Omar Béhi pourrait-il faire mieux ? Pas si sûr !

Omar Béhi pourrait-il faire mieux ? Pas si sûr !

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A chaque nouveau glissement du déficit de la balance commerciale, s’élèvent de nouveau en Tunisie des voix «d’experts» et de politiciens, demandant au ministre du commerce, Omar Béhi, de sévir en comprimant la liste des produits importés par la Tunisie. Avant lui et en coopération avec la BCT, une liste de 604 nomenclatures douanières déclarées «personæ non gratæ» avait été établie en octobre 2017. Le même mois, la BCT sortait une circulaire portant instruction de ne procéder à l’ouverture d’une lettre de crédit (LC) pour l’importation de certains produits qu’avec la couverture par l’importateur de sa LC par une garantie sur ses propres fonds. Des mesures qui avaient alors valu à l’ancien Gouverneur et au gouvernement le courroux de certaines parties européennes, dont l’une qui en voulait surtout à la présence sur cette liste des produits de maquillage (Nomenclatures de 330300 à 330499).

Les réprimandes, diplomatiquement correctes, arrivent encore à ce jour, au ministère du Commerce.

Les critiques internes, concernant certaines importations jugées actuellement inutiles et en tout cas non-indispensables, n’ont pourtant pas arrêté. Au ministère du Commerce, on penserait même rétablir le régime des autorisations préalables pour toutes les importations, même pour une seule année. On planche, tout de même et depuis quelque temps, sur les mesures à prendre qui pourraient contribuer à dépenser moins en importations et resserrer les cordons de la réserve en devises. De son côté, le chef du gouvernement avait remis sur la table des négociations avec les autorités chinoises la possibilité d’un accord de Swap pour couvrir les importations tunisiennes de Chine.

C’est dire tous les efforts faits ou en cours pour essayer de baisser le déficit commercial, sans pour autant toucher les matières de base, les semi produits et les importations par lesquelles l’industrie tunisienne fonctionne.

En août dernier, sur les 38,427 Milliards DT déboursés en devises par la Tunisie par en importations diverses, dont un peu plus de 24,205 Milliards DT pour seulement 9 produits, tous vitaux. Ces 9 produits représentent plus des 2/3 de toutes les importations tunisiennes. Pour plus de détails, cette liste de l’INS est encore plus explicite sur les importations tunisiennes.

Elle confirme, pour ceux qui auraient encore des doutes, non politiciens, qu’il est difficile, voire impossible pour le ministre tunisien du Commerce Omar Béhi de comprimer encore plus les importations, du moins officielles et pas celles qui passent par les circuits parallèles, qui sont un autre combat autrement plus difficile et pas encore engagé avec force et détermination par le gouvernement de Youssef Chahed.

A l’exception de quelques produits dans cette liste, rien ou très peu à notre sens pourrait être taxé d’inutile. Le ministre du Commerce pourrait certes en expurger quelques petites choses, comme les 90,4 MDT de jouets, jeux et articles de sports, les 52,4 MDT d’appareils de télécommunication comme les téléphones mobiles, etc. Mais est-ce que cela changerait quelque chose dans la balance commerciale ?

L’idéal, à notre sens, serait de se pencher sérieusement sur la question du commerce parallèle et le commerce de valises, comme par voie aérienne de Turquie. Et encore, regardez ce qui s’est passé dernièrement, lorsque la Libye a unilatéralement fermé ses frontières du côté tunisien. Le Tunisien vit, par le parallèle, avec le parallèle et en partie grâce au parallèle. Et il n’est pas prêt de s’en séparer !

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