G7 : des Africains y étaient, la Tunisie zappée, et ça pourrait...

G7 : des Africains y étaient, la Tunisie zappée, et ça pourrait durer

par -

Le président français, Emmanuel Macron, a reçu du beau monde à Biarritz, dans le cadre du sommet du G7. Les puissants y étaient, mais aussi des puissances en devenir, pour causer des grandes affaires de la planète. Mais pas que, on y a travaillé aussi et fait des annonces. Notre continent, l’Afrique, n’a pas été oublié, “Macron l’Africain” tenait à l’associer aux débats. 5 pays africains, représentés au plus haut niveau, ont été conviés. Dimanche 25 août 2019, on a vu aux côtés du chef de l’Etat français les présidents sénégalais et égyptien, Macky Sall et Abdel-Fattah el-Sissi. Il y avait également les émissaires du Burkina Faso, du Rwanda et de l’Afrique du Sud. Mais aucune trace de l’exécutif tunisien…

L’Élysée considère les pays invités comme de vrais “partenaires pour bâtir un partenariat renouvelé, d’égal à égal avec ce continent d’avenir” qu’est l’Afrique, rapporte TV5 Monde. “Le temps où un club de pays riches pouvait définir seul les équilibres du monde est depuis longtemps dépassé“, avait dit Macron lors de son allocution à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2018. Manifestement il est vite passé aux actes…

Pour la Tunisie c’est pas une bonne nouvelle. A part une initiative presque confidentielle du G7 Circle for Tunisia, elle n’a été évoquée nulle part. Rien. Pourtant le pays du jasmin en a des doléances, des demandes et besoins de toutes sortes. Mais même si elle avait été conviée, elle aurait été représentée par qui ? Par un chef d’Etat provisoire – le 3ème depuis la Révolution ? Par un chef de gouvernement par intérim ? Par des ministres qui n’ont d’yeux que pour leur point de chute dans le prochain gouvernement ou leurs candidatures dans les prochaines législatives ? Assurément ce n’est pas la posture idéale pour prendre des engagements sur le long terme au nom de la Tunisie, et son premier partenaire, la France, le sait mieux que tout le monde…

Cette non-invitation dit tout : la Tunisie a intérêt à vite se relever, à se fixer un cap porté par une majorité stable et solide pour que la voix du pays porte. Autrement elle disparaîtra complètement des radars, pendant que ses pairs africains avancent. Et Macron n’attendra pas la Tunisie. Vous me direz que la France ne pouvait pas ignorer le Sénégal pour le G7, un pays qui a une croissance solide depuis des années – aux alentours de 6% -, qui est déjà un grand marché pour les entrepreneurs français et qui l’est encore plus depuis la découverte de grosses quantités de gaz et pétrole pour lesquelles le français Total a raflé de gros contrats. Macron ne pouvait pas zapper non plus l’Egypte, qui occupe actuellement la présidence de l’Union africaine et avec laquelle il a de gros contrats en armement. Le Rwanda, un des champions d’Afrique de la croissance, devait être invité. Idem pour l’Afrique du Sud, 2ème économie du continent africain. La Tunisie a également un partenariat économique très costaud avec la France, mais elle est lourdement handicapée par le flou artistique qui règne, pour la politique comme pour l’économie…
Tous les pays africains que la France a invités sont des nations stables politiquement (des régimes présidentiels, la Tunisie a fait le choix du régime parlementaire avec les gros problèmes que l’on sait) et ont une vision économique sur le long terme. Les partenaires économiques adorent ça. Le Sénégal a même l’argument du PSE (Plan Sénégal Emergent), un programme qui a commencé en 2014, court jusqu’en 2035 et est presque entièrement financé. Les investisseurs et bailleurs aiment ça, cette visibilité. La Tunisie devra trouver les moyens d’offrir ça à ses partenaires. Elle y travaille, on ne peut pas le nier, mais la situation politique délétère est un gros frein, et les choses risquent de se corser après les élections générales, qui démarrent mal avec une pré-campagne électorale d’une violence inouïe…

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire