Tunis ferait le bonheur des Japonais et des Indonésiens!

Tunis ferait le bonheur des Japonais et des Indonésiens!

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Une impression de chaos flotte dans la capitale. Tunis est paralysé, sa circulation entravée, paralysée par les coulées de boue à cause des fortes pluies, à cause de cet excès d’eau que les canalisations peinent déjà à absorber alors qu’on est qu’en octobre. Bonjour les dégâts en décembre-janvier-février-mars ! Mais à la limite ça ce sont des éléments conjoncturels, auxquels on pourra apporter des réponses pratiques lesquelles certes vont s’étaler dans le temps, le plus préoccupant dans cette affaire c’est cette sinistrose et ce chaos ambiants, orchestrés et amplifiés par des citoyens pour justifier le fait de ne pas aller au boulot, de déserter très tôt l’espace de travail au motif qu’on y sera bloqué par la pluie et la fermeture des routes… Bref, autant d’attitudes qui plombent un pays et son économie, plus que la contrebande, la fraude fiscale, la corruption, les grèves, etc.

Etrange la capitale en ce moment, en prélude à une saison hivernale qui risque de plonger la ville dans une ambiance qu’elle n’a sans doute jamais connue, greffée aux autres soucis post-révolutionnaires. Les Tunisois ont certes de bonnes raisons de râler, de protester contre les autorités, même si tous les torts ne sont pas du côté de la force publique, mais il faut aussi reconnaitre que la capitale a beaucoup moins de problèmes que Kasserine, qui enterre ses morts, que Kef où Mosaïque FM a signalé deux victimes ce jeudi 18 octobre 2018 ou encore Nabeul dont les tourments n’en finissent pas et vont manifestement monter crescendo prochainement. Mais voilà, tout ça les habitants de la capitale n’en ont cure, ce qui compte c’est cette eau qui les envahit et commence à leur pourrir le quotidien – les causeries dans les cafés, les balades à toute heure de la journée, même aux heures de travail, les virées dans les restos, etc. En fait ce qui pose problème c’est le changement forcé des habitudes, ce sont ces désagréments qui troublent un quotidien que même le chaos politique et les difficultés économiques n’ont pas pu terrasser. Que la pluie vienne jouer le trouble-fête, ça c’est insupportable !

L’exemple vient d’ailleurs, comme d’habitude

Il y a ceux qui ont de vrais problèmes, ceux que l’eau a effectivement cloitré à la maison, mais il y a aussi ceux qui alimentent et entretiennent la psychose, consciemment ou inconsciemment, ceux qui guettent le coup de fil de la maitresse ou du directeur d’école, et parfois prennent les devants, pour trouver un prétexte pour filer, au motif qu’il faut aller récupérer le petit qui serait face à je ne sais quel danger mortel qui n’est pour l’instant que dans les têtes dans la capitale. Que dire de ces directeurs d’école qui ferment leurs établissements, pour un rien ou presque ; que dire de ces enseignants qui restent chez eux au motif que s’aventurer dehors c’est risquer sa vie ; que dire de ces garderies qui harcèlent les parents pour venir prendre leurs petits, tout ça pour pouvoir rentrer plus tôt, etc. On est loin de la dignité des gens de l’intérieur du pays, durement frappés par les intempéries mais qu’on n’entend pas broncher, ou si peu. On est loin de la tenue irréprochable des habitants de l’Aude, au Sud de la France, qui viennent d’enterrer une quinzaine de morts, à cause des inondations, mais dont la vie ne s’est pas arrêtée. On peut aussi parler des Indonésiens qui viennent d’être meurtris, pour la énième fois, par de violents séismes suivis de tsunamis, et qui ont compté les victimes par milliers, après le méga tsunami de décembre 2004 et son carnage, 168 000 décès ; pourtant ils repartent toujours, stoïquement. Il y aussi l’esprit samouraï des Japonnais, dans une des régions les plus vulnérables du monde ; et bien là-bas le tremblement de terre on attend tranquillement que ça passe pour reprendre de plus belle ses activités, le moral au zénith, ce qui explique sans doute les succès de la 3ème puissance économique mondiale.

Quand la tête se bloque, ou s’auto-bloque, c’est la paralysie. A grande échelle, c’est tout un pays et son économie qui sont plombés. Avec les ennuis que prédisent à la Tunisie tous les rapports scientifiques sérieux, à cause du réchauffement climatique et avec le niveau de développement qui est le nôtre, nous ne pouvons pas nous payer le luxe d’entretenir le défaitisme, la sinistrose et la flemmardise. Si on continue à filer ce mauvais coton, on aura de vraies raisons de se plaindre dans les années à venir.

SL

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1 COMMENTAIRE

  1. Il y a en Tunisie deux facteurs principalement sociaux qui contribuent à la décadence de la Tunisie.
    Le premier est à l’amour d’une grande majorité des nôtres au repos, ce que j’appelle effet de la pesanteur. Ce phénomène est admiré par des personnes qui préfèrent la chute sans effort (même vers l’enfer), à l’ascension (même vers le paradis) en déployant un effort.
    Le deuxième est l’amour de l’anarchie accentuée par le non respect des humains, des animaux et des objets , suivi d’un banditisme non maîtrisé au point de se sentir dans une jungle sans contrôle.
    De ce fait, d’une part, très peu de respect des lois et des règlements qui régissent les plans d’aménagements des villes et des lotissements la pluparts anarchiques et d’autre part une paresse des fonctionnaires de l’état ou du privé, de faire convenablement travail précis.
    Ainsi, on voit apparaitre le laisser aller, la corruption, la contre bande et l’anarchie mentale qui risquent avec l’appui de certaines parties dirigeantes de faire couler à moyen et long terme notre petit paradis vers l’enfer social et économique.

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