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Le « chaleureux Hug » de Georgieva avec Nemsia, et le « misunderstanding » de la DG du FMI

Les machos de la politique en Tunisie ne vont pas aimer cela, mais il est même permis de dire que le dernier accord Tunisie-FMI a été une histoire de femmes. Et il est désormais aussi un fait que ce sont les femmes tunisiennes, y compris celles qui avaient accompagné la délégation à Washington (La DG des équilibres financiers au MF, et deux autres Dames du ministère du Développement), qui sont en train d’exceller pour sortir l’économie de leur pays et ses finances de la crise..

D’abord la cheffe du gouvernement Najla Bouden qui avait réussi à remettre le pied de la Tunisie dans l’étrier du MEDC (mécanisme élargi de crédit) d’un FMI dirigé par une femme, à l’occasion du « World Economic Forum » à Davos.

Sa rencontre en tête-à-tête avec la DG du FMI, Kristalina Georgieva, a été sans aucun doute déterminante dans le retour du Fonds aux discussions à Tunis, après le flop de l’ancien chef de gouvernement Hichem Mechichi, l’échec du gouvernement Chahed à se faire verser la dernière tranche d’un accord, lui aussi de 1,9 Mds USD, et celui de son prédécesseur qui a dû mettre fin lui-même à l’ancien accord. L’accord du 15 octobre 2022 avec le FMI est sans doute le fait d’armes majeur d’une cheffe de gouvernement critiquée, et faussement accusée de ne rien faire pour l’économie.

–          Le Hug de Nemsia avec Georgieva, et l’effet Sésame du SLA

Ensuite, la ministre tunisienne des Finances, Sihem Boughdiri Nemsia qui faisait certes partie d’une délégation de 9 personnes comprenant Samir Saïed et le gouverneur de la BCT qui n’a pas non plus démérité bien qu’oublié par Kristalina Georgieva lors de sa dernière interview accordée à Sky News arabe, où elle ne tarissait pas d’éloges sur le mérite de cette délégation d’avoir réussi à arracher l’accord de 1,9 Mds USD.

« C’est une réussite, amplement méritée par la Tunisie. Nous avons fait un chaleureux Hug avec la ministre (Ndlr : Shem Nemsia) à l’annonce de l’accord, car depuis le 1er jour de son arrivée (Ndlr : A Washington), elle disait qu’elle ne rentrera pas sans le Staf Level Agreement (SLA), et sans un accord qui soit à la hauteur de ses aspirations et celle de la délégation » tunisienne, disait avec le sourire la DG du FMI.

Nemsia l’avait dit lors d’une réunion des ministres du G7 avec les pays africains en marge des réunions annuelles du FMI et de la Banque Mondiale à Washington, et cela avait marqué la DG du FMI. On comprend cette importance accordée par Nemsia au SLA plus qu’au 1,9 Mds USD, lorsqu’on sait son impact direct sur la notation de la Tunisie, et son effet « clé de sésame » sur l’accès de la Tunisie au reste des bailleurs de fonds.

–          La DG du FMI applaudit le programme de la Tunisie

Et K. Georgieva d’ajouter, en parlant de la ministre tunisienne des Finances, « et elle était heureuse, car elle le faisait, car le gouvernement le faisait et car le peuple (Ndlr : tunisien) le faisait, et je suis heureuse qu’on ait pu les aider », en mettant en exergue le fait que c’est sur la base du programme de réformes, propre à la Tunisie, et non sur une quelconque instruction du FMI.

« Nous disons cela est bon, cela est mauvais, mais le choix a été le leur », a-t-elle précisé comme pour répondre à des critiques tunisiennes, comme celle de l’UGTT, dont le timing d’annonce de la prochaine paralysie de l’économie par une grève générale du transport pour manque et vétusté du matériel roulant, ne nous semble pas fortuit.

La Tunisie officielle n’en parle toujours pas, et cela ne saurait tarder, nous dit-on. Et c’est le FMI lui-même et par la voix de sa DG, qui s’y met et avec des mots qui raviraient le plus récalcitrant des bailleurs de fonds, et certainement les agences de notation.  

« L’accord conclu par le Fonds monétaire international avec la Tunisie a été l’une des lueurs d’espoir des Assemblées annuelles des Conseils des gouverneurs du FMI et du Groupe de la Banque mondiale à Washington », a déclaré la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.

–          Le FMI content du « filet social », inclus dans le programme tunisien

Sur la chaîne satellitaire Sky News Arabic, elle a ajouté que « le gouvernement tunisien a déployé d’énormes efforts pour y arriver, avec un programme qui a été le sien, grâce au sérieux dont il a fait preuve et au prix des difficiles discussions tuniso-tunisiennes auxquelles l’accord a donné lieu, et qui a vocation à lui procurer de nombreuses opportunités d’emploi et de soutenir ses capacités ».

