Des Millions d’euros en échange d’engagements lourds, très lourds

Des Millions d’euros en échange d’engagements lourds, très lourds

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Pour ceux qui en doutaient, l’Union européenne ne lâchera pas sur l’ALECA, elle harcèlera la Tunisie jusqu’au bout pour qu’elle signe, au plus vite, l’accord. Les moyens de pression dont dispose l’UE pour faire plier la “petite” Tunisie qui a eu l’outrecuidance de rechigner : L’argent, le nerf de la guerre. Le pays du jasmin en manque cruellement et justement son premier partenaire économique, l’UE, en a et en donne, en tout cas plus que les pays amis et frères du monde arabe, pour moult raisons. Mais les Européens aussi ont besoin de la Tunisie pour offrir des débouchés à leurs produits pour lesquels le marché commun de l’UE, aussi vaste soit-il, commence à être un peu étroit. Eh oui, il ne faut pas se leurrer, c’est une affaire éminemment économique, il n’est pas question de philanthropie, d’aide sociale ou de bons sentiments ! Les autorités tunisiennes freinent des quatre fers pour le moment, en s’adossant sur les rapports des experts sur les conséquences désastreuses, pour la Tunisie, de la ratification en l’état de l’ALECA, des rapports alarmants confortés par l’étude récente de l’OTE. Mais quoique promette le chef du gouvernement, Youssef Chahed, la Tunisie ne pourra pas tenir longtemps face à la pression de la diplomatie et aux Millions d’euros des Européens. Et on l’a nettement perçu lors de la visite du ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, les 16 et 17 mai 2019 à Bruxelles.

Les chèques et le reste

Jhinaoui a annoncé la signature d’un accord entre la Tunisie et l’UE pour impulser l’inclusion économique, sociale et politique des jeunes tunisiens. Concrètement les Européens ont lâché 60 Millions d’euros pour financer le programme “EU4Youth“. L’ISIE se frotte les mains également avec un chèque additionnel de 2 Millions d’euros pour l’aider à organiser les élections de 2019. Mais il y a eu ça aussi : “Nous avons confirmé notre souhait de développer davantage les relations économiques et commerciales entre l’UE et la Tunisie, en poursuivant les négociations sur un Accord de Libre Echange Complet et Approfondi (ALECA). L’ALECA aidera la Tunisie à diversifier son économie, à accroitre sa compétitivité et à développer ses exportations auprès de l’UE, qui est son plus grand partenaire commercial“,  indique la déclaration conjointe. Décidément, l’ALECA n’est jamais loin, et l’UE a l’art de l’évoquer en le mettant dans la même phrase que le statut de partenaire numéro 1 de la Tunisie, comme une sorte de petit rappel pour les plus optimistes, les autres diront avertissement subliminal ou carrément chantage…

La corde au cou

Le même communiqué dit aussi ceci : “Nous avons convenu de l’importance de maintenir notre commerce bilatéral aussi fluide que possible, exempt d’obstacles et barrières. L’Union européenne a noté l’annonce de la décision des autorités tunisiennes de lever dans les meilleurs délais les mesures commerciales mises en place en novembre 2018. La Tunisie a pris note du commentaire de la partie européenne que ces mesures ont un impact sur les produits européens“. Voilà, il faut le savoir : Les dirigeants tunisiens ont pris des engagements, qui de fait engagent aussi les citoyens. Des clameurs, des cris on en entendra prochainement, beaucoup, que ce soit de la part des agriculteurs, des industriels ou des experts tunisiens, mais encore faut-il que la Tunisie ait les moyens de son indignation. Quand on fait à peine 1,1% de croissance, il faut autre chose que les prédictions surréalistes de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement pour tenir la dragée haute à son premier partenaire commercial, premier donateur, premier investisseur, etc.

L’Ambassadeur de France avait averti

On ne savait pas que le partenariat Tunisie-UE n’était pas assez visible, on pensait qu’il était solidement imprimé dans toutes les têtes, surtout en terre tunisienne et que les liens avec l’Europe n’avaient nul besoin de promotion. C’est pourtant ce qui a été clairement demandé lors de la visite de Jhinaoui à Bruxelles : Faire un travail de pédagogie auprès des opinions publiques respectives pour magnifier la coopération entre la Tunisie et l’UE. Mais très vite on en vient au coeur du sujet : il s’agit surtout de valoriser à la face des citoyens tunisiens tout le bien que l’UE leur fait. C’est donc ça, exactement comme l’avait asséné l’Ambassadeur de France à Tunis, Olivier Poivre D’Arvor, devant le ministre tunisien du Commerce, Omar Béhi et un parterre de décideurs. Ni plus, ni moins. On en a maintenant la preuve : L’agitation et les rebuffades des Tunisiens devant l’ALECA ne passent plus. L’UE prend encore des gants pour signifier à la Tunisie son irritation, mais la patience des Européens a des limites…

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