AccueilLa UNELazhar Sta raconte Cement Carthage, et y croit dur comme du béton

Lazhar Sta raconte Cement Carthage, et y croit dur comme du béton

Ingénieur principal de l’ENIT en 1979, spécialisé en génie industriel, Lazhar Sta est natif de la ville de «Ouardanine», dans une famille d’agriculteurs-oléiculteurs, agissant dans le commerce des biens de construction, dans l’industrie du concassage (1965), dans l’hôtellerie (depuis 1964) et dans l’immobilier.

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Major de sa promotion, Lazhar a débuté sa carrière professionnelle à l’API, du temps de l’illustre Tijani Chelli, où il a été chargé de l’identification des nouveaux projets. C’était l’ère de la loi 72 pour les projets d’exportation et la loi 74 pour les industries locales qui ont encouragé la création de projets tous azimuts, puis la loi 81-56 qui développait l’investissement dans le pays et encourageait la décentralisation industrielle.

Initiateur et développeur de projets, il sera dans la 1ère équipe, en 1982, du Complexe Mécanique de Tunisie à Mateur, lancé par la BDET pour fabriquer les tracteurs agricoles et moissonneuses-batteuses sous licence Deutz et finira par en sortir, deux années plus tard, en 1984, pour se lancer dans ses propres affaires.

  • Qui a fait Carthage Cement ?

L’homme avait alors parcouru beaucoup de pays à l’étranger, siégé 15 ans au BE de l’Utica et vu du monde et des entreprises, dans une Tunisie qui essayait de monter une industrie de toutes pièces et à partir des besoins du pays. «J’ai acheté, moi-même et mon beau-père, un terrain de 218 hectares à côté de notre carrière à Jbel Ressas et constitué notre société de concassage GCN», se rappelle encore l’homme d’affaires.

«J’ai, ensuite, créé un projet de production de triporteurs, sous licence Piaggio, et exporté en Libye. J’ai développé un projet de leasing, qui sera dénommé Général Leasing en partenariat avec la BTQI et la Banque du Sud, qui sera cédé en 2007 à cette dernière devenue Attijari Bank. J’ai opéré par la suite dans le secteur du marbre et carrelage, en plus d’autres projets qui vont de la pisciculture à l’intermédiation en bourse (CGI), en passant par l’hôtellerie (Ksar, Marassi Sidi Bou Said avec des Saoudiens)», raconte-t-il encore de cette période où la création de projets était nettement moins compliquée.

Sta, racontent de lui ses proches, avait un sens aigu de l’identification des besoins en projet qui l’avait orienté vers l’exploitation des carrières, alors que les grands projets autoroutiers démarraient pour les fournir en gravier.

Et c’est de fil en aiguille que Sta commence à élaborer l’idée d’un projet de cimenterie. Contact avait alors été pris avec le géant allemand Heidelberg, après un premier rapprochement avec le portugais Cimpor.

En 2006, prenait forme la convention avec le cimentier allemand, pour le projet d’une cimenterie par la scission de GCN. Création avait alors été faite de Bina Holding (BH) 50/50 avec le cimentier allemand, BH sera à 60 % dans le capital de Bina Corp avec un partenaire financier du koweitien GIH (Global Invest House) qui était remplacé par la suite par Global Investment Overseas. Bina Corp se chargera de la réalisation de Carthage Cement, avec 50,2 % et la participation du groupe Emirati Al Jaber en tant que partenaire financier.

L’entrée de Belhassen Trabelsi, en tant que partenaire dans la Holding, s’était faite en remplacement de Heidelberg tout en gardant la structure Bina Holding- Bina Corp, a-t-il précisé pour Africanmanager.

  • Toujours optimiste et des projets pour Carthage Cement

Tout cela, Lazhar Sta voudrait le mettre de côté, pour ne s’intéresser qu’à la manière de sauver «Ciments de Carthage» et lui redonner le lustre qui était le sien depuis sa création. Pour lui, «Carthage Cement est l’une des meilleures cimenteries au monde. Elle dispose d’une capacité de production de 2,2 millions de tonnes par an, extensibles à 4 millions de tonnes. Elle dispose aussi d’un large éventail de produits, capables de booster ses capacités commerciales». Il cite, en outre, le projet du RDF qui permettra de valoriser différents types de déchets et les utiliser comme combustibles dans la cimenterie, et produire ainsi un ciment vert, qui respecte l’environnement et la région où se trouve la cimenterie et qui en a grand besoin. «Notre cimenterie a été équipée pour cela, depuis sa construction, contrairement à la concurrence». À côté de cela, un projet d’emballage spécifique devait aussi être mis en place dans la région et il pourra aussi être d’une grande utilité, non seulement pour la cimenterie mais aussi pour les agriculteurs de la région.

Croyant, dur comme fer, ou plutôt dur comme du béton fait avec le Ready-Mix fabriqué par son ciment, Sta rappelle que «CC est une cimenterie bien conçue, avec un personnel hautement qualifié, et pourrait facilement redevenir le fleuron industriel qu’elle était dès le début, dégager des bénéfices plus importants et même générer d’autres projets complémentaires, qui pourront faire appel au surplus actuel de personnel de la cimenterie».

Pour Lazhar Sta, le plus urgent est «la restructuration, financière, managériale et commerciale» qui pourrait être concrétisée par une augmentation du capital à laquelle prendraient part les créditeurs de la cimenterie. Pour cela, le fondateur de CC fait confiance au travail, actuellement entrepris par Al Karama Holding et son DG Adel Grar ainsi que le CA de CC.

Ce qui est sûr, c’est que CC travaille en-dessous de ses capacités réelles et de son potentiel, surtout en projets complémentaires et qui pourraient non seulement créer plus d’emplois, mais aussi booster ses résultats financiers. Les «défauts de parcours et non structurels», comme les appelle son fondateur, restent gérables.

Les corrections qui y seront apportées, en partenariat entre lui, Al Karama Holding et le CA de CC, sont capables, il en est sûr car il sait de quoi il parle en tant que technicien du domaine et créateur du projet, non seulement de remettre sur pied l’entreprise, mais aussi de mieux en vendre la partie qui revient à l’Etat qui n’en sera que plus financièrement bénéficiaire, et donnera de meilleures perspectives pour le reste des actionnaires de cette entreprise cotée en bourse.

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