La DG du FMI a aussi mis l’accent sur « trois points dont la Tunisie devra tirer parti », citant, en premier lieu, « l’intérêt que la Tunisie attache aux filets sociaux de sécurité qui revêtent une importance cruciale, lesquels ont fait l’objet d’une réflexion profonde et ont été conçus pour cibler adéquatement les catégories qui ont le plus besoin d’assistance, ce qui est de nature à empêcher ceux qui n’ont pas besoin d’aide d’épuiser les ressources du pays ».

Kristalina Georgieva constate ainsi que la Tunisie a aussi présenté un plan pour éviter l’impact des réformes sur les populations tunisiennes les plus vulnérables, et l’applaudit même. 

–          Le « misunderstanding » de la DG du FMI sur le sort des entreprises publiques

Dévoilant ensuite quelques pans de l’accord signé avec la Tunisie, la DG du FMI a évoqué l’extrême intérêt attaché au programme des réformes structurelles qui, a-t-elle expliqué, « offre un surcroît d’emplois dès lors qu’il est ouvert à la concurrence, ce qui facilite, pour les entrepreneurs, l’accès aux financements et aux opportunités disponibles ».

En troisième lieu, la DG du FMI a mis l’accent sur la « considérable importance » que le programme accorde à la manière dont la Tunisie pourra assurer son autosuffisance dans maints domaines entre autres celui de la sécurité alimentaire.

« Nous aspirons à ce que la Tunisie œuvre à privatiser quelques entreprises étatiques » a-t-elle par ailleurs dit, faisant remarquer que « l’initiative en émane de la partie tunisienne ». Mais il semblerait, selon les sources d’Africanmanager, qu’il y ait eu là une sorte de « misunderstanding », une mauvaise compréhension, ou interprétation, des véritables intentions tunisiennes.

Selon nos sources, en effet, ce à quoi se serait engagée la Tunisie, serait plutôt une restructuration de certaines entreprises publiques exerçant dans les secteurs stratégiques, et « où il n’y aura aucune privatisation ». Pour le reste, nos sources affirment à Africanmanager, qu’il y aura d’abord détermination de ce qui est stratégique et ce qui ne l’est pas parmi les entreprises publiques, « et ensuite une ouverture du capital des entreprises non-stratégiques, au secteur privé tunisien ».

Mais peut-être que la DG du FMI voulait-elle, par cette déclaration média, forcer la décision tunisienne vers la privatisation. Et cela ne semble pas être la véritable intention du gouvernement Bouden.

Reste à dire qu’après le Staff-Level Agreement (SLA), le CA du FMI devrait se réunir en décembre, et le premier déboursement de quelque 800 MDT se faire avant la fin de l’exercice courant, au taux d’intérêt de plus ou moins 4 %. Le reste des besoins de la Tunisie devrait se faire par des conventions d’aide bilatérale et d’appui budgétaire, européennes et arabes, la KFW, l’AFD, la JICA  japonaise qui l’avait promis au dernier Ticad, et qui avait posé comme condition l’accord avec le FMI, et la Banque Mondiale.

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1 COMMENTAIRE

  1. Grace aux compétences et au sérieux des femmes tunisiennes de haut niveau ayant négocié avec le FMI, la Tunisie a eu cet accord pour structurer son économie selon une stratégie bien réfléchie. On en trouve aussi la militante brillante Abir Moussi par ses présentations bien structurées et son patriotisme courageux a pu déloger les islamistes et préparer le terrain à KS. Il ne faut pas oublier ses interventions dans l’assemblée et les agressions verbale et physique de certains députés islamistes. Pour dire que la femme tunisiennes est d’un niveau supérieur aux hommes arriérés et ignorants. Merci pour la délégation qui a pu convaincre le FMI, reste maintenant le rôle du Président KS qui doit mettre un barrage à l’UGTT et appliquer la loi à tout dérapage, car on n’a plus le droit à l’erreur et aux grèves sauvages non justifiées, faut-il avoir le courage de l’ancien Zaim Bourguiba et du premier ministre si Hédi Nouira quand Habib Achour a été mis en garde contre les grabuges de l’UGTT. KS doit alors ne pas perdre cette confiance du FMI et des tunisiens pour aider le gouvernement à redresser l’économie et faire les réformes structurelles sans ambiguïté ni de laxisme. ces accords doivent servir pour les projets d’investissement et la création de l’emploi donc de la richesse et non pour la masse salariale. Les entreprises publiques en difficulté financière ou en faillite (mort cérébrale) difficilement récupérables doivent être privatisées et l’UGTT doit rester à l’écart, celles qui exigent une restructuration et redéploiement moyennant des extensions justifiées ne doivent pas être privatisées. Le gouvernement doit aussi agir dans le cadre d’un tableau de bord avec un suivi régulier et rigoureux des dépenses concernant ces crédits.

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