus quand il aura quitté la Kasbah et qu’il se mettait en tête de jouer les cartes qu’il a en main pour se forger un destin national.

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

106,721FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
4,577SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -

Derniers Articles