Fonction publique : Et alors ! Ce ne sera qu’une grève de...

Fonction publique : Et alors ! Ce ne sera qu’une grève de plus

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Tout le monde en a peur comme du loup blanc, ou comme si la terre allait s’arrêter de tourner, le 17 janvier en Tunisie. Ce sera pourtant certainement la seconde fois que la fonction publique fait grève, après celle du jeudi 22 novembre 2018, et ce ne sera pas la dernière. Cela fait en effet plusieurs années que tout le bassin minier fait grève de production, l’arrêtant de manière cyclique. Les effets financiers de la grève déguisée de la CPG sont énormes. L’économie tunisienne n’en tournera pas moins.

Le coût financier de la prochaine grève de la fonction publique, estimé par certains experts à 200 MDT de manière directe, n’égalera jamais les milliards DT de pertes en exportation de phosphate, sous les effets de la grève déguisée qui bloque ce secteur depuis le début de ladite révolution qui n’a réussi qu’à allumer l’ardeur des grévistes de tous genres. Il n’égalera pas, non plus, les 2 Milliards DT d’augmentations demandées par l’UGTT pour les seuls fonctionnaires.

Le plus gros des agents de la fonction publique est au ministère de l’Education nationale (198 mille en 2016). Des enseignants qui font depuis des mois déjà des grèves de zèle de tous genres et au service irrégulier auquel toute la Tunisie est déjà habituée. Des enseignants qui menacent déjà aussi de faire leurs propres grèves, d’examens, de remise de notes et demanderont d’autres augmentations salariales. Et ils ne seront pas les seuls à le faire.

  • Les vérités sur les salaires, que cache l’UGTT

«En 2016, le salaire brut moyen s’établit à 1580,7 dinars mensuel en hausse de 13,8 % par rapport à 2015, soit un écart de 191,8 dinars, entre 2015 et 2016. La hausse importante du salaire brut moyen en 2016 est due, d’une part, à des augmentations des salaires allouées aux agents de la fonction publique par décret gouvernemental n° 2016-1 du 5 Janvier 2016 publié dans le journal officiel au titre de l’année 2016. Ces augmentations sont réparties entre augmentation générale et augmentation spécifique». C’est ce qu’affirme l’INS, dans une récente étude détaillée sur l’évolution du salaire brut mensuel moyen.

Et l’INS de préciser encore que «D’autre part, la modification de la structure en grade et fonction de la population salariée dans la fonction publique a contribué à l’augmentation du salaire brut moyen. En effet, un agent en 2016 perçoit en moyenne 11,9% de plus qu’un agent en 2015 de mêmes grade et fonction. Soit une contribution de 1,9 % du taux d’accroissement global. En 2016, la part des agents ayant une promotion de grade ou de fonction (structure modifiée) est de 42 % par rapport à l’ensemble des agents de la fonction publique, contre seulement 26% en 2015».

De plus, les augmentations salariales de cette catégorie d’employés de l’Etat ont toujours compensé les augmentations de l’inflation. Les chiffres, toujours de l’INS, confirmant ainsi qu’entre 2010 et 2018 le taux de l’inflation a haussé de 47,7 % alors que la moyenne globale de la hausse des salaires NETS a augmenté de 65,1% (Voir notre tableau ci-dessous), ce qui détruit l’alibi de l’UGTT, car le but de ses revendications dont elle sait incapable les capacités de l’Etat est à chercher ailleurs que dans une augmentation pour réparer le pouvoir d’achat. En bref, tous ceux qui ont eu un taux de croissance de leurs salaires NETS, au-dessus de 47,7 %, ont réellement gagné en pouvoir d’achat.

  • Et si on les laissait faire grève ?

Il est vrai que cette fois, la grève devrait toucher la fonction et les entreprises publiques. Et si chez une administration qui ne réalisait, au terme du 3ème trimestre de 2018, que 0,2 de valeur ajoutée, la journée de grève pourrait être assimilée à une journée de congé payé, le mixe fonction et administrations publiques pourrait quelque peu perturber, pour un jour, les affaires du secteur privé. Ceux qui la feront n’en récolteront pas que les bons sentiments et les bonnes prières de tous ceux qui verraient leurs intérêts menacés, et ils sont nombreux.

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