AccueilLa UNETaboubi fera payer cher à Chahed "l'échec" du 22 novembre

Taboubi fera payer cher à Chahed « l’échec » du 22 novembre

Pression, chantage, « extorsion de fonds » à un gouvernement déjà sur les genoux financièrement… Bref, la dernière sortie de Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), pose question, au niveau de l’interprétation de la posture, entendons-nous bien. Mais une chose est sûre : le leader de la centrale syndicale a entamé une partie d’échec de haute voltige, face au chef du gouvernement, Youssef Chahed, un peu comme les troupes de Lassaad Yaccoubi le font en ce moment face au ministre de l’Education nationale. Les profs ne sont pas allés chercher loin, ils ont pris en otage ce qu’ils ont sous la main, ce qui est immédiatement disponible, les élèves, pour tenter de tordre le bras au gouvernement, lequel résiste jusque-là mais pour combien de temps encore ? Taboubi lui peut s’autoriser à monter en gamme, et prendre carrément en otage toute une économie, tout un pays. En a-t-il encore les moyens, compte tenu de l’érosion de la cote d’amour de l’UGTT ? Rendez-vous le 17 janvier 2019 pour être fixé, à moins que Chahed ne plie d’ici-là, d’une façon ou d’une autre (en lâchant par exemple un gros morceau de ce réclament Taboubi & Co). La grève dans la fonction publique avait été, relativement, bien négociée par le chef du gouvernement, qui s’était même permis, de manière sarcastique, de féliciter l’UGTT pour son civisme, pour le zéro débordement lors de la grève générale. Taboubi, qui n’a eu d’autre choix que d’avaler son chapeau dans cette affaire, a manifestement décidé de le faire payer à Chahed.

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Cette fois le combat sera sans merci

« Je conseille le gouvernement de conclure au plus vite l’accord sur les majorations salariales dans le secteur de la fonction publique car la situation sociale est devenue insupportable« , a déclaré mercredi 12 décembre 2018 Taboubi en marge du congrès de la Fédération Générale des Municipalités tenu à Nabeul, rapporte la TAP. Puis le leader de la centrale syndicale, qui en avait manifestement gros sur le coeur, a mis les pieds dans le plat : La grève observée récemment dans la fonction publique a été bien encadrée, puisqu’elle a plutôt donné une bonne image de la Tunisie. »Cela ne pourra pas être le cas pour la prochaine grève prévue le 17 janvier prochain (…). Chaque partie devra assumer ses responsabilités« , a-t-il ajouté, avec un ton qui masquait mal la menace directe en direction du gouvernement. Voilà, l’exécutif est averti : Cette fois Taboubi va lâcher ses troupes, et dit d’emblée qu’il ne sera comptable d’aucun débordement. De toute façon il n’a aucune envie de garder le contrôle sur les événements, dans une sorte d’attitude revancharde sur Chahed qui lui a fait avaler bien des couleuvres. Et des débordements il pourrait y en avoir puisque cette fois il est question de faire débrayer tout le secteur public…

‘Sur le dos d’un poisson’, pas question !

De fait, la mobilisation du 22 novembre 2018 a été un demi-échec, ou une demi-réussite, c’est selon, sinon l’UGTT n’aurait pas besoin de battre le pavé une seconde fois. Le chef du gouvernement n’a pas déboursé un dinar depuis, malgré le harcèlement de Taboubi, et la dernière fois que ce dernier l’a rencontré, il n’a pas pu lui arracher autre chose qu’une vague promesse de « faire son possible pour satisfaire les revendications des salariés« . Autant dire, comme on a coutume de le dire en terre tunisienne, c’est ‘une promesse écrite sur le dos d’un poisson’. Et Taboubi, qui se donne un mal fou pour inscrire son nom en lettres d’or dans les annales du syndicalisme, comme un certain Houcine Abassi, n’aime pas qu’on se paye sa tronche, et cache de plus en plus mal son irritation face aux gros lapins que lui pose le chef du gouvernement. L’UGTT a mis en veilleuse ses demandes récurrentes sur le départ de Chahed en espérant qu’il signerait enfin le gros chèque pour la majoration des salaires du public. Mais le chef du gouvernement, étroitement surveillé par les radars du FMI et adossé sur l’impopularité croissante de la centrale syndicale, joue la montre. Plus que ne peut supporter Taboubi, qui aimerait avoir une grosse prise à présenter à ses troupes pour tenter d’égaler un certain… Houcine Abassi – eh oui, encore lui !! -, dont l’héritage pèse lourd sur les épaules de l’actuel SG de l’UGTT.

L.S.

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